Adolescence, Émotion, Drame, Suspense

Il faut beaucoup aimer les gens

de Solène Bakowski
Broché – 5 mai 2022
Éditions : PLON

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À quoi tient la vie ? À nos liens invisibles.
Nous, inconnus, sommes raccordés sans le savoir.
Nos existences se percutent en silence.

Après un séjour en prison, Eddy Alune, 31 ans, est devenu veilleur de nuit, un métier qui lui permet d’échapper aux gens et aux ennuis. Il vient de perdre son père. En vidant l’appartement de son enfance, il retrouve des effets personnels qu’il a volés, vingt ans plus tôt, à proximité d’une SDF morte dans la rue. Poussé par la culpabilité, il décide de rendre à cette femme l’histoire qui lui a été confisquée.
Une enquête commence, dans laquelle Eddy se lance magnétophone à la main, pour ne rien oublier. De rencontre en rencontre surgissent plus que des souvenirs. Des liens nouveaux se tissent et la mémoire, ravivée par Eddy, va bouleverser bien des vies.

Il faut beaucoup aimer les gens trace le parcours d’un homme ordinaire qui, voulant réparer ses fautes, se trouve réparé par les autres. Ce roman pudique et profondément humain dessine les contours extraordinaires des visages qui font notre quotidien.

 

• Couv_089_Bakowski Solène - Il faut beaucoup aimer les gens

 

J’attendais un roman dans cet esprit depuis un moment… et le voilà.
Un roman sur les gens, ceux que l’on croise tous les jours, que l’on ne voit même plus, des invisibles, à peine un bonjour, rarement un sourire…
Il y a quatre ans, j’ai eu des soucis de santé, et soudain, je les ai vus. Ils m’ont permis de m’accrocher, de lutter, de ne plus me plaindre…
Alors, je les regarde, je leur souris et mon premier mot du matin est régulièrement le “Bonjour” que je leur souhaite…

Solène a écrit un roman magnifique… J’ai eu très vite plein de fourmis qui courraient sur mes doigts, le long de mon dos, jusque dans ma tête pendant ma lecture.
Solène a éclairé de sa lumière, le destin de ceux dont on ne parle pas et qui font pourtant partie de notre quotidien, les invisibles, ces êtres perdus qui vivent cachés dans l’ombre.

Eddy n’a pas eu une vie simple. Enfance compliquée, adolescence perturbée. Il n’a pas été un bon fils et a honte d’avoir déçu son père. Aujourd’hui après avoir purgé une peine de prison, il est veilleur de nuit dans un parking, et tous les soirs, et ce depuis ses “années cellules”, il écoute une émission à la radio présentée par “Luciole” jusqu’au petit matin. Il écoute les gens qui parlent de leurs problèmes, de leur envie de mourir, ceux qui veulent tout plaquer, ceux qui sont perdus, ceux qui n’en peuvent plus…
Mais Eddy lui aussi, vit avec un secret dans son cœur depuis qu’il est enfant, et aujourd’hui, il culpabilise et a besoin de faire quelque chose afin de se dédouaner.
Un matin, alors qu’il se rendait à l’école, il a failli tomber sur une SDF cachée dans un coin, elle était décédée. Eddy appelle très vite les secours, mais ne peut s’empêcher de voler une photo à la pauvre défunte.
Des années plus tard cette photo pèse de plus en plus dans son cœur.

À l’aide d’un magnétophone et de trois cassettes, pour ne rien oublier, Eddy va ainsi remonter le cours du temps et essayer de redonner une identité à celle qui n’avait jamais été identifiée depuis son décès… Lui rendre son nom, lui rendre sa vie.
Il va ainsi petit à petit accumuler “sa rédemption”, qu’il va transmettra à Luciole, la voix de la radio qui l’apaise et rassure les gens comme lui, toutes les nuits, sa lueur dans l’obscurité, mais tout va prendre un chemin différent de ce qu’il escomptait, tout va aller beaucoup plus loin, tellement plus fort…

Je termine ce roman bouleversé.
Cette histoire, je ne l’ai pas lue.
Cette histoire, c’est Solène qui me l’a chuchoté directement à l’oreille. C’était beau, j’étais bien… entouré de Rosa, d’Eddy, de Diane, d’Amalia, de Patrick et tous les autres… Enfin unis comme une grande famille.

Un roman magnifique qui m’a chargé d’émotions, un roman coup de cœur que je vais partager autour de moi, un roman tendre, poignant et triste, car c’est souvent comme ça que les souvenirs sont.

J’ai été Eddy, nous avons tous été Eddy à un moment de notre vie.
Solène, nous montre le chemin.
Il ne tient qu’à nous de voir le verre à moitié plein, de tendre la main lorsque c’est nécessaire, de regarder et de dire bonjour, de sourire…
“Il faut beaucoup aimer les gens”.
Et dire que tout était déjà dans le titre…

Énorme coup de cœur pour ce roman sensible, plein de pudeur et d’humanité.
Je me dois aussi, où que tu sois, de te remercier, Joseph B pour son ton interaction…

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Extraits :

« Eddy, naufragé sur son radeau, se cramponnait à des maximes maison, du style « Un jour de plus en moins » ou « Tout jour débuté tire vers la fin », pour se motiver à aller au collège.
Il fila vers sa chambre, attrapa son sac lesté de manuels inutiles qu’il devait apporter sous peine de se retrouver coller et fit halte dans le couloir. Sur la commode traînait le chèque de la cantine. Le délai de paiement était dépassé depuis trois semaines. Son père avait attendu son salaire. Mais l’intendant, la veille, l’avait prévenu. Déboulant en plein cours, il avait asséné à tue-tête : « Monsieur Alune, si vous ne payez pas cette semaine, nous ne pourrons plus vous accueillir. En cas de difficultés, vos parents doivent se rapprocher de l’assistance sociale. » Les rires de ses camarades avaient jailli en fontaine : « Alune, tête de lune qu’a pas une thune ! », « Eddy, tes baskets sont toutes pourries ! ». »

« Savez-vous qu’il faut environ un siècle pour que le souvenir d’une personne disparaisse tout à fait ? C’est à la fois triste et rassurant de se dire que tout finit par passer, n’est-ce pas ? Un monde sans le souvenir de ma femme, j’ai quand même du mal à m’y résoudre. Enfin… Savez-vous de quoi Rosa est morte ?
– Mort naturelle, d’après le rapport. Le cœur peut-être. »

« Enfin bref, le soir où Rosa est arrivée, il pleuvait comme vache qui pisse. Elle est entrée avec son air triste, sa robe noire et un sac en plastique. Elle s’est attablée près de la vitrine, a commandé une tisane et est restée longtemps, immobile, à contempler la rue dégouliner derrière le carreau. »

« – Vous avez intégré l’école tout de suite en arrivant ?
– Dès l’entrée, oui, en sixième. Au début, ce n’était pas évident, mais je me suis accrochée. J’avais la rage d’appréhender le monde qui nous tenait à l’écart, alors je passais mes nuits à apprendre des listes de vocabulaire, je dévorais tout ce que je trouvais, de l’énumération des ingrédients sur la boîte de biscuits aux romans d’Albert Cohen.
– Votre bibliothèque est bien remplie…
– Dire que la littérature m’a sauvée peut paraître très romantique, pourtant, c’est vrai. Je lui dois beaucoup. »

 

 

Née à Paris en 1981 à Paris, je suis l’auteur de “Parfois on tombe” (éditions Favre, janvier 2014, lauréat du Prix de la Chapelle-Montreuil 2015), “Un sac” (éditions Milady/Bragelonne, 2017), “Chaînes” (auto-édition, juin 2015), “Une bonne intention” (éditions Bragelonne, 2018, prix des Géants du Polar), “Avec elle/sans elle” (en collaboration avec Amélie Antoine, éditions Michel Lafon, 2018), “Miracle” (éditions Cosmopolis, 2019), “Rue du Rendez-Vous” (Plon, 2021), “Il faut beaucoup aimer les gens” (Plon, 2022) finaliste du Prix Maison de la Presse 2022.

