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Émotion, Drame

Des diables et des saints

de Jean-baptiste Andrea
Broché – 14 janvier 2021
Éditeur : Iconoclaste

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Qui prête attention à Joe ? Ses doigts agiles courent sur le clavier des pianos publics dans les gares. Il joue divinement Beethoven. Les voyageurs passent. Lui reste.
Il attend quelqu’un, qui descendra d’un train, un jour peut-être.
C’est une longue histoire. Elle a commencé il y a cinquante ans dans un orphelinat lugubre.
On y croise des diables et des saints.
Et une rose.

 

2021_064_Andrea Jean-Baptiste - Des diables et des saints

 

Joe, un vieux monsieur, pianiste talentueux, ne joue que sur des pianos dans des lieux publics, les gares et les aéroports…
C’est un véritable virtuose. Il joue pour les voyageurs, pour tous les voyageurs.
Ceux qui sont pressés qui ne l’entendent pas, ceux qui ralentissent et le voient soudain, ceux qui se figent ébahis l’oreille tendue…
Mais pourquoi s’applique-t-il à jouer ainsi, inlassablement, tous les jours sans relâche dans ces lieux de passages ?

Enfant, il avait appris le piano avec le meilleur des professeurs, mais la vie lui a très vite joué un sale tour. En 1969, suite à un accident, où il perd ses parents et sa sœur, Joe alors orphelin, se retrouve dans un orphelinat lugubre perdu dans les montagnes des Pyrénées, nommé “Les confins”, qui très vite lui fera penser à une prison. Il y fera la connaissance d’adolescents comme lui qui vont le marquer à vie dans sa tête et dans son cœur. La Fouine, Sinatra, Sousix et bien d’autres. Mais aussi Rose, la fille d’un bienfaiteur, aussi belle que méchante.

C’est avec beaucoup d’émotions, de justesse et de sensibilité que Jean-Baptiste Andrea nous raconte l’enfance de cet enfant “perdu”.
Un roman au thème sombre, mais tellement lumineux par son traitement, sa musicalité, sa tendresse et son humour. Le récit ne tombe jamais dans la noirceur.

Le séjour de Joe dans ces lieux, les rencontres qu’il y a faites, bonnes ou mauvaises, marqueront à jamais l’homme qu’il deviendra plus tard.
À travers ce récit poignant la musique résonne autant que la vie. Ce roman touchant, dès les premières notes, dès les premières mots, est aussi une histoire très émouvante…

Je me suis demandé au départ où l’histoire allait me mener.
Puis, petit à petit une structure s’est mise en place, puis finalement s’est accélérée jusqu’à ce que je ne puisse plus lâcher “Mon” roman.
Serez-vous touché vous-même, par ce roman d’aventures, d’amitié et d’amour aussi ?
En tous cas, pendant ma lecture, j’ai parfois retrouvé mon âme d’enfant…

Très bon moment de lecture !

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Extraits :

« Vous me connaissez. Un petit effort, souvenez-vous. Le vieux qui joue sur ces pianos publics, dans tous les lieux de passage. Le lundi je fais Orly, le vendredi, Roissy. Le reste de la semaine, les gares, d’autres aéroports, n’importe où, tant qu’il y a des pianos. On me trouve souvent gare de Lyon, j’habite tout près. Vous m’avez entendu plus d’une fois.
Un jour, enfin, vous m’approchez. Si vous êtes un homme, vous ne dites rien. Vous faites semblant de nouer votre lacet, pour m’écouter un peu sans en avoir l’air. Si vous êtes une femme, je sursaute. C’est que j’en attends une, justement. Ce n’est pas vous, ne vous vexez pas. Je l’attends depuis cinquante ans. »
…/…
« J’ai vu mes parents se disperser. Ma sœur flamber, rendre aux étoiles les atomes qu’elle avait empruntés pour devenir elle, Inès, pendant que je rester entier. Des dieux qui bénissent, des “un-seul-Dieu-créateur-du-ciel-et-de-la-terre”, des résurrections de la chair, des fils assis à la droite du père, des litanies des saints, j’en ai eu ma part, et plus que ça. La seule droite du père que je connaisse et celle que nous avons reçue, mes amis et moi, en pleine poire. J’ai vu mille hommes brisés par une vie en noir et blanc. Et des bonimenteurs leur promettre, au marché du dimanche, que s’ils y croyaient très fort et ne posaient pas trop de questions, un jour, ils auraient la couleur.
Mais quand Théas souffla : « Dieu te bénit », j’y cru pour l’unique fois de ma vie, parce que contrairement aux autres, il croyait aussi. »

 

 

Jean-Baptiste Andrea est un réalisateur, scénariste et écrivain français.

Il grandit à Cannes, où il est élève de l’Institut Stanislas et fait ses premières expériences de scène, d’écriture et de réalisation. Il est diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris et de l’ESCP-Europe.

Il écrit ses premiers films en anglais. Il a écrit et réalisé « Dead End » (2003), coréalisé avec Fabrice Canepa, qui a obtenu plusieurs prix, « Big Nothing » (2006) avec David Schwimmer et Simon Pegg, et « La Confrérie des larmes » (2013), avec Jérémie Renier et Audrey Fleurot.

Son premier roman publié en 2017, intitulé « Ma Reine », remporte plusieurs prix dont le Prix Femina des lycéens 2017, le Prix du premier roman de la La Forêt des livres 2017, le Prix « Envoyé par La Poste » 2017 ou encore le Prix Alain-Fournier 2018.

Après « Cent millions d’années et un jour » (2019), il publie son troisième roman, en 2021, « Des diables et des saints », pour lequel il obtient le Grand Prix RTL-Lire Magazine Littéraire 2021 et le prix Ouest-France Étonnants voyageurs.

Suspense, Thriller historique

La preuve ultime

de Peter James
Broché – 20 février 2020
Éditeur : Fleuve Noir Éditions

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À la recherche de la preuve ultime… de l’existence de Dieu.
Le journaliste d’investigation Ross Hunter a failli ne pas répondre à l’appel qui allait changer sa vie, et l’avenir de l’humanité pour toujours. Au bout du fil, un certain Harry Cook, ancien professeur d’histoire de l’art, lui demande de l’aider à révéler au monde sa récente découverte : la preuve irréfutable de l’existence de Dieu. Peu après avoir accepté la mission, Ross trouve le chercheur assassiné dans son appartement, ainsi que trois mystérieuses coordonnées géographiques. Décidé à honorer la dernière volonté de Cook, Ross se lance alors dans la quête de cette preuve ultime, au risque d’être éliminé avant d’atteindre son but.
Car menacer les grandes religions n’est pas sans danger…

“Nous sommes sur le territoire de Dan Brown, mais les athées et les croyants trouveront matière à réflexion dans cette épopée planétaire.” The Guardian

“Le roi du crime s’aventure dans le monde des miracles.” The Sunday Express

 

2021_063_James Peter - La preuve ultime

 

Ross Hunter, journaliste d’investigation, met son travail au-dessus de tout, au risque de sa vie parfois. Un jour il reçoit un appel étrange. Un certain Harry F. Cook lui annonce qu’il sait où se trouvent les preuves irréfutables de l’existence de Dieu. D’abord peu intéressé, il finit par accepter de le rencontrer, plus par curiosité que par réel intérêt. Apprenant qu’il avait été “choisi” pour cette quête, entre scepticisme et curiosité Ross accepte. Ses recherches attireront très vite la convoitise et la jalousie. Dès lors, la mort rôdera autour de lui.

