Drame, Histoire vraie

La Confrérie des moines volants

de Metin Arditi
Poche – 11 septembre 2014
Éditions : Points

Dans un cimetière abandonné, Nikodime creuse une cache pour y enfouir les richesses de l’Église russe. Rescapé des massacres de religieux commis par Staline en 1937, l’inflexible ermite, hanté par un obscur péché de jeunesse, a formé la confrérie des moines volants. Douze hommes qui éprouvent leur foi lors de périlleuses missions de sauvetage des plus beaux trésors de l’art sacré orthodoxe.

« Metin Arditi nous raconte avec talent l’histoire de cette troupe disparate de religieux errants et les tribulations des œuvres d’art qu’ils essayèrent de sauver au péril de leur vie. »

Le Figaro Magazine

 

 

1937. La Russie de Staline.
Nous sommes au temps des purges et de l’excommunication de l’Église. Le régime totalitaire soviétique est inflexible. Exécutions, assassinats de prêtres et de moines et pillages d’églises n’auront de cesse pendant plusieurs années…

Le récit que nous propose l’auteur est authentique. C’est l’histoire de Nikodime Kirilenko, un moine fanatique, un fou de Dieu, un ermite vivant au monastère de Saint-Eustache qui décida d’entrer en résistance contre le Pouvoir et l’Oppression, à l’aide d’une poignée de moines, des hommes de foi avec leurs failles et leurs faiblesses, “La Confrérie des moines volants”. Vivants cachés en pleine forêt, ils vont se donner une mission, celle de préserver les trésors de l’Église orthodoxe au péril de leur vie. Icônes, art sacré et autres objets précieux. Ils vont les “dérober”, et les cacher dans la forêt, avant que les militaires ne détruisent les lieux sacrés.

Nikodime a un passé trouble. Il est constamment en conflit avec lui-même, cherche systématiquement le pardon de Dieu et essaie en vain de résister aux charmes de la jeune et belle Irina…
Malgré tout, il reste quelqu’un d’entier qui va oser s’opposer au pouvoir de l’État.

Dans la seconde partie du récit, nous nous retrouvons en 2000, en compagnie des descendants de Nikodime… Transition un peu rapide pour moi, je m’attendais à retours vers le passé… et non… Dommage, j’aurais aimé en savoir un peu plus sur la vie de Nikodime Kirilenko et de ce qu’il est devenu.

J’ai découvert une partie de l’histoire soviétique assez méconnue dans une Russie pleine d’ambivalences !
Un très bon roman qui parle de transmission, de patrimoine, des exactions d’un communisme sauvage et d’Histoire avec une écriture rythmée, agréable, qui m’a émue à certains moments.

C’est mon second roman de Netin et j’ai retrouvé le plaisir de ma première lecture !
Un bel ouvrage pour les passionnés d’Histoire…

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Extraits :

« Entre 1918 et 1938, le régime soviétique a détruit, pillé, ou vendu à l’étranger tout ou presque de ce que l’Église russe comptait comme trésors.
Plus de mille monastères furent fermés. Beaucoup, tel celui de Saint-Eustache, situé au bord du lac Ladoga, se virent mis à sac, vidés de leurs occupants et transformés en goulags. Des Églises furent saccagées par dizaines de milliers. Et les milices du NKVD exécutèrent plus de deux cent mille prêtres, moines et moniales.»

« – Ils sont tous morts !
Nikolaï, l’un des novices du monastère, tremblait tant qu’il pouvait. Son frère Serghey le regardait tremblant lui aussi, l’air perdu.
– Qui est mort ?
La voix caverneuse de Nikodime acheva de pétrifier les deux garçons. Déjà qu’ils n’arrivaient pas à retrouver leur souffle… C’était la première fois qu’ils se rendaient chez lui, et bien sûr, ils s’étaient égarés. »

« Chaque jour après les matines, ils partaient à la recherche d’une forêt sans église ni monastère, un lieu où les miliciens auraient eu peu de raisons de s’aventurer. Ils s’installaient sous un mélèze à larges branches et, durant toute la journée, priaient ou disaient la liturgie. Tard dans la nuit, Nikodime se couchait dans son cercueil, les deux garçons s’étendaient à ses côtés, et ils attendaient tous trois que les heures s’écoulent, emportés dans le sommeil par petits bouts. »

« Mais le souvenir de la jeune fille ne le lâchait pas. Il essayait d’imaginer ses seins, lourds sur un torse maigre, ses jambes fines, le duvet de son sexe…
Il chercha à quitter son obsession en repensant au Christ gravissant le Calvaire, mais ce fut peine perdue, et une honte nouvelle l’envahit, immense, d’avoir voulu penser au Sauveur pour se sortir de sa fange.
Maintenant, il se voyait devant Irina, d’abord vêtu de sa robe de moine, puis nu, le sexe tendu. Elle le fixait du même regard calme qu’elle avait eu pour lui lorsqu’ils étaient face à face, et il se demanda comment elle allait l’accueillir dans son corps lorsqu’il la pénétrerait. »

 

Écrivain francophone d’origine turque, Metin Arditi a quitté la Turquie à l’âge de sept ans, et a obtenu la nationalité suisse en 1968. Après onze années passées dans un internat suisse à Lausanne, il étudie à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, où il obtient un diplôme en physique et un diplôme de troisième cycle en génie atomique.
Il est l’auteur de nombreux essais et romans. Il s’est vu maintes fois récompensé, notamment pour son roman “Le Turquetto”, lauréat des prix Jean-Giono et Page des Libraires.

Sciences

Les robots émotionnels

Santé, surveillance, sexualité… et l’éthique dans tout ça ?
de Laurence Devillers
Relié – Livre grand format, 11 mars 2020
Éditions : L’Observatoire

Il faut nous y préparer : demain, robots, agents conversationnels (chatbots) et autres poupées humanoïdes vont détecter nos émotions avec de plus en plus d’acuité. Si nous sommes malheureux, ils nous remonteront le moral ; si nous sommes seuls, en difficulté, ils se feront aidants. Ces “amis artificiels” vont prendre une place grandissante dans la société. Or ils n’ont ni émotions ni sentiments, ni hormones de désir et de plaisir, ni intentions propres. À l’instar de l’avion qui ne bat pas des ailes comme un oiseau pour voler, nous construisons des machines capables d’imiter sans ressentir, de parler sans comprendre et de raisonner sans conscience. Si leur rôle peut être extrêmement positif, notamment dans le domaine de la santé, les risques de manipulation sont par ailleurs réels : dépendance affective, isolement, perte de liberté, amplifi­cation des stéréotypes (80 % de ces artefacts ont des voix, des noms – Alexa, Sofia – et des corps de femmes, qui en font des assistantes serviles ou des robots sexuels)… Seront-ils un prolongement de nous-mêmes ? Jusqu’où irons-nous pour programmer une émergence de conscience artificielle ? Et l’éthique dans tout ça ? Mêlant technologie, philosophie et neurosciences, Laurence Devillers pose les questions centrales de responsabilité sur l’application de ces robots “émotionnels” au sein de la société et les enjeux qu’ils représentent pour notre dignité humaine.

 

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Autant les mathématiques m’ont toujours plu, autant leurs utilisations dans le futur (pas si futur d’ailleurs…), m’inquiète un peu !

Avec “Les robots émotionnels”, un livre qui traite de l’intelligence artificielle et bien d’autres choses, Laurence Devillers nous donne un aperçu exhaustif de notre mode de vie de demain, et nous projette dans le futur.

Pour la plupart, nous utilisons déjà les “IA” sans le savoir, sans même s’en rendre compte, et à ce niveau, je pense qu’il aurait fallu et qu’il faudrait maintenant qu’il y ai plus de communication dans ce sens, pour éviter un affolement qui pourrait être général, quand tous les gens connaîtront réellement l’avancée de tous les programmes qui tendent à “imposer” la “machine” dans notre monde.

