Anticipation, Émotion, Drame, Thriller psychologique

Acouphanges

de Lou Valérie Vernet
Broché – 12 août 2021
Éditeur : M PLUS

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Un homme meurt assassiné, d’un couteau en plein cœur, chez lui. Le seul témoin, Athéna, sa fille, 13 ans, échappe à la police. Innocente ou coupable ? Ingénue ou machiavélique ? Victime au bourreau ? Sensée ou démente ? Fuyant de Roussillon à Paris un éprouvant et noir passé, l’héroïne sème les enquêteurs et brouille les repères.
L’ambivalence de ce thriller psychologique qui prend, tantôt le point de vue des enquêteurs en chasse, et tantôt celui d’Athéna enfuit, tient le lecteur sous emprise jusqu’au dénouement.

 

2021_062_Vernet Lou Valérie - Acouphanges

 

Tout d’abord, je tenais à remercier mon amie Blandine Carron pour toutes les belles lectures qu’elle me fait découvrir…
Blandine, je t’envoie de gros bisous !!!

Une atmosphère étrange et sombre s’installe dès le début de ma lecture.

Quelle fut ma surprise, de me rendre compte que “Acouphanges” était la suite de “Surtout le pire” que j’avais déjà bien aimé. On retrouve du coup certains personnages en commun, mais ici le rythme de lecture et l’ambiance sont complètement différents.

Anne Manon Nathalie qui a décidé de se faire appeler Athéna, vient de fêter ses 13 ans. Elle est recroquevillée près du cadavre de son père. Il a un couteau planté dans le cœur. Que s’est-il passé ?
Elle seule a l’air de le savoir, mais elle refuse de parler à quiconque. Elle s’enfuit, emportant avec elle un cahier qui pourrait tout aussi bien la disculper que l’incriminer. Commence alors une longue traque à travers le pays qui va la mener jusqu’à Paris…

Comment vous donner envie de lire ce roman qui sort vraiment des entiers battus ?
Vous dire qu’il est étrange ?
Que vous ne devinerez jamais la chute ?
Qu’il en est parfois presque dérangeant ?

Avant tout c’est un roman inclassable, qui va évoluer au fur et à mesure de ma lecture.
Ce thriller glauque est plein de poésie aussi, on frise le fantastique, le mystique aussi, quand ce n’est pas carrément fantasmagorique. L’écriture est superbe, on se trouve constamment dans l’esprit d’Athéna. On subit la violence psychologique qu’elle vit dans son quotidien. Athéna donne l’impression d’être une fille perdue dans le monde qui l’entoure. C’est l’impression qu’elle veut donner, car elle sait…
Malgré ses attitudes bizarres, elle a été formée pour le combat, pour tout anticiper, pour la survie, car elle attend…
Papa Raph et PJ se sont occupés d’elle, l’ont formée en alternance depuis sont plus jeune âge. Ils n’acceptent pas la faiblesse. Elle se doit dès lors d’être la meilleure. Meilleur que les 2D et 3D, esclaves de la matrice, qu’elle croise au quotidien, car elle espère devenir une 5D… et pourquoi pas une 6D !

Une étrange traque que vous allez aimer adorer ou bien détester…
Ici pas de juste milieu. L’hésitation est pour les faibles, pour les lâches.

Désormais la Matrice vous attend.

Oserez-vous, vous confrontez à elle, en accompagnant Athéna dans sa quête impossible ?
Dans ces cas là, et uniquement dans ce cas, soyez les bienvenus !

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Extraits :

« La Terre est un lieu d’enseignement. Chaque jour que tu vis, tu apprends, tu grandis, tu t’améliores. Sinon c’est que tu renonces, que tu deviens lâche. Et la lâcheté, c’est l’apanage des faibles. N’oublie jamais ça. Fait honneur à ta mère. Toujours. »
…/…
« C’est une scène de crime comme on n’en voit plus. Et même jamais. Surtout ici, à Roussillon, dans cette enclave paradisiaque, fief du plus grand gisement ocrier de France. L’odeur vous saute à la gorge en même tant que l’image foudroie le regard. Toutes les synapses en sont immédiatement anarchisées et. L’information s’arrête net, incapable d’agencer de façon cohérente la pagaille qui agite les neurotransmetteurs.
Pour les témoins, liquéfiés sur le seuil de la pièce, il y a un mouvement de recul, une subite envie de faire demi-tour, une bile acide ravalée de justesse. On peut être gendarmes et ne pas savoir faire face pour autant. L’uniforme a des limites qui s’arrêtent à l’homme qui le porte. Il faut un temps pour voir, un autre pour encaisser et un dernier pour oser affronter ce qui peine à émerger d’un probable scénario de film d’horreur. »

 

 

Auteure, voyageuse, photographe, Lou Valérie Vernet est une autodidacte. Passionnée, libre, têtue et un peu barrée. Sa devise “Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant !” Quand on lui demande ce qui est essentiel pour elle, elle répond, sas coup férir : son âme : Aimer, Marcher, Écrire. Née à Paris, elle en fait souvent le personnage principal de ses romans. Elle vit actuellement dans le 95.

Émotion, Histoire, Suspense

Dessiner les nuages

de Sandrine Roy
Broché – 23 juin 2021
Éditeur : Éditions du Loir

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Angeville. 1943. Malo, un jeune homme simple d’esprit, vit depuis des années en retrait du village, dans une cabane au milieu de la forêt. À l’arrivée des Allemands, il va recueillir Antoine, un enfant retrouvé vivant dans la tombe fraîchement creusée d´un couple de Juifs. Sur fond d’antisémitisme et d’Occupation, une relation forte va naître entre eux, dans un village confiné et divisé, où l’innocence de Malo est bien souvent trahie. Grâce à ses prédispositions pour la peinture et son instinct de protection poussé à l’extrême, Antoine va mettre des touches de couleur dans cette période noire, liant, sans le savoir, la petite et la grande Histoire.

 

2021_061_Roy Sandrine - Dessiner les nuages

 

Comme de nombreux auteurs avant elle, Sandrine Roy a “glissé” vers un nouveau genre littéraire… et elle a bien fait !
Non que je n’ai pas aimé ses autres romans, mais dans celui-ci, je trouve que sa sensibilité y trouve sa place…

Quand j’ai vu que le roman était préfacé par Mireille Calmel, dont je suis un grand fan, je me suis dit c’était forcément du “lourd” !
Je ne m’étais pas trompé, ce livre est magnifique, et je pèse mes mots. J’ai été fortement impressionné, voire admiratif à certains passages !

Dès le début du roman l’émotion règne en maitre.

Les personnages, le village, la situation historique…
J’ai Ressenti l’ambiance et la pression de l’Occupation Allemande, la peur chez tous les habitants. Et comme cela s’est malheureusement passé, certains “français” y voient très vite une occasion de se démarquer en trahissant les leurs et leur patrie.
Les poils de mes bras se hérissaient de colère à certains moments.
Mais ce n’est pas le plus important, ce n’est pas ce que je retiendrai du roman.