Ross va se lancer aux quatre coins du monde, dans une enquête susceptible de changer à tout jamais la face du monde. Plus il avancera dans ses recherches, plus il sera ébranlé dans ses propres convictions.
Et si le fils de Dieu était déjà revenu parmi nous ?

Cela faisait un petit moment que je ne m’étais pas attaqué à un thriller ésotérique… Peut-être parce que les derniers que j’avais lu malgré un bon suspense en général, finissaient un peu trop “facilement” pour moi. N’est pas Dan Brown qui veut !

Peter James est un auteur anglais que j’apprécie particulièrement pour ses polars et ses thrillers. Je me suis attaqué donc à ce pavé dans un genre dans lequel je ne l’attendais pas du tout, le “polar ésotérique”. Très vite je retrouve les caractéristiques de l’auteur, fluidité de l’écriture, personnages pour lesquels on éprouve de l’empathie, et beaucoup de suspense, mené par un rythme à cent à l’heure… Une mise en avant des travers de nos sociétés fort bien pointés.
Comme Ross j’ai rêvé au fur et à mesure de ma lecture, comme lui, j’avais envie de savoir quelle était cette Preuve Ultime…

Peter James a mis près de vingt-neuf ans de recherches et d’investigations avant de finaliser son roman.
Je me suis complètement laissé prendre dans les filets de ce récit plein de rebondissements, et pour lequel je ne me suis pas ennuyé un seul instant.

Êtes-vous prêt à vous lancez à la recherche de nos origines ?
Dans une quête moderne, haletante sur une croyance originelle ?

Pour moi, un excellent roman !

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Extraits :

« Mais l’émotion qui l’animait en ce moment, tandis qu’il pianotait sur le clavier de son ordinateur, c’était la colère. La colère d’avoir assisté au viol et au massacre de femmes et d’enfants par les talibans. La colère contre ce dont il avait été témoin la veille, dans une maison qu’il avant investi avec des soldats. Ils avaient d’abord découvert un homme âgé pendu et le corps nu d’une jeune femme à la gorge tranchée. Puis ils avaient entendu les sanglots d’une femme et avait trouvé l’épouse du pendu, cachée dans une armoire, à l’étage. Elle répétait en boucle le même mot. Un soldat afghan le traduisit à Ross.
« Pourquoi ? »
Lui-même se demandait ce que Dieu fabriquait. Trouvait-Il ce carnage amusant ? »
…/…
« Sa compagnie pharmaceutique et les autres, qu’elles soient petites ou grandes, dépendaient d’une seule chose : que personne ne trouve le remède miracle à toutes les maladies.
Elles ne faisaient de profits qu’en maintenant en vie des personnes souffrantes.
Le plus longtemps possible.
Sans jamais les guérir. »

 

 

Peter James (né en 1948 à Brighton, Grande-Bretagne) est un auteur de thriller et un producteur. Diplômé d’une école de cinéma, il a passé quelques années en tant que scénariste et producteur aux Etats-Unis. Sa vie se partage désormais entre le Sussex et son appartement de Notting Hill, à Londres. Il a publié près d’une vingtaine de romans traduits dans vingt-neuf langues et a reçu le prix Polar International 2006 du salon de Cognac et le prix Coeur Noir 2007.
Il compte parmi les auteurs de romans policiers les plus lus du Royaume-Uni, grâce notamment à la série mettant en scène le commissaire Roy Grace, traduite dans trente-quatre pays. En 2016, il a reçu le prestigieux Diamond Dagger Award pour l’ensemble de son œuvre. Il revient aujourd’hui avec une nouvelle aventure, centrée autour de la question de l’existence de Dieu, qui s’est hissée dès sa sortie en tête des meilleures ventes en Angleterre.

Anticipation, Émotion, Drame, Thriller psychologique

Acouphanges

de Lou Valérie Vernet
Broché – 12 août 2021
Éditeur : M PLUS

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Un homme meurt assassiné, d’un couteau en plein cœur, chez lui. Le seul témoin, Athéna, sa fille, 13 ans, échappe à la police. Innocente ou coupable ? Ingénue ou machiavélique ? Victime au bourreau ? Sensée ou démente ? Fuyant de Roussillon à Paris un éprouvant et noir passé, l’héroïne sème les enquêteurs et brouille les repères.
L’ambivalence de ce thriller psychologique qui prend, tantôt le point de vue des enquêteurs en chasse, et tantôt celui d’Athéna enfuit, tient le lecteur sous emprise jusqu’au dénouement.

 

2021_062_Vernet Lou Valérie - Acouphanges

 

Tout d’abord, je tenais à remercier mon amie Blandine Carron pour toutes les belles lectures qu’elle me fait découvrir…
Blandine, je t’envoie de gros bisous !!!

Une atmosphère étrange et sombre s’installe dès le début de ma lecture.

Quelle fut ma surprise, de me rendre compte que “Acouphanges” était la suite de “Surtout le pire” que j’avais déjà bien aimé. On retrouve du coup certains personnages en commun, mais ici le rythme de lecture et l’ambiance sont complètement différents.

Anne Manon Nathalie qui a décidé de se faire appeler Athéna, vient de fêter ses 13 ans. Elle est recroquevillée près du cadavre de son père. Il a un couteau planté dans le cœur. Que s’est-il passé ?
Elle seule a l’air de le savoir, mais elle refuse de parler à quiconque. Elle s’enfuit, emportant avec elle un cahier qui pourrait tout aussi bien la disculper que l’incriminer. Commence alors une longue traque à travers le pays qui va la mener jusqu’à Paris…

Comment vous donner envie de lire ce roman qui sort vraiment des entiers battus ?
Vous dire qu’il est étrange ?
Que vous ne devinerez jamais la chute ?
Qu’il en est parfois presque dérangeant ?

Avant tout c’est un roman inclassable, qui va évoluer au fur et à mesure de ma lecture.
Ce thriller glauque est plein de poésie aussi, on frise le fantastique, le mystique aussi, quand ce n’est pas carrément fantasmagorique. L’écriture est superbe, on se trouve constamment dans l’esprit d’Athéna. On subit la violence psychologique qu’elle vit dans son quotidien. Athéna donne l’impression d’être une fille perdue dans le monde qui l’entoure. C’est l’impression qu’elle veut donner, car elle sait…
Malgré ses attitudes bizarres, elle a été formée pour le combat, pour tout anticiper, pour la survie, car elle attend…
Papa Raph et PJ se sont occupés d’elle, l’ont formée en alternance depuis sont plus jeune âge. Ils n’acceptent pas la faiblesse. Elle se doit dès lors d’être la meilleure. Meilleur que les 2D et 3D, esclaves de la matrice, qu’elle croise au quotidien, car elle espère devenir une 5D… et pourquoi pas une 6D !

Une étrange traque que vous allez aimer adorer ou bien détester…
Ici pas de juste milieu. L’hésitation est pour les faibles, pour les lâches.

Désormais la Matrice vous attend.

