Émotion, Drame, Suspense

Article 353 du code pénal

de Tanguy Viel
Poche – mars 2017
Éditeur : Les Éditions de Minuit

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Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d’être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l’ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec. Il faut dire que la tentation est grande d’investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer.
Encore faut-il qu’il soit construit.

 

2022_024_Viel Tanguy - Article 353 du code pénal

 

Je suis encore sous le choc !
Que d’émotions face à ce magnifique plaidoyer. Martial Kermeur ouvrier de l’arsenal de Brest, sans emploi, se trouve face à un juge suite à une affaire de meurtre.

C’est un huit-clos magistral entre deux hommes que tout sépare que nous propose Tanguy Viel, que je découvre avec ce petit bijou !
Dès les premières lignes, j’ai été saisi par le mode d’expression puissant de Martial. Il se souvient, il raconte avec ses mots, simples… parfois, d’une pénétrante humanité… souvent, et analyse l’histoire, son histoire où il voit progressivement se développer la vérité inéluctable. À aucun moment, il ne cherchera à se dérober. C’est un homme las et défait qui se trouve face à son juge. Floué, sali, ruiné, abandonné par sa femme et accablé par l’immonde manipulation immobilière qu’il a subie, il a tout perdu.

Son récit ou plutôt sa confession va droit au cœur du juge comme elle est allée droit au mien.
Tanguy Viel sort des sentiers battus de la narration, il épouse les méandres de la pensée de Martial qui peu à peu va emmener le juge à partager son univers, ses pensées, et pourquoi pas, ses convictions.

Le juge est silencieux, il écoute, il enregistre. Il n’intervient que rarement et seulement à des moments stratégiques. La tension grandissante est palpable à travers l’écriture, jusqu’au moment de vérité. Un moment solennel entre les deux hommes face à face…

Une histoire magnifique et troublante, une réflexion, sur le mal perpétré par l’homme…
Comment aurai-je réagi à sa place, face à un juge qui détiendrait mon futur entre ses mains ?

Un livre qui touche à la question fondamentale de la justice…
Bravo Tanguy Viel pour ce récit prenant et merci Blandine pour cette excellente découverte !
Encore un auteur à suivre sans aucune hésitation…

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Extraits :

« Sur aucune mer du monde, même aussi près d’une côte, un homme n’aime se retrouver dans l’eau tout habillé – la surprise c’est la surprise que c’est pour le corps de changer subitement d’élément, quand l’instant d’avant le même homme aussi bien bavardait sur le banc d’un bateau, à préparer ses lignes sur le balcon arrière, et puis l’instant d’après, voilà, un autre monde, des litres d’eau salée, le froid qui engourdit et jusqu’au poids des vêtements qui empêche de nager. »

« Vous auriez dû voir ça, quand il a soulevé le drap rouge et qu’on s’est tous approchés : là, dans un rectangle de verre d’au moins de deux mètres sur trois, éclairé du dessus par deux spots verticaux, il y avait toute la presqu’île posée là, en modèle réduit, les champs et les roches, les fermes et les maisons, l’église et la place du village. »

« Ce ne sont pas des choses que je vous aurais dites comme ça autrefois, mais j’ai eu le temps de réfléchir ces derniers temps, j’ai eu le temps de regarder les griffures du miroir au-dessus de la cheminée et méditer la couleur de chaque heure, j’ai eu le temps de comprendre, oui, que j’étais comme une terre de bruyère à la meilleure saison, que tout aurait pris et éclos et fleuri en moi comme en un festival des jardins, au point que Lazenec et moi, eh bien, je crois qu’on a pour ainsi dire sympathisé. »

« C’est une drôle d’affaire, la pensée, n’est-ce pas ? Ce n’est pas qu’il y ait long en distance du cerveau vers les lèvres mais quelques fois quand même ça peut vous paraître des kilomètres, que le trajet pour une phrase, ce serait comme traverser un territoire en guerre avec un sac de cailloux sur l’épaule, au point qu’à un moment la pensée pourtant ferme et solide et ruminée cent fois, elle préfère se retrancher comme derrière des sacs de sable. En-tout-cas ce que je veux dire, c’est que dans les jours qui ont suivi, au lieu de dire clairement « non » comme ça se passait au fond de moi, au lieu de me laisser raccompagner à ma place de gardien avec le regard amical sur moi-même que je portais dans mon cœur, au lieu de ça, avec la voix d’un fantôme qui s’entend lui-même, j’ai pris le téléphone un soir et j’ai dit « Lazenec ? », et j’ai dit « pourquoi pas ? », j’ai dit « je signe quand ? »

 

 

Après une enfance en Bretagne, Tanguy Viel vit successivement à Bourges, Tours puis Nantes avant de venir s’installer près d’Orléans.

Publié dès son premier ouvrage par les éditions de Minuit, il a reçu le prix Fénéon et le prix littéraire de la vocation pour son roman L’Absolue Perfection du crime, le Grand prix RTL-Lire et le Prix François-Mauriac de la région Aquitaine pour Article 353 du Code pénal.

Il est réputé pour une mise en place d’intrigues complexes, une réflexion sur quelques thèmes récurrents (les liens familiaux, les duperies, les inégalités de classes et les difficultés à prendre l’ascenseur social), et un travail formel. Il s’inscrit dans la tradition des éditions de Minuit, c’est-à-dire selon un modèle de distanciation. Ses romans sont fondés sur beaucoup de romanesque et font même usage du suspense. Bien qu’il ne le revendique pas lui-même, L’Absolue Perfection du crime, Insoupçonnable, Paris-Brest et Article 353 du Code pénal sont généralement considérés comme des romans policiers en raison d’éléments récurrents : des personnages de gangsters ou d’escrocs, des crimes soigneusement préparés, l’intervention de procès ou de grosses sommes d’argent.

Les stéréotypes sont cependant retravaillés et parfois mis en évidence par une forme de réflexivité. La Disparition de Jim Sullivan en est le meilleur exemple. Le lecteur est souvent invité à participer, « le narrateur n’a pas d’avance sur lui du point de vue de l’intrigue ». L’écriture est l’objet d’une enquête : c’est au lecteur de reconstruire le puzzle en désordre du protagoniste.

Tanguy Viel emprunte également au cinéma, mais cela est surtout notable dans son style : les effets de montage, l’usage de l’ellipse, la mise en place de scènes fortes et la variation des points de vue.

Son style se caractérise par sa précision et son économie. Ses phrases sont jugées longues et saccadées au service d’un style très dynamique. La notion de « musique » est également importante pour lui.

Émotion, Psychologie, Suspense

Cent millions d’années et un jour

de Jean-Baptiste Andrea
Poche – 19 août 2021
Éditeur : Folio

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“Cette fois, pas besoin de traduction pour comprendre la loi de la montagne. Les seuls monstres, là-haut, sont ceux que tu emmènes avec toi”. Alpes, août 1954. Stan mène une carrière de paléontologue sans éclat. Il ne lui reste qu’une chance de connaître la gloire : découvrir un squelette de dinosaure qu’on dit préservé par la glace depuis des millénaires. Stan imagine alors une folle expédition et entraîne avec lui un vieux guide italien et les scientifiques Umberto et Peter. Mais l’ascension du glacier est périlleuse, surtout pour ces hommes inexpérimentés. Tandis que le froid, l’altitude, la solitude se referment sur eux, leurs fragilités affleurent, les vieilles blessures se rouvrent. L’amitié qui les lie leur permettra-t-elle de réaliser ce rêve d’enfant ?

 

2022_023_Andrea Jean-Baptiste - Cent millions d'années et un jour

 

Une très belle histoire qui se lit en quelques heures…
Les chapitres sont courts, rythmés, très imagés et très poétiques.

Stan est un paléontologue. Il est persuadé qu’un dinosaure est enseveli dans les montagnes, entre la France et l’Italie.
Lorsqu’il était enfant et que ses parents n’étaient pas là, il participait avec d’autres enfants de l’immeuble à des “réunions” organisées par le vieux concierge qui leur racontait alors, de belles histoires. Un jour, il raconta à cette “société secrète aux dents de lait”, l’histoire de son dragon, dont il aurait conservé un fragment d’os !
Stan, passera alors sa vie à penser à cet animal fantastique.
À la fin de sa carrière, et toujours aussi obsédé par ce projet incroyable, de retrouver peut-être une espèce de dinosaure encore inconnue, il embarquera avec lui deux autres scientifiques et un vieux guide.
Mais là-haut, tout n’est pas si simple. Engagés dans cette expédition improbable, les trois hommes et leur guide vont vivre un huis-clos qu’ils n’imaginaient pas.