J’aime créer des personnages alambiqués animés d’une “folie douce” à la limite de la normalité et mettre en scène les points de rupture, ces moments qui semblent anodins et au cours desquels, pourtant, tout bascule. Il faut dire que les démons se plaisent à s’immiscer dans notre quotidien sans crier gare. Et ces monstres du commun, je suis persuadée que la littérature peut les attraper.

J’espère que mon univers vous plaira. Je suis évidemment ravie de l’intérêt que vous me portez en naviguant sur cette page et je fais le voeu de vous garder longtemps à mes côtés.

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Émotion, Drame, Roman, Suspense

Rue du Rendez-Vous

de Solène Bakowski
Broché – 20 mai 2021
Éditions : PLON

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Rien ne prédestinait Alice Beausoleil et Marcel Dambre à se rencontrer. Pour que le vieil homme ouvre sa porte à la jeune femme trempée, il aura fallu une grève des transports, un GPS capricieux et un terrible orage. De leur tête-à-tête inattendu va naître ce qui ressemble à une seconde chance. Un nouveau rendez-vous avec l’existence, peu importe le temps qui reste…

Marcel, quatre-vingt-sept ans, vit rue du Rendez-Vous, reclus dans son atelier de bottier menacé par les bulldozers. Vendeuse en boulangerie, Alice offre son sourire à tous ceux qu’elle croise. En réalité, depuis deux ans, trois mois et quatre jours, en proie à une profonde tristesse, elle s’empêche de vivre.

À mesure que la pluie et les heures s’écoulent, le passé resurgit. Sous l’impulsion de la jeune femme qui l’écoute sans se dévoiler, Marcel raconte la guerre, sa carrière et son amour fou pour sa mère. Et s’il trouvait à son tour la clé pour délivrer Alice de son silence ?

 

• Couv_086_Bakowski Solène- Rue du rendez-vous

 

Bienvenus dans la Rue du rendez-vous, bienvenus dans la boutique de Marcel, ce havre de paix hors du temps… Il aura fallu un violent orage pour que le destin de deux êtres perdus se trouve modifié à jamais.
Comment ne pas succomber au charme de ce récit ?
Venez donc rencontrer Alice, Marcel, Georgette, Nini, la Jaunisse, Suzanne et bien d’autres aussi…

Ce roman a été pour moi, comme une parenthèse hors du temps, une parenthèse bienveillante.
La vie, n’est-elle pas faite de hasards ?
Pour moi, complètement.

Je me suis plongé dans le récit Solène. J’ai aimé toutes les rencontres que j’ai faites grâce à elle. Je me suis amusé, je me suis inquiété. J’ai eu peur, j’ai pleuré, puis je me suis révolté avant de m’effondrer.

Alice Beausoleil et Marcel Dambre ont un pouvoir qu’ils ignoraient.
C’est en se révélant l’un à l’autre petit à petit qu’ils vont le découvrir.
Un duo inattendu, une écriture pleine de douceur et de poésie, Solène signe un roman tendre et magnifique !

C’est le sixième roman de Solène que je lis.
J’avais déjà ressenti, une certaine douceur dans ces thrillers, qui se glissait parfois entre ses mots, entre ses phrases. Dans “Avec elle / sans elle”, qu’elle a écrit en collaboration avec Amélie Antoine, c’était même devenu une évidence. Mais là…

… Je suis obligé de reconnaître que, pour mon plus grand bonheur, ma sensibilité a été grandement éprouvée !

Un superbe roman que je conseille à tout type de lecteurs…

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Extraits :

« Voilà pour le premier début.

Parce que tout ce qui est arrivé a donné naissance à ceux qui arrivent aujourd’hui. De tout ce qui arrive aujourd’hui, découle ce qui arrivera demain. Quoi que nous fassions, et peu importe le degré d’indépendance et de liberté que nous revendiquions, nous sommes toujours l’enfant de quelqu’un ou de quelque chose. »

« En France depuis sept ans, il est éboueur. C’est un boulot, on ne peut pas dire que ça lui plaît, mais il y met du cœur, il fait coucou aux gamins fascinés par le camion-poubelle, il aide les gardiens d’immeuble à rentrer les containers, il caresse les chiens qui passent. Parce que, quitte à faire quelque chose, autant le faire bien, sinon ça n’en vaut pas la peine. »

« Marcel a quatre-vingt-sept ans. Il est assis à son établi branlant. Derrière lui, une radio diffuse une musique jazzy. Jamais d’actualités, voilà bien longtemps que les nouvelles des hommes ne sont pas bonnes, les informations parlent d’un univers qu’il n’habite plus assez pour le comprendre. »

« Quatre-vingt-sept années qu’il use son corps sur le plancher des vaches. Il a choisi son cercueil, le caveau est prêt, la concession louée pour les trois prochaines décennies. Ce n’est pas qu’il tienne tant, à prendre de la place, mais ça le rassure de savoir que c’est réglé, que c’est prêt, qu’il n’aura qu’à sauter dans le trou. Il n’a plus envie d’être ici, sa vie et derrière, tout ce qu’il désire, si tant est qu’il désire encore quelque chose, c’est rejoindre ceux que la faucheuse a déjà emportés. Il ne demande rien d’extraordinaire, au fond, juste que ça s’arrête. »

 

 

Née à Paris en 1981 à Paris, je suis l’auteur de “Parfois on tombe” (éditions Favre, janvier 2014, lauréat du Prix de la Chapelle-Montreuil 2015), “Un sac” (éditions Milady/Bragelonne, 2017), “Chaînes” (auto-édition, juin 2015), “Une bonne intention” (éditions Bragelonne, 2018, prix des Géants du Polar), “Avec elle/sans elle” (en collaboration avec Amélie Antoine, éditions Michel Lafon, 2018), “Miracle” (éditions Cosmopolis, 2019). “Il faut beaucoup aimer les gens” (Plon, 2022) finaliste du Prix Maison de la Presse 2022.
“Rue du Rendez-Vous” (Plon, 2021), est mon sixième roman.
J’aime créer des personnages alambiqués animés d’une « folie douce » à la limite de la normalité et mettre en scène les points de rupture, ces moments qui semblent anodins et au cours desquels, pourtant, tout bascule. Il faut dire que les démons se plaisent à s’immiscer dans notre quotidien sans crier gare. Et ces monstres du commun, je suis persuadée que la littérature peut les attraper.

J’espère que mon univers vous plaira.
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Adolescence, Émotion, Drame

La dérobée

de Sophie de Baere
Broché – 13 avril 2018
Éditions : ANNE CARRIERE

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Alors que Claire mène une existence morne mais tranquille avec son mari, elle tombe sur Antoine, son amour de jeunesse. Claire travaille comme responsable de caisse sur une aire de l’autoroute A8 et croit n’avoir plus grand-chose à partager avec Antoine, photographe reconnu et marié à une fille de diplomate. Mais l’irruption inattendue d’Antoine qui va user de tous les stratagèmes pour rétablir une relation avec elle, oblige Claire à interroger son existence du moment et à fouiller les drames du passé… qui saisit peu à peu qui elle est et ce qu’elle souhaite vraiment.

 

• Couv_085_De Baere Sophie - La dérobée

 

Je suis entré dans le monde de Sophie de Baere, en commençant par la fin… Ou plutôt, en lisant ses romans dans le désordre.
J’ai d’abord lu “Les ailes collées” puis “Les corps conjugaux”. Deux romans qui m’avaient retourné.
Je ne pouvais pas rester comme ça, j’ai donc fait un “détour” par son premier roman !

Passionnant !
J’ai retrouvé son écriture, sensible, poétique, forte et émouvante.

Ce qui aurait pu être une histoire ordinaire, ne l’est plus, dès lors que Sophie la raconte. Elle met en place pièce après pièce, ses idées telle une virtuose, et le lecteur n’à plus qu’a se laisser porter par ce récit qui monte crescendo et finit en apothéose.
Roman d’amour, drame, thriller ?
Qu’importe, Sophie nous mène par le bout du nez.