Oserez-vous, vous confrontez à elle, en accompagnant Athéna dans sa quête impossible ?
Dans ces cas là, et uniquement dans ce cas, soyez les bienvenus !

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Extraits :

« La Terre est un lieu d’enseignement. Chaque jour que tu vis, tu apprends, tu grandis, tu t’améliores. Sinon c’est que tu renonces, que tu deviens lâche. Et la lâcheté, c’est l’apanage des faibles. N’oublie jamais ça. Fait honneur à ta mère. Toujours. »
…/…
« C’est une scène de crime comme on n’en voit plus. Et même jamais. Surtout ici, à Roussillon, dans cette enclave paradisiaque, fief du plus grand gisement ocrier de France. L’odeur vous saute à la gorge en même tant que l’image foudroie le regard. Toutes les synapses en sont immédiatement anarchisées et. L’information s’arrête net, incapable d’agencer de façon cohérente la pagaille qui agite les neurotransmetteurs.
Pour les témoins, liquéfiés sur le seuil de la pièce, il y a un mouvement de recul, une subite envie de faire demi-tour, une bile acide ravalée de justesse. On peut être gendarmes et ne pas savoir faire face pour autant. L’uniforme a des limites qui s’arrêtent à l’homme qui le porte. Il faut un temps pour voir, un autre pour encaisser et un dernier pour oser affronter ce qui peine à émerger d’un probable scénario de film d’horreur. »

 

 

Auteure, voyageuse, photographe, Lou Valérie Vernet est une autodidacte. Passionnée, libre, têtue et un peu barrée. Sa devise “Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant !” Quand on lui demande ce qui est essentiel pour elle, elle répond, sas coup férir : son âme : Aimer, Marcher, Écrire. Née à Paris, elle en fait souvent le personnage principal de ses romans. Elle vit actuellement dans le 95.

Émotion, Histoire, Suspense

Dessiner les nuages

de Sandrine Roy
Broché – 23 juin 2021
Éditeur : Éditions du Loir

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Angeville. 1943. Malo, un jeune homme simple d’esprit, vit depuis des années en retrait du village, dans une cabane au milieu de la forêt. À l’arrivée des Allemands, il va recueillir Antoine, un enfant retrouvé vivant dans la tombe fraîchement creusée d´un couple de Juifs. Sur fond d’antisémitisme et d’Occupation, une relation forte va naître entre eux, dans un village confiné et divisé, où l’innocence de Malo est bien souvent trahie. Grâce à ses prédispositions pour la peinture et son instinct de protection poussé à l’extrême, Antoine va mettre des touches de couleur dans cette période noire, liant, sans le savoir, la petite et la grande Histoire.

 

2021_061_Roy Sandrine - Dessiner les nuages

 

Comme de nombreux auteurs avant elle, Sandrine Roy a “glissé” vers un nouveau genre littéraire… et elle a bien fait !
Non que je n’ai pas aimé ses autres romans, mais dans celui-ci, je trouve que sa sensibilité y trouve sa place…

Quand j’ai vu que le roman était préfacé par Mireille Calmel, dont je suis un grand fan, je me suis dit c’était forcément du “lourd” !
Je ne m’étais pas trompé, ce livre est magnifique, et je pèse mes mots. J’ai été fortement impressionné, voire admiratif à certains passages !

Dès le début du roman l’émotion règne en maitre.

Les personnages, le village, la situation historique…
J’ai Ressenti l’ambiance et la pression de l’Occupation Allemande, la peur chez tous les habitants. Et comme cela s’est malheureusement passé, certains “français” y voient très vite une occasion de se démarquer en trahissant les leurs et leur patrie.
Les poils de mes bras se hérissaient de colère à certains moments.
Mais ce n’est pas le plus important, ce n’est pas ce que je retiendrai du roman.

Le plus important dans l’histoire, pour moi, c’est l’amour !

C’est l’amour de Malo, un simple d’esprit, fragile et fort à la fois, pour sa vie, pour son travail, mais surtout pour la belle Rachel…
C’est l’amour d’Antoine, un enfant trouvé par Malo. Un enfant pas comme les autres. Il parle peu, ne se mélange pas, ne sais pas d’où il vient, mais voue un amour et un respect sans faille pour Malo qui l’a adopté. Il aime aussi les animaux, tous les animaux, car ils le comprennent, il aime son professeur Firmin, qui très vite a vu en lui l’être exceptionnel qu’il est, il aime aussi dessiner, les nuages surtout…
C’est l’amour de Frantz, officier allemand, pour Malo qui deviendra très vite son ami, l’amour pour Adèle surtout, qui dès leur première rencontre a rayonné dans sa vie…
Mais c’est surtout l’amour que l’auteur porte à tous les personnages qu’elle a créé, qu’elle a choyé avec beaucoup d’affection et d’humanité aussi, au point de les avoir rendu vivants pour moi.

Ce roman beau et triste à la fois, j’aurais voulu le conserver plus longtemps, j’aurais aimé qu’il ait beaucoup plus de pages, il m’a touché profondément le cœur, m’a ému jusqu’à verser quelques larmes, m’a fait ressentir le meilleur de moi-même. J’avais déjà lu des romans ayant une thématique approchante, mais là, c’est un gros coup de cœur.

Vous aimez les belles histoires ?
Ce livre, qui vous attend déjà quelque part, est fait pour vous !

Un grand bravo, aux Éditions du Loir, pour cette belle mise en avant…

Sandrine Roy a reçu en juillet dernier, au Salon du livre du Château Le Verdoyer, le 1er prix littéraire du Verdoyer 2021, pour « Dessiner les nuages ».

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Extraits :

« Malo vit au milieu de la forêt, à deux km du village d’Angeville. On y accède par une route en pente raide qui descend vers le moulin en longeant la Serre. Arrivée à la lisière de la forêt, la route devient un chemin pour se terminer par un sentier où les chariots ont creusé de profonds sillons.
Les habitants d’Angeville ont tous plus ou moins contribué à l’aménagement d’une maison afin que ce pauvre Malo ait un abri où vivre, suffisamment éloigné du village.
On ne lui connaît aucun proche. Sa mère, débarquée de la ville enceinte jusqu’aux yeux, sans mari, sans famille, est morte en couches. L’enfant qu’elle venait de mettre au monde tarda à pousser son premier cri. C’était un mauvais signe. »
…/…
« À la mairie, Mességué reçoit un nombre considérable de lettres anonymes de bons Français accusant l’un ou l’autre des citoyens de cacher un poulailler dans une remise ou un cochon dans une cave.
La jalousie, le désir d’échapper à l’oppresseur en collaborant, la peur : voilà ce qui motive ces dénonciations.
D’autant que depuis l’arrivée des Allemands, beaucoup de fils de paysans ont été envoyés de force au STO, en Allemagne. Quelques-uns ont pris le maquis, refusant de quitter leur pays ainsi que leur famille dans le but de travailler pour l’ennemi. Pas question ! C’est ainsi qu’à Angeville, Maurice merle – dit Mémo – et Marcel Cabrol se sont enfuis un beau matin de décembre, sans trop savoir où ils iraient, mus par des rumeurs racontant que des hommes se réunissaient dans les campagnes isolées et organisaient des actes de résistance.
Au sein du village, peu à peu les camps se sont formés d’eux-mêmes. La défiance entre les deux est de mise. »

 

 

Sandrine Roy est originaire de Bègles, près de Bordeaux. Des études de Lettres modernes ont affirmé son goût déjà très prononcé pour la lecture et l’écriture, qu’elle pratique depuis on plus jeune âge. Elle vit depuis 14 ans dans la région de Montauban, où elle travaille en milieu scolaire. Elle est connue pour ses romans policiers et tout particulièrement sa série, mettant en scène Lynwood Miller, ancien membre des forces spéciales américaines.
Dessiner les nuages est sa première incursion dans le roman historique.