Laurence alors, nous donne certaines clés pour anticiper et comprendre les interactions possibles entre nous et les robots et aussi les impacts qu’ils auront sur nos vies.
Son livre a pour but de démystifier tout ça, mais il soulève tout de même de nombreuses questions. Je l’ai lu à mon rythme. En parallèle, je me renseignais sur toutes les applications et théories que l’auteure développe. Elle tend à nous rassurer, mais c’est l’utilisation que “l’Homme” en fera, qui déterminera si oui ou non, nous irons vers des avancées ou vers des menaces. Les chatbots, ou assistants vocaux, sont-ils uniquement actifs sur notre demande, lorsque nous faisons appel à eux, ou sont-ils sur une écoute constante afin que nos “amis” du GAFAMI(NATU…) puissent nous faire tout type de propositions, même celles dont nous n’avons pas besoin ?
Je vous laisse méditer sur cette question… Euh ! Du moins sur la réponse…

Le livre est très intéressant. Oui, il m’a interpellé, il m’a fait voir les choses sur des angles différents, voire des angles nouveaux. L“AI” et les robots “émotionnels” ou pas, ceux qui “travailleront” pour les militaires, ceux qui s’occuperont de nos aînés, de nos enfants aussi sûrement, qui passeront l’aspirateur, qui tondront le gazon, les robots sexuels… font déjà et feront partie de notre quotidien. Reste à espérer que toutes ces applications et ceux qui les dirigent resterons éthiques !

À lire, même si mon p’tit cerveau a été un peu bousculé…

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Extraits :

« Pourquoi cherche-t-on à construire des chatbots (agents conversationnels) ou des robots émotionnels ? Pendant longtemps, philosophes et scientifiques ont opposé raison et émotion. Aujourd’hui, l’évolution des connaissances scientifiques, grâce aux neurosciences, montre que les émotions sont nécessaires au fonctionnement cognitif, à la mémorisation, à l’apprentissage et à l’interaction. Les dimensions affectives et sociales que l’on pouvait penser propres à l’humain envahissent les machines pour mieux simuler des capacités humaines et permettre une interaction plus naturelle mais aussi pour mieux capter notre attention. C’est en tous cas le défi de Google Home ou d’Alexa Amazon. Grâce à nos données personnelles, la machine va comprendre nos comportements affectifs les plus intimes et savoir s’adapter à nous. L’empathie, par exemple, un des piliers des relations et rapports humains, n’est peut-être plus notre apanage. »

« Apprendrons-nous à être prudent, participatifs scientifiques et philosophes ? Le XXIe siècle promet d’être riche en découvertes scientifiques sur les lois de la nature et le mystère de la vie. L’IA est un outil précieux pour faire avancer la médecine, l’écologie et globalement tous nos échanges dans la société. Nous allons comprendre de mieux en mieux ce que nous sommes et comment nous nous adapterons. Nous assisterons peut-être à la symbiose de la biologie avec l’informatique avec l’arrivée de machines hybrides, des bio-robots capable d’apprendre, des organismes artificiels capable de se différencier, selon leur histoire, de leur modèle standard, sorti de l’usine. Auront-elles réellement des émotions et une conscience d’elles-mêmes ? De quelle sorte ? »

« D’après l’idéologie transhumante dont Ray Kurweil, chercheur au MIT, auteur controversé et conseiller entre autre de Google, est le principal théoricien, la singularité technologique prédit une transformation profonde et radicale des sociétés humaines grâce au développement de l’intelligence artificielle. Ray Kurweil nous promet par exemple pour 2037 des machines qui ressentiront des émotions et auront le sens de l’humour. »

 

 

Laurence Devillers est professeur en intelligence artificielle à Sorbonne-Université et chercheur au LIMSI-CNRS. Elle obtient sa thèse en 1992 sur les réseaux de neurones appliqués à la reconnaissance de la parole, puis elle obtient une habilitation à diriger des recherches (HDR) en 2006 sur le traitement automatique des émotions sur machine. Elle a publié plus de 150 articles dans des revues, livres et conférences spécialisées (h-index: 38).

Elle est membre du CNPEN (Comité National Pilote Ethique du Numérique) qui dépend du premier ministre. Elle est en charge du rapport sur les agents conversationnels. Elle a participé à la rédaction du rapport sur l’éthique du chercheur en robotique et a dirigé celui sur l’éthique en apprentissage machine. Elle est impliquée dans “the IEEE Global Initiative for Ethical Considerations in the Design of Autonomous Systems” (depuis 2016), chairman de 2018-20 : working group P7008: Standard for Ethically Driven Nudging for Robotic, Intelligent and Autonomous Systems. Elle est également membre du GPAI : Gloabl Partnership on AI sur le Futur du travail.

En 2017, elle a écrit un premier essai sur “Des robots et des hommes : mythes, fantasmes et réalité”, Editeur Plon.

En 2020, elle a écrit un deuxième essai sur “Des robots émotionnels: et l’éthique dans tout cela ?”, Editions de L’Observatoire

Émotion, Philosophique

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler

de Luis Sepulveda
Poche – 22 janvier 2021
Éditions : Métailié

Zorbas le chat a promis à la mouette qui est venue mourir sur son balcon de couver son dernier œuf, de protéger le poussin et de lui apprendre à voler. À travers leurs aventures, on découvre la solidarité, la tendresse, la nature et la poésie.

 

 

En voilà un joli conte rempli de tendresse, de tolérance et beaucoup de courage !

Cela faisait plusieurs années que je voulais lire du “Sepulveda” !
Beaucoup de gens m’en parlaient, toujours en bien, je vois maintenant pourquoi.

C’est un conte qui peut s’adresser aux grands comme aux petits. C’est drôle, vivant et très actuel. Les personnages à ma grande surprise sont très réalistes, dit celui qui a cinq chats à la maison !!!
C’est un récit qui parle avant tout d’amitié et de tolérance. Zorbas, un bon gros chat noir se prélassait au soleil en ronronnant. Soudain surgissant de nulle part, une mouette engluée de pétrole fonce sur lui à grande vitesse. Il a juste le temps de s’esquiver quand elle s’écrase là où il se trouvait quelques secondes plus tôt ! Il s’approche du volatile et cherche tout de suite à le relever.
Se sentant mourir, la mouette fait jurer à Zorbas, de s’occuper de l’œuf qu’elle va pondre, de s’en occuper jusqu’à la naissance du poussin, puis de lui apprendre à voler…

Luis Sepulveda développe dans son récit une belle notion d’entraide, et il le fait très bien !
Je n’ai pu m’empêcher de vivre plusieurs rôles à la fois. Et qu’aurais-je fait à sa place ? Et pourquoi pas ci, et pourquoi pas ça ?
Il est aussi question de pollution, d’environnement, de compassion pour les plus faibles et d’acceptation des différences.
Le talent et la sensibilité de l’auteur, par les images qu’il nous envoie, nous transmettent une vérité plus simple à comprendre pour les enfants, plus abordable psychologiquement, sans éviter les sujets graves et importants permettant ainsi d’éveiller la conscience écologique au plus tôt.
Luis est un magicien, les chats miaulent plusieurs langues, les singes et les chats se comprennent, les mouettes et les chats aussi. Luis, m’a fait retourner en enfance durant ma lecture.

L’amitié
La transmission
La bienveillance
Mais c’est bien sûr, beaucoup plus que cela !

Une très belle histoire…

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Extraits :

« – J’ai beaucoup de peine de te laisser tout seul, dit l’enfant en caressant le dos du chat grand noir et gros.
…/…
Le chat grand noir et gros le regardait avec attention, assis sur le bord de la fenêtre, son endroit préféré.