Elle s’appelle Claire.
Elle est mariée à François.
Son destin bascule quand Antoine, son amour de jeunesse, emménage dans le même immeuble qu’elle…

Qui n’a pas en tête les souvenirs d’un amour de jeunesse ?

Déjà dès son premier roman, Sophie nous démontrait sa maîtrise dans l’écriture.
Auteure à lire absolument…

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Extraits :

« L’embrasure de la porte cochère, son sourire gêné et ma gorge sèche, si sèche. Les mots aussi. Ceux qui remontent le long de ma poitrine, mais qui restent suspendus au creux de mon cou, indécis. Et puis ce corps de plâtre qui tremble et s’émiette seconde après seconde sur le sol, ce corps soudain trop lourd pour moi.
Ses yeux jaunes, son visage de couteau, son air suffisant : je suis repartie trente ans en arrière. Une seule idée en tête. Fuir. Disparaître. »

« Antoine et moi n’étions que des gosses qui jouaient à devenir des grands. Malgré ses airs et son allure de petit homme, il n’avait que quelques mois de plus que moi et, du haut de ses quinze ans à peine, il n’inspirait qu’à pédaler et à mordre le vent dans des courses éternelles. Nous nous étions trouvés. »

« J’aimais beaucoup la chambre d’Antoine. Des rideaux semi-occultants y laissaient s’infiltrer une douce lumière qui faisait voler dans les airs de petites poussières duveteuses. Des piles de livres s’amoncelaient sur un parquet de chêne brut qui craquait sous les pas et un grand lit gigogne jouxtait un immense pupitre datant – m’avait assuré Antoine – du début du siècle. »

« J’ai ouvert les yeux et ils ont pénétré les siens. Mon soutien-gorge dégrafé, Antoine a goûté mes seins, l’un après l’autre. De manière de plus en plus appuyée. De manière urgente. Forcenée. »

« En octobre 1987, j’avais fait un malaise dans la cour du lycée. L’infirmière avait appelé ma mère, qui m’avait ensuite amené chez le médecin de famille. J’étais enceinte de deux mois. L’avortement a été programmé pour la semaine suivante.
Antoine n’a répondu ni à mes coups de téléphone ni à mon courrier. Mon père a décrété qu’il allait lui couper les couilles et, du matin au soir, ma mère a longuement épousseté les meubles en pleurant. »

 

 

Sophie de Baere est diplômée en lettres et en philosophie. Après avoir habité à Reims puis à Sydney, elle s’est installée comme enseignante près de Nice. Elle est également auteure, compositrice et interprète de chansons françaises. Elle a publié en 2018 son premier roman, La Dérobée puis Les Corps conjugaux en 2020 et Les Ailes collées en 2022.

Les ailes collées
https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/20/les-ailes-collees/

Les corps conjugaux
https://leressentidejeanpaul.com/2022/08/29/les-corps-conjugaux/

Émotion, Drame, Noir, Thriller psychologique

Comme une image

de Magali Collet
Poche – 6 octobre 2022
Éditions : Taurnada éditions

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Lalie a 9 ans, un teint de pêche et des joues roses. Elle a aussi deux frères et des chatons, une belle-mère et deux maisons. C’est une enfant intelligente et vive, une grande soeur attentionnée et une amie fidèle. C’est la petite fille que chacun aimerait avoir. D’ailleurs, tout le monde aime Lalie. Tout le monde doit aimer Lalie. C’est une évidence. Il le faut.

 

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Connaissez-vous Magali Collet ?

Magali Collet n’est plus une nouvelle auteure. Elle en est à son troisième roman.
Après “La cave aux poupées” et “Les yeux d’Iris”, qui m’avaient vraiment embarqués, en ayant mis déjà la barre bien haute, elle nous propose aujourd’hui “Comme une image”…

Magali, je l’ai toujours vu “tout sourire” et très rayonnante… Regarder bien sa photo, jouant de ses yeux malicieux…
Mais justement…
Qui donc se cache derrière ce sourire si bienveillant ?

“Comme une image” est une bombe !
Magali s’attaque à un sujet tabou qui forcément risque de choquer, mais elle le fait tellement bien…
La couverture est magnifique et donne, je trouve le ton du récit encore une fois lu d’une seule traite ! Les chapitres sont très courts, et s’enchaînent à toute vitesse, mes yeux allaient parfois plus vite que ma pensée, voulant anticiper sur les mots qu’ils liaient les uns aux autres, comme si j’étais en apnée ou téléguidé !

Mais comment fait-elle ?
D’où lui est venue l’idée de ce roman qui m’a fait froid dans le dos 🥶 à plusieurs reprises ?
Un sujet si délicat, demandait une parfaite maîtrise.
Magali l’a fait !
…et cette fin ouverte 😱 !

Lalie est une petite fille de 9 ans. Elle est très jolie. Toutes les personnes se retournent sur son passage, elle y est tellement habituée, que c’en est même devenu normal… Mais elle est surtout très intelligente et fait tout son possible pour le cacher à son entourage…
Lorsque ses parents se séparent, elle souffre du “départ” de son père, qu’elle ne voit plus qu’un week-end sur deux. Elle a surtout du mal à trouver un réel lien affectif avec ses deux petits frères nés à quelques mois d’écart.

Lalie est-elle triste ?
Se sent-elle seule ?
Elle a du mal à gérer ses émotions alors que ses parents n’ont plus d’yeux que pour les deux nourrissons.
À quoi cela sert d’avoir des frères ?
Mais souvenez-vous, Lalie est une enfant très intelligente…

Coup de cœur 😍 pour ce thriller psychologique !
Je n’avais jamais rien lu de tel.

Un grand merci à Joël Maïssades éditions Taurnada, pour l’envoi en service de presse, de ce roman qui je l’espère bien, va faire du bruit !

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Extraits :

« J’aime regarder les photos de papa et maman quand ils étaient jeunes… Celles de leur mariage ou celles de ma naissance. J’aime aussi me voir bébé, avec des couches et les joues toutes roses. Tout le monde dit que je suis jolie, alors, je sais que je le suis. C’est un peu comme le soleil. Il se lève chaque jour et c’est normal, et bien moi, c’est pareil. Je ne me pose pas la question. Je suis jolie. »

« Je n’aime pas le changement, je n’ai jamais aimé. Alors, je cache ce que je suis vraiment. Je m’arrange pour glisser quelques erreurs de temps en temps dans mon travail, j’essaie de poser des questions dont je connais la réponse, parce que j’ai vite compris qu’il ne fallait pas être à l’écart d’un groupe. La classe, c’est une meute, comme les loups. Quand un enfant est à l’écart du groupe, il ne peut plus y revenir. »

« Je pose mon sac sur une chaise et me promène dans les allées en touchant les livres. Ils ont toujours eu le pouvoir de me calmer. Rien que de les voir et de les sentir, ça m’aide à respirer. Ils n’enlèvent pas ma colère, mais ils me permettent de me concentrer sur autre chose. »

« Il a encore fallu que je lui raconte mon week-end en détail. Ça me saoule, mais c’est toujours comme ça. Je l’ai fait pour avoir mon cadeau d’anniversaire et la paix. Ça valait le coup. Maman est Abuelita m’ont offert un ordinateur portable. C’est chouette. Un chien et un ordi, c’est l’avantage d’avoir des parents divorcés. »

« Les ombres sur les murs sont le reflet de son mal-être. Depuis qu’elle a trouvé le petit corps inanimé, depuis qu’on le lui a arraché des bras, elle manque d’air. Elle se noie dans sa douleur. Rien ne pourra colmater le vide de son cœur, de sa tête et de son corps. C’est une sensation physique. Le manque est physique. »

 

 

Magali Collet est une auteure française née en 1972 à Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Elle vit en Picardie depuis près de vingt ans. C’est une passionnée des mots ; elle écrit des poèmes, des nouvelles ou des chroniques depuis de nombreuses années. Sa sensibilité à la cause des femmes, celles qui souffrent de ne pouvoir échapper à leur condition, apparaît en filigrane dans tous ses écrits. Avec son premier roman, la Cave aux poupées, publié aux éditions Taurnada, elle plonge ses lecteurs dans les fosses ténébreuses des âmes, pleines de violences, d’angoisses mais aussi d’un profond désir de rédemption.