Émotion, Fantasy, Suspense

Le livre de Gwybod

de Morgane Muller
Broché – 4 juin 2021
Éditeur : AFNIL

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Un parcours d’étudiante tranquille, une vie sociale limitée, Mahé, à 24 ans, n’est pas de celles que l’on remarque. Et cela lui convient parfaitement, préférant rêver le nez dans ses livres et passer ses journées seule à la bibliothèque.

Pourtant, un désir de vivre les aventures qu’elle dévore dans les romans bouillonne en elle.
Alors, lorsqu’elle surprend une discussion au sujet d’un livre ancien, mystérieux, relatant la fin du règne du Roi Arthur, la curiosité de Mahé prend le dessus.
Entraînée malgré elle dans une folle aventure – allant de la forêt de Brocéliande en Bretagne aux Cornouailles en Angleterre – avec deux professeurs de son université, poursuivie par des chasseurs de trésors, Mahé aura enfin l’occasion de découvrir quelle femme se cache vraiment en elle.

Parviendra-t-elle à dépasser ses peurs ?
Trouveront-ils cet objet mythique dont l’existence est enveloppée de magie ?

Pour Mahé, sa vie commence maintenant…

 

2021_060_Muller Morgane - Le livre de gwybod

 

Mahé, 24 ans, étudiante en littérature, ne trouve pas sa place. Elle a beau essayer, c’est plus fort qu’elle, elle ne se fait pas confiance, et elle a beaucoup de mal à participer lorsqu’elle est en groupe. Ainsi elle vit ses soirées par procuration grâce aux aventures qu’elle dévore dans ses livres, seule, chez elle ou à la bibliothèque. Un jour elle surprend une conversation au sujet d’un livre ancien qui parle du règne du Roi Arthur, sa curiosité est très vite piquée.
Contre sa volonté, elle sera ainsi entraînée dans une aventure incroyable et dangereuse – partant de la forêt de Brocéliande en plein cœur de la Bretagne, jusqu’aux Cornouailles en Angleterre. Avec deux professeurs d’université, elle va devoir se surpasser et rechercher la femme intrépide et courageuse qui se cache en elle.

Je vous conseille vivement ce premier roman de Morgane Muller “Le livre de Gwybod” !

Mais pourquoi donc, me direz vous ?
Pour tout un tas de bonnes et belles raisons…

La première ?
Dès les premières lignes l’auteure est parvenue à m’accrocher. J’ai eu soudain l’impression d’être dans mon lit, quand j’habitais encore chez mes parents et que je lisais en cachette sous les draps avec une lampe torche pour ne pas réveiller mon frère !!! J’adorais ça… Ne pas faire de bruit en tournant les pages, lire en apnée avec cette excitation de l’“interdit” !

La seconde ?
Qui n’a jamais rêvé de vivre des aventures incroyables. Dans ce roman, je les ai vécues comme si j’y étais…
Écriture soignée, fluide et pleine de rebondissements. Mahé part à la quête de la fameuse épée du roi Arthur, Excalibur, afin qu’elle ne soit récupérée par un horrible receleur d’objets rares, qui ne reculera devant rien…
Dans cette aventure qui se déroule à cent à l’heure, Mahé devra se battre, non seulement pour aider ses “compagnons”, mais aussi afin de conserver sa vie !

Une troisième ?
La magie…

D’autres raisons ?
Des décors superbes, Merlin, des objets mythiques, des passages souterrains millénaires oubliés depuis bien longtemps, des runes, les fameuses brumes d’Avalon, une ambiance et un monde où tout peut arriver…

Voilà ce que vous découvrirez à travers ce récit de Fantasy, mais ma que… Il y a de l’émotion, du romanesque, de la psychologie. Les personnages sont attachants, l’atmosphère des lieux est palpable, quel plaisir.
Mais je n’irai pas plus loin pour ne pas gâcher votre lecture.
Cette histoire vous touchera forcément, que vous soyez adultes où adolescents…
Une belle manière et originale aussi, de découvrir, ou redécouvrir peut-être une partie de la vie du roi Arthur et de ceux qui à un moment ou un autre lui ont prêté main forte !

Une très belle surprise pour moi !
Merci Morgane pour cette belle histoire enchantée, j’espère que tu continueras à me surprendre ainsi par tes écrits !

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Extraits :

« Mahé aimait la petite boutique d’objets du monde devant laquelle elle venait de s’arrêter, l’appréciant pour le dépaysement mais aussi pour les entêtantes odeurs de patchouli, santal et vanille qui s’en dégageaient.
La jeune femme y entra comme c’était souvent le cas le soir avant de prendre son bus, fit le tour du magasin, sourit à la vendeuse qui ne semblait jamais la reconnaître et lui répondait chaque fois laconiquement. Du bout des doigts elle caressa les carnets de voyage en cuir. Mahé adorait feuilleter ces objets vierges de tout et engageant à tous les possibles. Elle regarda celui en cuir marron, à l’aspect tanné ; il sentait bon. Les pages jaunies lui conféraient une certaine authenticité. On eut dit le carnet d’un aventurier, peut-être le carnet de notes d’un conquistador à la découverte d’un nouveau monde ou encore le calepin d’un prévenu de la Grande Guerre. L’imagination n’a pas de limites pour peu qu’on en ai suffisamment. »
…/…
« Mahé était pétrifiée, sentant le canon froid de l’arme contre sa peau. Elle ne voulait pas mourir. Pas maintenant. Pas comme ça. Si Merlin, Arthur ou Morgane existaient, où étaient-ils donc ? Allaient-t-ils permettre que ce lieu soit souillé du sang d’innocents ? La jeune femme observait Catherine qui ne bougeait pas, ne parlait pas, en proie à des sentiments contraires. Qu’attendait-elle pour lui donner cette foutue épée ? Entre la vie et ce maudit objet, le choix selon elle était vite fait. Le temps était suspendu à cet instant surréaliste. Mahé avait l’impression d’être dans l’une de ces scènes de cinéma dans lesquelles les figurants sont à l’arrêt, tels des statues, et où le personnage principal se déplace en les regardant un par un sans comprendre ce qui leur arrive, spectateur de ce phénomène étrange. »

 

 

Issue d’un mélange entre l’Espagne, l’Allemagne et la France, Morgane Muller a toujours eu soif de découvertes et de voyages, quand bien même ils se faisaient par l’imagination.
Grande rêveuse, les livres furent une merveilleuse source d’évasion lorsqu’elle était plus jeune. Puis l’écriture s’est imposée peu à peu d’elle-même.
Passionnée par les mythes et les légendes, fascinée par les émotions et les rapports humains, Morgane Muller, après avoir écrit des nouvelles et un spectacle théâtral, s’est lancée dans l’écriture de son premier roman.
Amoureuse de la Bretagne, sa région de cœur, elle y a puisé son inspiration. La magie, les artefacts, les mystères ont bercé sa jeunesse et c’est tout naturellement qu’elle a entraîné l’héroïne de son premier roman dans cette Bretagne mystérieuse, secrète et envoûtante, au cœur de la légende du Roi Arthur.
Ses héroïnes sont des femmes fortes qui, malgré leurs doutes et leurs failles, relèvent les défis qui se présentent à elles. Les liens qui unissent les personnages leur permettent d’évoluer et de se dépasser. Le parcours initiatique est un thème cher à l’auteure.
La vie est faite d’aventures qu’il ne faut pas s’empêcher de vivre.