J’ai pris mes lunettes pour nager ? Zorbas, t’as pas vu mes lunettes ? Non, tu ne les connais pas, toi, tu n’aimes pas l’eau. Tu ne sais pas ce que tu perds. La natation est un des sports les plus amusants. Des croquettes ? proposa l’enfant en prenant une boîte de croquettes pour chat. »

« – Maman ! Maman ! cria le poussin qui avait quitté son œuf.
Il était blanc comme du lait et des plumes minces, clairsemées et courtes couvraient à moitié son corps. Il essaya de faire quelques pas et s’écroula contre le ventre de Zorbas
.
Maman ! J’ai faim ! piailla-t-il en lui picorant la peau.
Qu’est-ce qu’il allait lui donner à manger ? Jesaitout n’avait rien miaulé à ce sujet. Il savait que les mouettes se nourrissaient de poissons, mais d’où est-ce que, lui, il allait sortir un morceau de poisson ? Zorbas courut à la cuisine et revint en faisant rouler une pomme. »

« Les humains sont imprévisibles ! Souvent, avec les meilleures intentions du monde, ils causent les pires malheurs, déclara Colonello.
C’est bien vrai. Prenons Harry, par exemple, c’est un brave homme, il a bon cœur, mais, comme il a une grande affection pour le chimpanzé et qu’il sait qu’il aime la bière, chaque fois que le singe a soif, il lui en donne une bouteille. Ce pauvre Matias est un alcoolique qui a perdu toute honte, et quand il se soûle, il se met à glapir des chansons terribles. Terribles ! miaula Jesaitout. »

 

 

Luis Sepulveda (1949-2020) est l’auteur, entre autres, du “Vieux qui lisait des romans d’amour”, de “Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis” et de “Histoire d’une baleine blanche”. Ses livres sont traduits dans 50 pays.

 

Mathématiques

Le théorème du parapluie

Ou l’art d’observer le monde dans le bon sens
de Mickaël Launay
Poche – Illustré, 13 janvier 2021
Éditions : J’ai lu

Savez-vous que certains fleuves coulent de bas en haut ? Que la Lune tourne en ligne droite ? Qu’en lisant ces quelques lignes vous voyagez à la vitesse de 300000 kilomètres par seconde ? Ces affirmations peuvent vous sembler absurdes, et pourtant elles sont vraies ! Notre perception du monde est parfois trompeuse. Il ne s’agit pas toujours d’être plus intelligent pour répondre aux grandes questions : il faut avant tout être astucieux. Un simple changement de point de vue suffit souvent à éclairer les phénomènes les plus complexes. Les mathématiques nous offrent un outil puissant pour comprendre les rouages de l’Univers. Elles nous apprennent à penser plus large pour comprendre plus loin. C’est ce que nous montre ici Mickaël Launay, dans un voyage passionnant qui commence dans les allées des supermarchés et s’achève dans les profondeurs vertigineuses des trous noirs. Ah, et il reste une dernière question : quel est le rapport entre tout cela et un parapluie ?

 

 

Les mathématiques m’ont toujours intéressé.
Savoir que certains calculs définis par nos ancêtres sont “définitivement” ancrés dans notre quotidien… Cela permet d’avoir une base “certaine” !
Une voisine et amie, nous a prêté ce livre il y a quelque temps…

Je l’ai pris dans mes mains en ce début de week-end et j’ai été d’un seul coup happé par l’auteur que je ne connaissais pas quelques minutes plus tôt.
Mickaël Launay a un don !
Celui de vulgariser les mathématiques. À l’aide de petites illustration et de beaucoup d’humour, il nous ouvre la porte vers des univers que je ne soupçonnais même pas. C’est clair. C’est concis. Du coup, la lecture est très agréable !
Et, je me suis rendu compte que certaines notions, que je croyais figées, ne le sont pas du tout !

Qu’est-ce que le théorème du parapluie ?
Dans ce cas précis, c’est un voyage incroyable, dans les supermarchés, dans l’histoire et la géographie, mais aussi vers des horizons indéfinis et inquantifiables…
Ici, “Vers l’infini et au-delà”, prend tout son sens.

Passionnant, accessible à tous et amusant, je n’ai pas arrêté de faire des calculs, d’être surpris ! De revenir en arrière sans en croire mes yeux…
Mais pourquoi n’enseigne-t-on pas les mathématiques comme Mickaël nous les explique ?
Des choses que je n’avais jamais comprises deviennent soudain évidentes.

E=mc2
E, est égal à l’énergie.
m, est la masse d’un corps
c, représente la vitesse de la lumière dans le vide (ici, au carré).
Ce qui signifie “tout simplement” que dans certains cas, une masse m peut se transformer en énergie E. Casser un atome, quel qu’il soit, dégage infiniment plus d’énergie que briser des liaisons électroniques. La production d’énergie nucléaire est basée sur ce principe.

Du moins, c’est ce que j’ai compris !!!

Dans tous les cas, je me suis éclaté de découvertes en découverte, en partant de problèmes arithmétiques pour arriver vers des notions d’espace-temps et de relativité.
Chaque page donne une “assise” à la suivante… et ainsi de suite.
Le “La loi de Benford” !
C’est fou… Il est tout autour de nous et je n’en avais jamais entendu parler !

Certaines pages donnent carrément le vertige.
Aviez-vous déjà feuilleté un livre avec des pages 177,3 / 177,4 / 177,5…

Si vous êtes curieux, joueur, avec un petit faible pour les maths, c’est le moment de vous y remettre !
J’ai eu l’impression de redevenir un adolescent pendant quelques heures…
C’est ça aussi la relativité !

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Extraits :

« La loi de Benford
Les voyages en mathématiques commencent parfois dans les endroits les plus anodins.
Pour notre départ, je vous propose de nous retrouver au supermarché du coin. Vous en avez un pas loin de chez vous. Celui dans lequel vous avez vos habitudes fera l’affaire. Que ce soit un gigantesque centre commercial ou une supérette de village, peu importe ; pourvu qu’on y trouve raisonnablement de variétés des produits élémentaires dont on a besoin au quotidien. »

« Je me souviens d’une petite phrase anodine prononcée par une amie mathématicienne avec laquelle je travaillais régulièrement il y a quelques années. Alors que nous étions sur le point de nous quitter, nous avions décidé de nous revoir deux semaines plus tard, au même jour et à la même heure. Lorsqu’elle sortit son agenda pour noter le rendez-vous, je l’entendis marmonner, plus pour elle-même que pour moi : “nous sommes le 20 avril, donc dans quatorze jours on sera le 34, ce qui fait 34 – 30, le 4 mai.»

« Le 14 septembre 2007, Jeremy Harper, un États-unien de 31 ans vivant dans l’Alabama, fit son entrée dans le livre Guinness des Records en devenant le premier humain à compter jusqu’à un million. Sa performance, diffusée en direct sur Internet, avait débuté le 18 juin précédent. Pendant quatre-vingt-neuf jours, Harper, enfermé chez lui, tournant en rond dans les quelques mètres carrées de son salon, avait récité inlassablement, presque en chantant, la longue litanie des nombres entiers. »

 

 

Mickaël Launay est mathématicien. Après des études à l’École Normale Supérieure, rue d’Ulm en 2005, il obtient une thèse en probabilités en 2012. Il s’est spécialisé dans la vulgarisation scientifique. Depuis plus de quinze ans, Il participe à de nombreuses actions de diffusion des mathématiques pour les enfants et le grand public. En 2013, il crée la chaîne de vulgarisation “Micmaths” (440 000 abonnés) sur YouTube. Son Grand roman des maths (Flammarion, 2016) a obtenu de nombreux prix et a été traduit en 15 langues. En 2019, il publie Le théorème du parapluie chez Flammarion.