Jean-Baptiste Andrea, encore une fois, a l’art de sublimer l’histoire grâce à ses mots. Il m’a embarqué et je n’ai pu m’arrêter jusqu’à la dernière ligne.
C’est un récit plein de poésie. Rêves de reconnaissance et souvenirs d’enfance se mêlent dans ce roman sur fond de montagnes enneigées. La psychologie des personnages est finement développée, leurs sentiments, leurs expériences et leurs émotions aussi, dans cette recherche d’un animal mythique, née du rêve d’un enfant maltraité par un père violent.

Un roman qui m’a enchanté, transporté, et ému, au cœur duquel la nature joue un rôle important.
Je pense que “Cent millions d’années et un jour” fait partie de ses romans, qui se relisent avec plaisir…

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Extraits :

« J’oublierai bien des choses, c’est inévitable, jusqu’à mon propre nom peut-être. Mais je n’oublierai pas mon premier fossile. C’était un trilobite, un petit arthropode marin qui n’avait rien demandé à personne quand mon existence percuta la sienne un jour de printemps. Une seconde plus tard, nous étions amis pour la vie. »

« Elle chuchota pour ne pas que ses parents l’entendent. Quand les adultes n’étaient pas là, le vieux concierge réunissait les enfants de l’immeuble, les encerclait dans la lumière de l’unique ampoule de la cave et leur racontait des histoires. La plus appréciée de cette société secrète aux dents de lait, c’était celle de son dragon. »

« Je n’allais pas me laisser escroquer par une bande de bouseux. Parce que les bouseux, je connaissais bien, j’en étais un. Je savais, moi aussi, comment truquer une balance les jours de marché en lestant les plateaux, enlever un fruit ou deux au moment d’emballer. »

« La prochaine fois que l’aube me secouera, je n’ouvrirai pas les yeux. C’est un piège. L’aube ment à ceux qu’elle réveille, à l’homme d’affaires, à l’amoureux, à l’étudiant, au condamné à mort et, oui, au paléontologue aussi. Elle nous remplit d’espoir pour mieux nous décevoir. Le crépuscule, plus vieux et plus sage d’une journée, m’a fait la leçon : j’ai été bien naïf de la croire. »

 

 

Jean-Baptiste Andrea est né en 1971. Il est écrivain, réalisateur et scénariste. Ma reine, son premier roman, a été récompensé par de nombreux prix, dont le prix du Premier Roman et le prix Femina des lycéens en 2017. Depuis, Jean-Baptiste Andrea a publié Cent millions d’années et un jour ainsi que Des diables et des saints, pour lequel il a reçu le Grand Prix RTL-Lire 2021.

Émotion, Drame, Psychologie, Romance

Et puis au pire on s’aimera

de Thierry Cohen
Poche – 10 février 2022
Éditeur : Mon Poche

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Ça commence comme une belle histoire d’amour. Du genre… à l’eau de rose. D’ailleurs, le roman débute par une rose déposée sur le palier d’Alice, trentenaire rongée par la solitude. Il y a du mystère également, car la dite Alice ignore qui lui envoie des fleurs et lui offre de belles déclarations. Une situation romantique à souhait mais qui peut également paraitre… quelque peu inquiétante. Tout prend donc la forme d’une comédie romantique pleine d’humour et… de doutes. Entre les copines du travail, heureuses de voir Alice ainsi courtisée, et son directeur, pressé de la licencier, Alice passe par des émotions contrastées qui la rendent tour à tour heureuse, désespérée, charmée, affolée. Tant de bouleversements dans une vie monotone sont fantastiques et perturbants à la fois. Ne sont-elles pas nombreuses, les âmes seules qui rêveraient d’être emportées par un mystère aussi romantique ? Jusqu’au jour où… ça dérape. Où le rêve devient cauchemar. Où, comme dans les cauchemars, le pire ne se révèle jamais sous la forme attendue.

 

2022_022_Cohen Thierry - Et puis au pire on s'aimera

 

Alice a la trentaine, elle est très timide et n’a aucune confiance en elle.
Elle est très belle, mais, n’a aucune conscience de ses qualités et de ses compétences. Professionnellement, elle est appréciée, mais en dehors de son travail, elle passe presque toutes ses soirées avec sa voisine, Sandrine, qui est une amie fidèle et très attachante. Alice vit dans une routine. Sa routine, dans laquelle elle se sent comme dans un cocon. Mais, un matin, alors qu’elle sort de chez elle, Alice trouve une rose devant sa porte.
Le “grain de sable” qui va faire chavirer son quotidien !

C’est le premier roman de Thierry Cohen que je lis et j’avoue avoir été très surpris par son écriture. J’ai vraiment eu l’impression que le roman était écrit par une femme tant il est juste sur le fonctionnement des relations. C’est assez incroyable. J’ai aimé aussi la façon dont il dénonce les aspects les plus pervers de notre société avec beaucoup de psychologie.
Alice bien sûr, m’a beaucoup touchée et je me suis vu parfois en elle…

Il y a pas mal de mystères dans ce roman, chaque chapitre est raconté par un personnage différent, et les personnages sont très bien développés que ce soit chez les hommes ou les femmes.
Avec beaucoup de suspense et de psychologie, une certaine pression monte tout le long du récit, et je me demandais comment cette comédie romantique pouvait-elle tourner au tragique. Au final, un excellent dénouement auquel je ne m’attendais pas du tout !
C’est très fort… Alice va être acculée, dos au mur, face à l’un de ses pires cauchemars.
Heureusement, elle n’a pas dit son dernier mot.

Une agréable surprise !!!
Un grand merci à Virginie et aux Éditions “Mon poche”, de m’avoir permis de découvrir Thierry Cohen, que je ne manquerai pas de suivre…

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Extraits :

« À défaut d’être la réalisatrice de mon existence, je me suis toujours contentée d’en générer la bande-son. Chaque moment de mes journées est accompagné d’un refrain, d’un couplet mixé par un DJ planqué au fond de mon cerveau. Des paroles et une musique qui surfent à la surface de mes émotions pour leur donner un sens plutôt que me laisser les mystifier ou les ignorer. »

« Je reçus l’information comme une gifle. J’allais être virée ! Des images et des questions surgirent aussitôt dans mon esprit, comme brutalement réveillées par la sirène de mes peurs, s’entrechoquèrent et obstruèrent toute ma capacité de raisonnement. Que ferais-je sans emploi alors que la crise offrait si peu d’opportunités d’embauche ? Comment payer mon loyer ? Combien de temps tiendrai-je avec mes maigres économies ? »

« C’est vrai, Alice n’était pas l’assistante la plus éclatante de cette boîte. Sa timidité, sa réserve, ses tenues has been, sa démarche bizarre et son incapacité à participer à la vie sociale de l’entreprise n’en faisaient pas une personne dont on aspire spontanément à devenir l’amie. Mais doit-on s’arrêter aux apparences ? Professionnellement, elle était sans doute l’assistante la plus compétente et la plus consciencieuse. Et, d’un point de vue humain, elle était… touchante. »

« Les hommes sont des cons, Alice. La plupart tout au moins. Ils ne comprennent rien à la sensibilité des femmes, à leurs attentes. Ils se comportent comme des adolescents immatures. Parce qu’ils le sont. Ils jouent simplement à être des adultes. Regardez-les au travail s’enivrer de leurs petits pouvoirs. Regardez-les au volant s’énerver, tenter d’accélérer pour gagner une place. Incapables de vraies conquêtes, ils sont en quête de minuscules victoires, de marques de respect. Des cons, je vous dis. »

 

 

Thierry Cohen est un écrivain français. Il est l’auteur de 10 romans, il vit à Lyon, marié et père de 4 enfants.

Son premier roman, J’aurais préféré vivre a obtenu le Grand Prix Jean d’Ormesson en 2007, prix récompensant un roman pour sa capacité à défendre la langue française. Il a connu un grand succès et a été traduit en 15 langues. Le roman traite du suicide chez les jeunes selon une approche originale, entre l’histoire d’amour et le thriller psychologique.

Thierry Cohen a ensuite écrit des romans aux thématiques variées dont le ressort est toujours profondément humain et fort en émotions.