Émotion, Drame

Pour l’amour de mon petit bout

de Thierry Essengue
Broché – janvier 2020
Éditeur : Copymédia

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Paõlo grandit à Bahia do Brazil, le berceau de ses ancêtres. Il est bercé par le son du carioca et par la culture multicolore de l’esprit et du corps, hérité de son père. Il est avide de liberté, de voyage à la recherche de belles rencontres et aussi d’amours passionnels. Au hasard d’une soirée, il rencontre la future femme de sa vie et quelques années après, il réalise son rêve, être père. Pourtant la vie va rapidement perturber ce rêve et son chemin deviendra un enfer.
Des années après, car la foi et l’abnégation qui ont animé son combat, ne l’ont jamais quittées, il retrouve son petit bout qui est devenu une jeune femme.
C’est alors un message d’amour chargé de tendresse, d’émotion et de poésie pour sa fille.

 

2021_059_Essengue Thierry - Pour l'amour de mon petit bout.jpg

 

Rarement dans mes lectures je n’ai autant haï…

Le récit se divise en trois parties.

C’est d’abord l’histoire d’un baroudeur…
Paõlo est un amoureux. Un amoureux des femmes, un amoureux des voyages, de liberté et d’Histoire aussi. Il est né et a grandit à Bahia, terre de ses ancêtres.
Il nous raconte son passé, sa famille, les liens avec son frère João tous les voyages qu’il a réalisé, son amour de Paris et de son architecture.

Puis c’est la rencontre avec Renelle…
Lors d’un dîner chez son frère qui lui présente Sophie, sa petite amie. Alors qu’il sortait d’une rupture, Paõlo va rencontrer celle qui sera la femme de sa vie !
Ils vont vivre alors trois années d’amour fou, de fusions et d’émotions…

Un jour, Paõlo parle à Renelle de son envie de devenir père, qui serait pour lui la consécration de leur couple…
Renelle ne se sent pas prête et lui demande un peu de temps. Régulièrement il va lui en parler jusqu’à ce que finalement elle accepte. Ensemble ils auront une petite fille, Hilda.
Très vite c’est toute leur vie qui bascule… Leurs rôles de parents n’est pas vécu de la même façon pour l’un et l’autre, à tel point que finalement ils se perdent. Quand Paõlo parle à Renelle de son désir de la quitter, elle lui annonce qu’il peut faire ce qu’il veut mais qu’il le paiera cher !

Commence alors une “guerre” que vous ne pourrez jamais imaginer. Jusqu’où peut aller la folie, la rancœur et la méchanceté. Bien sûr je me suis mis à la place de ce papa et j’ai souffert avec lui de le voir emporté dans un tourbillon de violence et d’injustice qu’il ne gère plus du tout. Toute sa vie est remise en cause.

Malgré la dureté du sujet, c’est un très beau roman. Le début fait rêver, il y a de très bons passages avec beaucoup d’émotions. L’écriture est fluide avec beaucoup de poésie. L’amour que porte le papa à sa fille malgré tout ce qu’il lui arrive est incroyable… malgré la colère et la rage qui bouillonne en lui. Il souffre de ne pas avoir vu son enfant depuis plusieurs années. Mais il est sûr qu’un jour elle lui reviendra.
Très beau moment de lecture !

Soyez indulgent pour les coquilles que vous trouverez par-ci, par-là…
Une nouvelle édition est prévue, elle sera revue et corrigée aux Éditions Sydney Laurent début septembre.
Il serait dommage de passer à coté de cette histoire déchirante et belle à la fois.

À noter aussi que c’est Thierry Essengue qui a dessiné le visuel de la première de couverture, ainsi qu’un visuel dans le roman !

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Extraits :

« Le jour du départ est arrivé, je suis dans la file d’embarquement mon regard se disperse comme s’il cherchait quelque chose de précis. Non, je suis déjà dans l’envoûtement du départ. Me voilà dans l’avion et après trois heures trente de vol, nous sommes à Taormina. Je m’installe à l’hôtel et je m’aperçois avec bonheur que de la fenêtre de ma chambre, j’ai une vue imprenable sur le sommet de l’Etna. Le soir même, j’assiste à un fabuleux coucher de soleil que je mitraille avec mon appareil photo acheté pour l’occasion. Mes yeux suivent lentement cette clarté multicolore qui se perd derrière la montagne. J’ai envie de retenir cette chute vertigineuse pour qu’elle dure longtemps car je me délecte de ce spectacle si simple et pourtant extraordinaire. »
…/…
« Voilà quatre mois que je n’arrive pas à te voir, alors que j’ai respecté les exigences de ta mère, j’ai payé la pension alimentaire mais chaque fois, elle trouve une excuse pour m’empêcher de te voir. Je tente depuis des mois de t’avoir au téléphone en vain. Chaque fois que j’appelle, personne ne décroche. Je me déplace et je sonne à l’interphone, personne ne répond, alors que les volets sont ouverts et qu’il y a de la lumière dans la cuisine qui donne sur la façade, je suis certain que vous êtes là… Après plusieurs tentatives infructueuses, je repars chaque fois chez moi, le moral en berne. Ce rituel devient hélas habituel pour moi. Alors que j’étais prévenu, j’ai du mal à l’accepter et il est difficile pour moi de le vivre. Alors, je subis encore et encore. »

 

Thierry et Essengue responsable technique de la gestion du patrimoine réalise là son deuxième roman. Après « un long chemin depuis la rivière des crevettes » qui vous avait plongé dans l’histoire du Cameroun. Le voilà qui vous transporte à travers chaque page tournée, vers le monde de la pure émotion chargé de poésie, de Bahia à Paris.

Frisson horreur, Nouvelles, Suspense, Thriller

Storia

de Nicolas Beuglet, Roy Braverman, Ian Manook, Armelle Carbonel, Christophe Dubourg, Nicolas Duplessier, Damien Eleonori, Thomas Enger, Jacques Expert, Victor Guilbert, Johana Gustawsson, Vincent Hauuy, Lorraine Letournel laloue, Jerome Loubry, Mo Malo, Ludovic Miserole, Alice Morgane, Ivan Zinberg, Guy Alba
Poche – 15 octobre 2020
Éditeur : Hugo poche

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17 AUTEURS DE THRILLERS DÉTOURNENT LES CONTES POUR ENFANTS AU PROFIT DE L’ASSOCIATION ELA

Blanche-Neige à Amsterdam, Pinocchio à Los Angeles, le Petit Chaperon rouge à Paris, Boucles d’Or qui tombe en panne là où elle aurait mieux fait de ne jamais s’arrêter, le Petit Bonhomme de pain d’épices en proie à un serial killer trop gourmand… mais aussi Peau d’Âne, saint Nicolas, Poucet, Cendrillon et beaucoup d’autres : dix-sept auteurs de thrillers détournent les contes de fées, les légendes et les mythes de notre enfance au profit de l’association ELA.

