Émotion, Drame, Histoire, Poésie, Roman

Madelaine avant l’aube

de Sandrine Collette
Broché – 21 août 2024
Éditions : JC Lattès

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C’est un endroit à l’abri du temps. Ce minuscule hameau, qu’on appelle Les Montées, est un pays à lui seul pour les jumelles Ambre et Aelis, et la vieille Rose.
Ici, l’existence n’a jamais été douce. Les familles travaillent une terre avare qui appartient à d’autres, endurent en serrant les dents l’injustice. Mais c’est ainsi depuis toujours.
Jusqu’au jour où surgit Madelaine. Une fillette affamée et sauvage, sortie des forêts. Adoptée par Les Montées, Madelaine les ravit, passionnée, courageuse, si vivante. Pourtant, il reste dans ses yeux cette petite flamme pas tout à fait droite. Une petite flamme qui fera un jour brûler le monde.

Avec Madelaine avant l’aube, Sandrine Collette questionne l’ordre des choses, sonde l’instinct de révolte, et nous offre, servie par une écriture éblouissante, une ode aux liens familiaux.

« Sandrine Collette s’élève au sommet de son art. »
Le Parisien

« Tout simplement impressionnant »
Lire Magazine littéraire

« Un roman intense et terrible »
Femme Actuelle

« La romancière est au sommet de son art. »
Version Femina

« Éblouissant »
Point de Vue

« Artisane d’une écriture mêlant tournures incantatoires et mots rugueux, sensations précises comme des coupures, images vives, nature puissante, Sandrine Collette fait tourbillonner les éléments du décor et les pantins qui l’habitent en un ballet macabre, captivant, tandis que les planètes s’alignent pour précipiter ce petit monde dans le chaos. »
Le Point

« Un génial tour de force »
La Vie

« Ce texte déborde de vie »
Télérama

« Une écriture magnifique »
Madame Figaro

« Notre Goncourt à nous. »
Le Parisien

« Une grande réussite »
Le Monde des Livres

« Un talent hors pair de raconteuse d’histoires »
L’OBS

« Un roman magistral »
Version Fémina

 

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C’est le septième roman de Sandrine Collette qui passe entre mes mains.
Sandrine, pour moi fait partie des autrices qui ont su s’affranchir d’une certaine bienveillance pour aller vers une prose personnelle, parfois choquante, parfois très poétique. Je ferme mon livre en me disant qu’encore une fois, elle nous offre une sacrée évasion littéraire…

Ce roman est un peu comme une ode. Une ode à la puissance de la nature, une ode à la famille, à l’histoire des paysans et tout simplement à la vie, dans un monde où les hommes et les femmes vivent courbés face à leurs maîtres. Ici, le droit de cuissage n’est pas une “légende”, il est la peur que ressentent toutes les femmes et toutes les jeunes filles. La vie est très dure, et les intempéries qui pourrissent les cultures n’arrangent rien à la faim qui est leur quotidien dans le hameau où ils vivent, que l’on ne peut situer ni dans le temps, ni dans les lieux. Tout ce que l’on sait, c’est que la vie est dure, très dure…
Et un jour, Madelaine, petite fille abandonnée, apparaît dans le hameau. Elle sera accueillie avec beaucoup de bienveillance par deux sœurs jumelles, Ambre et Aelis. Bran, le narrateur du récit, et personnage emblématique, voit tout de suite en Madelaine, une fille différente qui n’a peur de rien et est capable de s’imposer malgré son jeune âge face aux hommes. Bran l’aime et lui sera fidèle jusqu’au bout…

L’histoire est magnifique, et à un moment de ma lecture, je me suis rendu compte que Sandrine, par une ponctuation particulière, des phrases sans verbe, ou “presque” incomplètes, nous obligeait à créer une sorte de liens, de trouver nos propres mots pour avancer dans le récit !
Rien que pour ça, ce livre mérite votre attention, on est obligé d’entrer ainsi dans les pensées de l’autrice…

Récit prenant jusqu’aux entrailles, récit coup de poing et bouleversant qui sort des lieux communs et qui a élargi mon horizon… Encore une fois Sandrine frappe là où je ne l’attendais pas, mais quel plaisir…
Coup de cœur pour Madelaine, même si je ne sais toujours pas si elle m’a mené vers la lumière ou la noirceur, vers une suite… peut-être ?

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Extraits :

« La terre frémit sous leur pas lourd. Ils se hâtent, de cette lenteur presque hypnotique des grands corps épuisés après une journée de labeur – interrompue bien avant l’heure, quand l’enfant est venu. Ils vont côte à côte l’homme et le cheval, puant l’un et l’autre la sueur séchée sur leur peau rugueuse, le premier essuie la poussière qui fait du gris sur son front et l’autre secoue la tête pour se débarrasser des mouches. L’enfant marche devant, se retourne pour les attendre. Il ne dit rien, mais tout dans son attitude trahit son impatience. »

« Nous vivons au bout du monde. Le fleuve Basilic serpente sur toute la frontière de notre région, la coupant du reste de l’univers. De notre côté de la rivière, il y a quelques marais et puis en retrait, le village et derrière le village des fermes éparses comme celle de Rose, qui fait partie de cet ensemble de trois maisons qu’on appelle les Montées. Il y a des forêts et il y a des champs, et encore loin après, tout cela s’étiole et se termine par une montagne de lave presque verticale que personne ne s’est jamais aventuré à gravir. »

« Aelis et Ambre ont été inséparables, enfants. Elles n’avaient pas les mots pour parler d’âme-sœur pourtant il n’y en avait pas d’autre, deux petites filles n’en faisant qu’une tant leur communion d’esprit était forte, deux petites filles qui se suivaient telles des ombres, reproduisant exactement les gestes l’une de l’autre sans s’être copiées ni concertées, jusqu’au son de leur voix que leur mère ne différenciait pas. À elles deux, elles avaient créé un monde. Elles se suffisaient à elles-mêmes, ignorantes des regards qu’on leur jetait soit parce que leur ressemblance sidérait, soit parce que leur beauté fascinait. Elles inventaient des histoires qu’elles étaient seules à comprendre et qui ne faisaient rire qu’elles. Leur enfance fut un temps de partage et de bonheur. »

« L’hiver est passé sur le chagrin de Madelaine. Comme pour les hommes, la mort du chien est devenue invisible. On n’a plus le temps, ni la force. De plus en plus, les pensées sont obnubilées par la nécessité de se mettre quelque chose d’infime sous la dent chaque jour, cela a l’aigreur et l’acuité des poignards fouaillant les corps, la sensation est physique, terriblement réelle, tellement que lorsque les hommes ont crevé, on les a à peine pleurés. »

 

Sandrine Collette, née en 1970 à Paris, est une romancière française.
Elle aime la campagne profonde, la forêt, la montagne, les vignes. Tout naturellement, elle aime situer ses intrigues dans un univers rural, même si son petit polar Une brume si légère, est exceptionnellement urbain. La romancière part toujours d’une image qui lui permettra de dérouler le fil de sa fiction.
Devenue l’un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans Six fourmis blanches (2015).

Il reste la poussière (2016) obtient le Prix Landerneau du polar.
En 2017 paraît Les larmes noires sur la terre.

Son huitième roman, Et toujours les forêts, une fiction post-apocalyptique, a été récompensé, en 2020, par le prix de La Closerie des Lilas, le prix Amerigo Vespucci 2020 et le grand prix RTL-Lire.

Elle partage son temps entre la région parisienne et son élevage de chevaux dans le Morvan.