Émotion, Histoire vraie, Témoignage

Michel berger

Une vie en chansons
de François Alquier
Broché – 16 juin 2022
Éditions : Hugo Document

“Pour me comprendre”, “Seras-tu là ?”, “Celui qui chante”, “La Groupie du pianiste”, “Quelques mots d’amour”, “Diego, libre dans sa tête”, “Mademoiselle Chang”, “Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux”, “Le Paradis blanc”, “Message personnel”, “La Déclaration d’amour”, “Si, maman si”, “Musique”, “Résiste”, “Il jouait du piano debout”, “Ella, elle l’a « , “Quelque chose de Tennessee”… : on ne compte plus les tubes de Michel Berger entrés au patrimoine de la chanson française. Alors qu’on célèbre les trente ans de la mort de Michel Berger le 2 août 2022, François Alquier dévoile les secrets de création de l’oeuvre de l’un des chanteurs et compositeurs préférés des Français et propose de découvrir, à l’aide de nombreuses anecdotes, l’histoire des chansons de Michel Berger, comme autant de repères qui jalonnent la vie de l’artiste.

 

 

Je lis assez rarement de documentaires, de reportages ou de livres “hommage à…”. Non pas que cela ne m’intéresse pas, mais le temps que j’alloue à la lecture est plus pour moi, un temps d’évasion, de plaisir, plus que de réflexion ! La vie nous en amène déjà suffisamment au quotidien pour ne pas en ajouter… Peut-être trop d’aprioris ?

Mais ce livre me faisait, et me donnait envie.
“Michel berger – Une vie en chansons”.

Michel Berger fait partie des chanteurs français que j’ai toujours aimé, avec même une particularité, je serai incapable de vous dire qu’elle est le morceau qu’il a écrit pour lui ou même un d’autre que je préfère !!!
Ma seule réponse… Toutes !

Michel avait, pour moi, ce petit quelque chose “sensibilité/tristesse/amour/émotion” qui me touchait systématiquement, avec cette impression qu’il chantait pour moi, qu’il me chuchotait à l’oreille…

C’est le premier livre de François Alquier que je lis. Il y a beaucoup de recherches nécessaires pour ce type d’ouvrages, et il le fait bien !
On sent même que son travail s’est étalé sur plusieurs années, sur de nombreux voyages et d’interviews qu’il a fallu disséquer, hiérarchiser afin de trouver un rythme qui porte le lecteur. Il veut aller jusqu’au bout…
J’avoue avoir pris énormément de plaisir à le lire. J’avais fait un pari avec moi-même. Je m’y suis tenu. Qu’est-ce j’ai bien fait !
Alors oui, rarement je n’ai mis autant de temps à lire un livre, et rarement je n’ai fait autant de poses entre chaque chapitre !
En effet, François a décidé de nous livrer des anecdotes, sur l’histoire de chacune de ses chansons (il en a choisi 46), moi, j’avais décidé de les écouter avant de lire chaque chapitre qui les concernerait !
J’en profite pour remercier “Youtube” et sa facilité d’accès à chacun des morceaux choisis.

Du coup, une lecture très différente pour moi. Profonde. Prenante. Triste parfois… Les yeux fermés, j’appréciais, je fredonnais quand je ne chantais pas. J’ai appris énormément sur le “personnage”, sur sa vie, sur ses femmes. Le livre de François est riche, très riche. Riche en informations, riche en “petits détails”. Il a cette particularité, que j’ai eue régulièrement, une impression que Michel et moi étions proches et pourquoi pas des amis. J’étais bien…

Vous voulez en savoir plus sur “l’homme” ?
Ses doutes, ses envies, ses combats ?

François Alquier a composé l’ouvrage indispensable…
Je n’ai plus qu’un mot à dire.
Excellent !

Merci François, pour cette analyse très originale et réussie de celui qui restera pour moi, à jamais, une référence…

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Extraits :

« Après le départ cruel de Véronique Sanson, Berger est meurtri et désemparé, mais cette rupture lui inspire le fameux album au cœur brisé. Si celui-ci ne reçoit qu’un succès d’estime en termes de vente, les critiques saluent la pudeur d’un discours simple, précis et percutant sur d’incontournables mélodies. Dans “Pour me comprendre”, l’ombre de sa belle absente et de son frère malade plane. Pour beaucoup, il s’agit de sa chanson la plus autobiographique. »

« Pour aller mieux, Michel Berger préconise d’écouter de la musique. Est-ce que parce qu’elle permet de produire les hormones du bonheur qui aident à surmonter n’importe quelle crise ? Le docteur Stéphane Guerin, musicothérapeute et fondateur de l’AMARC (association de musicothérapie applications de recherches cliniques), apporte une réponse : “On a observé pour certaines musiques spécifiques une action directe sur les composantes multidimensionnelles de la douleur, à la fois cognitivo-comportementale, sensorielle et émotionnelle”. »

« Malgré cette polémique, “seras-tu là ?” demeure avant tout une chanson d’amour magnifique. Jean-Jacques Goldman a expliqué en 1985, dans un “Grand Échiquier” consacré à Michel Berger, que c’était sa chanson française préférée, tous artistes confondus. Il regrette même de ne pas l’avoir écrite lui-même. Dans cette même émission, il la chante avec son auteur. C’est d’ailleurs le seul duo Goldgman-Berger. »

« Parce qu’il voyage de plus en plus, Michel Berger devient extrêmement sensible au monde qui l’entoure : “Je crois que c’est très difficile de ne pas être concerné, de ne pas se sentir agressé dans le monde dans lequel on vit actuellement. J’ai l’impression qu’on nous répète tout le temps à la télévision, à la radio, dans la presse : “L’homme est un salaud et ça ne s’arrangera jamais”. Et puis, en même temps, il y a une bonne composition à l’intérieur des hommes qui fait qu’ils reprennent le dessus et qu’ils décident d’agir pour embellir ce qui ne va pas. C’est certain que l’on vit une époque difficile à assumer. Tout le monde le ressent, mais j’ai l’impression que c’est encore plus pénible quand on a une expression artistique comme occupation. Émotionnellement, c’est très dur à assumer si on ne fait rien. »

 

 

François Alquier est journaliste. Depuis plus de 30 ans, il côtoie les artistes – musiciens et écrivains en particulier – pour les besoins de ses interviews pour la radio, la télé ou la presse écrite. Depuis 6 ans, il révèle les coulisses de ses rencontres sur son blog. D’abord caché derrière le pseudonyme de Mandor, il officie aujourd’hui à visage découvert. Il est l’auteur du livre officiel de Starmania et a écrit sur Balavoine, le meilleur ami de Berger. Il vit en région parisienne.

Émotion, Drame

Un merveilleux cadeau

de Claudine Laurent Rousselle
Broché – 26 avril 2022

Lydie est une petite orpheline qui a perdu ses parents dans un incendie alors qu’elle était à l’école. N’ayant aucune famille, elle se retrouve placée dans un orphelinat austère, insalubre où toutes les pensionnaires subissent la méchanceté de Mademoiselle Diablo, la directrice de l’établissement. Lors d’un séjour à l’hôpital, Lydie va faire la connaissance de Jaime, un petit garçon qui a tout pour être heureux. Entre eux va naître une belle amitié…

 

 

J’ai toujours aimé les histoires commençant par “Il était une fois…”
Sans doute un manque “d’évasion” durant ma prime jeunesse… Évasion que j’ai bien rattrapée depuis, puisque je n’ai pas attendu d’être papa pour lire tous types de romans, et cela, dès que j’ai pu…

Le livre de Claudine Laurent Rousselle est “Un merveilleux cadeau” dans tous les “sens” du terme. J’y ai retrouvé les émotions et les Ressentis de mes premières histoires, il y a un petit côté “naïf” qui est fort agréable et qui m’a fait du bien, en cette période fort oppressante.