 

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Une très belle initiative que ce recueil de nouvelles, “Storia”. Non seulement cet achat permet de faire une bonne action pour l’association ELA, tout comme le précédent opus “Phobia”, puisque les droits sont entièrement reversés pour les enfants atteints de leucodystrophie, mais de plus on passe un “agréable” moment de lecture.

17 auteurs de thrillers ont détourné pour notre plus grand plaisir des contes populaires pour les transformer en nouvelles terriblement noires.

Il était une fois…
Qui n’a jamais frissonné à ces quelques mots ?

Enfants, j’ai toujours adoré les contes. La plupart, je les ai découvert un peu tard, car mes parents ne maitrisaient pas le français. Mais, j’ai le souvenir d’une maitresse à la maternelle qui nous en lisait très régulièrement… Nous étions tous assis parterre en rond… Seule sa voix perturbait le silence.

Il est toujours un peu difficile de parler d’un recueil de nouvelles. Les textes trop courts ne permettant pas souvent un développement optimal.

Comme pour chaque ouvrage de ce type, certaines nouvelles m’ont beaucoup plues, certaines sont même excellentes et j’ai même eu un coup de cœur. Mais malheureusement, j’avoue avoir été un peu déçu par certaines… C’est dommage.
Mais qu’importe mon ressenti très inégal, ce qui compte avant tout, c’est la démarche accomplie par les auteurs à travers ce livre.
De plus cela m’a permis de découvrir certains auteurs que je ne connaissais pas encore !

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Extraits :

« “Madame, si l’on en croit le conte, elle aurait du se réveiller, la princesse…”
Le sang bouillonnant dans ses veines, Clara se mit à hurler, si fort que le tonnerre grondant sur les plaines n’osait rivaliser. Surpris par sa réaction, les enfants se mirent à pleurer abondamment. La femme étendue sur le lit humide paraissait sur le point de s’éveiller, mais la plaie dessinée autour de sa gorge attestait le contraire. Paralysée par l’horreur, Clara fixait un point imaginaire dans le décor anxiogène. Puis, réalisant que l’auteur de cette macabre mise en scène pourrait encore errer dans les parages, elle mobilisa toutes ses facultés pour conserver son sang-froid. Se détournant du cadavre, la jeune femme s’adressa calmement à ses petits protégés.
“Rentrons au campement”.
Puis elle ajouta :
“Maintenant !” »
…/…
« Mais j’étais surtout désabusé depuis un bail. Par ce que mes yeux avaient déjà pu constater auparavant : l’état du monde. Le fric et le pouvoir.
– L’éternelle lutte des classes, les nantis et les pauvres, approuve Ferguson, résigné.
– Oui, mais pas seulement. Vous avez vu ce qui se passe dans ce monde, justement ? Cette moralité à deux balles, cette police du rire, ce puritanisme de pacotille. À terme, on régulera l’amour, le droit d’aimer une personne et pas une autre, on te dira avec qui baiser ou avec qui ne pas le faire. Tu ne trouves pas ça paradoxal, toi, qu’à une époque où on glorifie les libertés individuelles, où l’on a accès à tous, le moralisme soit devenu une arme de destruction massive ? Et puis merde… Pourquoi suis-je ici parmi vous ? »

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Émotion, Humour

Les Semeurs de bonheur

de Cécile Pardi
Poche – août 2021
Éditeur : MonPoche

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« Ça rend heureux de rendre les autres heureux ! »

Perrine, la cinquantaine, au chômage, n’aurait jamais imaginé qu’un petit chien en piteux état pourrait la sauver de la dépression. Ni que, en ramenant chez elle l’animal trouvé sur sa route, elle sortirait de sa solitude et se lancerait dans des missions de bonheur qui transforment la vie… et peut-être celle des autres aussi.

« Un roman très inspirant et émouvant. »
Matthieu Ricard

« Un livre qui fait du bien à l’âme et au cœur. »
Brigitte Bardot

« Un merveilleux moment. »
Anna Gavalda

Ce titre a obtenu le Prix Animalis 2019 – Animaux Bonheur

 

2021_057_ Pardi Cécile - Les semeurs de bonheur

 

C’est une bouffée d’optimisme, un tsunami de bonheur !
J’ai dévoré ce “petit” livre qui m’a ému, bouleversé, attristé, mais m’a fait rire aussi…

Perrine, la cinquantaine, est au chômage depuis quelques temps. Mais, malheureusement, actuellement dans notre société, c’est souvent un âge difficile pour retrouver un emploi. Alors, pour lutter contre la déprime et l’ennui, elle a soudain une idée de génie : chaque jour, elle devra trouver une “mission de bonheur”. Elle va essayer de rendre les gens heureux autour d’elle, mais à une condition. Elle ne doit jamais tricher avec ses propres sentiments.
Ce qui avait commencé par quelques petites actions quotidiennes va finalement prendre des proportions inattendues.

L’auteure a une belle écriture, elle est dans le partage. Humour, amour et tendresse.

Dès les premières lignes, j’ai été emporté par le rythme et le sujet du roman. Il a eu sur moi un effet magique, m’a rendu heureux au fur et à mesure de ma lecture et m’a donné l’envie de (re)devenir un “semeur de bonheur”…
En effet, je faisais parti de ses gens qui disait “Bonjour !”, qui tenait la porte, se levait dans les transports pour laisser sa place, qui demandait dans les ascenseurs “À quel étage descendez-vous ?”, et qui systématiquement donnait la priorité aux piétons… Mais à force d’être regardé comme une bête étrange et de n’avoir que très rarement des mercis, petits à petits j’ai cessé d’être moi-même !

Ce petit roman de Cécile Pardi, m’a chamboulé. L’auteur à complètement raison. Il ne faut pas s’arrêter parce que les gens sont ingrats. Il faut continuer, car pour certaines personnes, ce petit moment égaillera leur quotidien, leur fera se sentir mieux et peut-être de nouveau exister ou être utile.
Certains passages du roman sembleront naïfs, mais cette histoire est surtout un moment de détente, elle vous fera du bien en ces temps difficiles.

Faites comme moi, laissez-vous séduire et entrainer dans cette “ronde folle”, par Fanette, Perrine, Sylvie, Martin, Léo le sauveur de dauphin et biens d’autres encore et qui sait, peut-être êtes vous aussi sans même le savoir un magicien du bonheur !