Animal
https://leressentidejeanpaul.com/2021/01/19/animal/

Juste après la vague
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/10/juste-apres-la-vague-de-sandrine-collette/

Et toujours les Forêts
https://leressentidejeanpaul.com/2022/12/08/et-toujours-les-forets/

Émotion, Drame, Frisson horreur, Thriller psychologique

L’Alpha & l’Oméga

Estelle Tharreau
Broché – 7 novembre 2024
Éditions : Taurnada Éditions

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Cédric est l’enfant non désiré de Nadège Solignac, tueuse en série.
Au fil du temps, il découvre son passé familial et tente de grandir sous l’ombre meurtrière de sa mère.
Mais un tel monstre peut-il aimer ? Peut-on seulement lui survivre ?

Un roman psychologique noir dans lequel le lien filial oscille dangereusement entre amour et haine.

 

• Couv_2024-103_Tharreau Estelle - L'Alpha et l'Oméga

 

Un mélange de violence et de poésie à l’équilibre parfait !

C’est LA sortie du jour.
Bientôt cinquante ans que je lis. D’abord régulièrement, puis très vite tous les jours. Ce sont plus de 3 500 livres qui sont passés ainsi sous mes yeux… et lorsque je tombe sur un livre comme celui d’Estelle, c’est le bonheur !

Tout d’abord, L’Alpha & l’Oméga est une suite de Mon ombre assassine où figurait déjà Nadège Solignac.
En commençant mon récit, je ne savais pas du tout que les deux romans étaient liés, et très honnêtement “L’Alpha & l’Oméga” est tellement riche de tout, qu’il peut très bien se lire sans avoir lu le précédent.

Dès le début de ma lecture, je me suis retrouvé comme plaqué contre un mur avec violence, avoir l’impression de dévaler un escalier sans fin et de me cogner à chaque marche, ce thriller psychologiquement très violent et très sombre m’a fait passé par des émotions dingues et diamétralement opposées. J’en ai eu le souffle coupé !
Une violence rarement aussi aboutie dans un récit, avec un final où…

Je te supplie Estelle, je veux une suite !!!

Roman choral à la première personne du singulier pour les trois voix du roman. Celle de Nadège, personnage complexe qui n’a aucune empathie envers personne, jamais… de son frère Cédric, et enfin de son fils Julien qui aime sa mère, même s’il a découvert très jeune, que c’est une meurtrière, mais elle est tellement protectrice envers lui.
Dès le début, le ton est donné. Une ambiance qui oscille régulièrement entre amour et haine, en quelques lignes, c’est un récit morbide, sordide, voire choquant ! Les amoureux du genre seront comblés, mais ce n’est pas tout. Estelle nous tient par son écriture fine, directe sans aucune fioriture et malgré tout ça, j’y ai vu énormément de poésie. Il se passe quelque chose durant la lecture, entre les regards, les silences et une tension constante qui explose littéralement à la fin du roman. J’étais à la fois dans la tête de Julien, de Cédric et de Nadège, c’était complètement fou !

Décidément, c’est un vrai plaisir de retrouver Estelle Tharreau à chacun de ses romans, elle arrive, tout en maintenant “un cap”, à se renouveler à chaque fois… Son grand “plus” pour moi dans celui-ci… Une maîtrise parfaite de ses personnages…

Un très grand merci à Joël des Éditions Taurnada pour sa confiance renouvelée.
Un bon conseil, foncez…
Ce roman-là, il ne faudrait surtout pas passer à côté !

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Extraits :

« Une institutrice mise en examen pour “homicide involontaire”
La guerre des profils
Légitime défense ?
… un policier harceleur et un mari adultère.
Nadège Solignac, “La tueuse des salles de classe”
L’hécatombe dans l’entourage de Nadège Solignac
Huit semaines après le dénouement de l’affaire Bianchi, Nadège Solignac retrouve enfin le chemin de l’école
Elle sollicite ce qu’elle a appelé elle-même, “le droit à l’oubli” »

« Mon frère a profité de moi quand sa vie personnelle s’est effondrée malgré le legs confortable de “papa”. Des mâles. Des nuisibles.
Je suis allongée dans la salle de bains pour ne pas souiller ma demeure. Les douleurs sont à leur paroxysme.
Ça ne va plus être long. Mon rythme cardiaque s’accélère. Dans quelques instants, je vais arracher à mon propre corps ce qui va survivre ou mourir. »

« – Je veux déclarer sa naissance.
– Vous avez accouché chez vous ?
– Je n’ai plus confiance dans les hôpitaux depuis la pandémie.
“Confiance” et “pandémie”, les deux mots magiques qui changent tout, qui excusent tout, qui la rendent compréhensive et me font passer de voleuse d’enfant à mère prudente et méritante.
– Vous avez donc accouché seule ?
– Oui. »

« Je suis sidérée : il est en rage, lui, si apathique depuis sa naissance. Je suis admirative : il m’a fait mal. Il me ressemble peut-être ; tout aussi transparent qu’enragé quand son existence en dépend. C’est peut-être le seul être qui sera assez fort pour me comprendre et me survivre… à condition qu’il ne soit pas perverti par ce monde extérieur, cette fabrique matérialiste et individualiste à enfants rois, futurs adultes névrosés et ingrats. »
……………………………

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

– La peine du Bourreau
https://leressentidejeanpaul.com/2020/10/01/la-peine-du-bourreau/

– Les Eaux noires
https://leressentidejeanpaul.com/2021/10/05/les-eaux-noires/

– Digital Way of Life
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/14/digital-way-of-life/

– Il était une fois la guerre
https://leressentidejeanpaul.com/2022/11/01/il-etait-une-fois-la-guerre/

– Le Dernier festin des vaincus
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/01/le-dernier-festin-des-vaincus/

Émotion, Drame, Philosophique, Roman

Peindre la pluie en couleurs

de Aurélie Tramier
Poche – 2 février 2022
Éditions : Le Livre de Poche

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Morgane est une directrice de crèche solitaire et revêche qui ne supporte plus les enfants. À trente-cinq ans, elle vit dans le rêve de racheter une pension pour chiens. Tout vole en éclats lorsque sa sœur meurt dans un accident de voiture, lui laissant ses deux enfants en héritage. L’arrivée d’Eliott, dix ans, et de Léa, six ans, bouscule son quotidien maniaque et fait ressurgir un passé douloureusement enfoui.

Les voix de Morgane et d’Eliott alternent dans ce roman pour nous tracer la reconstruction d’une femme blessée qui découvre la force de l’amour maternel.

“Un roman attachant et touchant.”
Isabelle Theillet, Page des libraires.

“C’est un très joli livre, plein d’émotion, de tendresse.”
Gérard Collard, Le Magazine de la santé, France 5.

 

• Couv_2024-099_Tramier Aurélie - Peindre la pluie en couleur

 

“Peindre la pluie en couleurs” commence comme un tunnel sombre. Puis apparaît une petite étincelle…
L’étincelle se diffuse devient de plus en plus puissante, elle se rapproche, doucement tout doucement. Elle se nomme Eliott, Léa, elle se nomme aussi Linh, Viviane, Snoopy, Laura, Tiago, Jean-Michel, Alice et sa mère Valérie, et elle se nomme aussi Lancelot…

L’étincelle brille de plus en plus, puis se transforme en lumière, et finalement, le tunnel disparaît. Morgane aperçoit l’horizon, là, juste devant, devant aux yeux. Le soleil finira-t-il par briller enfin pour elle ?
Détrompez-vous ce n’est pas un conte de fées, c’est une simple histoire, une histoire de tous les jours, un peu la mienne, la vôtre aussi peut-être…

Aurélie, avec des mots tendres et beaucoup d’émotion, nous raconte les épreuves vécues par Morgane durant toute sa vie. Il aura fallu le décès de celle qu’elle aimait le plus au monde, sa “petite” sœur qui lui confiera ses deux enfants, avant son dernier souffle, pour qu’enfin l’envie de se battre émerge au fin fond d’elle-même…
Commencera alors pour elle, une nouvelle vie, pour laquelle elle ne s’était pas préparée du tout !