J’aurais préféré vivre, Plon, Pocket 2007
Je le ferai pour toi, Flammarion, 2009
Longtemps, j’ai rêvé d’elle, Flammarion, 2011
Si tu existes ailleurs, Flammarion, 2012.
Si un jour la vie t’arrache à moi, Flammarion, 2013.
Je n’étais qu’un fou, Flammarion, 2014.
Avant la haine, Flammarion, 2015.
L’Académie des âmes abimées, Plon 2017.
Et puis au pire on s’aimera, Plon, 2019
Rien ne nous séparera, Plon, 2022

Thierry Cohen est également fondateur de l’association Noël Ensemble dont la vocation est de réunir juifs et musulmans pour offrir un réveillon de Noël aux personnes âgées sans famille et et sans moyens.

Émotion

À l’encre du cœur

de Corinne Falbet
Broché – 3 février 2022
Éditeur : Les nouveaux auteurs

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Violaine, malentendante, rêvait d’écrire un roman depuis l’enfance. À cinquante-cinq ans, l’écriture va transformer sa vie en profondeur, lui redonnant accès à une vie familiale et sociale.
À travers suspense, rebondissements et secrets de famille, « À l’encre du cœur » est un livre choral contemporain sur le pouvoir de l’écriture et l’importance de réaliser ses rêves d’enfant. Une vision positive de la vie ainsi qu’une large place au développement personnel.

 

2022_021_Falbet Corinne - À l'encre du cœur

 

Enfant, je pensais que la magie existait…

Aujourd’hui, je ne me pose plus cette question, tellement c’est évident.
La magie existe. Elle est partout quand on sait la voir.
Dans mes yeux, lorsque j’ai regardé naître mes enfants, dans les leurs au fur et à mesure où ils grandissaient, dans les larmes de ma mamie qui vient de fêter son anniversaire entourée de toute sa famille, la magie plane au-dessus de mon chien, lorsqu’il dort, entouré de tous mes chats pour se tenir chaud, elle se trouve aussi entre les lignes de certains romans, qui en quelques pages m’emportent au-delà de mon quotidien…

“À l’encre du cœur”, fait partie de ceux-là.

Les mots vont et viennent, ils virevoltent avec maestria dans une composition toute inédite pour moi, puisque Corinne Falbet-Desmoulin nous propose un roman dans son roman ! Deux récits qui s’entremêlent. Un peu perturbé au début, très vite, j’ai repris mes marques, puis la mosaïque c’est mise en place toute seule.
C’est étonnant, c’est audacieux, c’est magnifique…

Violaine, point d’ancrage de tous les personnages de ce roman, décide se mettre à l’écriture malgré son âge. Son roman va s’inspirer de sa vie et de ce/ceux qu’elle aime. Mais il va surtout lui permettre de faire le point sur ses larmes qui ont coulé, sur les joies et le bonheur qu’elle a pu vivre, mais aussi les malheurs qu’elle a endurés.

À aucun moment, je n’ai eu l’impression de lire un “premier” roman, tellement la prouesse technique et les sentiments ressentis se marient à merveille.
Je suis allé de surprises en surprises, de révélations en révélations. Plus j’avançais dans le récit, plus j’étais ému, jusqu’à cette fin bouleversante qui m’a fait fondre…

La plume de Corinne, ou de Violaine, finalement, on ne sait plus, est thérapeutique, toute en douceur et très optimiste.
J’ai pris beaucoup de plaisir à lecture de cet ouvrage. Tous les thèmes de notre quotidien y sont abordés avec beaucoup de maîtrise, de sensibilité, mais aussi beaucoup de poésie. Il parle de l’amour en passant par le deuil, le handicap, les rapports parents/enfants, le déni, les mensonges et bien d’autres choses encore.

C’est un nouveau coup de cœur pour moi !
Être capable, dès un premier roman de rendre un tel hommage à l’écriture elle-même, est incroyable !
Je pense que Corinne va être une auteure à suivre de très près.

Je remercie Blandine Carron pour cette très belle découverte, que je recommande tout particulièrement…

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Extraits :

« Elle est vêtue d’une robe légère de couleur crème, avec de grands tournesols rouges qui ressemblent à l’un de ses tableaux. Elle marche pieds nus sur la plage, avance vers moi de sa démarche souple de danseuse. Ses cheveux d’or flamboient dans le coucher du soleil et leur lumière me brûle les yeux. »

« Si je pouvais communiquer comme tout le monde, je ferais tellement plus de choses. Je m’inscrirais dans une association pour pratiquer un sport en groupe, irais chanter dans une chorale, partagerais parfois un film au cinéma avec mes amis. Au lieu de quoi, je me promène seul au Jardin des Plantes, fredonne dans ma cuisine et ne me confronte pas au grand écran, faute de saisir la plupart des répliques des acteurs. Heureusement, j’ai le goût de la lecture depuis l’enfance. Alors, je dévore des tonnes de livres empruntés à la bibliothèque de notre quartier populaire. »

« À défaut de se développer dans mon ventre, mon intrigue grandit sans bruit dans l’espace intime de mon esprit. Et elle y occupe de plus en plus d’importance. De plus en plus de place. J’y pense le jour, mais aussi la nuit lorsque je ne dors pas. Mes personnages prennent de l’épaisseur, de la présence. Les lieux dans lesquels ils évoluent aussi. J’écris, je retravaille, je me surprends à ciseler mes phrases comme un sculpteur affine inlassablement les formes, les détails d’une statue de marbre. Je plonge sans effort dans cet état particulier que je nomme : « en création ». En fait, il me suffit juste que je me « branche », j’amorce puis je laisse venir. Les idées viennent. Et peu à peu, non œuvre prend forme sous mes doigts.
Je n’aurais jamais cru que l’écriture puisse ainsi combler ma solitude. Mon isolement. Ce profond repli sur moi-même, dû à ma surdité. »

« J’ai fini par comprendre d’où venait cette jalousie incontrôlée, m’empêchant de me sentir totalement heureuse. Mes rêves récurrents par rapport à ma mère m’ouvraient la voie. En réalité, je redoute d’être séparée de mon Polynésien, comme mon père, ma sœur Amandine et moi l’avons été d’Elsa. J’ai peur qu’on ne me prenne mon homme, comme l’océan nous a brutalement pris ma mère. Les deux situations n’ont rien à voir, cependant, là aussi un traumatisme semble avoir subsisté durant toutes ces années. Mon Dieu, nous sommes si fragiles, nous les êtres humains… »

 

 

Passionnée d’écriture, de lecture et de piano, Corinne Falbet-Desmoulin vit à Léognan, à côté de Bordeaux. En 2015, elle a décidé de participer à des concours de nouvelles.

Ancienne institutrice, elle a publié en auto édition 3 recueils de nouvelles « Singulières », « Insolites » et « Atypiques”. Très vite, ses textes ont remporté des prix et distinctions littéraires.

« À l’encre du cœur » est son premier roman édité.

Émotion, Histoire, Philosophique, Thriller ésotérique

Mare Nostrum

Les étoiles d’Orion** – 1096
de Brice Nadin
Broché – 4 novembre 2021
Éditeur : Librinova

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À la veille de la première croisade, une mission diplomatique tourne mal et plonge un novice bénédictin de 17 ans dans un périple vertigineux autour de la Méditerranée du XIe siècle. Mare Nostrum est un roman d’aventures à la croisée des genres entre histoire, fantastique, romance et quête existentielle. De la jeune république de Pise à l’île de Malte, de la grande pyramide de Gizeh à la vieille ville du Caire, il nous entraîne au seuil de deux mondes qui vont bientôt s’affronter : l’Occident chrétien porté par une vague de foi sans précédent et l’Orient musulman qui brille par sa civilisation. Sur les traces de Joachim de Saint-Ange, on y rencontre des personnages fascinants : comtesse combattante, conteur persan, membre de la secte des Assassins, esclaves, espions, seigneurs et émirs… Cette épopée médiévale mènera-t-elle Joachim vers le plus convoité des trésors, la quête de lui-même ?

 

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Quel plaisir de retrouver Joachim de Saint-Ange, notre jeune moine copiste.
“Les étoiles d’Orion”, le premier volet de ce récit, était teinté d’ésotérisme et de magie. Dans cette suite, j’ai vécu de véritables aventures, chaque action en entraînant une autre, je ne me suis ennuyé à aucun moment et c’est aussi un roman très érudit pour les passionnés d’histoires.