Pas tout à fait un roman, “Un merveilleux cadeau” est plutôt un conte, sous forme de nouvelle, adressé à tous types de lecteurs ayant envie de passer un agréable moment.
Il est bien écrit, intéressant et lève tout un tas de questions sur l’enfance sans parents, et la vie dans les orphelinats. Un récit bien construit avec plusieurs niveaux de lecture glissés çà et là entre les lignes. La tristesse, la solitude, la peur, la méchanceté aussi, l’arrivée d’un compagnon à quatre pattes dans une vie, l’amitié, l’amour, la joie, le bonheur…

Ce livre, je vais le mettre précieusement de côté…
C’est tout à fait le type d’histoire que j’aurais aimé lire à mes enfants. Aujourd’hui, ils sont trop grands, ils pourront le lire tout seul… Mais je pense qu’il sera une belle surprise quand viendra l’heure de raconter une histoire à mes petits-enfants, avant qu’ils ne partent au pays des songes…

Le seul “reproche” que je pourrais faire à ce merveilleux cadeau, c’est d’être beaucoup trop court pour moi.
Mais c’est ce qui donnera, je pense, la possibilité à ce bel ouvrage de toucher les petits et les grands…

Une histoire très agréable, qui a eu la faculté de me projeter dans un futur qui me ravira !
“Dis papy, tu me lis l’histoire avec Flocon ?”

Une vraie belle surprise qui s’est transformée au cours de ma lecture à ce qui ressemble le plus à un coup de cœur !
Je reste, maintenant, en attente du prochain “récit/histoire/conte”, enfin, tout ce que Claudine voudra…
Claudine, il n’y a pas d’âge pour commencer à écrire. Bravo !

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Extraits :

« Il était une fois…
Dans un champ, une petite maison avec aux fenêtres des géraniums rouge vif.
Un petit oiseau survole les lieux et vient s’accrocher au mur près de la porte d’entrée.
Sur la droite s’agrippent des roses anciennes exhalant leur parfum poivré.
Il reprend son envol et se dirige à gauche vers le jardinet où poussent quelques légumes et petits fruits.
Après s’être régalé de groseilles, il revient devant la maison, sur la petite terrasse pour se poser sur la table entourée de ses chaises, et reprend sa route vers le chêne un peu plus loin. »

« Grégoire interroge Jaime pour savoir s’il a pensé à sortir son chien.
Jaime ne l’a pas fait.
Il appelle Flocon et les voilà partis batifoler dans l’herbe fraîche, sous un magnifique ciel bleu.
À l’extrémité du champ, cool une petite rivière bordée de quelques hêtres.
De l’eau émergent plusieurs rochers qu’une crue à déposés là.
Soudain, Flocon se met à courir en direction du cours d’eau. »

« Le lendemain est un grand jour pour les enfants de l’orphelinat.
De nombreuses personnes sont attendues dans un espoir d’adoption.
Après leurs corvées, les pensionnaires ont le droit à un bol de gruau en guise de petit-déjeuner.
Ensuite, elles font leurs toilettes dans une pièce où se trouvent alignés douze lavabos.
Au-dessus, collés au mur, des morceaux de miroir.
La pièce est glaciale. Des vitres sont cassées, mais aucune n’a été remplacée. »

« Jaime est triste, il pense ne jamais revoir son chien.
Malgré les affiches, il n’a reçu aucun coup de téléphone. Pour lui, Flocon ne reviendra jamais.
Son père lui conseille de ne pas baisser les bras et de garder espoir.
Jaime sort en courant.
Soudain, son père l’entend hurler. Aussitôt, il accourt.
Le garçon est mal tombé et s’est cassé la jambe. »

 

 

Née à Reims, Claudine Laurent Rousselle a vécu à “La Neuvillette” durant sa jeunesse et son adolescence, depuis elle vie en Haute-Savoie. Dans sa jeunesse, elle a participé à plusieurs concours de poésies.
Depuis quelques années le rêve d’écrire des contes lui vient à l’esprit. Elle se lance, et sort son premier roman “Un merveilleux cadeau” en 2022.
D’autres romans sont d’ores et déjà en attente…

Émotion, Histoire vraie, Témoignage

Einstein, le sexe et moi

de Olivier Liron
Poche – 14 août 2019
Éditions : Points

Top ! Je suis un garçon fougueux, normalien et autiste Asperger. Mon enfance n’a pas toujours été rose à cause de ma différence. Je suis fasciné par les dates et calcule le produit de 247856 par 91 pour m’endormir. En 2012, j’ai participé à l’émission Questions pour un champion, une expérience libératrice. Entre deux épreuves, je trempe toujours une madeleine dans du coca… Je suis… Je suis… Olivier Liron ! Oui !

Né en 1987, Olivier Liron a étudié à l’École normale supérieure avant de se consacrer à l’écriture et au théâtre.


ELLE

 

 

J’ai rencontré Olivier Liron, le 16 avril, à Valmondois, où nous avions pu discuter un peu (pas assez à mon goût…), pendant le Rock’n Books 2022.
Puis, j’ai lu l’excellent “Livre de Neige”, où il raconte l’histoire de sa mère et de sa famille…
Depuis, je voulais en savoir un peu plus sur lui, savoir ce qui pouvait bien se “passer” dans sa tête !

Et bien dans sa tête… Il y en a des choses !
Certaines qui lui ont permis de s’épanouir, d’autres qui malheureusement ont dû peser bien lourd sur ses épaules d’enfant.

Avec “Einstein, le sexe et moi”, il soulève un peu le rideau personnel de sa vie. Il dévoile et partage les embûches qui ont fait et font encore régulièrement parties de son quotidien, avec une grande question centrale.
Qu’est-ce que la normalité ?
Qui décide de ce qui est normal et de ce qui ne l’est pas ?
D’où vient la notion de « normalité », alors que nous sommes tous si différents ?
Grand, noir, petit, blanc, bègue, sourd… Gros, maigre… Atteint de cécité ou même autiste Asperger…

Il n’y aurait donc pas de normalité ?

Et non… Juste des différences, et qu’il faut apprendre à vivre avec…

C’est justement de toutes ses/ces différences dont nous parle Olivier.
Il est autiste Asperger ? Et alors… ce n’est pas une maladie !

“Einstein, le sexe et moi” est un roman coup de poing !
Avec des anecdotes, de l’émotion, beaucoup d’intelligence (c’est normal…), et de l’humour aussi (et oui…), des madeleines trempées dans du Coca, plein de question où j’ai pu aussi m’amuser à répondre au fur et à mesure de ma lecture… Olivier nous entraîne dans une farandole très personnelle, sa participation à “Questions pour un champion”, point de départ du début de son “autre” vie… En faisant des allers/retours vers son passé, sa famille, l’école (les profs… quelle galère !), les amis (les quoi ???) les filles (Heu… pas trop quand même…), ses silences, la honte qu’il ressent tout le temps, sa honte d’avoir honte et les préservatifs (comment ça marche ça encore ???…)…
Mais aussi une déclaration d’amour incroyable, de toute beauté, brute et vivante ! La plus belle que j’ai lue à ce jour…

J’ai été triste pour Olivier à certains moments, mais j’ai aussi ri avec lui, à la grande surprise des gens autour de moi dans les transports. Olivier ! Il y en a même un qui est venu me demander ce que je lisais et l’a noté ! Si, si je t’assure… Un futur nouveau lecteur…

Alors, STOP à la normalité !
Nos différences, nos révoltes peuvent faire de nous le meilleur de nous-même… Oui, on peut transformer la vie, notre vie.
Faites comme Olivier. Un pas devant l’autre… Un à la fois.
Le meilleur restera toujours à venir !