Le plus important dans l’histoire, pour moi, c’est l’amour !

C’est l’amour de Malo, un simple d’esprit, fragile et fort à la fois, pour sa vie, pour son travail, mais surtout pour la belle Rachel…
C’est l’amour d’Antoine, un enfant trouvé par Malo. Un enfant pas comme les autres. Il parle peu, ne se mélange pas, ne sais pas d’où il vient, mais voue un amour et un respect sans faille pour Malo qui l’a adopté. Il aime aussi les animaux, tous les animaux, car ils le comprennent, il aime son professeur Firmin, qui très vite a vu en lui l’être exceptionnel qu’il est, il aime aussi dessiner, les nuages surtout…
C’est l’amour de Frantz, officier allemand, pour Malo qui deviendra très vite son ami, l’amour pour Adèle surtout, qui dès leur première rencontre a rayonné dans sa vie…
Mais c’est surtout l’amour que l’auteur porte à tous les personnages qu’elle a créé, qu’elle a choyé avec beaucoup d’affection et d’humanité aussi, au point de les avoir rendu vivants pour moi.

Ce roman beau et triste à la fois, j’aurais voulu le conserver plus longtemps, j’aurais aimé qu’il ait beaucoup plus de pages, il m’a touché profondément le cœur, m’a ému jusqu’à verser quelques larmes, m’a fait ressentir le meilleur de moi-même. J’avais déjà lu des romans ayant une thématique approchante, mais là, c’est un gros coup de cœur.

Vous aimez les belles histoires ?
Ce livre, qui vous attend déjà quelque part, est fait pour vous !

Un grand bravo, aux Éditions du Loir, pour cette belle mise en avant…

Sandrine Roy a reçu en juillet dernier, au Salon du livre du Château Le Verdoyer, le 1er prix littéraire du Verdoyer 2021, pour « Dessiner les nuages ».

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Extraits :

« Malo vit au milieu de la forêt, à deux km du village d’Angeville. On y accède par une route en pente raide qui descend vers le moulin en longeant la Serre. Arrivée à la lisière de la forêt, la route devient un chemin pour se terminer par un sentier où les chariots ont creusé de profonds sillons.
Les habitants d’Angeville ont tous plus ou moins contribué à l’aménagement d’une maison afin que ce pauvre Malo ait un abri où vivre, suffisamment éloigné du village.
On ne lui connaît aucun proche. Sa mère, débarquée de la ville enceinte jusqu’aux yeux, sans mari, sans famille, est morte en couches. L’enfant qu’elle venait de mettre au monde tarda à pousser son premier cri. C’était un mauvais signe. »
…/…
« À la mairie, Mességué reçoit un nombre considérable de lettres anonymes de bons Français accusant l’un ou l’autre des citoyens de cacher un poulailler dans une remise ou un cochon dans une cave.
La jalousie, le désir d’échapper à l’oppresseur en collaborant, la peur : voilà ce qui motive ces dénonciations.
D’autant que depuis l’arrivée des Allemands, beaucoup de fils de paysans ont été envoyés de force au STO, en Allemagne. Quelques-uns ont pris le maquis, refusant de quitter leur pays ainsi que leur famille dans le but de travailler pour l’ennemi. Pas question ! C’est ainsi qu’à Angeville, Maurice merle – dit Mémo – et Marcel Cabrol se sont enfuis un beau matin de décembre, sans trop savoir où ils iraient, mus par des rumeurs racontant que des hommes se réunissaient dans les campagnes isolées et organisaient des actes de résistance.
Au sein du village, peu à peu les camps se sont formés d’eux-mêmes. La défiance entre les deux est de mise. »

 

 

Sandrine Roy est originaire de Bègles, près de Bordeaux. Des études de Lettres modernes ont affirmé son goût déjà très prononcé pour la lecture et l’écriture, qu’elle pratique depuis on plus jeune âge. Elle vit depuis 14 ans dans la région de Montauban, où elle travaille en milieu scolaire. Elle est connue pour ses romans policiers et tout particulièrement sa série, mettant en scène Lynwood Miller, ancien membre des forces spéciales américaines.
Dessiner les nuages est sa première incursion dans le roman historique.

Émotion, Fantasy, Suspense

Le livre de Gwybod

de Morgane Muller
Broché – 4 juin 2021
Éditeur : AFNIL

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Un parcours d’étudiante tranquille, une vie sociale limitée, Mahé, à 24 ans, n’est pas de celles que l’on remarque. Et cela lui convient parfaitement, préférant rêver le nez dans ses livres et passer ses journées seule à la bibliothèque.

Pourtant, un désir de vivre les aventures qu’elle dévore dans les romans bouillonne en elle.
Alors, lorsqu’elle surprend une discussion au sujet d’un livre ancien, mystérieux, relatant la fin du règne du Roi Arthur, la curiosité de Mahé prend le dessus.
Entraînée malgré elle dans une folle aventure – allant de la forêt de Brocéliande en Bretagne aux Cornouailles en Angleterre – avec deux professeurs de son université, poursuivie par des chasseurs de trésors, Mahé aura enfin l’occasion de découvrir quelle femme se cache vraiment en elle.

Parviendra-t-elle à dépasser ses peurs ?
Trouveront-ils cet objet mythique dont l’existence est enveloppée de magie ?

Pour Mahé, sa vie commence maintenant…

 

2021_060_Muller Morgane - Le livre de gwybod

 

Mahé, 24 ans, étudiante en littérature, ne trouve pas sa place. Elle a beau essayer, c’est plus fort qu’elle, elle ne se fait pas confiance, et elle a beaucoup de mal à participer lorsqu’elle est en groupe. Ainsi elle vit ses soirées par procuration grâce aux aventures qu’elle dévore dans ses livres, seule, chez elle ou à la bibliothèque. Un jour elle surprend une conversation au sujet d’un livre ancien qui parle du règne du Roi Arthur, sa curiosité est très vite piquée.
Contre sa volonté, elle sera ainsi entraînée dans une aventure incroyable et dangereuse – partant de la forêt de Brocéliande en plein cœur de la Bretagne, jusqu’aux Cornouailles en Angleterre. Avec deux professeurs d’université, elle va devoir se surpasser et rechercher la femme intrépide et courageuse qui se cache en elle.

Je vous conseille vivement ce premier roman de Morgane Muller “Le livre de Gwybod” !

Mais pourquoi donc, me direz vous ?
Pour tout un tas de bonnes et belles raisons…

La première ?
Dès les premières lignes l’auteure est parvenue à m’accrocher. J’ai eu soudain l’impression d’être dans mon lit, quand j’habitais encore chez mes parents et que je lisais en cachette sous les draps avec une lampe torche pour ne pas réveiller mon frère !!! J’adorais ça… Ne pas faire de bruit en tournant les pages, lire en apnée avec cette excitation de l’“interdit” !