Joachim, avec d’autres moines et quelques soldats ont pris la mer pour une mission secrète. Sous couvert d’une mission d’étude, ils devront analyser les forces et les faiblesses de ceux qui occupent Jérusalem, afin de libérer la ville sainte. La belle Alix de Saint-Germain fait aussi partie du voyage, jusqu’en Italie, pour échapper à la colère d’Helgon qui n’accepte pas son humiliation, suite au refus de son mariage. Joachim veut profiter de cette période en mer pour renouer avec elle, après plusieurs mois de silence.

Tout aurait pu se passer comme dans le meilleur des mondes, mais Brice Nadin en a décidé autrement…

L’écriture fluide, et très documentée de ce roman, qui navigue régulièrement entre fiction et histoire, raconte le voyage initiatique de Joachim confronté à un monde inconnu jusqu’alors, très loin de son quotidien dans l’abbaye de Cluny.
Le jeune moine sorti de son “cocon”, va vivre des aventures dangereuses, il frôlera la mort à plusieurs reprises, jusqu’à l’émergence de celui qu’il était déjà dans son esprit. Un homme libre, curieux de savoir et bon avec autrui. La vie va s’ouvrir à lui… Quels seront ses choix ? Quelle sera sa destinée ?

La réponse se trouve entre les lignes de ce sublime roman, qui je l’espère aura une suite toute aussi prenante !

Je n’en dirais pas plus pour que vous puissiez ressentir les mêmes émotions que moi…

Merci Brice, pour m’avoir de nouveau fait voyager si loin dans des contrées oubliées… Pise, Malte, le Caire… Les pyramides et leurs secrets, des coptes, des juifs et des musulmans qui vivent ensemble, un conteur persan, la secte des Hassanjins (assassins)…
De nouveau, un gros coup de cœur pour moi !

J’espère que mes quelques mots, donneront envie de découvrir cette “vision” de l’auteur à ne surtout pas manquer.

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Extraits :

« Car il faut bien que la vie ait une fin pour qu’on puisse en saisir la substance. Et devant cette mort qui nous guette tous, ne sommes-nous pas enfin égaux ? Riche, pauvre, puissant, faible, elle nous attend tous au bout de la route sans distinction de race ni de sexe.
Mes chers enfants, écoutez la voix de mon âme : gardez la foi. Ne redoutez pas l’heure ultime. Vivez votre vie, accomplissez votre destinée et soyez-en assurés : nul ne naît par hasard ni ne vient au monde contre sa volonté. Car tout a un sens ici-bas. Mais n’attendez rien de la providence et faites en sorte de pouvoir être fier de ce que vous aurez accompli. Vivez chaque jour comme s’il était le dernier et, ce jour venu, vous n’aurez rien à regretter. »

« Chez les anciens Grecs, Cassiopée était l’épouse du roi Céphée. Tous deux régnaient sur ce pays qu’on nomme Éthiopie et qui se situe aux confins du lointain pays d’Égypte, à la frontière du monde connu. Un jour, la reine Cassiopée prétendit que sa fille Andromède, qu’on aperçoit ici en direction du levant, était plus belle que les Néréides, nymphes de la mère pourvues d’une beauté incroyable. Vexées par insolence de Cassiopée, les nymphes se plaignirent auprès de Poséidon, dieu de la mère chez les Grecs. En colère, ce dernier envoya un redoutable monstre marin, nommé Cétus, dévaster les rivages d’Éthiopie en y provoquant des tempêtes si violentes que le pays sombra dans le chaos. »

« J’accepte ton offre, tu peux lui proposer ma candidature comme assistant. Mais tu lui diras aussi que je fais équipe avec Hiba. Elle s’occupera de tenir la boutique et moi de l’inventaire et de la tenue des livres. Il lui faudra nous loger et nous nourrir en échange de notre travail. C’est à prendre ou à laisser…
Théodose nous considéra tous les deux, l’air stupéfait.
– Et tu ne comptes pas lui demander de salaire ?
– Pourquoi faire, si nous sommes logés et nourris ? »

 

 

Brice Nadin est né en 1967 à Saint-Germain-en-Laye. Il vit aujourd’hui en région parisienne où il se consacre à l’écriture. Consultant en nouvelles technologies, entrepreneur et père de trois enfants, il a eu d’autres vies avant de devenir romancier.

Passionné d’histoire et d’ésotérisme, en 2019, il publie son premier ouvrage, Les étoiles d’Orion, Cluny 1095, en auto-édition. Porté par une atmosphère médiévale fidèlement reconstituée, matinée d’un peu de surnaturel, le roman séduit plus de 4 000 lecteurs et se classe plusieurs fois en tête des ventes de romans historiques sur la boutique Kindle. Il est aussi « coup de cœur » dans de nombreuses librairies telles que La Procure ou Lamartine à Paris. Le tome 2, Mare Nostrum, reprend les mêmes personnages attachants pour les conduire cette fois dans un périple autour de la Méditerranée, à la veille de la première croisade.

Les étoiles d’Orion, Cluny 1095
https://leressentidejeanpaul.com/2022/01/30/les-etoiles-dorion/

Émotion, Drame, Psychologie

Nos vies insoupçonnées

de Anaïs Jeanneret
Broché – 13 janvier 2022
Éditeur : Mon Poche

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Une petite fille perdue. Une femme qui a fait le mauvais choix. Un commissaire de police désabusé et romantique. Une institutrice en colère. Une gloire des médias au parcours inattendu. Une mère et son fils dont la rencontre a scellé des liens d’autant plus solides que leurs passés furent chancelants… Autant de vies en apparence banales dont l’écriture d’Anaïs Jeanneret dévoile les subtils décalages et entrelacs : cette part du hasard, de la rencontre, ou encore du désir, qui les fait soudain palpiter et les relie les unes aux autres sous l’effet d’une force insoupçonnée.

 

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“Nos vies insoupçonnées”, c’est l’histoire d’une petite fille qui se cache sous l’armoire d’une salle de classe et qui…

“Nos vies insoupçonnées”, se sont sept chapitres plus émouvant les uns que les autres.

Dès le début de ma lecture, j’ai eu l’impression de lire une nouvelle, avec une belle écriture, claire et limpide.
Puis le second chapitre. Où suis-je ? Que se passe-t-il ? Où sont mes personnages devenus si vite attachants ?
Vient le troisième… Et rebelote !
Et le quatrième…

Je suis dans un labyrinthe qui m’emporte sur plusieurs récits, mais toujours cette écriture fine et délicate. Petit à petit certains liens apparaissent fragiles d’abord, puis de plus en plus ténus, et toujours l’émotion, beaucoup d’émotion. Mon imagination tourne à toute vitesse, je cherche des raccourcis, des lignes droites ?
Il n’y en a pas. Ce serait beaucoup trop simple.
L’auteure ralentit le temps. Elle nous incite aux questionnements, à la réflexion…
Bien sûr, je me doute que les personnages de tous les chapitres vont se retrouver. Mais où ? Pourquoi ? Comment ?

Et puis ça monte, ça monte encore, et le labyrinthe se transforme en boucle, et c’est la vie va les réunir. Certains, pas tous. Pour un recommencement, un nouveau départ, gommer certaines erreurs si possible… et toujours cette belle écriture avec ce qu’il faut de pudeur…

Découverte “coup de poing” d’Anaïs Jeanneret.
Anaïs a des mots qui touchent, qui brûlent parfois, mais l’esprit reste doux, il m’a particulièrement touché. Je me suis retrouvé parfois au milieu du récit. Enfin, mon autre moi, celui qui s’est éclipsé il y a quelques années.
Anaïs regarde, elle écoute, comprends puis retransmet.
À nous d’ouvrir les yeux, d’accepter, puis d’ouvrir aussi nos bras afin de la recevoir avec toute sa simplicité.