Une très belle lecture, sincère et toute en émotion qui passe par toutes les étapes d’une vie “normale”…

PS. OLivier, Face à la violencedu monde, je pense que la littérature peut beaucoup !

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Extraits :

« Je suis autiste Asperger. Ce n’est pas une maladie, je vous rassure. C’est une différence. Je préfère réaliser des activités seul plutôt qu’avec d’autres personnes. J’aime faire les choses de la même manière. Je prépare toujours les croque-monsieur avec le même Leerdammer. Je suis fréquemment si absorbé par une chose que je perds tout le reste de vue. Mon attention est souvent attirée par les bruits discrets que les autres ne perçoivent pas. »

« J’ai dans mes tripes la mémoire de la différence qu’on m’a apprise, qu’on a tatouée dans ma chair. Mes oreilles trop grandes, objet de risée et qui subissaient tellement de pichenettes et de coups qui défonçaient leur cartilage, qu’elles saignaient à la fin de la journée, et que je devais coller ma tête chaque soir contre la vitre du bus scolaire pour apaiser la brûlure et leur faire sentir le froid… Je n’oublierai jamais la sensation de douleur dans mes oreilles, pas uniquement sur le lobe, mais à l’intérieur, une douleur sourde et perçante à l’intérieur, chaque fois plus insupportable. Elle est insignifiante et si forte que je la ressens encore aujourd’hui. »

« C’est marrant, je parle du corps, mais j’ai l’impression que les mots ont encore plus de pouvoir que les coups, que les mots sont les coups qui ne partent jamais, les plus indélébiles, les plus violents pour le corps, justement. Je pense que le mot que j’ai entendu le plus jusqu’à mes quatorze ans est “gogol”. J’ai dû entendre dix mille fois les gens m’appeler gogol. À l’école, et surtout au collège, les enfants différents souffrent le martyre. C’est déjà le pouvoir hideux et haineux de la norme. Aujourd’hui encore quand j’entends à la radio les “normaux” ceux qui ont le pouvoir de la norme, de dicter la norme, de faire la norme, les politiciens et les financiers, les humoristes pas drôles, les haineux de tous bords, j’ai envie de les déchiqueter avec les dents. Pour leur montrer de quel bois on se chauffe, nous les gogols. »

« Jusqu’au moment où je suis tombé amoureux comme on se fait écraser par un train, d’une fille qui s’appelait Barbara. Barbara était belle à en mourir, elle avait les yeux verts et un rire dont je pourrais parler pendant des heures. J’étais fou amoureux d’elle. Quand elle riait, j’étais amoureux. Quand elle chuchotait, j’étais amoureux. Lorsqu’elle pleurait ses amours mortes, j’étais amoureux ; quand elle se taisait, j’étais amoureux ; je la comprenais ; je l’écoutais ; à jamais je l’aimais. »

 

 

Olivier Liron est né en 1987, il vit à Paris. Normalien et agrégé d’espagnol, il enseigne la littérature comparée à l’université Paris 3-Sorbonne Nouvelle avant de se consacrer à l’écriture et au théâtre. Il se forme en parallèle à l’interprétation et à la danse contemporaine à l’École du Jeu et au cours Cochet. Son premier roman, Danse d’atomes d’or, est publié en 2016 chez Alma Éditeur. Il est également l’auteur de pièces de théâtre, de scénarios pour le cinéma et de fictions sonores pour le Centre Pompidou.

Frisson horreur

Brocélia

de Jean-Marc Dhainaut
Poche – 7 juillet 2022
Éditions : Taurnada Éditions

Meghan Grayford, une jeune journaliste passionnée par l’exploration de lieux abandonnés, a localisé un vieux manoir dans la forêt de Brocéliande : ses occupants semblent avoir fui précipitamment… En se faufilant dans cette bâtisse isolée, Meghan ignore encore que son histoire n’est pas peuplée de magie et de fées, mais d’horreur et de sang… La nuit, quand tout est calme, le Manoir Brocélia se réveille… La nuit, quand tout est calme, les atrocités de son passé reprennent vie… La curiosité est un vilain défaut… Meghan aurait mieux fait de s’en souvenir… Un thriller aussi terrifiant que captivant, dans la lignée des investigations paranormales d’Alan Lambin.

 

 

Tout d’abord, je tenais à remercier les Éditions Taurnada pour ce roman qui sort de leur lignée habituelle et qui m’a agréablement surpris.

Agréablement surpris, et ça ils ne pouvaient pas le deviner, tout simplement car, le récit se déroule dans ma “Région de Cœur” !
J’ai ainsi reconnu de nombreux lieux cités. En effet, dès que nous le pouvons, nous aimons aller à Plémet dans les Côtes-d’Armor, entre Loudéac et Goméné… 
Si vous ne la connaissez pas encore, je vous conseille fortement cette belle Région…

Mais revenons à notre roman que j’ai dévoré en quelques heures… Tout était là pour me captiver. La Bretagne bien sûr, un vieux manoir hanté et quelques fantômes qu’il ne faut pas brusquer, qui traînent dans les environs de Brocéliande.

Meghan Grayford, jeune journaliste, est une passionnée. Passionnée par son travail, passionnée par la vie, mais surtout passionnée par les vieilles bâtisses abandonnées. Elle a un article à rendre à son travail et elle est déjà très en retard. Elle n’a plus le choix, elle va devoir se confronter à ses peurs et retourner au Manoir de Brocélia, alors qu’elle avait bien juré qu’elle n’y remettrait plus jamais les pieds.

Vous aimez les légendes ?
Les histoires de fantômes, où les fées et les sorcières se côtoient ?
Vous aimez entendre le parquet grincer pendant votre lecture, alors que vous savez pertinemment que vous êtes tout seul chez vous ?
Les baisses de températures subites alors qu’aucune porte ou fenêtre n’a été ouverte ?
Cette impression soudaine, quand vous êtes dans le noir, que quelqu’un respire tout prêt de vous ?

Brocélia, c’est un peu tout ça… et plus encore !

Je découvre Jean-Marc Dhainaut avec ce “petit” roman, et force est de constater que j’ai été bluffé !
Le style est agréable, le récit attractif, bien mené, et rythmé de “petits” frissons réguliers, avec une fin particulièrement émouvante…
J’aurais peut-être préféré le lire un soir d’hiver au coin du feu, sous un plaid… Mais…

Pourrez-vous attendre jusque-là ?

Un roman que je vous conseille vivement…
Un auteur, qui m’a interpellé et qui ne demande qu’à être suivi !!!