La cave aux poupées

La Cave aux poupées

Les yeux d’Iris

Les yeux d’Iris

Émotion, Drame, Noir, Thriller

Matricule 2022

de Lou Valérie Vernet
Broché – 18 août 2022
Éditions : M+ éditions

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D’un côté, il y a Ivy, 25 ans, pleine de rage et d’amour, animé d’un puissant sentiment d’injustice, en guerre pour régler ses comptes à ce qu’elle nomme elle-même « ses sept charognards et demi ». De l’autre, l’envers du décor. Ce qu’il dévoile de sordide et d’horreur. Chaque jour, à chaque carrefour, sous nos yeux. Le passé qui crée les failles. Le présent qui les perpétue. Sans états d’âme. Parce qu’ainsi va la vie. Et puis au centre, une immersion plein coeur dans les plus grands fléaux de notre humanité pour lesquels l’héroïne de « Matricule 2022 » va tout risquer. Tout sacrifier. Tout expier.

L’auteur signe ici un thriller implacable.
L’humanité côtoie la barbarie.
La violence d’une plume
contre la violence des hommes.

 

• Couv_083_Vernet Lou Valérie - Matricule 2022.jpg

 

Attention, thriller très engagé à sensations très fortes !

Grosse claque littéraire…
Lou Valérie se donne à nous…

Avec “Matricule 2022”, elle ouvre son cœur dans tous les sens du terme… et par la poésie, la tendresse qui se dégage tout le long du roman et par la thématique, dure, violente, due à une véritable soif de vengeance !
N’est pas “Lou Valérie Vernet” qui veut…

Ivy, malgré son cœur qui déborde d’amour, malgré sa gentillesse et toute sa sensibilité est une tueuse.
Enfant perdue, brisée par son vécu, adulte écorchée, comme ses véritables amis, son clan, sa “famille”. Un jour, elle a décidé de dire “STOP” !
Dès lors, elle n’hésitera pas, à tout simplement “éliminer” ceux qui lui ont fait du mal. Elle partira en guerre et fera ce qui doit être fait sans états d’âme, elle a fait son choix…

Impossible de lâcher le roman avant la fin. Les chapitres très courts donnent un rythme incroyable au récit, on rebondit dans tous les sens, présent, passé, traque, meurtres, chaque ligne, chaque page nous fait comprendre qu’elle ne peux pas faire autrement. Une fois sa décision prise, une fois sa liste établie, elle écrase tout sur son passage… On a du mal à reprendre son souffle tant chaque action est liée et justifiée… Les charognards n’ont qu’à bien se tenir…

Lou, m’a entraîné dans un monde aussi sombre qu’il peut être lumineux…
Tout devrait se dérouler sans aucun encombre, mais comme la vie en décide autrement, l’auteure prends sur elle.
Elle pointe du doigt, elle coupe, arrache même, tout ce qui dépasse, dans un seul but… Retrouver la beauté, l’amour, la paix, ne plus jamais croiser de femmes obligées de baisser leur regard et cacher leurs yeux meurtris, ne plus entendre les cris et les pleurs de tous ces enfants abusés… Lucas, Evan, Lény… et bien d’autres…

Ivy, est rapide, précise et efficace.
Lou, pose ses mots, chaque virgule a un sens, chaque point voulu, avant de repartir encore plus fort.

Il faut prendre soin d’elles…
Elles ont beaucoup de choses puissantes à nous transmettre !

Un grand merci à M+ éditions.

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Extraits :

« X : Pourquoi avez-vous fait ça ?
Y : Vous le savez bien.
X : Ce n’est pas très malin ? Il y avait peut-être une autre solution ?
Y, du tac au tac, énervé comme si c’était encore possible de l’être.
– Vous savez bien que non. C’était même la seule solution. Et je suis content.
X, affligé.
– Mais à quoi cela sert-il ? Vous n’allez même pas en profiter.
Y, Affligé plus encore.
– Vous ne comprenez vraiment rien. C’est tout l’intérêt. Mourir pour qu’elle vive. C’est encore mieux. Ça rachète tout. »

« Il y a des gens qui ne méritent pas une ligne dans le grand livre de la vie et encore moins une page d’histoire. À peine plus dans un entrefilet en bas de page. Et certainement pas en héros dans un polar. Ou alors au climax, quand le moment vient de bouffer le cœur pourri du méchant, de le déchiqueter avec les dents, d’en faire de la bouillie tout juste bonne à donner à un chien galeux. Et même et encore, il y en a qui ne méritent rien.
Que de se voir crever, encore et encore, en vagissant et en suppliant alors que la dernière minute s’éternise. »

« Le monde enfin redevenu neuf.
Silencieux. Nu. Vierge.
Et voilà, ça en sera fini de cette course contre la montre. De tous ces cycles de réincarnation – naissance, survivance, mort. De la maladie. De l’abjection. De l’ignominie.
Ça en sera fini d’imaginer, qu’à chaque seconde, on ne parle pas de minutes là, on est bien d’accord, mais de putain de secondes, plus de 900 viols et 500 homicides sont perpétrés, le plus souvent dans une totale impunité. Oui, à chaque seconde. »

 

 

Lou Valérie Vernet, auteure multicartes, signe ici, avec « Matricule 2022 » son troisième thriller, après les très remarqués, Surtout le Pire et Acouphanges. Elle a aussi publié sept autres romans. Tous confirment son talent à manier en virtuose, l’art de la mystification et à sonder les profondeurs de l’âme.

Par ailleurs, photographe amatrice, baroudeuse des grands espaces, essayiste et poète à la plume acérée, elle n’en reste pas moins attachée à sa devise préférée « Ne prenez la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant ». B. Fontenelle.

Émotion, Drame, Roman

Immortelle(s)

de Bertrand Touzet
Broché – 6 octobre 2022
Éditions : Les Presses de la cité

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Le croisement de deux vies à l’orée d’un nouveau départ.
Depuis son cancer du sein, Anna a besoin de se réapproprier sa féminité ; elle rencontre Camille, une jeune femme devenue tatoueuse, qui a ouvert son local à celles qui ont été marquées par la vie.

Anna revient vivre dans sa région natale, près de Toulouse, pour tourner définitivement une page de sa vie : oublier une relation amoureuse toxique, se reconvertir… Mais une nouvelle épreuve l’attend : une tumeur au sein. La voilà quelques mois plus tard face à son corps meurtri, persuadée d’avoir perdu une part de sa féminité et de ne plus avoir droit à l’amour.
Camille, tatoueuse, se remet douloureusement d’un accident terrible. Une rencontre lui fait comprendre qu’elle peut embellir ce qui a été détruit chez les autres, chez elle. Elle met ainsi tout son art au service des femmes maltraitées par la vie avec des tatouages destinés à masquer leurs cicatrices.
Un jour, Anna pousse la porte de son salon…

L’histoire de deux renaissances. Un roman vrai et bouleversant qui redonne espoir et foi en l’humain.

 

• Couv_081_Touzet Bertrand - Immortelle(s).jpg

 

Je découvre la très belle écriture de Bertrand Touzet avec Immortelle(s).
C’est une écriture pleine d’émotions, avec un mélange de force et de douceur. J’ai tout d’abord trouvé que l’écriture de Bertrand était aussi très féminine…
Et, au fur et à mesure, je me suis dit : pourquoi les écrivains n’auraient-ils pas le droit d’avoir aussi une telle sensibilité ?

Encore une fois, je craque littéralement pour un roman qui est triste et tellement beau à la fois…

Dans son roman, Bertrand met en avant deux femmes. Anna, qui commence le récit, et vient ensuite Camille. Chaque chapitre en alternance va donner la parole à l’une, puis à l’autre, et ainsi de suite jusqu’au bout du roman.