Je vous recommande cette “petite” lecture tout en douceur et en bonheur, un concentré d’optimiste…

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Extraits :

« Je l’ai trouvée ce matin sous le pont de la nationale. Elle était tellement faible et si sale que je l’ai crue malade ou blessée. Mais non, comme tu vois, il a suffit d’un repas, d’une sieste et d’une douche pour la remettre sur pattes !
– Tu vas devoir demander au vétérinaire de la région si sa disparition a été signalée. Elle doit appartenir à quelqu’un.
– J’aimerais tellement la garder… Qu’en penses-tu, Petite Bête ? Tu aimerais rester avec nous ?
Elle a répondu affirmativement en aboyant d’une belle voix claire. Cela nous a fait rire. Elle était avec nous depuis quelques heures et nous apportait déjà le bonheur. »
…/…
« Tu vois, tu peux rester zen. Pas la peine de s’énerver contre les mufles de cette espèce, ça leur retombe toujours sur le nez. Toi, ton job, c’est de faire tes missions de bonheur et même si les autres le comprennent pas, c’est pas grave. Tu restes sur ta ligne, tu traces ton sillon sachant qu’un beau matin, la vie te sourira. Je crois que c’est l’erreur que font beaucoup de gens. Ils arrêtent d’être gentils parce qu’il trouvent les autres ingrats. Mais il faut pas s’arrêter à un ingrat, ni deux, ni même trois ou quatre parce qu’un jour, Perrine, ça te reviendra… »

 

 

Cécile Pardi est enseignante (français langue étrangère) en Suisse. Elle est l’auteur de romans, de nouvelles, et de livres pour enfants. Sa passion pour les chevaux remonte à l’enfance. Elle a acquis son premier cheval il y a une dizaine d’années et depuis, elle chemine avec eux. Elle s’est initiée à la communication animale et aux soins énergétiques pour mieux les comprendre et les accompagner. Ce roman s’inspire de ce qu’elle vit tous les jours avec eux.

Émotion

Je revenais des autres

de Mélissa Da Costa
Broché – 5 mai 2021
Éditeur : Albin Michel

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Philippe a quarante ans, est directeur commercial, marié et père de deux enfants. Ambre a vingt ans, n’est rien et n’a personne. Sauf lui.
Quand submergée par le vide de sa vie, elle essaie de mourir, Philippe l’envoie loin, dans un village de montagne, pour qu’elle se reconstruise, qu’elle apprenne à vivre sans lui. Pour sauver sa famille aussi.
Je revenais des autres est l’histoire d’un nouveau départ. Le feuilleton d’un hôtel où vit une bande de saisonniers tous un peu abîmés par la vie. Le récit de leurs amitiés, doutes, colères, rancoeurs, amours aussi.
Le roman des autres, ceux qu’on laisse entrer dans sa vie, ceux qui nous détruisent mais surtout ceux qui nous guérissent.

“On abandonne [les personnages] avec regret. Un panorama […] qui ravira les amoureux du cinéma de Cédric Klapish.” Lire-Le Magazine Littéraire

“Je revenais des autres est un très beau roman qui rappelle avec lucidité et intelligence que c’est toujours dans le regard et l’écoute des autres que l’être humain puise sa force et sa grandeur” L’Avenir

“Un livre touchant. Une ode à la résilience. À lire absolument” Le Progrès

 

2021_056- da Costa Mélissa - Je revenais des autres

 

Tout d’abord je tenais à remercier Caroline Vallat pour ce roman… Dès sa réception, je me suis douté que le livre que je tenais entre mes mains n’était pas banal et allait me marquer !

« Je revenais des autres » fait parti de ces romans que je n’ai pas pu lâcher, une fois commencé. De plus, je dois avouer que c’est le cœur triste, qu’à la dernière page tournée, j’ai quitté Ambre et tout ses amis… Quelques pages de plus n’auraient pas été pour me déplaire.

Ambre a vingt ans, elle la vie devant elle. Trop maquillée, trop alcoolisée, et triste de ne pas être aimée comme elle le souhaiterais, elle a tout quitté, ses études, sa famille, ses amis. Elle est la maîtresse de Philippe, un homme marié, qui l’entretient dans un petit studio qu’il a pris pour partager leurs ébats sexuels plus facilement. Elle ne se sent pas aimé suffisamment.
Un jour, il arrive ce qui devait arriver, elle n’en peut plus de cette situation et s’ouvre les veines…
Sauvée de justesse par Philippe, il décide de l’envoyer à Arvieux, un petit village des Hautes-Alpes, travailler dans un hôtel, afin qu’elle se reconstruise dans un autre milieu, afin qu’elle apprenne à revivre, parmi un groupe de saisonniers, en tant que serveuse. Ambre fera la connaissance de ceux qui partageront sa nouvelle vie et habiteront avec elle au 3e étage de cet hôtel. Tim, Andréa, Rosalie, Sophie… et bien d’autres…

« Je revenais des autres”, c’est l’histoire de ce nouveau départ, de cette reconstruction, d’une résurrection peut-être ? C’est un récit d’amitiés, d’amour aussi, de doutes, de colères et de pardons.
C’est fort, c’est puissant ! Doux et dur à la fois.
Ce n’est pas un “feel good” dans le vrai sens du terme, mais finalement n’est-ce pas ça la vie, un enchainement de hauts et de bas ?

Je découvre Mélissa Da Costa avec ce roman. Elle m’a touché, m’a captivé et m’a fait pleurer aussi. Mais en dépit de certains passages « tristes », c’est un véritable un hymne à la vie !
Je suis persuadé que ce roman pourra toucher une multitude de gens, tant les sujets abordés sont différents. Abandon familial, abandon sentimental, le silence, le besoin d’aimer, celui d’être aimé, l’amitié, le partage, le don de soit… Tout est là, caché entre les lignes. Il ne tient qu’a vous de suivre Ambre dans ce bel hôtel où l’humanité y est puissante et omniprésente… Ambre avait juste besoin qu’on lui tende la main.

Que d’émotions, nouveau coup de cœur pour moi !
J’ai bien l’intention de lire très vite les deux premiers romans de Mélissa…

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Extraits :

« Quand j’étais petite, je m’amusais un petit jeu. Je m’imaginais que j’avais le pouvoir d’arrêter le temps sur le moment de mon choix, pour pouvoir en profiter. Je me demandais sans cesse : « Est-ce maintenant ? Est-ce que j’aimerais appuyer sur pause ? » Et puis, je me disais qu’il y aurait d’autres moments plus heureux. Ce n’était jamais totalement parfait. Je n’avais droit qu’à une seule pause, pour toute ma vie, alors il fallait bien la choisir. J’ai arrêté ce petit jeu quand je suis entrée au lycée, je crois, plus ou moins.
Et puis l’autre jour, on rentrait d’un après-midi ski : Gabriel, Rosalie, Sophie dans le porte-bébé, Anton, Tim et moi. On est passés à l’appartement de Gabriel puisqu’on avait deux heures devant nous avant de reprendre le service. On avait tous pris des coups de soleil et on était affamés. Je donnais le biberon à Sophie, sur le canapé. Rosalie et Tim préparaient une salade de fruits dans la cuisine. Rosalie riait aux éclats, je l’entendais depuis le salon. Gabriel avait mis de la musique : il avait acheté un nouvel album qu’il voulait nous faire écouter. Anton était accroupi devant la chaînes hi-fi et ils discutaient d’un groupe de rock je crois. Et ça m’est revenu d’un coup, comme ça, sans prévenir, le petit jeu de la pause. Je me suis dit : “Ça, c’est un moment parfait”. »
…/…
« Longtemps j’ai cru qu’être heureux, c’était trouver une stabilité, vivre un bonheur sans tâche, jamais troublé, jamais questionné. Ne pas faire de vagues. Finalement, j’ai compris que être heureux, ça peut être au contraire choisir de faire table rase du passé, perdre des gens pour prendre le risque de rencontrer d’autres. Être heureux, c’est quelque chose qu’on obtient quand on a eu le courage de tout envoyer balader et qu’on a pris le risque de tout recommencer à zéro. Être heureux, ce n’est pas la sérénité, le calme et le bonheur sans vague. C’est au contraire être capable de tout faire voler en éclats, de tout remettre en question, toute sa vie si on le souhaite. »

 

 

Mélissa Da Costa, 30 ans, romancière française, a conquis son public avec son premier roman “Recherche compagnon(ne) de voyage pour ultime escapade” (2017), sorti en librairie sous le titre “Tout le bleu du ciel” (2019). Salué par la presse, il a reçu le prix du jeune romancier au salon du Touquet Paris Plage. Elle s’est imposée très vite comme une auteure incontournable. Ses deux autres romans, “Les Lendemains” et “Je revenais des autres” sont des best-sellers.