Un magnifique roman qui donne envie de lutter, pour vivre…

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Extraits :

« Je tombe.
C’est sans fin.
Comme Alice quand elle saute dans le terrier du lapin.
Léa est en train de décrocher la lune. Je touche le fond de la piscine, je vais me noyer, c’est sûr.
— Viens, Eliott ! Pourquoi tu te balances pas ?
crie Léa.
Je suffoque. Je jette par terre la médaille dont le cordon m’étrangle. Une main se pose sur mon épaule.
Je sursaute. C’est Morgane, sans son sourire. »

« C’est ici que je dis au revoir à ma petite sœur, mon amie, ma confidente. Celle qui me poussait, m’aimait sans condition. La seule à qui j’aurais pu tout dire et qui pourtant ignorait tout. Celle que j’aimais, qui savait se taire et simplement écouter.
Ma petite mère. Je ne m’en remettrai jamais. »

« Émilie, mais pourquoi es-tu partie ?
En vrai, je m’en fous de ces livres, mais toi, pourquoi m’as-tu abandonnée ? Je n’avais que toi… Et pourquoi m’as-tu choisie moi, bon sang ? Tu me voyais meilleure que je ne le suis… Tu as toujours cru en moi. En vrai, je suis nulle, je ne suis qu’une pauvre fille solitaire, je ne sais rien faire avec les enfants, je n’ai jamais réussi.
Il y a tant de choses que je ne t’ai pas dites… Mais j’avais si peur que tu t’éloignes… Je ne pouvais pas risquer de te perdre, tu comprends ? Pardonne-moi…
Pardonne-moi de ne pas t’avoir parlé… Mais jamais, jamais je n’aurais pensé que tout s’arrêterait d’un coup.
Comment aurais-je pu ? Après tout ce que j’ai fait…
Contre un arbre… Je l’aurais scié de mes mains si l’avais su. Un arbre… Même pas beau… »

« J’écrase sur mes joues une ou deux larmes qui auraient pu la réveiller en tombant sur elle. D’autres glissent dans mon cou. Mon cœur bat au rythme du sien qui s’apaise.
Ma petite nièce.
Ma toute petite nièce.
Ma petite fille.
Ma toute petite fille.
Tu me réveilles toutes les nuits depuis trois semaines. Je suis à bout, je n’arrive plus à travailler convenablement, j’ai trop de choses à penser toute la journée. À la crèche, je suis de plus en plus impatiente, les filles le remarquent… »

« Sur le parvis, un rayon sèche mes larmes. Le ciel n’a pas encore fini de pleurer, mais un arc-en-ciel vient peindre la pluie en couleurs. Je reprends lentement le chemin de la crèche. Au fond de ma poche, je trouve tout un tas de petits cailloux collectés par Léa au square le week-end dernier et fourrés dans mon manteau plutôt que dans le sien. J’égrène machinalement les petites pierres une à une jusqu’à la bouche de métro, sans cesser de penser à cette flammèche rouge qui brûle mon chagrin dans le cœur d’une église. »

 

Née à Aix-en-Provence en 1982, Aurélie Tramier a poursuivi des études littéraires à Paris avant de se reconvertir dans le marketing. Mère de trois garçons, elle habite Munich où elle partage son temps entre l’écriture et son métier d consultante. Elle est l’autrice de :
Vous reprendrez bien un petit chou ? (KDP 2017),
Peindre la pluie en couleurs (Belle Étoile 2020, Livre de Poche 2022)
La Flamme et le papillon (Belle Étoile 2022, Livre de Poche 2024)
Bien-Aimée (Belle Étoile 2024).

Chacun de ses romans explore un thème profondément différent, tout en gardant une signature commune : l’émotion.

Bien-Aimée a obtenu le Prix de l’Académie d’Aix en juin 2022 et a été en finale du Prix Maison de la Presse 2022. Il est en sélection pour le Grand Prix Littéraire de Provence et le Prix Mare Nostrum.

La Flamme et le papillon a obtenu le Prix du Roman des Amis de l’Académie d’Aix en juin 2022 et est en sélection du prix Choix des Libraires 2024 (Livre de Poche).

Peindre la pluie en couleurs a été en sélection du prix Choix des Libraires 2022 (Livre de poche) et du grand prix Audiolib 2024.

Ils en parlent:

Virginie Grimaldi : “J’ai adoré, j’y pense depuis que je l’ai lu”.

Gérard Collard : “Un roman historique, une histoire d’amour magnifique, une très très grande écrivaine”.

Isabelle Theillet : “Un roman attachant et touchant.”

Anticipation, Émotion, Drame, Dystopie, Frisson horreur, Suspense

9 MILLIARDS

de Muriel L. Mazoëlys
Broché – 15 juin 2024
Éditions : auto-édition

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LE COMPTE À REBOURS A COMMENCÉ

2038
Élevée par sa mère, Camille, quinze ans, emménage à contre-cœur chez son père. Pour Thomas, l’arrivée de cette adolescente hypersensible et éco-anxieuse représente un véritable défi. La cohabitation débute, nourrie de non-dits, de rancœurs et de secrets.
Un équilibre précaire s’installe jusqu’au jour où le meilleur ami de Thomas meurt dans des circonstances étranges. Bientôt, d’autres victimes succombent.
Emportés dans une spirale de violences sur fond de crise écologique, père et fille parviendront-ils à concilier leurs désaccords pour survivre ?

Sur une planète en sursis, l’heure du choix a sonné.

 

• Couv_2024-094_Mazoëlys Muriel L. - 9 Milliards

 

Après avoir lu l’excellente trilogie “Francs Mensonges”, dès que j’ai su que “9 MILLIARDS” était sorti, je n’ai pu résister, rien que part son nom !

Dès le début du roman, Muriel L. Mazoëlys, on se trouve dans un récit à l’ambiance terriblement anxiogène. Pas le temps de se préparer, on plonge directement dans un sujet avec lequel, impossible de ne pas faire de lien avec l’actualité que nous vivons ces dernières années.
Nous sommes dans un monde en pleine crise écologique, en plein dérèglement climatique, vient ensuite une alerte mondiale, lancée après la plus grande catastrophe aérienne de tous les temps. Plus de dix mille avions civils se sont crashés au même moment dans le monde entier, faisant au moins cinq millions de morts. La société qui gère la maintenance du groupe mondial est mise en cause. Dès lors la population est en alerte.
Il y a-t-il un lien entre tous les événements qui se déroulent sur terre ?
Si oui, quelle organisation serait-elle assez puissante et diabolique pour tout contrôler ?

Bienvenue dans un “autre” monde…

Suite au départ précipité de sa femme, pour l’Asie, alors qu’il ne la voyait plus depuis plusieurs années, Thomas récupère Camille sa fille. La mise en place va être très compliquée, le père manquant de confiance, et n’ayant aucun code d’éducation envers la jeune fille, et en plus, elle le déteste…
Pourquoi les a-t-il abandonnées dès sa naissance ?
Thomas décide de prendre sa chance en main et de s’occuper d’elle au mieux. Quelques jours plus tard, il apprend le décès de son meilleur ami. Très vite, il décide d’aller chez lui afin de comprendre cette mort. Avec sa fille, ils trouveront des documents qu’ils auraient bien aimé ne jamais avoir trouvés !
Pourtant, ils vont devoir affronter la réalité.

Bravo, Muriel pour ce récit “alerte”, qui n’arrête pas un instant. J’ai eu du mal à faire des pauses tellement les rebondissements étaient captivants. Le ton général est agressif et les personnages, tous très réalistes, souvent se perdent se trouvant dos au mur et n’ayant d’autres choix que de réagir sans réelle préparation à toutes les attaques qu’ils subissent, et encore une fois une chute incroyable.