La seconde ?
Qui n’a jamais rêvé de vivre des aventures incroyables. Dans ce roman, je les ai vécues comme si j’y étais…
Écriture soignée, fluide et pleine de rebondissements. Mahé part à la quête de la fameuse épée du roi Arthur, Excalibur, afin qu’elle ne soit récupérée par un horrible receleur d’objets rares, qui ne reculera devant rien…
Dans cette aventure qui se déroule à cent à l’heure, Mahé devra se battre, non seulement pour aider ses “compagnons”, mais aussi afin de conserver sa vie !

Une troisième ?
La magie…

D’autres raisons ?
Des décors superbes, Merlin, des objets mythiques, des passages souterrains millénaires oubliés depuis bien longtemps, des runes, les fameuses brumes d’Avalon, une ambiance et un monde où tout peut arriver…

Voilà ce que vous découvrirez à travers ce récit de Fantasy, mais ma que… Il y a de l’émotion, du romanesque, de la psychologie. Les personnages sont attachants, l’atmosphère des lieux est palpable, quel plaisir.
Mais je n’irai pas plus loin pour ne pas gâcher votre lecture.
Cette histoire vous touchera forcément, que vous soyez adultes où adolescents…
Une belle manière et originale aussi, de découvrir, ou redécouvrir peut-être une partie de la vie du roi Arthur et de ceux qui à un moment ou un autre lui ont prêté main forte !

Une très belle surprise pour moi !
Merci Morgane pour cette belle histoire enchantée, j’espère que tu continueras à me surprendre ainsi par tes écrits !

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Extraits :

« Mahé aimait la petite boutique d’objets du monde devant laquelle elle venait de s’arrêter, l’appréciant pour le dépaysement mais aussi pour les entêtantes odeurs de patchouli, santal et vanille qui s’en dégageaient.
La jeune femme y entra comme c’était souvent le cas le soir avant de prendre son bus, fit le tour du magasin, sourit à la vendeuse qui ne semblait jamais la reconnaître et lui répondait chaque fois laconiquement. Du bout des doigts elle caressa les carnets de voyage en cuir. Mahé adorait feuilleter ces objets vierges de tout et engageant à tous les possibles. Elle regarda celui en cuir marron, à l’aspect tanné ; il sentait bon. Les pages jaunies lui conféraient une certaine authenticité. On eut dit le carnet d’un aventurier, peut-être le carnet de notes d’un conquistador à la découverte d’un nouveau monde ou encore le calepin d’un prévenu de la Grande Guerre. L’imagination n’a pas de limites pour peu qu’on en ai suffisamment. »
…/…
« Mahé était pétrifiée, sentant le canon froid de l’arme contre sa peau. Elle ne voulait pas mourir. Pas maintenant. Pas comme ça. Si Merlin, Arthur ou Morgane existaient, où étaient-ils donc ? Allaient-t-ils permettre que ce lieu soit souillé du sang d’innocents ? La jeune femme observait Catherine qui ne bougeait pas, ne parlait pas, en proie à des sentiments contraires. Qu’attendait-elle pour lui donner cette foutue épée ? Entre la vie et ce maudit objet, le choix selon elle était vite fait. Le temps était suspendu à cet instant surréaliste. Mahé avait l’impression d’être dans l’une de ces scènes de cinéma dans lesquelles les figurants sont à l’arrêt, tels des statues, et où le personnage principal se déplace en les regardant un par un sans comprendre ce qui leur arrive, spectateur de ce phénomène étrange. »

 

 

Issue d’un mélange entre l’Espagne, l’Allemagne et la France, Morgane Muller a toujours eu soif de découvertes et de voyages, quand bien même ils se faisaient par l’imagination.
Grande rêveuse, les livres furent une merveilleuse source d’évasion lorsqu’elle était plus jeune. Puis l’écriture s’est imposée peu à peu d’elle-même.
Passionnée par les mythes et les légendes, fascinée par les émotions et les rapports humains, Morgane Muller, après avoir écrit des nouvelles et un spectacle théâtral, s’est lancée dans l’écriture de son premier roman.
Amoureuse de la Bretagne, sa région de cœur, elle y a puisé son inspiration. La magie, les artefacts, les mystères ont bercé sa jeunesse et c’est tout naturellement qu’elle a entraîné l’héroïne de son premier roman dans cette Bretagne mystérieuse, secrète et envoûtante, au cœur de la légende du Roi Arthur.
Ses héroïnes sont des femmes fortes qui, malgré leurs doutes et leurs failles, relèvent les défis qui se présentent à elles. Les liens qui unissent les personnages leur permettent d’évoluer et de se dépasser. Le parcours initiatique est un thème cher à l’auteure.
La vie est faite d’aventures qu’il ne faut pas s’empêcher de vivre.

Émotion, Drame

Pour l’amour de mon petit bout

de Thierry Essengue
Broché – janvier 2020
Éditeur : Copymédia

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Paõlo grandit à Bahia do Brazil, le berceau de ses ancêtres. Il est bercé par le son du carioca et par la culture multicolore de l’esprit et du corps, hérité de son père. Il est avide de liberté, de voyage à la recherche de belles rencontres et aussi d’amours passionnels. Au hasard d’une soirée, il rencontre la future femme de sa vie et quelques années après, il réalise son rêve, être père. Pourtant la vie va rapidement perturber ce rêve et son chemin deviendra un enfer.
Des années après, car la foi et l’abnégation qui ont animé son combat, ne l’ont jamais quittées, il retrouve son petit bout qui est devenu une jeune femme.
C’est alors un message d’amour chargé de tendresse, d’émotion et de poésie pour sa fille.

 

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Rarement dans mes lectures je n’ai autant haï…

Le récit se divise en trois parties.

C’est d’abord l’histoire d’un baroudeur…
Paõlo est un amoureux. Un amoureux des femmes, un amoureux des voyages, de liberté et d’Histoire aussi. Il est né et a grandit à Bahia, terre de ses ancêtres.
Il nous raconte son passé, sa famille, les liens avec son frère João tous les voyages qu’il a réalisé, son amour de Paris et de son architecture.

Puis c’est la rencontre avec Renelle…
Lors d’un dîner chez son frère qui lui présente Sophie, sa petite amie. Alors qu’il sortait d’une rupture, Paõlo va rencontrer celle qui sera la femme de sa vie !
Ils vont vivre alors trois années d’amour fou, de fusions et d’émotions…

Un jour, Paõlo parle à Renelle de son envie de devenir père, qui serait pour lui la consécration de leur couple…
Renelle ne se sent pas prête et lui demande un peu de temps. Régulièrement il va lui en parler jusqu’à ce que finalement elle accepte. Ensemble ils auront une petite fille, Hilda.
Très vite c’est toute leur vie qui bascule… Leurs rôles de parents n’est pas vécu de la même façon pour l’un et l’autre, à tel point que finalement ils se perdent. Quand Paõlo parle à Renelle de son désir de la quitter, elle lui annonce qu’il peut faire ce qu’il veut mais qu’il le paiera cher !