J’étais Anna qui quitte son travail, qui ne lui ressemble plus du tout, qui revient vivre dans la région de son enfance et qui apprendra qu’elle a un cancer du sein. Mais j’étais aussi Camille, jeune tatoueuse qui va “offrir” son art à des femmes qui s’étaient perdues, qui va leur redonner l’envie de vivre, l’envie d’aimer.
Mais le récit de Bertrand, m’a aussi permis de voir et de ressentir d’une manière plus “personnelle” le vécu, le ressenti de Frédérique…
Qui est Frédérique ?
C’est une amie que je connais depuis plusieurs années. Elle m’a contacté au mois d’avril m’informant qu’elle-même était atteinte d’une tumeur du sein, pour la seconde fois, et qui m’a proposé de la remplacer à son travail, le temps qu’elle se fasse opérer, qu’elle subisse les soins nécessaires, avant de pouvoir reprendre son travail en mi-temps thérapeutique. Alors, oui, le récit de Bertrand a “vibré” d’une façon très particulière et personnelle pour moi…

Son roman est doux, il fait beaucoup de bien.
D’ailleurs, il a fallu que je ralentisse ma vitesse de lecture pour en profiter pleinement, pour être en accord avec son récit… Que j’ai trouvé malheureusement beaucoup trop court.

J’ai trouvé mon Anna.
Je dois maintenant partir à la recherche de ma Camille, afin de recréer cette rencontre merveilleuse qui, peut-être, changera leurs vies…

Immortelle(s), paraîtra en début octobre 2022.
Un roman plein de bienveillance que je vous le conseille fortement !
Auteur à suivre…

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Extraits :

« Tout semble possible dans l’existence, à condition de s’en donner la chance. Quelquefois, il faut des coups de pouce au destin, la rencontre des bonnes personnes.
La boulangerie de Labastide avait fermé un an auparavant, une faillite de finances, d’envie, avait eu raison des propriétaires. Aucun volontaire pour reprendre, trop difficile, le bail est trop cher. Un village de quatre cent soixante âmes, proche d’une grande ville, pas assez rentable. »

« Rien a changé, les odeurs, les bruits, les gens. Des étals ont disparu, d’autres ont pris leur place, mais sensiblement tout est identique au marché de mon enfance, lorsque j’accompagnais ma grand-mère.
Ici sur cette place, autour de cette halle, debout, les mains posées sur le comptoir camion du torréfacteur, la foule me frôle, m’enveloppe. Les rires, les conversations, les appels des commerçants. Je reste immobile dans l’odeur du café. Mélange de vanille et de caramel. »

« Trois mots : cancer, chimiothérapie, mastectomie.
Touchée, coulée.
Il me voit me prendre la poitrine, il essaie de me rassurer, mais ces mots n’ont aucun effet à cet instant.
C’est bizarre, on a beau vous expliquer que l’on essaie de vous sauver la vie, que cela est nécessaire à la guérison, que votre sein, symbole de féminité, de maternité, porte votre pire ennemi et qu’il faut vous en séparer, la seule chose qui vous préoccupe et le fait que l’on va toucher à votre intégrité, qu’esthétiquement votre corps ne sera plus jamais le même. Puis il y aura la fatigue du boulot, les cheveux, bref, ça craint. »

« Je touche la couverture, cette habitude que j’ai avec les livres, comme si je prenais possession de l’objet avant de l’ouvrir. Cela fait partie du plaisir physique que j’ai à entrer dans une librairie, celui de toucher les livres, de sentir le papier des livres. Il y a quelque chose de sensuel dans ma démarche, d’organique. C’est peut-être pour cela que j’ai du mal à lire un livre de poche, trop petit, ou que je n’aime pas lire un livre que quelqu’un a déjà lu ai eu entre les mains, comme un besoin d’être la seule à le toucher, à le découvrir. »

 

 

Né à Toulouse il y a une quarantaine d’années, Bertrand Touzet a grandi aux pieds des Pyrénées. Il est aujourd’hui masseur-kinésithérapeute. Remarqué pour son premier roman Aurore, finaliste du Prix Jean Anglade 2020 et lauréat du Grand Prix national du Lions Club de littérature 2022, paru aux Presses de la Cité, il puise dans son quotidien personnel et professionnel les expériences qui nourrissent ses romans.

Émotion, Drame, Philosophique

Avant que le monde ne se ferme

de Alain Mascaro
Broché – 18 août 2021
Éditions : Autrement

Anton Torvath est tzigane et dresseur de chevaux. Né au coeur de la steppe kirghize peu après la Première Guerre mondiale, il grandit au sein d’un cirque, entouré d’un clan bigarré de jongleurs, de trapézistes et de dompteurs. Ce “fils du vent” va traverser la première moitié du “siècle des génocides”, devenant à la fois témoin de la folie des hommes et mémoire d’un peuple sans mémoire. Accompagné de Jag, l’homme au violon, de Simon, le médecin philosophe, ou de la mystérieuse Yadia, ex-officier de l’Armée rouge, Anton va voyager dans une Europe où le bruit des bottes écrase tout. Sauf le souffle du vent.
À la fois épopée et récit intime, Avant que le monde ne se ferme est un premier roman à l’écriture ample et poétique. Alain Mascaro s’empare du folklore et de la sagesse tziganes comme pour mieux mettre à nu la barbarie du monde.

 

 

Je termine à l’instant “Avant que le monde ne se ferme”.
J’ai encore la gorge nouée… la larme à l’œil.

Quel magnifique premier roman !
Quel superbe cadeau nous offre Alain Mascaro avec ses quelques pages…

C’est tellement poétique… et même magique parfois.

Des mots qui vont et viennent, se tiennent les uns les autres, qui se répondent et s’enchaînent en toute beauté au rythme de la nature, des animaux, de ceux qui aiment la vie, qui donnent et qui partagent… un rythme différent, un rythme qui, comme le dit si bien l’auteur, permet de prendre la mesure du monde…
Un cirque Tzigane, des roulottes qui déambulent au gré des vents et des itinéraires aléatoires, le vent à travers les arbres, des musiciens, des magiciens, des trapézistes aussi, des lions, des paysages de toute beauté et au milieu de ce “petit monde”, Anton, l’enfant, le dresseur de chevaux. Il les aiment, il leur parle, ils le lui rendent bien…

Mais cette vie, belle et sereine, qui aurait du continuer dans sa simplicité, va soudain un jour se trouver percutée par la haine et la folie des hommes. Une guerre. Elle cherche à annihiler les différences, à supprimer certaines races. Dans ce combat, qui n’en est pas vraiment un, Tziganes, Juifs et simples d’esprit, sont devenus “personæ non gratæ”, sont devenus l’obsession des nazis.
Anton, personnage central du récit, va dès lors devenir malgré lui, au milieu de tout cet enfer, celui qui fédère, celui qui montre la voie… vers un avenir encore incertain.

Une écriture tout en contraste.
Après avoir évolué dans la lumière pendant tout le premier tiers de ma lecture, Alain Mascaro nous plonge soudain dans une obscurité étouffante et terrifiante. La guerre, les nazis, les camps de concentration, les meurtres…
J’ai appris beaucoup de choses sur le génocide tzigane. C’est très dur, violent, mais la poésie est toujours là, cachée, elle cherche à retrouver sa place et au fur et à mesure de ma lecture, la revoilà, plus forte, encore plus belle vers un final éblouissant !

Alors, oui, j’ai versé quelques larmes, mais plus que des larmes de tristesse, c’étaient des larmes d’émotions tellement la beauté des mots résonnait en moi…
Un énorme coup de cœur pour ce roman qui m’a emporté vers d’autres contrées. Je le relirai sûrement et assurément avec beaucoup de plaisir !
Un hommage exceptionnel au peuple tzigane et à son histoire.
Je quitte Anton et les siens avec regrets, un peu ému. J’aurais tellement aimé être là-bas, avec eux. Partager leur quotidien, leur bonheur, écouter les mélodies de Jag sur son violon le soir au coucher et au réveil marcher, avec comme seul “objectif“, d’avancer, d’aller de l’avant, d’ouvrir mes yeux et mon esprit, d’écouter le chant des oiseaux, le bruit du vent, regarder les nuages qui découvrent le soleil, les chevaux qui gambadent dans les champs à notre approche. Avancer ainsi vers l’inconnu, vers l’infini…
…vers la liberté !