Un thriller que vous devez lire absolument si vous aimez l’écologie et les dystopies, si vous vous posez des questions sur notre avenir, si vous voulez connaître la vérité et pourquoi pas, peut-être anticiper ?
Le 21 juillet 2024, le World Population Prospects 2024, rédigé par la Division de la population de l’ONU, a estimé que la planète comptait déjà 8,2 milliards d’habitants.

Muriel L. Mazoelys fait fort avec ce livre, c’est une autrice vraiment à découvrir !!!
Que nous réservera-t-elle dans son prochain roman ?
J’ai déjà peur… mais j’ai tellement hâte !

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Extraits :

« Quel que soit l’angle sous lequel les médias l’abordaient – biodiversité, dérèglement, surpopulation – le changement climatique et ses conséquences marquaient tous les esprits.
Pour ce que ça sert de nous en rebattre les oreilles… Encore un coup des industries pharmaceutiques pour booster les ventes d’anxiolytiques !
Thomas n’était pas dupe. Cette nouvelle enfièvrerait les débats durant trois jours, puis serait noyée sous le prochain scandale. Bientôt, un élément perturbateur détournerait ses semblables de la préoccupation environnementale.
Ainsi allait la vie depuis des dizaines d’années ; il ne voyait pas ce qui pourrait changer la donne. »

« – On pompe les ressources de la Terre. Un jour, elle se vengera en nous concoctant une jolie hécatombe. La – Joyeuse perspective… marmonna Thomas.
– Et pourtant la seule qui soit viable. Si la population retombe à moins de 6 milliards, la planète les assumera sans souci… Au-dessus, on frôle l’effondrement…
Il piqua à nouveau dans sa viande avec un sourire. Thomas secoua la tête, mi-amusé, mi-choqué :
– Merde, P.A., comment tu fais pour évoquer l’éradication d’une personne sur trois en t’empiffrant ?
Carpe Diem, mon ami. Mange tant que tu le peux. Vis tant que tu respires. Le reste, tu n’y peux pas grand-chose… »

« — Comme s’ils n’avaient aucune conscience de leur impact. Ils consomment chaque jour un peu plus de nos ressources avec pour seul but de profiter de leur retraite. La proportion de seniors dans les vols de loisirs est effarante… Et je ne parle même pas de la problématique de l’acharnement thérapeutique… On évolue vers une espèce centenaire, hybride humaine-machine, où ces légumes survivent reliés à un respirateur… »

« Elle n’aurait jamais dû lire le dernier pamphlet de Terra Force. Sonnée, elle avait immédiatement rejoint l’appartement avant de s’écrouler sur son lit. Les récents événements la terrifiaient. Même respirer un air sain relevait de la gageure. Dans quel monde survivait-elle ?
Ses convictions s’effondraient les unes après les autres. Elle ne comprenait pas pourquoi sa mère avait choisi de la faire naître dans cette société où les intérêts individuels primaient sur le bien commun. Elle étouffait sous la pression. Comment pouvait-elle construire sa vie alors que celle-ci allait connaître une fin précoce ? »

 

Ingénieure, docteure en sciences, maman et grande amatrice de chocolat, Muriel MAZOELYS puise son inspiration dans les découvertes scientifiques et technologiques qui rythment notre quotidien ainsi que dans les grands défis que nous devons relever.

Portée par ses activités de recherche, elle développe dans ses romans l’ambiguïté sous-jacente à toute découverte : là où certains s’extasient d’un progrès phénoménal, d’autres y voient une menace ou pire, une opportunité d’instrumentalisation.

Elle aime tisser des intrigues complexes et mêler suspense, sciences et secrets dans ses romans. Quatre mots-clés résument son inspiration : la famille, la science, les secrets et l’amitié. Si ces thèmes vous interpellent, foncez découvrir sa plume !

ET LA SUITE ?

Les projets fourmillent dans son esprit et ont déjà commencé à prendre vie ! Pour en être averti, n’hésitez pas à la suivre sur les réseaux sociaux, elle y est très active et répondra à vos messages avec plaisir !

Vous pouvez la retrouver sur :
Facebook : Muriel Mazoelys
Instagram : murielmazoelys_auteur

– Invisibles et Fatals – Francs Mensonges*
https://leressentidejeanpaul.com/2024/07/19/invisibles-fatales/

– Carnets Noirs – Francs Mensonges**
https://leressentidejeanpaul.com/2024/07/27/carnets-noirs/

– RIPostes – Francs Mensonges***
https://leressentidejeanpaul.com/2024/08/01/ripostes/

Émotion, Roman

Cordillera

de Delphine Grouès
Broché – 12 janvier 2023
Éditeur : Cherche Midi

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On dit que la cordillère des Andes vibre à l’écho des vies qui y défilent.

Dans le Chili du début du xxe siècle, la famille Silva, respectée et crainte dans le village, est auréolée de mystère. Cecilio, le père, taiseux, les mains dans la terre rebelle. Luisa, la mère, mapuche, qui connaît le pouvoir des chants et des plantes. Esteban, l’aîné, amené à découvrir, ébloui, l’univers des poètes et de l’imprimerie. Joaquín, le cadet téméraire, gardien de troupeaux, mû par l’appel des cimes. Nombreuses sont leurs épreuves : la colère de la terre, la violence des hommes, la mort, le traumatisme de la guerre. Le clan fait face, soudé par un amour pudique. Dans cette nature indomptable, des cols glacials aux vallons ombrageux, des pâtures verdoyantes aux mines du désert de l’Atacama, chacun chemine vers son destin, sa liberté.

Fresque ample et romanesque teintée du réalisme magique sud-américain, Cordillera nous emporte dans la vie d’hommes et de femmes qui résistent et se tiennent debout sur les crêtes des montagnes comme sur le fil hasardeux de l’existence.

 

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Ceux qui me connaissent un peu, savent mon attachement aux premiers romans, avec leurs “petites” imperfections, c’est toujours une aventure littéraire “aveugle”, avec le risque d’être déçu ou tout simplement de ne pas aimer, mais aussi la possibilité d’être émerveillé, de rencontrer une nouvelle plume. Très vite je me suis perdu avec tous les personnages, hommes, femmes aux prénoms auxquels nous sommes peu habitués. Mais j’ai insisté, les phrases que je lisais étaient belles, me touchaient, je ressentais quelque chose…

“Cordillera” est le genre de livre qui a du souffle. Nous ne sommes pas loin d’une grande fresque, d’une saga, on suit l’épopée des fils SILVA qui quittent le clan et partent à l’aventure, les femmes sont-elles guérisseuses, ou sorcière peut-être, dans une véritable société de transhumance qui parle très peu comme souvent sont les Montagnards, taiseux. Mais par contre, ils dialoguent avec le vent qui respecte les plantes et la nature, ils comprennent les animaux. Chacun de leur geste semble faire raisonner une prière, qui tend vers le respect, car l’héroïne, la vraie de ce roman, c’est la Terre. Les habitants du village, la nomment, la Pachamama la “Terre mère”… Les humains ne sont que de passage, la Pachamama elle, c’est le temps, et les hommes de la famille SILVA, sont justement des grands amoureux de la Pachamama. Ce sont des “arrieros”, des cavaliers de la Cordillère profonde et plusieurs fois par an, ils montent sur les Andes pour veiller sur leurs troupeaux et protéger la terre des brigands argentins, leurs grands ennemis.