Commence alors une “guerre” que vous ne pourrez jamais imaginer. Jusqu’où peut aller la folie, la rancœur et la méchanceté. Bien sûr je me suis mis à la place de ce papa et j’ai souffert avec lui de le voir emporté dans un tourbillon de violence et d’injustice qu’il ne gère plus du tout. Toute sa vie est remise en cause.

Malgré la dureté du sujet, c’est un très beau roman. Le début fait rêver, il y a de très bons passages avec beaucoup d’émotions. L’écriture est fluide avec beaucoup de poésie. L’amour que porte le papa à sa fille malgré tout ce qu’il lui arrive est incroyable… malgré la colère et la rage qui bouillonne en lui. Il souffre de ne pas avoir vu son enfant depuis plusieurs années. Mais il est sûr qu’un jour elle lui reviendra.
Très beau moment de lecture !

Soyez indulgent pour les coquilles que vous trouverez par-ci, par-là…
Une nouvelle édition est prévue, elle sera revue et corrigée aux Éditions Sydney Laurent début septembre.
Il serait dommage de passer à coté de cette histoire déchirante et belle à la fois.

À noter aussi que c’est Thierry Essengue qui a dessiné le visuel de la première de couverture, ainsi qu’un visuel dans le roman !

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Extraits :

« Le jour du départ est arrivé, je suis dans la file d’embarquement mon regard se disperse comme s’il cherchait quelque chose de précis. Non, je suis déjà dans l’envoûtement du départ. Me voilà dans l’avion et après trois heures trente de vol, nous sommes à Taormina. Je m’installe à l’hôtel et je m’aperçois avec bonheur que de la fenêtre de ma chambre, j’ai une vue imprenable sur le sommet de l’Etna. Le soir même, j’assiste à un fabuleux coucher de soleil que je mitraille avec mon appareil photo acheté pour l’occasion. Mes yeux suivent lentement cette clarté multicolore qui se perd derrière la montagne. J’ai envie de retenir cette chute vertigineuse pour qu’elle dure longtemps car je me délecte de ce spectacle si simple et pourtant extraordinaire. »
…/…
« Voilà quatre mois que je n’arrive pas à te voir, alors que j’ai respecté les exigences de ta mère, j’ai payé la pension alimentaire mais chaque fois, elle trouve une excuse pour m’empêcher de te voir. Je tente depuis des mois de t’avoir au téléphone en vain. Chaque fois que j’appelle, personne ne décroche. Je me déplace et je sonne à l’interphone, personne ne répond, alors que les volets sont ouverts et qu’il y a de la lumière dans la cuisine qui donne sur la façade, je suis certain que vous êtes là… Après plusieurs tentatives infructueuses, je repars chaque fois chez moi, le moral en berne. Ce rituel devient hélas habituel pour moi. Alors que j’étais prévenu, j’ai du mal à l’accepter et il est difficile pour moi de le vivre. Alors, je subis encore et encore. »

 

Thierry et Essengue responsable technique de la gestion du patrimoine réalise là son deuxième roman. Après « un long chemin depuis la rivière des crevettes » qui vous avait plongé dans l’histoire du Cameroun. Le voilà qui vous transporte à travers chaque page tournée, vers le monde de la pure émotion chargé de poésie, de Bahia à Paris.

Frisson horreur, Nouvelles, Suspense, Thriller

Storia

de Nicolas Beuglet, Roy Braverman, Ian Manook, Armelle Carbonel, Christophe Dubourg, Nicolas Duplessier, Damien Eleonori, Thomas Enger, Jacques Expert, Victor Guilbert, Johana Gustawsson, Vincent Hauuy, Lorraine Letournel laloue, Jerome Loubry, Mo Malo, Ludovic Miserole, Alice Morgane, Ivan Zinberg, Guy Alba
Poche – 15 octobre 2020
Éditeur : Hugo poche

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17 AUTEURS DE THRILLERS DÉTOURNENT LES CONTES POUR ENFANTS AU PROFIT DE L’ASSOCIATION ELA

Blanche-Neige à Amsterdam, Pinocchio à Los Angeles, le Petit Chaperon rouge à Paris, Boucles d’Or qui tombe en panne là où elle aurait mieux fait de ne jamais s’arrêter, le Petit Bonhomme de pain d’épices en proie à un serial killer trop gourmand… mais aussi Peau d’Âne, saint Nicolas, Poucet, Cendrillon et beaucoup d’autres : dix-sept auteurs de thrillers détournent les contes de fées, les légendes et les mythes de notre enfance au profit de l’association ELA.

 

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Une très belle initiative que ce recueil de nouvelles, “Storia”. Non seulement cet achat permet de faire une bonne action pour l’association ELA, tout comme le précédent opus “Phobia”, puisque les droits sont entièrement reversés pour les enfants atteints de leucodystrophie, mais de plus on passe un “agréable” moment de lecture.

17 auteurs de thrillers ont détourné pour notre plus grand plaisir des contes populaires pour les transformer en nouvelles terriblement noires.

Il était une fois…
Qui n’a jamais frissonné à ces quelques mots ?

Enfants, j’ai toujours adoré les contes. La plupart, je les ai découvert un peu tard, car mes parents ne maitrisaient pas le français. Mais, j’ai le souvenir d’une maitresse à la maternelle qui nous en lisait très régulièrement… Nous étions tous assis parterre en rond… Seule sa voix perturbait le silence.

Il est toujours un peu difficile de parler d’un recueil de nouvelles. Les textes trop courts ne permettant pas souvent un développement optimal.

Comme pour chaque ouvrage de ce type, certaines nouvelles m’ont beaucoup plues, certaines sont même excellentes et j’ai même eu un coup de cœur. Mais malheureusement, j’avoue avoir été un peu déçu par certaines… C’est dommage.
Mais qu’importe mon ressenti très inégal, ce qui compte avant tout, c’est la démarche accomplie par les auteurs à travers ce livre.
De plus cela m’a permis de découvrir certains auteurs que je ne connaissais pas encore !