Après des études d’économie et de gestion à l’Institut d’administration des entreprises de Lyon (IAE) (2008-2011), elle est chargée de communication dans le domaine de l’énergie et du climat.

Elle suit également des formations en aromathérapie, naturopathie et sophrologie.

Émotion, Drame, Historique, Noir, Thriller

Personne n’a oublié

de Stéphanie Exbrayat
Broché – 13 juin 2019
Éditeur : Éditions De Borée

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Sam, huit ans, tombe du haut d’une grange et meurt le crâne fracassé. Pour sa mère Colette, impossible de croire à un accident. Elle soupçonne François, son mari, un homme violent et secret, de ne pas être étranger au drame. Dix ans auparavant, Colette, enceinte d’un autre homme, a été contrainte de l’épouser. Dès lors, son mari a imposé la terreur et la tyrannie au sein de leur foyer. Bravant la violence de cet homme, Colette s’engage dans une dangereuse quête de vérité. Quel rôle a t-il joué dans la mort de Sam ? Et quel est ce trouble passé que François semble vouloir cacher à tout prix ? Au cœur de ce petit village du Morvan, les esprits s’échauffent et les tensions remontant à la guerre atteignent leur paroxysme. Le village bruisse de rumeurs et de douloureux secrets ne tardent pas à resurgir…

 

2021_055_Exbrayat Stéphanie - Personne n'a oublié

 

“Personne n’a oublié”, ou comment un livre qui m’attendait depuis plusieurs mois, m’a retourné le ventre et la tête…

C’est le premier roman de Stéphanie Exbrayat que je lis, et c’est son premier roman !
Je trouve que c’est une belle réussite !
Je me suis laissé emporter très vite au gré des chemins sinueux parcourus par Colette.

Ce livre m’a complètement dérouté. Je pensais que j’allais lire un polar ou un thriller, mais pas du tout. Il parle de la seconde guerre mondiale, de la place très difficile que les femmes avaient à la fin des années cinquante, de la mort d’un petit garçon, d’un mariage arrangé, des blessures et des tensions qui peuvent agiter les esprits des habitants d’un petit village du Morvan en une période bien difficile… Et malgré tout ça le récit est construit comme un thriller !

Beaucoup d’émotions et de mystère, dans ce roman, beaucoup d’amour et de haine aussi.

Sam, fils de Colette, âgé de 8 ans est retrouvé mort dans la cour de chez lui.
Est-il tombé de la grange accidentellement où quelqu’un l’a-t-il poussé ? Commence alors les doutes et les suspicions.
Une mort qui paraît suspecte à sa mère qui va, envers et contre tout rechercher ce qui s’est vraiment passé. Très vite elle va soupçonner François, son mari. Colette avait réussi jusque là, à lui cacher que Sam n’était pas son fils…
Pour réussir son objectif, elle n’aura d’autre choix que d’être forte, et de toute façon elle a promis à son fils de découvrir la vérité coûte que coûte.

L’écriture est très fluide et le récit montant en puissance au fur et à mesure contribue à une lecture plaisante et addictive, j’ai régulièrement eu l’impression d’être dans un huis clos. Il y a de nombreux rebondissements, je pense indéniablement que le fond historique du récit est pour beaucoup dans la mise en place de ce suspense, nous ramenant à une période où la condition féminine était quelque chose de complètement inconnue.

Cette histoire est dure et puissante, saura-t-elle trouver en vous, sensibilité et bienveillance ?
Personnellement une très belle surprise pour moi !

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Extraits :

« Avant, j’étais douée pour embrasser les beautés de ce monde, pour apprécier tous les détails infimes qui rendent la vie belle. J’étais douée pour le bonheur. Mais ma petite voix c’est tue. Elle avait résisté à la mort de ma mère, puis à celle de Guy mais Sam… C’est trop insupportable. Je me sens comme dans une boîte. Une boîte avec un couvercle bien fermé. Une geôle où je ne sais plus distinguer la terre du ciel. Sam est mort et l’azur s’est vidé. Les oiseaux ne chantent plus. Les fleurs n’ont plus d’odeur. Plus rien n’a de goût. La beauté de ce monde est sortie de mon champ de vision. Je suis dans un caisson étanche. Je n’entends plus. Je ne vois plus rien. Tout a disparu. Sam a tout emporté avec lui. Ma bonne étoile n’a pas su me protéger du pire mais elle me maintient survivante malgré le pire. Elle me porte sur un chemin tourmenté qu’il me faut continuer de parcourir.
Quand j’ai eu envie de mourir après le décès de Guy, le docteur Verdier m’a fait comprendre qu’il y avait toujours une raison de rester en vie. Aujourd’hui je dois trouver laquelle. »
…/…
« Elle sait qu’elle va devoir y passer. Alors elle monte. En silence elle se déshabille dans le noir, se vêt pour la nuit, et elle s’étend sur le matelas. Il remonte sa chemise de nuit. Sa grosse paluche rêche et calleuse malaxe un de ses seins. Il écarte ses cuisses d’un geste brutal et s’allonge sur elle de tout son poids. Son corps l’écrase. Le souffle de son haleine postprandiale fouette son visage. Elle a envie de le griffer, de lui donner des coups, de lui arracher les cheveux. Au lieu de ça, elle reste raide est défigurée par le dégoût. Comme d’habitude. Son sexe dur et pressé pénètre férocement en elle. Elle a mal. Il donne quelques coups de reins. Le sommier crie. Elle, ne peut pas. Le visage tourné sur le côté, la mâchoire crispée, elle mort son poing jusqu’au sang. Il pousse un grognement, puis un deuxième et enfin un dernier, plus long, plus profond. La tension dans son corps se relâche. Il retombe lourdement sur le côté. Le bourdonnement de son flux et reflux respiratoire s’installe dans la pièce, régulier et puissant, enflant jusqu’à faire vibrer les barreaux du lit.
Colette a envie de hurler. »

 

 

Stéphanie Exbrayat a exercé de très nombreux métiers avant de se consacrer à l’écriture. Personne n’a oublié, son premier roman a connu un très beau succès, tout comme son deuxième roman, Colère assassine. Cependant, désireuse de se sentir libre d’écrire ce dont elle a envie, Stéphanie Exbrayat choisit la comédie pour son troisième roman Et après tout ça, l’amour !