Merci Alain…

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Extraits :

« Tout commença dans la steppe, dans le cercle des regards qui crépitaient avec le feu de camp. La voix du violon de Jag planait par-dessus l’hiver immobile qui parfois arrêtait le cœur des hommes. Ainsi le vieux Johann était-il mort trois jours plus tôt. Jamais il ne connaîtrait l’enfant à venir.
Ce jour-là, le jour où son père s’en était allé, Svetan avait appris que lui-même allait devenir père. Une vie pour une autre vie, tel était le tribut à payer depuis toujours. Dès qu’une âme s’envolait, une autre se posait dans le creuset d’une mère sous l’orbe d’un ventre rond comme le monde. C’était si étrange de connaître la douleur, la tristesse et la joie en même temps ! »

« Smirna n’était que douceur et poésie. Elle était de ces êtres rares qui enchantent la vie par leur seule présence. Svetan en était éperdument amoureux et sans doute un peu tous les hommes du clan. C’était une Lovara de la plus belle eau, fille de Bachanó le dresseur et de Zymme l’acrobate. La légende disait qu’elle était née sur la piste, parce que sa mère avait perdu les eaux sur son trapèze. »

« Dans la Kumpania, on se méfiait beaucoup de ceux qui savaient lire. Les livres étaient des prisons pour les mots, des prisons pour les hommes. Les premiers comme les seconds n’étaient libres qu’à virevolter dans l’air ; ils dépérissaient sitôt qu’on les fixait sur une page blanche ou un lopin de terre. »

« Ce monde-là n’est plus pour moi, dit-il d’un air las. Autrefois, avant la grande guerre, la terre était libre et ouverte. On voyageait d’une mer à l’autre sans demander à personne et personne ne vous demandait jamais rien. On comprenait qu’on avait passé une frontière quand soudain, on n’entendait plus parler la même langue. »

« Pleure, mon amour, pleure, et qu’avec tes larmes s’en aillent tous tes malheurs… »

« Oui mon garçon, voilà bien tout le drame des hommes : ils sont exactement comme les moutons. On leur fait croire à l’existence de loups et ceux qui sont censés les protéger sont en fait ceux qui les tondent et les tuent. »

 

Je suis né le 23 avril 1964 à Clermont-Ferrand.

Professeur de lettres.

En juillet 2019, ma compagne et moi avons largué les amarres pour un voyage sans date de retour. Après avoir parcouru le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, l’Iran, le Népal, l’Inde, la Birmanie et le Cambodge, nous nous sommes retrouvés bloqués en Thaïlande par la pandémie. C’est en grande partie durant ce confinement thaïlandais que j’ai écrit mon premier roman Avant que le monde ne se ferme. Il a ensuite été retravaillé en Patagonie chilienne…

Cf mon blog de voyage : transhumances.eu

À ce jour, mon roman a reçu les distinctions suivantes :

  • Prix Première Plume 2021 – Furet du Nord – Decitre
  • Prix Talents Cultura 2021
  • Palmarès Livres Hebdo des Libraires (12ème place)

Autres œuvres :

  • Prix Pégase de la Nouvelle de Maisons-Laffitte (1990) pour une nouvelle intitulée Le Galop du Centaure qui est en quelque sorte l’ancêtre d’Avant que le monde ne se ferme.
  • Prix Club Internet Publibook (2001) pour la nouvelle La Sourate de la Répudiation
  • 2e prix (2006) et 3ème prix (2008) La fureur du Noir pour des nouvelles policières
  • Concours de nouvelles Mots Passants de l’Académie de Clermont-Ferrand.

– 2e prix en 2014.
– Finaliste 2020 (pas de classement cette année-là pour cause de Covid).
– 1er prix en 2016, 2018 et 2021.

Émotion, Drame, Psychologie

Chanson douce

de Leïla Slimani
Poche – 3 mai 2018
Éditions : Folio

“Louise ? Quelle chance vous avez d’être tombés sur elle. Elle a été comme une seconde mère pour mes garçons. Ça a été un vrai crève-coeur quand nous avons dû nous en séparer. Pour tout vous dire, à l’époque, j’ai même songé à faire un troisième enfant pour pouvoir la garder.”

Lorsque Myriam décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise et sont conquis par son aisance avec Mila et Adam, et par le soin bientôt indispensable qu’elle apporte à leur foyer, laissant progressivement s’installer le piège de la dépendance mutuelle. 

Prix Goncourt 2016

 

 

C’est l’histoire d’une mère qui a deux enfants, mais qui s’ennuie profondément de sa vie professionnelle. Elle propose à son mari de prendre une nounou à domicile la libérant ainsi de ce qui est devenu avec le temps, un tracas quotidien. Après en avoir reçu plusieurs nourrices chez eux, ils trouvent enfin “la perle rare”… Louise.

C’est l’histoire de la condition féminine dans nos sociétés actuelles, celles où les femmes doivent travailler sans pour autant culpabiliser de ne pas pouvoir s’occuper de leurs enfants…

C’est l’histoire de Louise, la cinquantaine, qui en plus d’être une nounou exemplaire, fait le ménage, range les chambres, fait à manger, organise les anniversaires des enfants, qui ne connaît pas le lâcher prise et qui, tout au fond de son cœur, souffre de ne pas être vue, de ne pas être reconnue, d’être devenue une habitude, une femme “invisible”…

…Et, cette histoire, je l’ai trouvée totalement captivante.
Comment Louise, étant définie comme “La perfection”, a-t-elle pu assassiner les deux enfants dont elle avait la garde et qu’elle aimait ?
Qu’est-ce qui l’a poussé à sortir de sa vie lisse et tranquille ?
Le fait de ne plus pouvoir joindre les deux bouts ?
Son propriétaire ? qui va la déloger, car elle ne paye plus son loyer ?
Le Trésor Public ? qui la submerge de courriers, car elle n’est plus à jour de ses impôts ?

En apparence, elle menait une petite vie tranquille… Mais qui est vraiment Louise ? D’où lui viennent tous ces ennuis ?

Leïla Slimani, à sa façon, rend un bel hommage à toutes les nounous qui doivent avoir l’impression d’être des objets, elles sont incomprises, mal considérées…
C’est superbement écrit, chaque mot pèse et trouve sa place dans ses phrases au style épuré. Elle nous présente les réactions de deux “mondes” que tout oppose de manière objective.
Je suis un amoureux des livres, un amoureux de la langue française et “Chanson douce” a bien mérité son prix en 2016.

Malgré la première phrase qui dès le début a donné le ton de ma lecture, je suis quand même resté captif et intrigué jusqu’à la dernière ligne…
C’est sombre, c’est triste, émouvant aussi. Il n’y a aucun jugement de la part de l’auteure, ça sonne très juste…

Bravo Leïla et merci !