La trame du livre raconte l’histoire de deux garçons, Esteban l’ainé, sensible à la poésie et à l’écriture, et le plus jeune, Joaquin qui très tôt rêve d’aventure au grand air et souhaite guider les bêtes vers les cimes lors de l’estive. Ces garçons très différents, mais à la complicité fusionnelle feront la fierté de Cecilio le patriarche, ombrageux et secret, et de Luisa, d’origine Mapuche, guérisseuse qui connaît le pouvoir des chants et des plantes. À peine adultes, les deux jeunes hommes seront contraints de quitter leur village situé au pied de la cordillère des Andes, afin de vivre leur propre vie, et les épreuves qu’ils avaient déjà rencontrées très tôt, continueront malheureusement à frapper à leur porte… l’exil, la menace, la maladie, l’amour et la mort…

En avançant dans ma lecture, les angles se sont multipliés laissant le côté familial du début pour être davantage politique et historique. Cordillera est un livre dense et riche, à aucun moment, il ne faut relâcher son attention sous peine de devenir plus spectateur que lecteur intégré !

J’ai ressenti une vraie différence sur mon Ressenti au fur et à mesure de ma lecture !
Vivre avec la famille Silva n’est pas une mince affaire… J’ai bien fait de ne pas baisser les bras, car au final, j’ai fait un superbe voyage !
Hâte de lire le prochain roman de Delphine…

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Extraits :

« Notre histoire est une histoire de déracinements. Parfois, j’aime croire que le cours du récit pourrait changer, que les chapitres suivants se hisseraient dans les airs, balayés par les vents.
Le petit Joaquin, grelottant de fièvre. Mes berceuses, les chants de Luisa. »

« La vie est mal faite.
Une phrase figée que l’on répète à l’envi. Mais ce n’est pas pour rien qu’elle existe.
Lorsque je remonte aux prémices de cette histoire, je ne peux m’empêcher de pourfendre cette vie qui est si mal faite. »

« Esteban était un homme, mais lui, il était différent. Ils s’étaient observés, devinés. Deux esprits enflammés sous deux apparences tranquilles, le même camouflage de sensibilités qui se protègent et se comprennent.
Rosa frappait à la porte, Esteban posait son livre. Le père Bixente la saluait puis laissait le jeune homme la raccompagner à Santa Victoria. Chacun tenait une anse du panier de linge. Ils calaient le balancier de leurs pas.
Ils remontaient doucement la colline, conversaient allègrement, se taisaient dès qu’un intrus croisait leur route. »

« Esteban s’évadait, se vouait à la puissance de la lecture, à la vénération sensorielle du livre. Chaque moment était clef dans l’amorce de l’envoûtement.
Prendre le livre entre ses mains, sentir sa texture, l’odeur du papier. Déchiffrer le titre, tourner lentement la première page, l’ultime respiration avant d’amorcer la lecture, la première phrase, l’envolée. Le col du mi-roman, la reliure qui bascule, les feuillets qui s’éclipsent, les dernières pages qui filent entre les doigts, l’irruption du blanc closant le texte. La couverture qui se referme dans un soupir. Le silence. La séparation, voire le deuil. Puis, le renouveau. »

 

Delphine Grouès, directrice de l’Institut des compétences et de l’innovation de Sciences Po, est autrice d’une thèse sur la protestation populaire chilienne, Cris et écrits de l’opprimé, et d’une pièce de théâtre, La Lueur de l’ombre, sur les silences mémoriels.

Chaque année, cette amoureuse du Chili arpente la cordillère des Andes à cheval et s’aventure seule dans les lieux les plus sauvages.

Amour, Émotion, Philosophique, Roman

Respire !

Le Plan est toujours parfait
de Maud Ankaoua
Poche – 19 octobre 2022
Éditeur : J’ai lu

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“Tu ne le sais pas encore mais tu es exactement là où tu dois être.”
Malo, 30 ans, virtuose de la finance à qui tout réussit, est appelé à Bangkok pour aider une entreprise en difficulté. Quelques semaines après son arrivée, il surprend une conversation qui l’anéantit : il ne lui resterait plus que quelques mois à vivre… Au moment où il perd tout espoir, une vieille dame lui propose un pacte étrange : en échange de trente jours de sa vie, le jeune homme sera-t-il prêt à tenter une série d’expériences qui pourraient bien modifier le cours de son destin ? Malo accepte, et le voilà embarqué dans un incroyable périple aux saveurs et aux parfums de la Thaïlande, au terme duquel il découvrira peut-être l’ultime vérité. Plus qu’un roman, ce livre est une invitation à mener la vie qui vous inspire.

 

• Couv_2023-090_Ankaoua Maud - Respire

 

Après avoir terminé la lecture de Kilomètre Zéro, il y a quelques jours, que j’ai adoré et qui a été pour moi une belle révélation, j’ai tout de suite acheté les deux romans suivants de Maud Ankaoua !

Comme je m’y attendais, Maud m’a, dès les premières lignes emporté dans cette nouvelle histoire, et je me suis très vite attaché aux personnages aussi différents que sympathiques… J’ai ri, et j’ai versé aussi quelques larmes… de bonheur… à la fin du récit.

Malo est un bel homme. Intelligent, érudit qui adore son travail. Mais malgré tout, il est perdu, il vit seul depuis des années. Un jour, il décide de mettre fin à ses jours, suite à l’annonce de sa maladie, à priori incurable. Il sait que de toute façon, il ne lui reste que très peu de temps à vivre.
C’est au moment même où il s’apprête au pire, qu’il fera “LA” rencontre qui marquera sa vie.

Une histoire magnifique qui se déroule en Thaïlande. Maud à travers ce récit nous oblige à nous écouter plus profondément, elle nous invite à aligner notre mental avec notre cœur et notre corps, elle nous donne de nombreux conseils très simples à appliquer dans notre vie de tous les jours. Lu d’une traite, j’ai relu de nombreux passages pour m’en imprégner, j’ai ressenti une réelle bienveillance de la part de l’auteure, et cela fait un bien fou.

Un très beau coup de cœur qui apporte de l’optimisme et nous donne une vision différente du monde, quand on prend un peu de recul.
Merci à Maud, pour cette très belle histoire, pleine de rebondissements.

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Extraits :

« “On se connaît depuis un moment tous les deux, alors je ne vais pas y aller par quatre chemins, le scan révèle un sérieux problème de cerveau. Je compte sur toi pour passer au plus vite à l’hôpital. J’y suis toute la matinée.”
Malo avait compris sur-le-champ que ses maux de tête n’étaient pas anodins. Mais c’est à l’hôpital, deux heures plus tard, qu’il avait pris conscience de ce qui l’attendait. »

« – Pourrais-tu décaler ton suicide de trente jours ? Je te les achète !
– Mais vous êtes folle !
– Et toi, tu devrais être mort depuis un quart d’heure ! Alors, un peu de respect ! À présent que tu es en sursis, tu peux bien m’accorder trente jours, non ? Je pense avoir mérité un droit de préemption. Le vocabulaire juridique et comptable qu’utilisait Phueng le sidérait. »

« – L’émotion a pour fonction de te délivrer un message ou, plus exactement, de t’avertir d’un dysfonctionnement. Par exemple, la peur te prévient d’un danger pour que tu puisses t’en protéger ; la colère t’aide à affronter la menace ou vise à te faire réagir face à une situation qui te semble injuste ; la tristesse te permet de t’adapter à une perte, elle participe au processus de deuil. Quant à la joie, elle est l’émotion qui rend douce et agréable l’existence. La joie favorise l’ouverture aux autres, elle est le moteur de la vie et donne le courage d’entreprendre. »

« Lorsque nous essayons de faire plaisir à tout le monde, nous cessons d’être nous-mêmes, expliqua Phueng. Ne t’inquiète pas de ce que pensent les autres. Soucie-toi seulement de savoir si tu es fidèle à tes envies. »

 

Coach, conférencière et romancière, Maud Ankaoua vient du monde de la finance et de la stratégie d’entreprise. Passionnée par les relations humaines, elle partage à travers ses romans les enseignements qu’elle a reçus lors de ses différents voyages. Aujourd’hui best-sellers, Kilomètre Zéro et Respire ! rassemblent plus de 2 millions de lecteurs. Son nouveau roman Plus jamais sans moi vous fera cheminer sur le chemin de Compostelle et celui de l’amour…

Retrouvez Maud Ankaoua dans son podcast à succès: « Ces questions que tout le monde se pose » et sur son site maud-ankaoua.com.