Un livre très émouvant à lire absolument, car finalement, il y a TOUJOURS de l’espoir…

Merci aux éditions de Borée pour cette découverte à suivre…

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Extraits :

« J’ai découvert combien j’aimais le silence, prendre le temps d’admirer un ciel d’orage sur un champ de blé qui ondule dans la brise, ou le tableau moderne que forment les juxtapositions de néons publicitaires illuminant la nuit des grandes villes. Je pourrais, comme tant de femmes seules, m’inscrire à un atelier de sculptures, aux Arts-Déco, me mettre au golf ou prétendre me lancer dans l’écriture d’un roman. Je pourrais chercher à remplir mon emploi du temps. Occuper chaque heure du jour. Paraître débordée. Mais je préfère rêver. Je ne redoute pas l’ennui. Il y a longtemps, j’avais voulu avoir un destin. À présent, je me laisse porter au gré du vent, légère est libre. À présent, je veux me perdre et découvrir des horizons incertains. Je veux de nouveau rivages. Je veux tanguer jusqu’au vertige. Je veux retrouver la mémoire. Je veux me souvenir de tout et profiter de chaque seconde. »

« Il adorait jouer avec le rythme des phrases, se laisser porter par la musique des mots et, surtout, disparaître derrière ses personnages. Là était sa drogue favorite : s’oublier, devenir quelqu’un d’autre, n’importe qui d’autre que lui. Il était cette femme abîmée par l’existence. Il était un vieux cheval qui ne servait plus à rien et attendait paisiblement la mort. Il était un enfant. Il était le vent. Autant de façons d’explorer les recoins les plus obscurs de l’âme, de se glisser dans les plus minces anfractuosités du mystère humain. Tout devenait alors possible. »

« Celui qui naît bienheureux, qui connaît des orgasmes desquels naîtront de beaux enfants, celui-là n’est rien d’autre qu’un animal chanceux. Le bonheur qui vous tombe dessus comme une bassine d’eau tiède n’est pas le bonheur. »

 

 

Valérie Jeanneret, dite Anaïs Jeanneret, est une actrice, mannequin, romancière et photographe française.

Actrice (1983-1997)
Elle commence sa carrière de comédienne en 1983, où elle alternera longs métrages de cinéma et téléfilms.Elle fait sa première apparition aux côtés de Jacques Dufilho, sous la direction de Jean-Daniel Verhaeghe. En 1985, elle tourne Péril en la demeure de Michel Deville, dans lequel elle interprète le rôle de Viviane Tombsthay.

En 1986, elle tourne Twist again à Moscou de Jean-Marie Poiré, et la même année, L’Été 36, sous la direction d’Yves Robert. Elle a également endossé plusieurs personnages dans des téléfilms et fait une publicité pour une marque d’huile avec Patrick Bruel et Maria Pacôme en 1984.

En 1991, elle joue dans Le Gang des Tractions Avant de Josée Dayan, l’année d’après dans L’Amour assassin d’Élisabeth Rappeneau, et dans Les Vaisseaux du cœur d’Andrew Birkin. De 1993 à 1995, elle tournera à quatre reprises sous la direction de Miguel Courtois. Elle abandonne sa carrière d’actrice en 1997 pour se consacrer à la littérature.

Romancière
En 1990, elle publie son premier roman, Le Sommeil de l’autre, préfacé par Flora Groult qui écrit : « ce livre construit avec rigueur dans un mouvement symphonique qui accorde toute leur place aux bonheurs d’écriture, est un roman romantique, dans le sens le plus lyrique du terme ».

Elle reçoit le prix du Quartier latin en 1993 pour son livre Les Poupées russes. Dans Le Nouvel Observateur, Jean-Louis Ezine, souligne : « Mais c’est la maîtrise à recomposer le puzzle qui étonne, le rythme exact et la couleur toujours précise des années disparues ».

En 1999 sort Les Yeux cernés. Dans Dernières Nouvelles d’Alsace, François Busnel, écrit : « On sort, bouleversé, et les larmes aux yeux, de ce livre qui doit absolument prendre place dans votre Panthéon littéraire. […] Rarement un écrivain aura su décrire si fortement le trouble de la jeunesse, cette partie de nous-même qui bégaie son admiration pour ce qu’elle n’est pas. […] Il a fallu 160 pages à Anaïs Jeanneret pour nous convaincre que l’amitié désintéressée, pure, splendide entre un homme et une femme était possible. Il ne lui faut que 30 pages, les plus violentes jamais écrites sur le sujet, pour ruiner nos illusions et démasquer l’écœurante mollesse de l’amitié ».

En 2002, paraît La Traversée du silence. Elle reçoit le prix François Mauriac 2014 de l’Académie française pour La Solitude des soirs d’été paru en 2013. Dans Lire, Alexandre Fillon, déclare : « L’auteur des Yeux cernés (Anne Carrière) joue très subtilement avec l’ombre et la lumière, les fêlures de ses personnages, leurs blessures. Celles qui font avancer et celles qui ne se referment jamais ».

En avril 2016, elle publie Nos vies insoupçonnées. Olivia de Lamberterie écrit dans le magazine Elle : « D’une plume délicate, plutôt que de décrire les plaies à vif, elle ausculte ces moments où la douleur s’est épuisée et où l’on peut faire sereinement le choix du bonheur ».

Photographe
Dans les années 2000, Studio Magazine lui commande en tant que photographe plusieurs séries de photos ; elle réalise alors les portraits de Gérard Darmon, Serge Gainsbourg, Paul Boujenah… Elle publie en outre un reportage photos sur Michel Deville à l’occasion du tournage de La Lectrice.

Émotion, Roman de terroir, Romance

La Liberté des enfants perdus

de René Barral
Broché – 10 février 2022
Éditeur : de Borée

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Maria, une enfant de l’assistance publique, est placée dans une ferme cévenole où elle subit les violences du propriétaire des lieux à qui personne n’ose tenir tête à l’exception de mémé Léonie. Seul Larion, un pâtre rebouteux, lui offre un peu de réconfort en la prenant sous son aile Et lorsque Virgile Saltet, lui aussi enfant de l’assistance, arrive chez le frère de mémé Léonie, l’attirance entre eux est immédiate et réciproque. Mais ces enfants là sont malmenés par l’existence et tandis que Virgile est envoyé en maison de redressement, Maria quitte la ferme pour entrer au service d’une riche famille d’industriels nîmois. Pourront-ils espérer vivre un jour libres et heureux ?

 

2022_015_Barral René - La liberté des enfants perdus

 

1931, les Cévennes, Dieu n’est pas juste envers tous…

La petite Maria, enfant de l’assistance publique, vie dans sa “Chambre” près des moutons dont elle doit s’occuper quotidiennement. Tous les jours, elle fait de son mieux pour éviter Firmin, l’homme qui “l’élève”, qui ne demande qu’une occasion pour lever la main sur elle. Rose, sa femme et Léonie, la mère de celle-ci essayent en vain de lui tenir tête, mais dès qu’il boit, il devient violent.

Puis un jour, Virgil et Maria se rencontrent… Très vite, il devient son confident et son seul ami, ils se voient régulièrement en cachette.
Mais Firmin ne l’entend pas ainsi !

René Barral, est un “enfant” de la vie, un enfant de l’amour…
Son histoire m’a conquise et emmenée vers des terres que j’ai visitées, il y a quelques années déjà. J’ai retrouvé des parfums et des lumières particulières à travers son récit. Il dépeint la vie de deux enfants que la vie avait abandonnés, mais ensemble ils vont trouver des raisons pour s’accrocher et continuer à aller de l’avant, malgré le contexte, politique et social en pleine ébullition, où l’ombre d’une guerre se rapproche insidieusement de l’Europe.