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Extraits :

« “Madame, si l’on en croit le conte, elle aurait du se réveiller, la princesse…”
Le sang bouillonnant dans ses veines, Clara se mit à hurler, si fort que le tonnerre grondant sur les plaines n’osait rivaliser. Surpris par sa réaction, les enfants se mirent à pleurer abondamment. La femme étendue sur le lit humide paraissait sur le point de s’éveiller, mais la plaie dessinée autour de sa gorge attestait le contraire. Paralysée par l’horreur, Clara fixait un point imaginaire dans le décor anxiogène. Puis, réalisant que l’auteur de cette macabre mise en scène pourrait encore errer dans les parages, elle mobilisa toutes ses facultés pour conserver son sang-froid. Se détournant du cadavre, la jeune femme s’adressa calmement à ses petits protégés.
“Rentrons au campement”.
Puis elle ajouta :
“Maintenant !” »
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« Mais j’étais surtout désabusé depuis un bail. Par ce que mes yeux avaient déjà pu constater auparavant : l’état du monde. Le fric et le pouvoir.
– L’éternelle lutte des classes, les nantis et les pauvres, approuve Ferguson, résigné.
– Oui, mais pas seulement. Vous avez vu ce qui se passe dans ce monde, justement ? Cette moralité à deux balles, cette police du rire, ce puritanisme de pacotille. À terme, on régulera l’amour, le droit d’aimer une personne et pas une autre, on te dira avec qui baiser ou avec qui ne pas le faire. Tu ne trouves pas ça paradoxal, toi, qu’à une époque où on glorifie les libertés individuelles, où l’on a accès à tous, le moralisme soit devenu une arme de destruction massive ? Et puis merde… Pourquoi suis-je ici parmi vous ? »

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Émotion, Humour

Les Semeurs de bonheur

de Cécile Pardi
Poche – août 2021
Éditeur : MonPoche

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« Ça rend heureux de rendre les autres heureux ! »

Perrine, la cinquantaine, au chômage, n’aurait jamais imaginé qu’un petit chien en piteux état pourrait la sauver de la dépression. Ni que, en ramenant chez elle l’animal trouvé sur sa route, elle sortirait de sa solitude et se lancerait dans des missions de bonheur qui transforment la vie… et peut-être celle des autres aussi.

« Un roman très inspirant et émouvant. »
Matthieu Ricard

« Un livre qui fait du bien à l’âme et au cœur. »
Brigitte Bardot

« Un merveilleux moment. »
Anna Gavalda

Ce titre a obtenu le Prix Animalis 2019 – Animaux Bonheur

 

2021_057_ Pardi Cécile - Les semeurs de bonheur

 

C’est une bouffée d’optimisme, un tsunami de bonheur !
J’ai dévoré ce “petit” livre qui m’a ému, bouleversé, attristé, mais m’a fait rire aussi…

Perrine, la cinquantaine, est au chômage depuis quelques temps. Mais, malheureusement, actuellement dans notre société, c’est souvent un âge difficile pour retrouver un emploi. Alors, pour lutter contre la déprime et l’ennui, elle a soudain une idée de génie : chaque jour, elle devra trouver une “mission de bonheur”. Elle va essayer de rendre les gens heureux autour d’elle, mais à une condition. Elle ne doit jamais tricher avec ses propres sentiments.
Ce qui avait commencé par quelques petites actions quotidiennes va finalement prendre des proportions inattendues.

L’auteure a une belle écriture, elle est dans le partage. Humour, amour et tendresse.

Dès les premières lignes, j’ai été emporté par le rythme et le sujet du roman. Il a eu sur moi un effet magique, m’a rendu heureux au fur et à mesure de ma lecture et m’a donné l’envie de (re)devenir un “semeur de bonheur”…
En effet, je faisais parti de ses gens qui disait “Bonjour !”, qui tenait la porte, se levait dans les transports pour laisser sa place, qui demandait dans les ascenseurs “À quel étage descendez-vous ?”, et qui systématiquement donnait la priorité aux piétons… Mais à force d’être regardé comme une bête étrange et de n’avoir que très rarement des mercis, petits à petits j’ai cessé d’être moi-même !

Ce petit roman de Cécile Pardi, m’a chamboulé. L’auteur à complètement raison. Il ne faut pas s’arrêter parce que les gens sont ingrats. Il faut continuer, car pour certaines personnes, ce petit moment égaillera leur quotidien, leur fera se sentir mieux et peut-être de nouveau exister ou être utile.
Certains passages du roman sembleront naïfs, mais cette histoire est surtout un moment de détente, elle vous fera du bien en ces temps difficiles.

Faites comme moi, laissez-vous séduire et entrainer dans cette “ronde folle”, par Fanette, Perrine, Sylvie, Martin, Léo le sauveur de dauphin et biens d’autres encore et qui sait, peut-être êtes vous aussi sans même le savoir un magicien du bonheur !

Je vous recommande cette “petite” lecture tout en douceur et en bonheur, un concentré d’optimiste…

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Extraits :

« Je l’ai trouvée ce matin sous le pont de la nationale. Elle était tellement faible et si sale que je l’ai crue malade ou blessée. Mais non, comme tu vois, il a suffit d’un repas, d’une sieste et d’une douche pour la remettre sur pattes !
– Tu vas devoir demander au vétérinaire de la région si sa disparition a été signalée. Elle doit appartenir à quelqu’un.
– J’aimerais tellement la garder… Qu’en penses-tu, Petite Bête ? Tu aimerais rester avec nous ?
Elle a répondu affirmativement en aboyant d’une belle voix claire. Cela nous a fait rire. Elle était avec nous depuis quelques heures et nous apportait déjà le bonheur. »
…/…
« Tu vois, tu peux rester zen. Pas la peine de s’énerver contre les mufles de cette espèce, ça leur retombe toujours sur le nez. Toi, ton job, c’est de faire tes missions de bonheur et même si les autres le comprennent pas, c’est pas grave. Tu restes sur ta ligne, tu traces ton sillon sachant qu’un beau matin, la vie te sourira. Je crois que c’est l’erreur que font beaucoup de gens. Ils arrêtent d’être gentils parce qu’il trouvent les autres ingrats. Mais il faut pas s’arrêter à un ingrat, ni deux, ni même trois ou quatre parce qu’un jour, Perrine, ça te reviendra… »

 

 

Cécile Pardi est enseignante (français langue étrangère) en Suisse. Elle est l’auteur de romans, de nouvelles, et de livres pour enfants. Sa passion pour les chevaux remonte à l’enfance. Elle a acquis son premier cheval il y a une dizaine d’années et depuis, elle chemine avec eux. Elle s’est initiée à la communication animale et aux soins énergétiques pour mieux les comprendre et les accompagner. Ce roman s’inspire de ce qu’elle vit tous les jours avec eux.

Émotion

Je revenais des autres

de Mélissa Da Costa
Broché – 5 mai 2021
Éditeur : Albin Michel

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Philippe a quarante ans, est directeur commercial, marié et père de deux enfants. Ambre a vingt ans, n’est rien et n’a personne. Sauf lui.
Quand submergée par le vide de sa vie, elle essaie de mourir, Philippe l’envoie loin, dans un village de montagne, pour qu’elle se reconstruise, qu’elle apprenne à vivre sans lui. Pour sauver sa famille aussi.
Je revenais des autres est l’histoire d’un nouveau départ. Le feuilleton d’un hôtel où vit une bande de saisonniers tous un peu abîmés par la vie. Le récit de leurs amitiés, doutes, colères, rancoeurs, amours aussi.
Le roman des autres, ceux qu’on laisse entrer dans sa vie, ceux qui nous détruisent mais surtout ceux qui nous guérissent.