Adolescence, Émotion, Drame, Polar

Désenchantées

de Marie Vareille
Broché – 17 mai 2022
Éditions : Charleston

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La disparition de Sarah Leroy, quinze ans, a bouleversé la petite bourgade de Bouville-sur-Mer et ému la France entière. Dans chaque foyer, chaque bistrot, on élaborait des hypothèses, mais ce qui est vraiment arrivé, personne ne l’a jamais su.

Vingt ans plus tard, Fanny revient sur les lieux de ce drame qui a marqué sa jeunesse. Et c’est tout un passé qu’elle avait préféré oublier qui resurgit… Car l’histoire de Sarah Leroy, c’est aussi un peu la sienne, et celle d’une bande de filles qui se faisaient appeler les « Désenchantées ». Une histoire qui a l’odeur des premières cigarettes et du chlore de la piscine municipale, des serments d’amitié et surtout, des plus lourds secrets.

Avec finesse et un vrai sens du suspense, Marie Vareille met à nu les rouages de l’amitié féminine dans un roman d’apprentissage captivant et rempli d’émotion.

« UNE FOIS DE PLUS, MARIE VAREILLE NOUS LIVRE UN ROMAN ABSOLUMENT INCROYABLE. CE RÉCIT EST BRILLANT, INTELLIGENT, ÉPATANT, PERCUTANT. »

 

• Couv_2023-038_Vareille Marie - Désenchantées

 

L’adolescence n’est-elle pas le moment de notre vie le plus compliqué à vivre ?
On se cherche, on s’invente surtout avant de finalement se trouver. Mais entre temps toutes les émotions ressenties qui viennent nous perturber au risque de nos perdre, ne sont-elles pas les premiers pas qui feront de nous des adultes ?

Marie Vareille, nous conte dans ce récit, cette vie tumultueuse que nous avons tous vécus. C’est avec pas mal de nostalgie que j’ai abordé certains passages, c’était comme du vécu, comme si j’avais remonté le temps et je me revoyais avec mes cheveux hirsutes, mes docs Martens, tout de noir vêtu au milieu de mes camarades… Il y a beaucoup de finesse dans ce récit. Beaucoup de gravité aussi.

2001.
Sarah Leroy disparaît. Tous ses proches seront interrogés et très vite un suspect sera arrêté.
2021.
Fanny, qui connaissait très bien Sarah Leroy, se voit confier une mission par sa patronne. Enquêter sur la disparition de celle qui fut sa meilleure amie…

Personnages attachants, énigme à rebondissements et très captivante, Marie Vareille entre à pas de velours dans le milieu du “Polar”.
C’est bien fait, rythmé, impossible de décrocher.
Roman d’amitié, de disputes, de déchirements et d’émotions… avec un final plein de surprise !
Merci Marie pour cette belle histoire…

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Extraits :

« Les gens qui t’expliquent qu’avant de mourir, tu vois défiler tes souvenirs ne sont clairement jamais mort. Moi, la seule chose que je vois défiler, c’est un faux plafond en liège, des néons blafards et des silhouettes en blouse qui me poussent à toute vitesse vers un ascenseur en hurlant des mots que je ne comprends pas. Des souvenirs, je n’en ai plus. On ne ressasse pas le passé quand on n’a pas d’avenir. »

« Angélique a de ce fait vécu une période un peu mystique, pendant laquelle elle accrochait des portraits de Thérèse d’Avilla au-dessus de son lit. Persuadée d’être élue par le Seigneur, elle s’affamait avec enthousiasme pendant le carême, s’astreignait à quatre bonnes actions et trois, Je vous salue Marie par jour et reversait scrupuleusement tout son argent de poche dans la panière de la quête. Un jour, au catéchisme, Angélique a évoqué son ambition de devenir prêtre. On lui a évidemment ri au nez et, effondrée d’apprendre qu’un pénis était indispensable à la bonne animation d’une messe, elle a sombré dans une déprime qui a sonné la fin de ses ambitions ecclésiastiques. »

« Il fallait être lisse comme le papier glacé d’un magazine féminin. Iris était aussi exigeante avec elle-même qu’avec les autres. Elle passait un temps infini à entretenir son corps, son visage, ses mains, ses pieds. Elle ne faisait jamais un écart – s’exposer au soleil, sans crème solaire, manger une chips ou manquer sa séance de footing quotidienne n’étaient pas des options. C’est à cause de gens comme Iris qu’on vit aujourd’hui dans un monde où l’on pense qu’il faut retoucher les photos de Penélope Cruz. »

« Leur professeur principal, M. Folley, leur avais recommandé de tenir un journal intime. M. Folley était connu pour avoir conseillé cet exercice à toutes les classes qu’il accueillait dans son cours de français depuis des années. L’écriture était, selon lui, un bon moyen d’ordonner nos pensées et nos émotions, et nous serions contents, plus tard, de redécouvrir des souvenirs d’enfance oubliés. J’ai toujours aimé, en ce qui me concerne, déverser dans ses carnets tous mes sentiments et mes rêves sans crainte du jugement d’autrui. Peut-être ne serais-je d’ailleurs pas capable d’écrire tout cela aujourd’hui si je n’avais pas affûté ma plume pendant des années dans ces carnets. »

 

Marie Vareille est née en Bourgogne en 1985 et vit aux Pays-Bas avec son mari et ses deux filles. Son bestseller La Vie rêvée des chaussettes orphelines, traduit dans de nombreux pays, s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires. Il a reçu le Prix des lectrices Charleston 2020 et le Prix des Petits mots des libraires 2021.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/08/la-vie-revee-des-chaussettes-orphelines/

Elle est également l’autrice, aux éditions Charleston, de Je peux très bien me passer de toi (Prix Confidentielles) et Ainsi gèlent les bulles de savon.

Émotion, Frisson horreur, Thriller psychologique

La petite fille du phare

de Christophe Ferré
Broché – 10 octobre 2019
Éditions : Mon Poche

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Un thriller psychologique intense de bout en bout, dans la lignée des romans de Guillaume Musso et Michel Bussi. Ploumanac’h, Côte de granit rose. Le temps d’une soirée dans un bar proche de leur maison, Morgane et Elouan laissent la garde de leur bébé, Gaela, à son frère adolescent. Au retour, un berceau vide les attend. Aucune trace d’effraction, nulle demande de rançon. Les pistes se multiplient, mais l’enquête piétine. Très vite, la police judiciaire pense que la petite fille ne sera jamais retrouvée. Pour les parents de Gaela, l’enfer commence. D’autant qu’on fouille leur passé, et que celui-ci présente des zones d’ombre. Morgane est bientôt suspectée d’avoir orchestré la disparition de sa fille. Un suspense au dénouement aussi stupéfiant qu’une déferlante sur les côtes bretonnes

 

• Couv_2023-024_Ferré Christophe - La petite fille du phare

 

Avant de commencer, je tenais personnellement à mettre en avant l’excellent choix de la couverture du roman, qui dégage déjà beaucoup d’émotion et que je trouve particulièrement belle !

Rarement, je n’ai lu un roman avec un tel suspense et une telle tension sur la longueur d’un récit !