J’ai passé un très agréable moment de lecture.
L’histoire m’a tenu en haleine. Des personnage qui prennent leur place petit à petit, du suspense aussi, mais que dire de l’écriture, des descriptions, des mots choisis, de ce vocabulaire riche et de moins en moins usité… Tout est parfait !
Je ne peux que vous recommander ce livre…

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Extraits :

« Mais sache, Maria, que pour être heureux, il faut aimer la vie et les gens. Cela me réjouit le cœur d’être capable de soulager tous ceux qui viennent me consulter, et j’en suis fier, parce qu’ils me sont reconnaissants. Cela me comble de me sentir utile. »

« Un violent soubresaut lui fit ouvrir les yeux. Dans la semi-pénombre, elle distinguait vaguement des mains qui s’agitaient devant elle sans qu’elle comprenne ce qui lui arrivait, puis elle prit conscience que ces mains lui obéissaient et étaient les siennes. Toutefois, il lui fallut encore quelques instants pour réaliser qu’elle se trouvait assise dans son lit et que sa chemise de nuit était trempée de sueur. Épuisée, elle se laissa aller en arrière et resta longtemps inerte, revivant la tragique soirée de la veille. »

« Pourquoi tant de drames, de chômage, de grèves, d’affrontements, de haine entre ceux que l’on dit de gauche et ceux de droite ? Tous les hommes politiques sont-ils vraiment corrompus ? Pourquoi le fascisme risque-t-il de provoquer la guerre ? »

« Maria, mon amour,
Gabriel m’a prévenu. Il me faut partir à Montpellier et, je l’avoue, je n’ai pas eu le courage de venir te parler. C’était au-dessus de mes forces, je ne voulais pas te voir encore pleurer à cause de moi. Mais je serai bientôt de retour et je ne te quitterai plus, quoi qu’il arrive. Ne sois pas inquiète, c’est bien ma dernière mission. J’ai déjà assez payé de ma personne et beaucoup risqué. Et puis tu as raison, j’ai bien conscience qu’après avoir été libéré d’Aniane, je me suis bêtement laissé exploiter par Valat, le premier qui m’a tendu la main.
Maintenant, j’ai envie de vivre librement, et nous, nous avons le droit au bonheur, et ce ne sera que justice après tout ce que nous avons enduré. Sache que je t’aime de tout mon cœur, Maria, et que je ne souhaite qu’une chose monde, passer enfin le reste de ma vie avec toi.
Ta pensée ne me quittera pas jusqu’à mon retour.
Je t’embrasse très fort,
Virgile »

 

 

Autodidacte, René Barral a su retenir de l’enseignement de ses professeurs d’antan la curiosité et la soif d’apprendre. Une fois retraité, il étudie les lettres à l’université et décide de prendre sa plume pour dépeindre avec amour et verve les Cévennes. Souvent récompensé, il a conquis un lectorat fidèle grâce à ses histoires généreuses, accessibles à un large public. Il est l’auteur de douze romans, tous publiés aux éditions De Borée.
René Barral vit dans les Bouches-du-Rhône…

Émotion

Krokodil

de Laloy-Gyronnase
Broché – 12 novembre 2021
Éditeur : Librinova

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Policier à Bouches-Ville, Poli Gyronnase s’efforce, jour après jour, d’accomplir sa difficile mission de flic. Mais ce qui était une vocation n’est pas loin de devenir un calvaire pour cet homme idéaliste, désabusé face aux absurdités et aux manquements répétés de ses deux hiérarchies : la police et la justice. Pourtant, pas question de s’épancher dans ce milieu « dur… mais injuste » ni de confier ses tourments à son épouse Ornella, qu’il veut protéger à tout prix. Alors, plongé dans son « Ifaune », il se réfugie dans l’écriture, rêvant de rejoindre un jour les auteurs qu’il croise sur le Net. Sa rencontre virtuelle, aussi instantanée qu’addictive avec l’étrange et obsédante Yola Lorennz, va remettre en cause toute sa vie… De tragédies en révélations époustouflantes, sa descente aux enfers fera de lui un autre homme. Rozenn Laloy, la plus espiègle des romancières bretonnes, Poli Gyronnase, le plus fantasque des policiers marseillais… Ils n’avaient rien en commun… rien, sauf l’écriture à contrepied, au service d’un même regard lucide sur la comédie humaine. Leurs plumes entremêlées livrent ici un roman-témoignage poignant, dérangeant, déjanté qui laisse knock-out. Quand la fiction se perd dans le réel, quand le réel se crée dans la fiction… le monde se transforme à l’infini.

 

2022_012_Laloy-Gyronase - Krokodil

 

Je viens de terminer “Krokodil” et je ne sais toujours pas si je dois en rire ou en pleurer…

J’ai découvert Poly Gyronnase avec “Le monde des fous est infinis”, dont j’avais apprécié la plume… Dans ce préquel à son premier roman, deux mains viennent s’ajouter au récit, celles de Rozenn Laloy, donnant un rythme très fluide au récit, car vous l’aurez compris, le style de Rozenn est très différent de celui de Poli, elle amène un côté très sensuel, voire érotique parfois. Quelle belle idée d’avoir mélangé deux styles pourtant si complémentaires !

Fiction ou réalité ?
Mi-réalité ou mi-fiction ?
Qu’importe.
Les deux auteurs se donnent à fond pour nous transmettre “leurs” réalités, “leurs” envies de transmettre, le bon comme le pire pour exsuder les horreurs vécues ou rencontrées, écrire pour moins souffrir, oui, peut-être…

J’ai appréhendé cette histoire, plus comme un témoignage qu’il leur fallait nous transmettre, plus qu’un roman et j’ai “vécu” ce récit passant du rire à la tristesse, en lisant des valeurs que je comprends et que je soutiens. Une histoire lumineuse et sombre à la fois, très différente de mes lectures habituelles. Cette lecture m’a aussi rassuré sur de nombreux points, et aussi… Poli, Rozenn, malgré ce que l’on cherche à nous faire croire, nous sommes nombreux comme vous !

Poli est un “flic” marseillais depuis plusieurs années, les dérives et les différentes aberrations du Système le mettent hors de lui. Il était entré dans la police, pour sauver la veuve et l’orphelin, combattre le mal et arrêter des malfaisants, et il se retrouve dans son quotidien à interroger des interpellés “en garde à vue” et à entasser de la paperasse, alors que, bien que coupables, ils repartent avec le sourire ! Il a fait une demande de mutation à la “Crime”, et pour son équilibre, en attendant, il a besoin d’écrire des histoires, pour ne pas se perdre… Un jour, il “rencontre” sur le Net Yola et très vite, ils vont correspondre très régulièrement. Qui est cette mystérieuse et sensuelle Yola, qui va petit à petit lui faire changer sa perception de la vie ?

Malgré des sujets durs et délicats, Rozenn et Poli n’hésitent pas à utiliser l’humour comme pour cacher toute cette noirceur, et c’est aussi avec beaucoup de sensibilité qu’ils traitent leurs sujets…

Alors malgré cette étonnante rencontre, oui, un flic écrivain et une spécialiste des romances, non seulement arrivent à bien s’entendre, mais surtout ont réussi à composer cette partition à quatre mains aussi innovante et surprenante que bluffante

Je recommande Krokodil, qui m’a fait passer un moment intense de lecture et de réflexion. Un grand merci aussi à Rozenn pour être entrée en contact avec moi…

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Extraits :

« Vole comme un papillon, pique comme une abeille… »

« Je ne raconte pas mes journées de travail à Ornella… Ou alors, j’édulcore mes propos, je lui en sers la version « Light ». Je la protège en lui cachant la réalité de mon métier, les horreurs que je suis amené à constater tous les jours.
Je ne lui ai jamais avoué non plus que, pour tenir le coup, j’écris régulièrement en cachette. Je ne veux pas qu’elle lise mes textes et qu’elle comprenne que mon métier me confronte sans relâche à l’absurdité de ce monde, un monde pourri, vicieux, dans lequel j’erre sans fin.
Je l’aime tant Ornella, je ne veux pas la décevoir. Je ne veux pas lui révéler mes doutes, mes peurs, mes failles. »

« Lorsque je suis entré dans la police, c’était pour sauver la veuve et l’orphelin, combattre le mal et arrêter des malfaisants. Je me suis vite rendu compte que les gouvernements utilisaient la police à leur guise. Ils font ce qu’ils veulent de nous. Cependant, je garde à l’esprit ce pour quoi j’ai intégré ce métier : lutter contre le mal. Alors, même si je sais que je suis utilisé, je fais avec. Je ne sers pas un système, je fais en sorte qu’il tienne, même s’il est bancal, parce que sans nous, les flics, ce serait le chaos ! »

« – Oser, Poli, oser ! Oser regarder la vérité en face, oser en tirer les conclusions évidentes, oser refuser de poursuivre ce jeu de dupes, où seul un petit nombre de nantis, une caste initiée, s’épanouit sans limite, quand tant d’autres peinent et souffrent sans espoir ! Se révolter contre cet ordre qui ne mène qu’au chaos ! Et dont tu es, toi et tes semblables, le serviteur aveugle… ou qui ne veut pas voir, n’est-ce pas ?
– Mais comment veux-tu qu’un petit flic de mon acabit puisse « oser » comme tu le dis et se révolter ? Nous n’avons même pas le droit de grève !
– Mon Dieu ! La belle affaire ! Depuis quand faut-il une autorisation pour se rebeller ? »

 

 

Rozenn LALOY a toujours eu beaucoup d’imagination et de style, au point que ses professeurs l’ont encouragée tout au long de ses études à livrer par écrit toutes ces histoires qui lui trottaient dans la tête.