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Extraits :

« Le bébé est mort. Il a suffi de quelques secondes. Le médecin a assuré qu’il n’avait pas souffert. On l’a couché dans une housse grise et on a fait glisser la fermeture éclair sur le corps désarticulé qui flottait au milieu des jouets. La petite, elle, était encore vivante quand les secours sont arrivés. Elle s’est battue comme un fauve. On a retrouvé des traces de lutte, des morceaux de peau sous ses ongles mous. Dans l’ambulance qui la transportait à l’hôpital, elle était agitée, secouée de convulsions. Les yeux exorbités, elle semblait chercher de l’aie. Sa gorge s’était emplie de sang. Ses poumons étaient perforés et sa tête avait violemment heurté la commode bleue. »

« Lorsque Myriam s’est excusé d’avoir manqué les dernières réunions et d’avoir envoyé Louise à sa place, la maîtresse aux cheveux gris a fait un large geste de la main. “Si vous saviez ! C’est le mal du siècle. Tous ces pauvres enfants sont livrés à eux-mêmes, pendant que les deux parents sont dévorés par la même ambition. C’est simple, ils courent tout le temps. Vous savez quelle est la phrase que les parents disent le plus souvent à leurs enfants ? “Dépêche-toi !” Et bien sûr, c’est nous qui subissons tout. Les petits nous font payer leurs angoisses et leur sentiment d’abandon.” »

« Enfermée dans l’appartement des Massé, elle a parfois l’impression de devenir folle. Depuis quelques jours, des plaques rouges sont apparues sur ses joues et sur ses poignets. Louise est obligée de mettre ses mains et son visage sous l’eau glacée pour apaiser la sensation de brûlure qu’il la dévore. Pendant ces longues journées d’hiver, un sentiment de solitude immense l’étreint. En proie à la panique, elle sort de l’appartement, ferme la porte derrière elle, affronte le froid est emmène les enfants au square. »

« Pour Paul et Myriam, l’hiver file à toute vitesse. Pendant ces quelques semaines, le couple se voit peu. Ils se croisent dans leur lit, l’en rejoignant l’autre dans le sommeil. Ils collent leurs pieds sous les draps, ce sont des baisers dans le cou est rient d’entendre l’autre grommeler comme un animal dont on perturbe le sommeil. Ils s’appellent dans la journée, se laissent des messages. Myriam écrit les post-it amoureux qu’elle colle sur le miroir de la salle de bain. Paul lui envoie, en pleine nuit, des vidéos de ses séances de répétition. »

 

 

Leïla Slimani, née le 3 octobre 1981 à Rabat au Maroc, d’une mère franco-algérienne et d’un père marocain, est une journaliste et écrivain franco-marocaine.

Élève du lycée français de Rabat, Elle grandit dans une famille d’expression française. Son père, Othman Slimani, est banquier ; sa mère est médecin ORL, mi-alsacienne, mi-algérienne. En 1999, elle vient à Paris pour ses études où elle est diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris. Elle s’essaie au métier de comédienne (Cours Florent), puis décide de compléter ses études à ESCP Europe pour se former aux médias. À cette occasion, elle rencontre Christophe Barbier, alors parrain de sa promotion, qui lui propose un stage à L’Express. Finalement, elle est engagée au magazine Jeune Afrique en 2008 et y traite des sujets touchant à l’Afrique du Nord.

En 2014, elle publie son premier roman aux éditions Gallimard, Dans le jardin de l’ogre. Le sujet (l’addiction sexuelle féminine) et l’écriture sont remarqués par la critique et l’ouvrage est sélectionné pour le prix de Flore 2014.

Son deuxième roman, Chanson douce, obtient le prix Goncourt 2016.

Émotion, Drame, Polar, Thriller

La mort est parfois préférable

de Sacha Erbel
Poche – 8 septembre 2022
Éditions : Taurnada

Yan est flic à la police judiciaire de Lille. Depuis quelque temps, un “passager clandestin” s’est invité dans sa vie : “l’Araignée”, c’est le surnom qu’elle lui a donné. Alors que Yan traque l’auteur du meurtre d’un journaliste connu pour ses reportages à sensation, elle n’a pas d’autre choix que de composer avec son “invisible ennemie’ : insidieuse, omniprésente, l’Araignée tisse sa toile, cuisante morsure dans ses chairs survenant n’importe où, n’importe quand… En parallèle, Brath, son collègue, enquête sur la mort étrange d’un homme retrouvé décapité, assis au volant de sa voiture, la tête reposant sur la banquette arrière. En équilibre sur un fil, Yan ne baisse pas les bras, avance sur son chemin de douleurs au risque de se perdre… définitivement.

 

C’est le second roman de Sacha Erbel que je lis.
Dans son premier roman “L’Emprise des sens”, Sacha nous avait amenés du côté de la moiteur de la mystérieuse Nouvelle-Orléans, pleine de magie noire, de magie blanche et d’incantations diverses dans une enquête sur un tueur en série qui utilisait le Vaudou pour arriver à ses fins.

Pour “La mort est parfois préférable”, l’auteur nous emmène à Lille au sein de la police judiciaire, où une série de suicides intrigue la police.

Exceptionnellement, je vais commencer par mon Ressenti négatif, comme ça, nous serons débarrassé !

MAIS QU’EST-CE QUE TU AS FAIT SACHA ???
SI VOUS AVEZ PRÉVU UN ROMAN BARBANT, REDONDANT, SANS RYTHME ET ENNUYEUX, NE LISEZ SURTOUT PAS “La mort est parfois préférable” !
À PEINE ENTAMÉ… ET JE SUIS DÉJÀ À LA DERNIÈRE PAGE !!!
J’EN VOULAIS PLUS… ET ENCORE PLUS, PARTAGER ENCORE LA VIE DE YAN, DE SON ÉQUIPE, EN SAVOIR PLUS SUR EUX QUOI !!!

Alors, Sacha… Avoue que je t’ai bien eu là !

Encore une fois agréablement surpris, par ce polar qui très vite va “transformer” en véritable Thriller. Mais un thriller très humain, autant de la part de la Police, où Sacha développe des personnages avec de la sensibilité, de la sincérité dans leurs remarques et dans leurs pensées, mais aussi vis-à-vis du personnage qui ayant vécu le pire décide aujourd’hui de se venger après des années de souffrances.
Cela aurait pu être une histoire simple… Point final et on n’en parle plus !
Mais non. Sacha a décidé de nous embrouiller en nous embarquant avec une efficacité implacable dans une réalité, sa réalité, son quotidien. Chaque personnage est développé à la perfection avec sa propre psychologie, vers une thématique très originale et pleine de rebondissements.

“La mort est parfois préférable” ?
C’est une histoire d’araignée qui prend de plus en plus de place, une histoire où la mélancolie vous attrape au risque d’en perdre la tête, à moins que cela soit dû à un coup-de-poing américain…, où la dépendance aux médicaments et aux drogues prend un tout autre sens, où il sera aussi question de manipulation mentale, et d’un lointain voyage au Pakistan…
Grâce à cette lecture fluide et addictive, mon regard et ma perception ont forcément changé aujourd’hui.

Sacha, tu peux souffler maintenant.
Merci pour ce récit à plusieurs niveaux où j’ai appris plein de choses…
Merci aux Éditions Taurnada, pour leur confiance renouvelée…

“La mort est parfois préférable” ?
À lire absolument !

Roman disponible à partir du 8 septembre 2022

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Extraits :

« La porte de l’ascenseur coulisse sur une Yan aux yeux si rouges qu’on pourrait penser qu’elle n’a pas dormi depuis des jours. Elle lâche ses affaires sur son bureau. Son soupir en dit long sur sa lassitude et sa fatigue, mais comme d’habitude, elle fait comme si.
Elle reconnaît la voix grave et rassurante de Brath. Au passage devant la cafetière, elle se sert une tasse du breuvage fumant et se dirige vers le bureau de son ami.
Elle se laisse tomber lourdement sur un fauteuil à roulette et se met à tourner sur elle-même. Brath la scrute de son regard inquiet, sans toutefois éveiller les soupçons de Michel. »

« …dans le domaine de la psychiatrie, la mélancolie est une pathologie bien plus grave que la dépression. C’est-à-dire qu’une personne diagnostiquée comme telle par un psychiatre doit être surveillée comme le lait sur le feu, car elle va vraiment tenter de se suicider. Ce n’est plus un appel à l’aide, mais une certitude. C’est plus fort qu’elle. On, n’est pas face à un état d’âme. C’est une vraie maladie, comme la dépression. »