Qui a-t-il de pire pour une maman que l’enlèvement ou la perte d’un enfant ?
Morgane et Elouan sont complètement perdus lorsqu’ils se rendent compte en rentrant chez eux de la disparition de Gaela qui n’a que quelques jours. Comment des parents, ont-ils pu laisser un bébé avec la garde seule de son grand frère, jeune adolescent ? J’ai trouvé se passage, un peu “léger”, mais c’est aussi ce qui peut expliquer la suite du récit…

Ce n’est pas possible, cela ne peut pas leur arriver, d’autant plus qu’ils ont déjà perdu une petite fille quelques années plus tôt.
Pourquoi le voisin accuse-t-il Morgane ?
Pourquoi la police elle-même est persuadée de sa culpabilité ?
Elle ne comprends plus rien, mais refuse de baisser les bras, en enquêtant elle-même de son côté !

Le récit de Christophe Ferré est très émouvant, on passe très vite de la colère à l’incompréhension totale. Les chapitres très courts s’enchaînent à toute vitesse et l’auteur non seulement nous promène à travers la magnifique lande bretonne, sur la côte de granit rose, un lieu magnifique, comme si nous y étions avec moult détails, mais il s’amuse surtout à nous perdre suite à la succession de “preuves”, de rebondissements jusqu’à la fin du récit, dans une confusion totale pour notre héroïne, et pour mon plus grand plaisir tellement je n’ai rien vu venir… J’y ai cru un moment, j’ai très vite abandonné, je me suis de nouveau persuadé qu’il ne pouvait s’agir que de “ça”, pour très vite me reperdre au travers des nouveaux événements qui se succédaient sans fin…

Christophe, non content de jouer avec les nerfs de Morgane et de son mari, joue avec les nôtres et fini par m’embrouiller complètement sans jamais me perdre totalement, malgré la vitesse de l’enchaînement des fausses pistes !

Qui ment, qui dit la vérité ?
Il va falloir être patient pour le découvrir, en attendant profitez des descriptions sublimes proposées par l’auteur, Ploumanac’h, son phare, les rochers en bord de mer avec des roses très particuliers, le bleu du ciel, les vagues qui explosent sur le récif dès que le vent se lève…

Un très bon thriller psychologique qui fait froid dans le dos…

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Extraits :
« Elle craignait d’avoir été suivie. Elle avait peur de tout. Elle se méfiait de tout le monde. Même de son mari. Même de son fils. Que pensaient-ils d’elle ?
Elle regarda devant, derrière, sur les côtés. La végétation était épaisse, percée d’énormes masses de granit dont les noms, s’égrenaient sur les guides touristiques : le champignon, le bélier, la bouteille, le lapin, la roche tremblante, le chapeau de Napoléon, le bidet de la Vierge, la chaise du curé, les empreintes du Diable, la guérite des amoureux, la tête de mort. »

« Elles avaient fait de magnifiques balades ensemble, le long de la mer, dans les embruns, à Trébeurden, à Trégastel. Elles avaient parlé des heures sur les rochers ou le long des petits chemins de la lande. C’étaient deux femmes mues par la même colère et le même désespoir. »

« Un silence pesant suivit ce dialogue. Le regard de Morgane s’embruma. Elle se tourna vers sa fille qui dormait toujours à poings fermés, insensible à ce qui l’entourait. Elle s’approcha d’elle. Elle caressa son ventre du bout des doigts. »

« De la colline, la mer était belle dans la lumière d’octobre. Les voiliers ressemblaient à des maquettes. La Manche était une immense baignoire dans laquelle flottaient des jouets d’enfants. »

 

Christophe Ferré est romancier et auteur dramatique. Il a obtenu le Prix de la nouvelle de l’Académie française en 2010. Il est l’auteur de La Chambre d’amour (Arléa, 1995), La Septième nuit (Seuil, 2000) ou encore Paradis Turquoise (Flammarion, 2005). Son premier suspense, La Révélation de Chartres (Salvador, 2015) s’est vendu à plus de 20 000 exemplaires, toutes éditions confondues, La Petite Fille du phare (Éditions de l’Archipel, 2018), Mortelle Tentation (Éditions de l’Archipel, 2019). La Prophétie de la cathédrale (Archipoche, 2020).

Adolescence, Émotion, Histoire vraie, Témoignage

La dame de Pa Co Ja

de Elsa Morienval
Broché – 14 novembre 2022
Éditions : Nombre 7

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Intriguée par le personnage qu’était Germaine, sa grand-mère, Elsa Morienval entame des recherches pour découvrir les raisons derrière son masque d’indifférence, ses « attitudes de vieille bourgeoise déchue ».

Diplômée, employée et mariée, la jeune femme a un destin tout tracé. Cependant, avec la fin des années folles arrive la Crise de 1929. L’entreprise de son mari fait faillite, leur statut social dégringole. Germaine et sa famille devront faire face à de nombreuses épreuves, à commencer par rembourser les dettes accumulées.

Avec La dame de Pa Co Ja, explorez les réalités du quotidien d’une femme au début du XXème siècle.

 

• Couv_2023-010_Morienval Elsa - La dame de Pa Co Ja

 

Qui était Germaine ?
Voilà la question que se pose Elsa Morienval, concernant sa grand-mère, femme énigmatique aux nombreux secrets. Au fil des chapitres Elsa va nous offrir une partie de son enfance, une partie de sa vie. Petit à petit, elle va dessiner le visage de celle qui aura passé sa vie à essayer de conserver le statut bourgeois qu’elle avait a sa naissance, mais la vie, ainsi que certains mauvais choix de sa part en auront décidé autrement…

C’est un récit dur et émouvant où malheureusement l’amour n’est que très peu présent. Au fur et à mesure où les années passent, les membres de la famille tissent des liens d’obligations, plus que des liens de filiations. Tout est très compliqué, les non-dits, les erreurs qui sont commises par plusieurs générations, créées des tensions où le pardon n’est que rarement accepté. J’imagine difficilement le courage qu’il aura fallu à l’auteure, pour rassembler tous ces éléments et rédiger cette exploration personnelle au sein même de sa famille. C’est très intime, mais Elsa l’aborde avec toute sa sincérité.

J’ai été touché, pas ce récit souvent triste. On traverse des guerres, des crises, économiques et autres, des décès, mais c’est bien la vie qui mène cette histoire riche et très visuelle, comme une parenthèse posée en plein XXe siècle.

Une lecture agréable et lente qui par résonance m’a fait remonter certains de mes propres souvenirs familiaux…

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Extraits :

« C’est un jour particulier. Nous partons à l’enterrement de ma grand-mère maternelle.

Alors que mon père et moi faisons la vaisselle du matin, la sonnerie du téléphone gris à cadran retentit dans l’entrée de l’appartement. Sans réfléchir, je me souviens avoir dit à mes parents : ça y est, c’est Lucien, il est mort. Ma mère décroche l’appareil. En effet, Lucien, le frère de ma grand-mère vient de mourir. Mon grand-oncle était dans le coma depuis des semaines, mais il a visiblement choisi de disparaître le jour de l’enterrement de sa sœur. »

« Germaine avait cinq ans quand ses parents ont divorcé, le mariage a duré dix ans. Elle n’en parlait jamais. D’ailleurs, elle ne parlait jamais de sa jeunesse. Elle n’a jamais évoqué l’alcoolisme de son père, elle était trop jeune, probablement. De son enfance, on ne sait pas grand-chose sinon qu’elle a toujours aimé les animaux. Elle avait même acquis un petit singe, où, à quelle occasion, nul ne le sait. Elle a été réglée (formée, comme on dit…) très jeune, à l’âge de neuf ans. Elle a cru qu’elle allait mourir. Les mères ne disaient rien à leurs filles, elles découvraient seules, ce ruissellement, de sang entre les cuisses. Cela ne se disait pas, et encore moins dans le milieu bourgeois. »

« Alors que les pantalons à pattes d’éléphant, et que les couleurs orange et vert pétant, régnaient en maître, que Valéry Giscard d’Estaing devenait président de la République, beaucoup d’événements heureux et malheureux se sont déroulés dans notre famille. »

 

Elsa Morienval est née en Seine Saint-Denis, angliciste de formation, intéressée par le monde anglophone, elle est enseignante.