“On abandonne [les personnages] avec regret. Un panorama […] qui ravira les amoureux du cinéma de Cédric Klapish.” Lire-Le Magazine Littéraire

“Je revenais des autres est un très beau roman qui rappelle avec lucidité et intelligence que c’est toujours dans le regard et l’écoute des autres que l’être humain puise sa force et sa grandeur” L’Avenir

“Un livre touchant. Une ode à la résilience. À lire absolument” Le Progrès

 

2021_056- da Costa Mélissa - Je revenais des autres

 

Tout d’abord je tenais à remercier Caroline Vallat pour ce roman… Dès sa réception, je me suis douté que le livre que je tenais entre mes mains n’était pas banal et allait me marquer !

« Je revenais des autres » fait parti de ces romans que je n’ai pas pu lâcher, une fois commencé. De plus, je dois avouer que c’est le cœur triste, qu’à la dernière page tournée, j’ai quitté Ambre et tout ses amis… Quelques pages de plus n’auraient pas été pour me déplaire.

Ambre a vingt ans, elle la vie devant elle. Trop maquillée, trop alcoolisée, et triste de ne pas être aimée comme elle le souhaiterais, elle a tout quitté, ses études, sa famille, ses amis. Elle est la maîtresse de Philippe, un homme marié, qui l’entretient dans un petit studio qu’il a pris pour partager leurs ébats sexuels plus facilement. Elle ne se sent pas aimé suffisamment.
Un jour, il arrive ce qui devait arriver, elle n’en peut plus de cette situation et s’ouvre les veines…
Sauvée de justesse par Philippe, il décide de l’envoyer à Arvieux, un petit village des Hautes-Alpes, travailler dans un hôtel, afin qu’elle se reconstruise dans un autre milieu, afin qu’elle apprenne à revivre, parmi un groupe de saisonniers, en tant que serveuse. Ambre fera la connaissance de ceux qui partageront sa nouvelle vie et habiteront avec elle au 3e étage de cet hôtel. Tim, Andréa, Rosalie, Sophie… et bien d’autres…

« Je revenais des autres”, c’est l’histoire de ce nouveau départ, de cette reconstruction, d’une résurrection peut-être ? C’est un récit d’amitiés, d’amour aussi, de doutes, de colères et de pardons.
C’est fort, c’est puissant ! Doux et dur à la fois.
Ce n’est pas un “feel good” dans le vrai sens du terme, mais finalement n’est-ce pas ça la vie, un enchainement de hauts et de bas ?

Je découvre Mélissa Da Costa avec ce roman. Elle m’a touché, m’a captivé et m’a fait pleurer aussi. Mais en dépit de certains passages « tristes », c’est un véritable un hymne à la vie !
Je suis persuadé que ce roman pourra toucher une multitude de gens, tant les sujets abordés sont différents. Abandon familial, abandon sentimental, le silence, le besoin d’aimer, celui d’être aimé, l’amitié, le partage, le don de soit… Tout est là, caché entre les lignes. Il ne tient qu’a vous de suivre Ambre dans ce bel hôtel où l’humanité y est puissante et omniprésente… Ambre avait juste besoin qu’on lui tende la main.

Que d’émotions, nouveau coup de cœur pour moi !
J’ai bien l’intention de lire très vite les deux premiers romans de Mélissa…

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Extraits :

« Quand j’étais petite, je m’amusais un petit jeu. Je m’imaginais que j’avais le pouvoir d’arrêter le temps sur le moment de mon choix, pour pouvoir en profiter. Je me demandais sans cesse : « Est-ce maintenant ? Est-ce que j’aimerais appuyer sur pause ? » Et puis, je me disais qu’il y aurait d’autres moments plus heureux. Ce n’était jamais totalement parfait. Je n’avais droit qu’à une seule pause, pour toute ma vie, alors il fallait bien la choisir. J’ai arrêté ce petit jeu quand je suis entrée au lycée, je crois, plus ou moins.
Et puis l’autre jour, on rentrait d’un après-midi ski : Gabriel, Rosalie, Sophie dans le porte-bébé, Anton, Tim et moi. On est passés à l’appartement de Gabriel puisqu’on avait deux heures devant nous avant de reprendre le service. On avait tous pris des coups de soleil et on était affamés. Je donnais le biberon à Sophie, sur le canapé. Rosalie et Tim préparaient une salade de fruits dans la cuisine. Rosalie riait aux éclats, je l’entendais depuis le salon. Gabriel avait mis de la musique : il avait acheté un nouvel album qu’il voulait nous faire écouter. Anton était accroupi devant la chaînes hi-fi et ils discutaient d’un groupe de rock je crois. Et ça m’est revenu d’un coup, comme ça, sans prévenir, le petit jeu de la pause. Je me suis dit : “Ça, c’est un moment parfait”. »
…/…
« Longtemps j’ai cru qu’être heureux, c’était trouver une stabilité, vivre un bonheur sans tâche, jamais troublé, jamais questionné. Ne pas faire de vagues. Finalement, j’ai compris que être heureux, ça peut être au contraire choisir de faire table rase du passé, perdre des gens pour prendre le risque de rencontrer d’autres. Être heureux, c’est quelque chose qu’on obtient quand on a eu le courage de tout envoyer balader et qu’on a pris le risque de tout recommencer à zéro. Être heureux, ce n’est pas la sérénité, le calme et le bonheur sans vague. C’est au contraire être capable de tout faire voler en éclats, de tout remettre en question, toute sa vie si on le souhaite. »

 

 

Mélissa Da Costa, 30 ans, romancière française, a conquis son public avec son premier roman “Recherche compagnon(ne) de voyage pour ultime escapade” (2017), sorti en librairie sous le titre “Tout le bleu du ciel” (2019). Salué par la presse, il a reçu le prix du jeune romancier au salon du Touquet Paris Plage. Elle s’est imposée très vite comme une auteure incontournable. Ses deux autres romans, “Les Lendemains” et “Je revenais des autres” sont des best-sellers.

Après des études d’économie et de gestion à l’Institut d’administration des entreprises de Lyon (IAE) (2008-2011), elle est chargée de communication dans le domaine de l’énergie et du climat.

Elle suit également des formations en aromathérapie, naturopathie et sophrologie.

Émotion, Drame, Historique, Noir, Thriller

Personne n’a oublié

de Stéphanie Exbrayat
Broché – 13 juin 2019
Éditeur : Éditions De Borée

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Sam, huit ans, tombe du haut d’une grange et meurt le crâne fracassé. Pour sa mère Colette, impossible de croire à un accident. Elle soupçonne François, son mari, un homme violent et secret, de ne pas être étranger au drame. Dix ans auparavant, Colette, enceinte d’un autre homme, a été contrainte de l’épouser. Dès lors, son mari a imposé la terreur et la tyrannie au sein de leur foyer. Bravant la violence de cet homme, Colette s’engage dans une dangereuse quête de vérité. Quel rôle a t-il joué dans la mort de Sam ? Et quel est ce trouble passé que François semble vouloir cacher à tout prix ? Au cœur de ce petit village du Morvan, les esprits s’échauffent et les tensions remontant à la guerre atteignent leur paroxysme. Le village bruisse de rumeurs et de douloureux secrets ne tardent pas à resurgir…

 

2021_055_Exbrayat Stéphanie - Personne n'a oublié

 

“Personne n’a oublié”, ou comment un livre qui m’attendait depuis plusieurs mois, m’a retourné le ventre et la tête…

C’est le premier roman de Stéphanie Exbrayat que je lis, et c’est son premier roman !
Je trouve que c’est une belle réussite !
Je me suis laissé emporter très vite au gré des chemins sinueux parcourus par Colette.