« Yan se perd dans ses réflexions. Toujours les mêmes remises en questions, qui la mettent un peu mal à l’aise. Elle ne réalise pas vraiment ce qu’est une fin de vie. La fin, c’est quoi ? Est-ce qu’on flotte au-dessus de son corps en se moquant de ces pauvres cons qui pleurent autour d’une enveloppe vide ? Est-ce que l’on part sans se retourner dans ce fameux tunnel, attiré par cette lumière douce et ardente à la fois ? Ou, est-ce qu’il n’y a rien ? Rien du tout ? Sans être portée sur la religion, n’y aurait-il rien d’autre que le néant ? Toute une vie construite de souvenirs pour que tout disparaisse aussi vite ? »

« 1… Vous commencez à ressentir une sensation énergisante parcourir tout votre corps…
2… Vous vous éveillez de plus en plus… votre respiration est calme, naturelle… vous vous sentez parfaitement énergisée et cette sensation d’énergie va demeurer tout au long de vos activités… Vous prenez une grande inspiration profonde…
3… À votre rythme, vous pouvez revenir tranquillement, pleinement ici et maintenant. »

 

 

Diplômée en Criminologie appliquée à l’expertise mentale, Sacha Erbel (un nom de plume) est fonctionnaire de police depuis plus de 20 ans. Elle travaille au Service de la protection (SDLP) où elle est en charge de la protection rapprochée de différentes personnalités politiques ou civiles.

“Mes passions ?
L’écriture, depuis mon premier roman,
l’Emprise des Sens, car avant ça, je n’avais rien écrit, à part quelques dissertations à l’école. J’aime aussi beaucoup le cinéma, et… les fringues ! Mdr !
En matière de musique, j’adore David Bowie que j’ai eu la chance de voir deux fois en concert, Indochine et aimons-nous vivant de François Valéry ! Lol ! Pour ceux qui en douteraient, ils auront la pièce à conviction sur ma page facebook !
Mes loisirs vont avec mes passions : je vais beaucoup au ciné, j’écris quand j’ai du temps libre, et je vais courir au stade pour réfléchir à mes histoires !”

L’Emprise des sens
https://leressentidejeanpaul.com/2018/12/29/lemprise-des-sens-de-sacha-erbel/

Émotion, Drame, Histoire vraie, Psychologie

Les corps conjugaux

de Sophie de Baere
Poche – 16 février 2022
Éditions : Le Livre de Poche

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Fille d’immigrés italiens, Alice Callandri consacre son enfance et son adolescence à prendre la pose pour des catalogues publicitaires et à défiler lors de concours de beauté. Mais, à dix-huit ans, elle part étudier à Paris. Elle y rencontre Jean. Ils s’aiment intensément, fondent une famille, se marient. Pourtant, quelques jours après la cérémonie, Alice disparaît. Les années passent mais pas les questions. Qu’est-elle devenue ? Pourquoi Alice a-t-elle abandonné son bonheur parfait, son immense amour, sa fille de dix ans ?
Portrait de femme saisissant, histoire d’un amour fou, secrets de famille, Les Corps conjugaux, inspiré d’une histoire vraie, explore avec force et poésie l’un des plus grands tabous et notre part d’humanité.

Une écriture d’une grande justesse.
Marie Michaud, librairie Gibert Joseph (Poitiers).

Audacieux et prometteur.
Gaëlle Belda, Nice Matin.

Un roman dérangeant, qui bouleverse totalement.
Françoise Feuillet, Avantages.

 

• Couv_074_De Baere Sophie - Les corps conjugaux.jpg

 

En littérature comme en musique, j’ai de plus en plus besoin de tristesse…

“Les corps conjugaux”, est une histoire triste, mais elle est tellement belle, tellement bien écrite… Une histoire pleine de sensibilité qui ne pourra que vous toucher.
Elle m’a touchée, elle m’a émue, bouleversée même. J’ai eu à plusieurs moments les yeux qui se remplissaient de larmes, et je me demandais… qu’aurais-je fait à sa place ?

C’est le second roman de Sophie De Baere que je lis.
Deux romans coups de poing, très différents et en même temps écrit avec cette même écriture incroyable.
Le style, les mots choisis qui basculent entre douceur et douleur, souvent très poétique, émouvant toujours. Certaines phrases donnent l’impression d’avoir été écrites au couteau !

Après une enfance compliquée “aux ordres” de sa mère, une femme froide et intransigeante, Alice décide un jour de cesser de se plier à ses exigences sans limites. Après le décès de son jeune frère, elle part pour Paris. C’est là qu’elle rencontrera Jean. C’est LE coup de foudre !
Alice aime Jean à la folie. Jean aime Alice en qui il voit sa reine. Ensemble, ils donneront très vite naissance à la petite Charlotte.
Leur vie est un rayon de soleil lorsqu’ils décident de se marier.
Quelques jours après la cérémonie, Alice disparaît, sans donner aucune raison, délaissant son amour et sa fille âgée alors de dix ans.

Quel drame peut pousser une maman à abandonner sa famille ?

S’ensuivra alors pour elle une vie d’errance à la recherche de l’oubli.
Mais peut-on faire abstraction définitivement de ses sentiments, de son passé ?

Un véritable coup de cœur pour ce livre qui parle d’amour, comme rarement je l’ai lu !
À lire sans hésitation !

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Extraits :

« Les bras immenses d’Alessandro entourent ma mère et la tressent d’insouciance. Ses bras immenses comme des machines à remonter le temps. Avec eux, maman redevient la petite fille qui aimait s’inventer de belles histoires. De celles qui dessinent de jolies crénelures aux nuages et boutonnent les nuits de leurs rassurantes lumières. »

« Au fond, les seuls moments où je m’autorise à n’être pas candidate sont mes moments de lecture. Si ce n’est des livres de cuisine ou les magazines télé, il n’y a pas de livres chez moi. Alors, j’emprunte des romans au CDI ou à la bibliothèque de Bolbec. Et le soir, lorsque, devant son écran, ma mère commence à s’endormir sur le fauteuil du salon, je ferme la porte de ma chambre et je les dévore à la lueur d’une lampe de poche. Pendant ces moments suspendus, je m’oublie. J’oublie la Miss. J’oublie tout ce qui tisse ma vie ; et je la rapièce à coup de destins romanesques et de mots lointains.
Je fais promettre à Mona de ne rien dire. Maman pourrait trouver ça inutile voire dangereux. Elle dit souvent que les livres sont des illusions. Et même, l’apanage des fainéants. »

« Depuis quelque temps, j’essaie d’écrire comme les poètes donc j’emprunte les recueils à la bibliothèque de mon quartier. Des petits textes à moi cerclés de leurs mots à eux. Comme des ferments de l’âme. Roulis de mes frustrations du moment. De mes emphases aussi. Ce n’est sans doute pas toujours fameux, mais je crois que ma prose imparfaite recèle une beauté bien plus noble que celle de mon visage ou de mes seins. Les mots qui surgissent de nos profondeurs sont d’une beauté toute autre point de celle qui rendent différent. De celles qui réparent et qui sauvent. Qui me réparent. Qui me sauvent, peut-être. »

« Il m’entraîne vers le lit et me dépose sous les draps. Tout entier dédié à mon plaisir, il m’enlace. Flairant ses subtiles émanations, je sens monter des besoins que je n’avais plus ressentis depuis longtemps. Je les laisse perler.
Nos peaux emmêlées ne sont rien d’autre que celles de deux créatures animées par quelque chose d’ancien et de bouleversant. Ce n’est déjà plus une affaire de désir. Le désir, grandit, nous échappe, dérape. Naît autre chose. Une réminiscence d’amour. Une envie de faire revivre les corps des disparus, chacun se glissant dans la mémoire de l’autre.
De nos bouches et de nos doigts, nous pillons le moindre morceau de chair et la nuit n’est qu’un florilège de requêtes formulées dans un doux râle, comme autant de doléances entre nos appétits et nos souvenirs insatiables. »

 

 

Sophie de Baere est diplômée en lettres et en philosophie. Après avoir habité à Reims puis à Sydney, elle s’est installée comme enseignante près de Nice. Elle est également auteure, compositrice et interprète de chansons françaises.