Son premier roman « Marie et le Loup », une romance champêtre, a remporté le deuxième prix du concours « Romancière 2019 », organisé conjointement par les Editions Jean-Claude Lattès et la plateforme Librinova.

En 2020, elle publie « Le Chapeau d’Indiana », une romance contemporaine déclinée en deux tomes :

« Bleu et Chaud à la fois » et « A perdre la raison ».

Curieuse de découvrir de nouveaux registres d’écriture, elle travaille sur des projets très différents de ses premiers ouvrages.

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Poli GYRONNASE a 50 ans, il est marié et père de deux filles. C’est l’écriture qui l’a sauvé et permis de tenir le coup pendant 18 ans au sein de la Police Nationale. Ne soupçonnant plus aucun avenir dans cette ingrate profession, sa démission coulait de source. En se reconvertissant dans un univers plus feutré, celui de la banque assurance, il peut assurer l’avenir de ses enfants, en toute sérénité. En réalité, Poli apprécie son nouveau métier, mais il lui manque son côté fantasque. Ses écrits salvateurs ont réveillé en lui son sens de l’originalité et de l’abracadabrantesque. Il a pris goût à l’écriture au point d’en devenir addict. C’est au cours de cette nouvelle carrière de financier que Poli a tout compris.  » Il aurait voulu être un auteur, pour pouvoir inventer sa vie. Il aurait voulu être un artiste. »

Il se lance dans l’aventure de l’auto-publication avec la maison d’auto-édition Librinova, il accomplit un rêve en auto éditant son manuscrit « le monde des fous est infini ».

Le monde des fous est infini

 

Émotion, Cercle littéraire, Polar, Romance

Sœurs de sable

de Stéphane Héaume
Broché – 7 avril 2021
Éditeur : Payot & Rivages

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1958, une station balnéaire écrasée de chaleur. 2018, un surprenant huis clos au décor raffiné. Rose et Amelia, deux femmes malmenées par la vie et que soixante ans séparent n’ont, on pourrait le croire, rien en commun. Pourtant, un homme, un secret, un cadavre vont relier leurs existences et changer leur destin.
En donnant corps à deux turbulentes héroïnes dans un univers plein de mystère, Stéphane Héaume nous prouve, avec malice et fantaisie, qu’il faut toujours se méfier de l’eau qui dort.

Stéphane Héaume est l’auteur de plusieurs romans dont «Le Clos Lothar» (Zulma, 2002, prix du jury Jean-Giono et prix Emmanuel-Roblès) et «Sheridan Square» (Seuil, 2012, prix de la Ville de Deauville).

 

2022_010_Héaume Stéphane - Sœurs de sable

 

Un roman très agréable, au charme désuet, qui m’a rappelé les films adaptés des romans d’Agatha Christie… On y retrouve cette ambiance balnéaire méditerranéenne bien particulière, les hommes en costumes, les femmes avec leurs belles robes et leurs chapeaux, les villas, les hôtels de luxe perchés au milieu des rochers entre les pins… Mais il n’y a pas que ça… Vous croiserez un nain magicien, un très beau Zippo en argent gravé de deux initiales, deux sœurs qui se détestent, des langoustes aussi ! et vous ferez même un voyage en première classe dans un Zeppelin en direction de Porfou… Toutes les descriptions sont méticuleuses et délicieuses.

Stéphane Héaume, m’a emporté, transporté même, dans son récit qui navigue au rythme des chapitres entre passé et présent, jusqu’à “LA” rencontre attendue, la fusion de deux époques qui ne demandaient qu’à se croiser…

Fa, mi.
Fa, mi, do dièse.
Fa, mi, do dièse.

La musique est très importante aussi, elle est partout. Entre les lignes, entre les mots…
Chaque phrase résonne telle une mélodie, s’enchaînant les unes aux autres. Donnant l’impression parfois d’une poésie. Stéphane est un musicien et cela s’entend !

Rose est écrivain, Amélia journaliste, deux femmes, deux époques différentes, 1958, 2018. Chacune vit un parcours difficile, paraissant au premier abord très différent… En réalité, leur destin est lié par un homme étrange, un homme qui pourrait bien changer leur destin.

Venez donc vous installer à la terrasse du Grand Café de la Plage. Observez-les… Ces hommes, ces femmes qui se croisent, qui se bousculent, qui s’ignorent ou qui se haïssent. Regardez bien ce ballet incessant, au rythme des marées, des vagues et du ressac…
Vous la voyez ?
Mais oui, c’est bien Rose qui est là, au milieu de la plage, dans sa robe blanche, un verre à la main. Que fait-elle ?
Non, vous ne rêvez pas… Elle danse.
Elle danse, car contrairement aux autres jours, aujourd’hui elle est heureuse… elle pense à l’homme aux yeux verts qu’elle vient de rencontrer… Sa voix douce et grave résonne encore dans son esprit.

Une lecture au rythme lancinant et addictif, une ambiance donnant un côté immersif au roman, un mystère qui nous tient en haleine, des personnages très marqués dans leurs personnalités, des situations originales. Le sable est doux au soleil, mais il cache bien des mystères…

“Sœurs de sables”, une histoire qui mériterait de compléter votre bibliothèque !

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Extraits :

« Ce matin, tout semblait immobile. Ce n’était pas normal. Il y avait bien, à demi dissimulées sous les tamaris et les cyprès de la promenade des Italiens, assises sur des bancs, deux ou trois silhouettes avec leurs chiens, mais Rose ne les reconnut pas. C’était trop éloigné, trop flou. Elle voyait mieux le croissant blond de la plage niché au pied du quai principale où s’alignait les boutiques encore fermées et les restaurants. Bientôt, d’autres silhouettes y viendraient pour se dévêtir, s’enduire de crème, s’allonger, se baigner – rituel avide en cette fin d’été. »

« … ce voyage à Porfou ne me fait pas grimacer, il libère des souvenirs protégés, des parfums que j’avais mis sous clef, un visage, un sourire, le sourire d’une femme qui hante mes nuits et mes désirs enfuis, ce visage que vous avez vu, cette femme dont je peux bien vous parler, maintenant, vous avez tout fait pour, cette femme s’appelait Rose – y a-t-il plus beau prénom ? … »

« Il opéra un rétablissement fulgurant dans une grande gerbe d’eau et s’assit sur le banc. Rose était toute mouillée. Elle riait nerveusement. Son châle détrempé, à présent transparent, laissait voir ses petits seins, sa peau fine, cachés au monde depuis si longtemps, enfermés, clos comme les volets de son hôtel, étrangers aux mouvements de la vie. Rose était un animal traqué. Un cœur traqué. Un corps craqué oublié dans les remises obscures de sa très vieille solitude. »

« Tous les deux seuls dans le théâtre vide. Ils ont marché longtemps. Ils ont partagé leurs blessures dans la fulgurance, l’évidence de la rencontre. Frère et sœur, voilà ce qu’ils seront. Sans jamais se le dire. Ils n’ont pas eu le courage de grimper jusqu’au cirque – ils iront demain. Rester dans le vent, se perdre dans le rivage lointain, se bercer du mouvement des vagues qui montent à l’assaut de la lame noir des roches. Avancer dans le parfum de la pinède et des aiguilles chauffées par le soleil. Se jeter vers l’horizon. Se liguer contre leurs fêlures. »

 

 

Stéphane Héaume, né à Paris en 1971, est un romancier français.

Il a été résident au Domaine de La Prée (Indre) entre 2000 et 2002 (résidence d’artistes parrainée par l’Académie des Beaux-Arts).
Après plusieurs années passées à New York et en Afrique, il vit aujourd’hui à Paris.

Il est l’auteur de plusieurs romans :
Le Clos Lothar (Zulma, 2002, Prix du jury Jean-Giono 2002 et Prix Emmanuel-Roblès 2003),
Orkhidos (Zulma, 2004),
Le Fou de Printzberg (Anne Carrière, 2006),
Le Contemplateur (Anne Carrière, 2007)
et La Nuit de Fort-Haggar (Seuil, 2009).