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Extraits :

« Enfant, avec son petit frère, elle s’amusait à compter les flocons qui virevoltaient sous le vent du nord. Elle se mettait alors à danser sous ce tourbillon infernal et si rare dans sa Bretagne natale, le laissant s’engouffrer dans ses longs cheveux blonds de petite fille sage. Le manteau blanc était toujours une bonne raison de se balader, en écoutant et en regardant les enfants émerveillés qui s’amusaient autour d’elle. La neige, qui a cet étrange pouvoir de faire retomber en enfance, même le plus grincheux des hommes. »

« Le mur entre la cheminée et une porte était occupé par une bibliothèque ne contenant plus qu’une vingtaine de livres que les propriétaires n’avaient peut-être même jamais lu. Meghan les effleura à peine des yeux. Les quelques grands classiques qui s’y trouvaient n’étaient pas sa tasse de thé. Elle s’interrogea toutefois sur la présence de manuels scolaires parmi ces ouvrages aux couvertures anciennes.
”Une vieille légende raconte, que la nuit, les livres se murmurent leurs histoires entre eux”, lui avait un jour dit son père. »

« Devinant brusquement une présence derrière elle, Meghan, sous le choc, s’enfuit aussitôt. Elle voulut regagner l’entrée, mais elle se sentait ralentie par une force, une atmosphère indéfinissable semblant se terrer dans la brume.
Persuadée d’être poursuivie, elle réussit enfin à atteindre le portail, mais il était toujours verrouillé.
Elle hésitait à l’escalader ou à monter sur le muret en pierre, car à l’extérieur, c’était le vide qu’elle voyait. Le vide et la forêt sans fin. Une forêt qui ne pouvait pas exister. Jamais il n’y en avait eu autour de ce cimetière. »

« Meghan étouffa un cri en voyant deux mains décharnées descendre sur les épaules de Janis. Il se mit à hurler en gesticulant pour se dégager.
Sa lampe s’éteignit à son tour alors qu’une odeur infecte assaillait leurs narines.
Choqué, il se tut soudain, reprenant la main de Meghan : des bruits de pas raisonnaient, et toujours cette forte respiration près d’eux…
Il sentit un souffle si près de son visage qu’il en écrasa les doigts de son amie.
Elle se retient de hurler lorsque quelque chose lui caressa les cheveux et lui et lui effleura la joue. »

 

 

Jean-Marc Dhainaut est né dans le Nord de la France en 1973, au milieu des terrils et des chevalements. L’envie d’écrire ne lui est pas venue par hasard, mais par instinct. Fasciné depuis son enfance par le génie de Rod Serling et sa série La Quatrième Dimension, il chemine naturellement dans l’écriture d’histoires mystérieuses, surprenantes, surnaturelles et chargées d’émotions. Son imagination se perd dans les méandres du temps, de l’Histoire et des légendes. Il vit toujours dans le Nord, loin d’oublier les valeurs que sa famille lui a transmises.

Fantastique

Le Royaume d’Esiah**

La Confrérie des morts
de Mélanie Gaujon
Broché – 1 décembre 2019
Éditions : France Loisirs

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Vingt-cinq années se sont écoulées depuis la bataille opposant le roi Lucifel à son frère. Le royaume d’Esiah vit désormais sous la tyrannie de Pyrrhos et seule lui résiste l’Edenrah, l’alliance des comtés attendant le retour de Lucifel. Dans le Royaume des Mortels, Almandin ignore tout de sa vie passée. Alors qu’une mystérieuse Confrérie menace l’équilibre entre les morts et les vivants, il va devoir faire un choix qui changera sa vie à jamais…

 

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Quel plaisir de retrouver tous les héros du “Royaume d’Esiah” !
Almandin, Mehiel, Adel, Milo, Anjali, Pyrrhos et bien d’autres encore…

Vingt-cinq années se sont écoulées, depuis ma lecture du mot “fin” du tome précédent…
Milo, a grandi, ce n’est plus un enfant. Il est devenu un homme, un guerrier aguerri entraîné par Adel.
Almandin, lui, a payé le prix fort pour sa renaissance en tant que mortel… Il est aveugle ! Il fait de nombreux rêves étranges. Petit à petit certaines formes et couleurs lui apparaissent, des silhouettes tantôt rouges, tantôt bleues. Quand, un jour, des hommes venant de “l’enfer” se présentent à lui, et lui révèlent son rôle dans un conflit qui suit son cours dans un autre univers, depuis plus de vingt ans… tout lui revient soudain à l’esprit. Tout ? Surtout l’image d’une femme qui l’obsède ! Mehiel, SA PROPRE FEMME…
De retour dans “son” Royaume, Almandin va-t-il redevenir le roi qu’il était ?
Pourra-t-il stopper une fois pour toutes son frère dans sa quête du pouvoir absolu ?

Mélanie Gaujon, a su encore une fois me surprendre.
Si avec le tome 1, j’étais tombé de plein pied dans cet univers incroyable, avec ce second volet, plus pointu, plus précis aussi, Mélanie dresse ses “nouveaux” pions avec une technique imparable… Rien n’est laissé au hasard, et j’imagine très difficilement les heures qu’il lui a fallu pour “construire” ces/ses différents mondes.

Quelle est donc cette étrange “Confrérie des Morts” ?
Que cherche-t-elle à mettre en place ? Et pourquoi ?
En tant qu’humain, Almandin retrouvera-t-il sa mémoire ?

Arrivé à ce nouveau point de ma lecture, je ne peux que vous recommander ce livre entre univers merveilleux, entre les vivants et les morts, et moi-même n’ai de choix que de lire le troisième et dernier volet de cette saga hors du temps et hors des sentiers battus !

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Extraits :

« Une dizaine de gardes avaient été réunis en bas des escaliers de l’ancien palais du Roi, à Garak. Leur chef, Séraphin, muni d’un ruban rouge noué autour de son bras, achevait son discours.
Des guirlandes métalliques décoraient le pourtour de la grande place dédiée au défunt Roi Lucifel. Déjà, des centaines de Siahnnas s’étaient accroupis devant la statue du Roi allongée au-dessus de son cercueil. Elle le reproduisait à l’identique, de son visage à ses membres, de ses traits fins aux plis de ses vêtements ; aucun détail n’avait été omis. »

« Almandin se réveilla en sueur au milieu de la nuit. Un nouveau cauchemar, comme il en faisait depuis des années, un de ceux dont il se serait bien passé. Il percevait des visages dans ses rêves. Il voyait des personnes. Elles semblaient si réelles. Pourtant, il n’avait jamais pu distinguer l’image d’un homme. Né non-voyant, tout était noir pour lui. Enfin, presque tout. »

« Le portail s’ouvrit en plein cœur de la cité mère, près de l’ancien quartier réservé aux Arcantes. Anjali fut tout de suite attirée par la splendide tour blanche émergeant de la terre au milieu d’un amas de roches noires. L’un des plus beaux joyaux du royaume, sculpté dans la pierre de Garak, s’offrait à ses yeux émerveillés. Sortant à peine du vortex, Mésilande passa furtivement près de son visage et remonta vers le clocher où volaient d’autres Phœnix. Les oiseaux regonflaient leur plumage de feu en caressant de leurs ailes la voûte enflammée. »

« Papa,
Si tu ouvres cette lettre, c’est que je ne suis plus de ce monde. Je sais que tu t’y es préparé. Je l’ai senti lorsque tu es parti sans rien dire après mon union. Sache que rien n’est de ta faute. Tu as tout fait pour me sauver. Ce n’était pas à toi de faire le sacrifice de ta vie. Je te demanderai simplement de prendre soin de Mehiel et de Milo. Ils vont être seuls. Quelqu’un doit les protéger. »

 

 

Mélanie Gaujon, née en 1982, a reçu le prix de l’imaginaire aux éditions Nouvelles Plumes en 2018 avec son livre Le Royaume d’Esiah. Adepte de la photographie, de l’art et du voyage, elle détient un master en histoire. Après quelques années passées en gendarmerie, elle a intégré l’institut régional d’administration de Nantes avant de prendre un poste de gestionnaire dans un établissement scolaire de Seine-et-Marne. À présent, elle travaille dans une agence comptable du Val-de-Marne. Un parcours diversifié, ponctué de nombreuses rencontres qui lui ont donné l’envie d’écrire et de relever des défis.