Elle a écrit des nouvelles et a publié dans une revue littéraire.

Elle signe Échappée en Ulster chez Nombre7 en 2020

https://leressentidejeanpaul.com/2021/07/12/echappee-en-ulster/

et sa traduction en anglais My Ulster haven en 2022 chez le même éditeur.

Émotion, Suspense

Les Douleurs fantômes

de Mélissa Da Costa
Broché – 2 mars 2022
Éditions : Albin Michel

 

Rosalie, Gabriel, Tim, Anton et Ambre formaient un groupe d’amis soudé jusqu’à ce qu’un drame les éloigne les uns des autres. C’est pourtant un appel au secours qui, cinq ans après, va à nouveau les réunir. Entre silences amers et regrets, ces retrouvailles vont raviver leurs douleurs fantômes et bousculer leurs certitudes : mènent-ils vraiment la vie dont ils rêvaient ? Un rendez-vous à la croisée des chemins qui leur prouvera qu’on peut se perdre de vue, mais pas de cœur… Et qu’il n’est jamais trop tard pour changer de vie et être heureux.

“Mes personnages me surprennent et me font découvrir des états d’âme
ou des jeux relationnels auxquels je n’avais absolument pas pensé.
Ils me mènent à 100%, m’embarquent, me bousculent.”
Mélissa Da Costa

 

 

 

 

Moi qui étais depuis plusieurs années plutôt un lecteur de Polars, de thrillers, de romans historiques, et fantastique, je suis “revenu” il y a quelques mois à un “éventail” de lecture beaucoup plus large ! J’avais dans ma bibliothèque des romans que j’avais depuis plus de 10 ans et je trouvais dommage de ne pas les avoir lu. Je m’y suis mis et je le le regrette pas du tout. J’ai ainsi élargi mon “champ des possibles”, augmentant automatiquement ma PAL à venir…

“Les Douleurs fantômes”, suite directe de « Je revenais des autres », entre tout à fait dans ce type de lecture.
Très belle histoire, pleine d’émotions, de sourires, de souvenirs, d’amour et de disputes. Rebondissements assurés durant toute ma lecture, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer une seconde… J’ai partagé pleinement la vie d’Ambre, de Tim, d’Anton, Rosalie, Gabriel, Sophie… et tous les autres.
Un livre qui peut se lire séparément, mais ce serait dommage, je trouve.

À ce jour, j’ai lu tous les romans de Mélissa, et même si j’en aime certains plus que d’autres (c’est normal non ?), j’aime beaucoup sa plume, qui navigue entre tristesse et optimisme. Ces personnages sont toujours très attachants et ont cette particularité, qu’a un moment, j’ai l’impression de les connaître et automatiquement, je ressens une “sorte” de déchirure à la fin des récits, je les quitte alors avec tristesse et en même temps avec beaucoup joie de les savoir heureux.

Il est bien là, le talent d’écriture de Mélissa Da Costa, elle se laisse porter par son imagination.

Une fois les personnages posés, ce sont eux qui m’entraînent et me font découvrir le scénario au fur et à mesure. Tout d’un coup, par exemple, Ambre prend la décision d’inviter son rival Anton à aller boire un verre en tête-à-tête dans la boîte où ils allaient jadis… et je ne sais pas du tout ce qui va sortir de cette soirée.”

Vous ne l’avez jamais lue, vous êtes un (e) Lecteur (trice) ? Vous ne pourrez pas passer longtemps à côté de celle, qui en très peu de romans a su imposer un style, son style.
Mélissa n’a pas fini de m’émouvoir…
… Et c’est ce que j’attends de mes lectures !
Merci Mélissa.

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Extraits :

« Le téléphone portable se mit à vibrer sur la table de nuit, Ambre se réveilla en sursaut. À côté d’elle, elle sentit Marc remuer et marmonner dans son sommeil. Elle attrapa le téléphone avant que le vibreur ne le réveille totalement.
Même pas sept heures. Qui pouvait bien appeler aussi tôt ? Ce genre d’appel n’augurait jamais rien de bon. Lorsqu’elle vit le nom qui s’affichait sur l’écran, son inquiétude grandit, car cela faisait plus d’un an qu’elle n’avait pas eu de nouvelle de cette jeune femme dont elle avait été si proche. »

« Finalement, ils restèrent muets, debout l’un en face de l’autre, dans l’obscurité de la chambre, pendant près d’une minute. Luttant pour ne pas s’approcher davantage, luttant pour refouler toutes les images qui leur venaient en tête, Frontignan, leurs peaux moites sur les draps humides…
Ils ne firent pas un geste. Ils ne se frôlèrent même pas. »

« Elle tenta de se recompter un visage neutre, de calmer les battements de son cœur, mais la main de Tim avait laissé comme une brûlure sur sa peau. Impossible d’ignorer cette sensation. C’était comme si Tim tenait toujours sa main dans la sienne. Une sensation semblable aux douleurs fantômes, après une amputation. On sait que le membre n’est plus là et pourtant, on ressent toujours sa présence douloureuse. Au point d’en devenir fou. »

« Elle songea à Marc. Il était de ces personnes qui avaient peur de tout dans la vie mais, qui disaient “Je t’aime” sans problème, comme si ça pouvait les rassurer. Il disait aussi “ma chérie” ou “ma puce”. Elle, elle n’en avait jamais été capable. Elle ne disait : “Je t’aime” que si on lui disait et les “chéri” restaient immanquablement bloqués dans sa gorge.
Tim était comme elle. Il avait toujours trouvé ces petits noms ridicules et impersonnels. Il disait qu’il n’y avait rien de plus fort qu’un prénom et que c’était dommage d’enlever ça à une personne pour lui assigner un surnom usé à force d’être utilisé par des centaines et des centaines de couples. »

« Sophinette, je te mettrai en garde. Je te dirai comme c’est dommage compliqué, comme c’est douloureux, mais comme c’est beau à la fois. Elle respirait dans le cou de Tim et elle pensait : Sophinette, continue de sautiller, de chanter, continue de soigner tes poupées, continue de rire, de croiser les bras en boudant, continue de trouver tout si évident, de t’occuper du petit Tim’, d’aimer ton papa et de penser qu’il est le plus beau du monde, continue d’être la miniature de ta maman… elle est si géniale, c’est la femme la plus merveilleuse que j’aie rencontrée. Continue de croire au Père Noël, aux lutins, continue de porter des bracelets fluorescents, et même tes affreux colliers criards. Sophinette, tu as le temps de grandir… »

 

 

Mélissa Da Costa est une romancière française.

Après des études d’économie et de gestion à l’Institut d’administration des entreprises de Lyon (IAE) (2008-2011), elle est chargée de communication dans le domaine de l’énergie et du climat.
Elle suit également des formations en aromathérapie, naturopathie et sophrologie.

“Recherche compagnon(ne) de voyage pour ultime escapade” (2017), sorti en librairie sous le “Tout le bleu du ciel” (2019), est son premier roman.
Salué par la presse, il a reçu le prix du jeune romancier au salon du Touquet Paris Plage.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/17/tout-le-bleu-du-ciel/

“Je revenais des autres” (2017), et “Les Lendemains” (2020), sont portés par les libraires et salués par la presse, ils ont conquis plus d’un million de lecteurs.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/08/04/je-revenais-des-autres/
https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/18/les-lendemains/

“Les douleurs fantômes” (2022) est lauréat du Prix Babelio – littérature française 2022.