Ce livre m’a complètement dérouté. Je pensais que j’allais lire un polar ou un thriller, mais pas du tout. Il parle de la seconde guerre mondiale, de la place très difficile que les femmes avaient à la fin des années cinquante, de la mort d’un petit garçon, d’un mariage arrangé, des blessures et des tensions qui peuvent agiter les esprits des habitants d’un petit village du Morvan en une période bien difficile… Et malgré tout ça le récit est construit comme un thriller !

Beaucoup d’émotions et de mystère, dans ce roman, beaucoup d’amour et de haine aussi.

Sam, fils de Colette, âgé de 8 ans est retrouvé mort dans la cour de chez lui.
Est-il tombé de la grange accidentellement où quelqu’un l’a-t-il poussé ? Commence alors les doutes et les suspicions.
Une mort qui paraît suspecte à sa mère qui va, envers et contre tout rechercher ce qui s’est vraiment passé. Très vite elle va soupçonner François, son mari. Colette avait réussi jusque là, à lui cacher que Sam n’était pas son fils…
Pour réussir son objectif, elle n’aura d’autre choix que d’être forte, et de toute façon elle a promis à son fils de découvrir la vérité coûte que coûte.

L’écriture est très fluide et le récit montant en puissance au fur et à mesure contribue à une lecture plaisante et addictive, j’ai régulièrement eu l’impression d’être dans un huis clos. Il y a de nombreux rebondissements, je pense indéniablement que le fond historique du récit est pour beaucoup dans la mise en place de ce suspense, nous ramenant à une période où la condition féminine était quelque chose de complètement inconnue.

Cette histoire est dure et puissante, saura-t-elle trouver en vous, sensibilité et bienveillance ?
Personnellement une très belle surprise pour moi !

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Extraits :

« Avant, j’étais douée pour embrasser les beautés de ce monde, pour apprécier tous les détails infimes qui rendent la vie belle. J’étais douée pour le bonheur. Mais ma petite voix c’est tue. Elle avait résisté à la mort de ma mère, puis à celle de Guy mais Sam… C’est trop insupportable. Je me sens comme dans une boîte. Une boîte avec un couvercle bien fermé. Une geôle où je ne sais plus distinguer la terre du ciel. Sam est mort et l’azur s’est vidé. Les oiseaux ne chantent plus. Les fleurs n’ont plus d’odeur. Plus rien n’a de goût. La beauté de ce monde est sortie de mon champ de vision. Je suis dans un caisson étanche. Je n’entends plus. Je ne vois plus rien. Tout a disparu. Sam a tout emporté avec lui. Ma bonne étoile n’a pas su me protéger du pire mais elle me maintient survivante malgré le pire. Elle me porte sur un chemin tourmenté qu’il me faut continuer de parcourir.
Quand j’ai eu envie de mourir après le décès de Guy, le docteur Verdier m’a fait comprendre qu’il y avait toujours une raison de rester en vie. Aujourd’hui je dois trouver laquelle. »
…/…
« Elle sait qu’elle va devoir y passer. Alors elle monte. En silence elle se déshabille dans le noir, se vêt pour la nuit, et elle s’étend sur le matelas. Il remonte sa chemise de nuit. Sa grosse paluche rêche et calleuse malaxe un de ses seins. Il écarte ses cuisses d’un geste brutal et s’allonge sur elle de tout son poids. Son corps l’écrase. Le souffle de son haleine postprandiale fouette son visage. Elle a envie de le griffer, de lui donner des coups, de lui arracher les cheveux. Au lieu de ça, elle reste raide est défigurée par le dégoût. Comme d’habitude. Son sexe dur et pressé pénètre férocement en elle. Elle a mal. Il donne quelques coups de reins. Le sommier crie. Elle, ne peut pas. Le visage tourné sur le côté, la mâchoire crispée, elle mort son poing jusqu’au sang. Il pousse un grognement, puis un deuxième et enfin un dernier, plus long, plus profond. La tension dans son corps se relâche. Il retombe lourdement sur le côté. Le bourdonnement de son flux et reflux respiratoire s’installe dans la pièce, régulier et puissant, enflant jusqu’à faire vibrer les barreaux du lit.
Colette a envie de hurler. »

 

 

Stéphanie Exbrayat a exercé de très nombreux métiers avant de se consacrer à l’écriture. Personne n’a oublié, son premier roman a connu un très beau succès, tout comme son deuxième roman, Colère assassine. Cependant, désireuse de se sentir libre d’écrire ce dont elle a envie, Stéphanie Exbrayat choisit la comédie pour son troisième roman Et après tout ça, l’amour !

Émotion, Humour, Suspense

Les Couleurs de la vie

de Lorraine Fouchet
Poche – 4 avril 2018
Éditeur : Le Livre de Poche

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Fraîchement débarquée de son île bretonne à Antibes pour devenir la dame de compagnie de Gilonne, Kim est frappée par la complicité qui unit cette ancienne actrice à son fils unique. Aussi, quelle n’est pas sa surprise lorsqu’elle apprend que celui-ci aurait disparu des années plus tôt… Gilonne est-elle victime d’un imposteur ? Guidée par son désir de protéger celle qui pourrait être sa grand-mère, Kim va tenter de percer le secret de cette mystérieuse famille.
Des vagues de tendresse, un parfum de Bretagne, une pincée de suspense et de l’humour à foison… : Lorraine Fouchet déploie ici toute la magie de son écriture.

Un véritable hymne à la vie, bourré de charme et résolument optimiste.
Valérie Gans, Madame Figaro.

Un roman choral parfaitement mené et attachant.
Anne Michelet, Version Femina.

Un trio stimulant.
Philippe Vallet, « Le Livre du jour », France Info.

 

2021_054_Fouchet Lorraine - Les couleurs de la vie

 

Lorraine Fourchet fait partie de ces auteures qui nous permettent, non seulement de rêver mais aussi de sortir un peu de notre quotidien…
Avec “Les Couleurs de la vie”, elle nous offre un roman délicat sur l’enfance, la vie, l’amour et aussi la mort…
Beaucoup d’émotions se dégagent de ce roman. J’ai retrouvé l’île de Groix, comme dans beaucoup de ses romans, mais Lorraine nous fait aussi voyager dans le midi de la France, là où les cigales chantent avec un accent différent, là où se soleil est toujours au rendez-vous !