Il écrit également des textes pour la musique.
Avec le compositeur Thierry ESCAICH (né en 1965) :
Valse désarticulée (Théâtre du Lierre, 2007).
Avec le compositeur Richard DUBUGNON (né en 1968) :
Tryptique (Royal Academy of London, 1999 ; reprise à Radio France, 2008), Le Voyage écarlate (La Péniche Opéra, 2002 ; reprise au Festival d’Aix-en-Provence, 2005), Cantata Oscura (Espace Cardin, 2005 ; reprise à Radio France, 2005) et Le Songe Salinas, symphonie lyrique pour mezzo-soprano et orchestre (Théâtre des Champs-Elysées, 2009).

 

Émotion, Philosophique, Témoignage

Après…

Quand l’au-delà nous fait signe
de Stéphane Allix
Broché – 26 septembre 2018
Éditeur : Albin Michel

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« Plus d’un quart des personnes en deuil font l’expérience de formes diverses de communication spontanées après la mort d’un proche. Signes, messages, apparitions… il ne s’agit pas d’anecdotes rares ou suspectes, mais d’une réalité quotidienne et indiscutable vécue par plus de deux-cent mille personnes par an, rien qu’en France.

Il n’est pas possible de réduire une telle quantité de témoignages à de simples hallucinations. Après Le Test, ces récits constituent une nouvelle preuve que la vie se poursuit après la mort. Ce n’est pas une croyance mais une déduction scientifique. Je suis journaliste. Celles et ceux que l’on a aimé poursuivent leur existence dans l’au-delà. Ils sont vivants, et tentent de nous faire signe.

Écouter ces témoignages permet de comprendre quelle forme d’existence nous attend après notre décès. Où se trouvent nos proches défunts ? Que font-ils ? Ont-ils toutes les réponses ? Qu’advient-il au moment de la mort ? Peut-on s’y préparer ? À ces interrogations pressantes, il est désormais possible de répondre. À travers ces incroyables témoignages, je vous propose de découvrir ce qu’il advient après…

On demande des preuves, elles sont devant nos yeux. »

 

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Ce livre est chez moi depuis plusieurs années.
Qu’est-ce qui a fait que je ne l’ai pris qu’hier et pas avant ?

Je venais juste de terminer “Les étoiles d’Orion” de Brice Nadin, et m’apprêtais à commencer “Sœurs de sable” de Stéphane Heaume, pour notre dîner Littéraire mensuel, du Cercle de Maffliers, qui aura lieu vendredi prochain.

Alors, pourquoi avoir changé le livre prévu ?

Je travaillais seul dans mon bureau, quand soudain ! Boum !!!

J’entends un bruit dans mon dos… Je me retourne, et là, un livre, au milieu de la pièce, tombé “soudain” de ma bibliothèque !
Je pense d’abord à une blague. Je monte… ma femme discute dans le salon avec un ami. Personne d’autre à la maison ! Je redescends, et prends le livre entre mes mains, et lis la quatrième de couverture… Après le roman que je venais de terminer qui traite entre-autre de personnes qui ont vécu une expérience de mort imminente, j’y ai alors vu comme un signe… J’ai décidé de le lire de suite.

Après… Quand l’au-delà nous fait signe”, n’est pas un roman, vous l’aurez compris. C’est un recueil de témoignages de diverses personnes qui ont vécu des démonstrations, après le décès d’un proche, l’âme du défunt tente de leur envoyer des signaux, d’entrer en contact avec eux.

Tout d’abord, ce livre n’est pas adressé aux septiques, ni a ceux qui n’ont pas un minimum de foi. Le livre repose sur des histoires de vie, des histoires du quotidien, qui pourront paraître incroyables parfois, mais tellement belles et captivantes… Alors oui, j’ai trouvé que c’était un beau livre. Je ne connaissais pas l’auteur, mais son discourt est clair et les témoignages qu’il a reçu, peuvent j’en suis, sûr aider les gens qui vivent des deuils compliqués.

J’ai appris beaucoup de choses venant de ces témoins qui sont des Madames et Monsieurs “tout le monde”. Ici, personne ne vient de milieux spirituels ou similaires, pas de magie, ni de gourou. La parole est donnée à nos voisins, nos amis, nos parents, à nos enfants aussi.

Merci Stéphane Allix, pour cette “ouverture” que vous nous proposez, votre volonté de chercher toujours l’aspect le plus rationnel est régulièrement présent. Vos mots d’ordre ? Confiance et simplicité.
J’ai été transporté par toutes les réflexions qui émanent de ce livre et je n’aborderai plus jamais le sujet de la même façon… Effectivement, difficile de réfuter en bloc l’existence d’un “au-delà” quelque part, après cette lecture émouvante et abordé toujours avec tact et délicatesse.

Je recommande à tout ceux qui sont curieux et qui se posent, “La question” de l’Après…

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Extraits :

« Car la loi Leonetti permet en effet notamment une prise en charge de la douleur et des autres symptômes de fin de vie, la mise en œuvre de soins palliatifs à l’hôpital ou à domicile. Elle condamne sans équivoque l’acharnement thérapeutique est accorde le droit au patient de refuser un traitement ou des examens complémentaires s’il les estimes inutiles. Elle offre enfin la possibilité d’une sédation profonde et continue, jusqu’au décès pour les malades en phase terminale, dans le cas de souffrances insupportables, tant physiques que psychologiques. »

« Quelques semaines avant son décès, je rends visite à mon père. Je le trouve dans son atelier baigné dans un froid soleil de printemps. La forêt s’éveille, les oiseaux s’affairent avec enthousiasme et sillonnent le ciel, plein de projets. Le vent agite le cime des pins.
Il règne dans la pièce une chaleur étouffante. Chauffage poussé à fond le corps frêle de mon père est fragile. Occupé à écrire, il redresse la tête et me sourit. Les tableaux sont entreposés dans chaque coin de l’atelier. Tout autour de lui, dans ses yeux, ses paysages de l’esprit. Fruit d’une vie de peintre. Les étagères sont garnie de milliers de pages de centaines de livres. Sur sa table entre les petits papiers à noter de sa plume épaisse, les pinceaux et les objets qu’il prend plaisir à toucher, un volume de la Pleiades : Platon, œuvres complètes, volume 1. »

« La réalité de l’au-delà est semblable au monde des rêves. Les « nouveaux morts » traversent par moment des états dans lesquels il est difficile de s’accrocher à la moindre chose solide. Identité, lieu, situation… Tout a l’air de se dissoudre continuellement et les pensées s’évaporent les unes après les autres sans plus laisser aucune trace, comme dans un rêve. Mais à d’autres instants, et même très rapidement après leur décès, ils semblent tout aussi en mesure de se faire connaître en étant conscient de leur nouvel état, calme, lucide, heureux, à l’image d’un rêve, où l’on passe parfois par des états émotionnels très divers en une fraction de seconde… »

« Être père. Moi qui viens de perdre le mien. Chaque minute avec ma fille est source de bonheur et conforte la vision que j’ai de ce rôle. Guider plutôt que commander. Accompagner, écouter, faire confiance, toujours, sans jamais faillir. Éveillez la force, encourager l’autonomie, l’esprit d’indépendance. Apprendre, transmettre les valeurs essentielles, respect et espérance. »

 

 

Reporter de guerre pendant plus de quinze ans, Stéphane Allix a brusquement changé de voie après un événement bouleversant : la mort de son frère, au printemps 2001. Depuis, il explore les mystères de la conscience et de la mort.

Concepteur et animateur des documentaires Enquêtes extraordinaires sur M6, fondateur de l’INREES (Institut de Recherches sur les Expériences Extraordinaires), fondateur et directeur de la rédaction du magazine Inexploré, Stéphane Allix accompagne le développement de l’INREES tout en poursuivant sa carrière d’écrivain.

Reporter de guerre pendant plus de quinze ans, Stéphane Allix a brusquement changé de voie après un événement bouleversant : la mort de son frère, au printemps 2001. Depuis, il explore les mystères de la conscience et de la mort.

Concepteur et animateur des documentaires Enquêtes extraordinaires sur M6, fondateur de l’INREES (Institut de Recherches sur les Expériences Extraordinaires), fondateur et directeur de la rédaction du magazine Inexploré, Stéphane Allix accompagne le développement de l’INREES tout en poursuivant sa carrière d’écrivain.

Il, applique des méthodes d’enquête rigoureuses pour explorer avec sérieux des phénomènes inexpliqués. Son précédent livre, Le Test et Après…, parus aux éditions Albin Michel, ont été des best-sellers acclamés aussi bien par les lecteurs et les libraires que par la presse.