Le Royaume d’Esiah* La stèle du destin
https://leressentidejeanpaul.com/2022/05/18/le-royaume-desiah/

Émotion, Drame, Folie, Noir, Thriller psychologique

La longue nuit de Bleka

de Elly Rosemad

 

“Je m’appelle Bleka. Je suis une jeune orpheline islandaise. Mon oncle Yrkill m’a recueillie depuis ma naissance, en 1762. Nous avons vécu à Hveravellir un certain nombre d’années, dans les Hautes Terres. Lorsqu’Yrkill partait « pour affaires », Góðvilda et son fils Frelsi, nos chers voisins, m’accueillaient dans leur foyer. Ils étaient comme ma famille. Et puis un sombre jour, Yrkill m’a arrachée à eux. Il m’a forcée à le suivre sans m’en donner la raison. Je sais simplement qu’Yrkill est un utilgumen, un banni. Il a perdu tous ses droits. Aujourd’hui je suis seule avec lui, tentant de survivre dans un abri de pierres au beau milieu du désert d’Ódáðarhaun, le désert des crimes. Ce lieu est soit disant notre meilleur moyen de survie. Mais en réalité, il me séquestre. Depuis longtemps déjà. Et s’il n’y avait que cela… Je fais partie de ceux qui n’ont plus peur de l’enfer car ils y sont déjà. Jour après jour les mots me manquent davantage. La douleur m’assaille.
Si ça continue je vais mourir.
Cette situation ne peut plus durer. Je dois fuir, mais comment ?”

 

 

Soyez les bienvenues dans le monde d’Elly Rosemad, ou peut-être dans “La” vision d’un nouveau monde qu’elle ne voudrait surtout pas voir se réaliser !
J’espère que vous êtes bien accrochés, car vous risquez d’être bien malmenés.

Bleka, à son grand désespoir, vit dans un abri de pierres au beau milieu du désert d’Ódáðarhaun, avec son oncle Yrkill qui l’a recueillie à sa naissance…
Yrkill est un homme “possédé”. Parfois, il se transforme et dans ces moments-là, il devient le mal, il devient le vice, il devient “le Barge”. Alors, dans ces moments-là, Bleka n’est plus que blessures, cris et souffrances…
Et, Yrkill en profitera, il pèsera de tout son poids sur la frêle jeune fille qui ne pourra retenir ses larmes. Comme il le fait régulièrement depuis des années, avec une violence inouïe, il déchire ses entrailles en se délectant de plaisir…

Voilà la vie de Bleka. Dès lors, elle n’a plus qu’une idée en tête… fuir.

Mais dehors aussi, le monde est perverti. Le jour, petit à petit a disparu, il a cédé sa place à l’obscurité qui recouvre la nature de noirceur et de ténèbres…
L’obscurité est le royaume de Bölvun, la mort est sa raison d’être… Il est dorénavant partout chez lui ! Gare à ceux qui auront le malheur de croiser sa route.

Bleka part à la recherche des siens qui pourraient encore être en vie. Elle doit briser la nuit, afin de faire fuir la mort. Sur son chemin, elle croise Sannur…
Sera-t-il de taille pour la protéger du chaos environnant ?

Psychologue de formation, Elly Rosemad construit ici un roman très personnel et presque “hermétique”. Ma curiosité m’a permis d’avancer, mais j’ai eu des sueurs froides en me demandant où voulait en venir l’auteure !
Et pour le coup, le switch final est excellent et m’a complètement surpris, Bravo !
C’est un roman qui se lit doucement, qui se déguste presque, qui s’apprécie à sa façon. J’avais peur de passer à côté d’éléments importants. Les noms des lieux, de personnages et parfois d’objets à consonance scandinave m’ont complètement immergé dans cette ambiance, glauque et froide qui m’a collé à l’esprit jusqu’au bout de mon récit.
C’est une sacrée expérience à vivre/lire !!!

Mais, “La longue nuit de Bleka” a une autre particularité…
Adolescent, un jour dans le métro, j’ai trouvé un livre sur un siège. Je l’ai pris et ouvert. Il y a avait une petite introduction. Le livre se présentait à nous comme un “livre voyageur”. La règle était simple. Une fois lu, il fallait rendre sa liberté à l’ouvrage. Y glisser éventuellement un petit mot et le laisser s’envoler. J’ai moi-même très régulièrement “libéré” ainsi des romans qui le méritaient vraiment…

“La longue nuit de Bleka” m’a fait penser à ces livres voyageurs, mais Elly a transcendé le concept !
Le récit existe.
Il ne demande qu’à vivre. Qu’à donner des émotions, à créer des Ressentis, l’idée est bien là… Le partage.
Il ne tient qu’à vous d’en faire la demande, directement auprès de l’auteure…

Challenge bien orchestré, ou pari complètement fou ? L’avenir nous le dira, mais l’idée est particulièrement séduisante ! Vous aurez la chance, comme moi d’être un acteur qui fera vivre l’histoire, par le biais de mon Ressenti…

J’ai passé un très bon moment de lecture. C’est un puzzle parfait où chaque pièce trouvait sa place au fur et à mesure où je tournais mes pages.
Chaque mot est ciselé, chaque idée rabotée, ma lecture du soir était devenue immersive.
J’ai dû laisser passer quelques jours avant de rédiger mon Ressenti. Le Noir, l’obscurité, les ténèbres étaient encore très/trop ? présent en moi.

Je remercie Elly pour sa confiance et pour m’avoir permis de vivre une lecture si intense, et si addictive au final.
Un très bon second roman, incroyable, qui est hors normes à de nombreux niveaux évidemment, mais quelle belle réussite littéraire… Le temps, je l’espère me donnera raison…

En attendant, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

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Extraits :

« Juste un bruit. Un léger craquement. Comme si quelqu’un venait d’écraser un morceau de palagonite. Mes tripes se nouent. Je me relève difficilement. Je serre les dents. La douleur m’écrase. J’essaye de me retenir à la paroi pour ne pas tomber, mais mes poignets enflés me rappellent à l’ordre. Je me tiens les côtes. Autour de moi, c’est comme si l’air se chargeait d’une odeur épouvantable. Un frisson me parcourt. Je tremble et je presse Xowy contre moi. Une ombre grandit et se déplace dans ma direction. Plus elle avance et plus je me sens oppressée. Je sais reconnaître le poids des ténèbres lorsqu’il se rapproche. J’ai vécu avec depuis toujours. Il a le don de pousser mon cœur au bord de l’explosion. »

« Je relève la tête. L’ombre se découpe dans mon champ de vision. La silhouette est grande. Essoufflée. Elle se tourne vers moi. Sous le ciel zébré d’aurores, je vois son visage. C’est lui. Yrkill apparaît comme à son habitude, à l’identique d’un diable sortant de sa boîte. Il avance lentement. D’un pas sûr. D’une agilité prédatrice. Il me fixe de ses yeux injectés de sang. Son visage se fend d’un sourire plus malsain que jamais. Il se met à rire en ébouriffant ses cheveux noirs d’une saleté à écœurer n’importe qui. Malgré sa respiration saccadée, le barge parvient malgré tout à vociférer. Je suis tétanisée. À ma droite et à ma gauche, des pans rocheux font barrage. Je suis prise au piège. Ce qui devait me protéger va finalement permettre à Yrkill de me coincer. Puis de me tuer. »

« Je referme la porte. Grincement inquiétant. Dans l’obscurité la plus totale, j’essaie de me guider avec les structures en bois et je m’allonge sur la plus proche d’entre elles. Je déteste cet endroit. Définitivement. Une partie de mon être me somme de partir. Je perçois les bourrasques qui menacent au-dehors, comme pour me rappeler que j’ai de la chance d’avoir trouvé un toit. Alors je reste ainsi, étendue en chien de fusil. Mes angoisses laissent la place aux douleurs qui viennent et partent, dans un va-et-vient des plus pervers. Je n’ai pas d’autres choix que d’endurer cette souffrance qui me lancine, au point que ma respiration se coupe par intermittence. J’attends. Je ferme les yeux. Comme si un miracle pouvait survenir. »

 

Elly Rosemad est psychologue de formation.
Elle est l’auteure d’un premier roman, “Trauma zéro” (2018), un thriller d’anticipation.