“Les Couleurs de la vie”, c’est l’histoire de Kim, une Bretonne qui vit dans l’île de Groix, elle est libraire. Elle vient de perdre sa grand-mère qui l’a élevée après à la mort de ses parents, et cherche à savoir pourquoi elle s’est suicidée. Finalement elle décidera de quitter son île, de quitter son amoureux, et partir pour Antibes…
Elle trouve un travail. Elle va s’occuper d’une vieille dame, Gilonne, qui commence à perdre la mémoire. C’est son fils Côme qui l’a voit une fois par semaine qui va l’embaucher. Mais très vite, Kim apprendra que le fils unique de Gilonne est décédé deux ans plus tôt !
Qui donc l’a engagé pour s’occuper de Gilone ?
Qui est cet homme qui se fait passer pour son fils ?
Kim va mener “Son enquête” afin de découvrir pourquoi est-il entré dans la vie de cette femme.

“Les Couleurs de la vie” est un très beau roman plein d’amour, de tendresse.
Tous les personnages qui gravitent autour de Kim ont une vraie importance, certain sont un peu fous, mais tous brillent à un moment ou un autre.

Lorraine Fouchet est une personne qui aime les gens, les animaux et la vie, et je m’en rends bien compte à travers ses mots. Non contente de nous faire vibrer avec ses personnages, elle donne dans ce récit encore une fois la parole à certains objets. Un réfrigérateur, un miroir, un piano…

Cela a été pour moi un très joli moment de lecture sur le refus de la vieillesse, sur l’amitié, sur l’amour.
La musique aussi a une part très importante dans ce récit. Je me suis composé ma “play-list” musicale et je l’ai écoutée tout le long de ma lecture…

Ce roman demande à s’ouvrir. Il faut le lire avec son cœur.
Merci Lorraine, pour cette histoire agréable, délicate, triste et belle à la fois !

Aimons-nous et profitons de la vie…
Kenavo d’an distro…

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Extraits :

« Le ciel n’a pas le même bleu, les jardins n’ont pas le même parfum, les Méditerranéens pas les mêmes inflexions que les Groisillons. Les cigales chantent, je suis téléportée sur une autre planète. Même les oiseaux ont l’accent du Midi, leur pépiement fleure la lavande. La mer ici est plate, sereine, je n’arrive pas à m’habituer à l’absence de marées. On se baigne à toute heure, les bateaux sont amarrés court, aucun marin d’eau douce ne se retrouve pendu au quai à marée basse. Il est loin, le temps des clichés : coiffe bretonne et sabots chez moi, fichu et tablier provençal ici. Tout le monde s’habille pareil maintenant : jeans et tee-shirts. Le phrasé, l’atmosphère, les pins et les vagues, eux, diffèrent. Intensité versus joie. Cantilène versus cavatine. »
…/…
« Le blanc s’étend sur ma tête, comme lorsque la neige recouvre les champs de coquelicots en hiver Mais je demeure rousse pour la vie. Nous sommes une élite, Kim. La rousseur est lié à un gène sur le chromosome 16. Ramsès II était roux, le roi David et Judas aussi. Nous avons plus d’allergies, plus d’accidents d’anesthésies, plus de coups de soleil, plus d’intensité, plus de hargne, plus de passion. Nous subissons plus de moqueries à l’école, nous nous défendons tôt, nous aimons plus fort, nous vivons plus grand. »

 

 

Lorraine Fouchet a perdu son père à 17 ans, juste après son bac. Elle est devenue médecin urgentiste pour sauver les papas des autres. Elle a travaillé pendant quinze ans au SAMU et à SOS Médecins, avant de se consacrer à l’écriture. Elle est l’auteur de 22 romans, dont Les Couleurs de la vie, Poste restante à Locmaria et Tout ce que tu vas vivre. Entre ciel et Lou, paru chez EHO en 2016, a remporté le prix Bretagne/priz Breizh, le prix Ouest et le prix Système U. Elle vit entre les Yvelines et l’île de Groix.

Émotion, Histoire, Polar, Suspense

Devoir de mémoire

de Éric Dupuis
Broché – 12 juin 2017
Éditeur : Ravet-Anceau

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Durant la Seconde Guerre mondiale, Edith Cuvelier fut malgré elle la favorite d’un colonel SS. Une expérience qui la hante toujours. Aujourd’hui âgée et malade, elle décide de se cloîtrer, fusil à la main, dans sa résidence du bassin minier. Son but ? Se protéger des « hommes en noir ». Alertés par l’entourage de la vieille dame, le major Kaczmarek et l’agent à la retraite Constantini font chez elle une macabre découverte. Son mari, égorgé. Pour Constantini, les coïncidences n’existent pas : le mode opératoire lui rappelle une ancienne affaire menée par son père. Affaire sur laquelle Edith avait déjà été inquiétée… Kaczmarek, quant à lui, décide de n’écarter aucune piste et interroge les proches de la suspecte. La même question est sur toutes les lèvres : peut-on échapper au passé ?

 

2021_053_Dupuis Eric - Devoir de mémoire

 

Dernièrement, j’ai plutôt été déçu par les derniers Polar que j’avais lu… Certains même, je ne les avais pas chroniqués, cela ne me semblait pas utile.

Avec “Devoir de mémoire”, Éric Dupuis me réconcilie avec le genre !

Édith Cuvelier est une jeune fille, durant la seconde guerre mondiale. Lorsque les allemands envahissent sa région, contre sa volonté elle va devenir la muse d’un colonel SS, elle subira alors tous les outrages. À la fin du conflit, lorsque les allemands sont partis, elle pense alors enfin souffler… On la traitera de “pute à Nazi”. Elle sera battue et on lui rasera la tête…
Aujourd’hui des années plus tard, elle est devenue une vieille dame, elle a 90 ans, elle est malade et vit avec son mari malade aussi. Un soir, elle prend une arme conservée par son mari après la guerre et se met à tirer dans tous les sens pour se protéger des « hommes en noir »…

La police arrive très vite et trouve une scène de crime horrible, son mari a été égorgé durant son sommeil.
Pour Constantini, policier à la retraite, le mode opératoire lui rappelle une ancienne affaire qui n’a jamais, à son grand malheur, jamais été résolue.
Le tueur en série est-il revenu 20 ans plus tard ?
Est-ce un Copycat ?

Une nouvelle enquête, et pas des moindres, pour nos enquêteurs de choc !

Étant passionné d’Histoire, j’ai beaucoup aimé ce roman. Les différents passages se déroulants à la fin de la seconde Guerre mondiale, l’intervention des Nazis qui à ce moment là, sont toujours dans l’espoir de régner durant mille ans, L’intrusion dans un monde que je connais assez peu, celui du troisième âge, de la maladie et de la perte de repères que nos anciens d’un seul coup subissent…
Mais, c’est surtout sa région natale que l’auteur à décidé de développer, la région du Nord-Pas-de-Calais, et parfois j’ai vraiment eu l’impression d’y être. “Devoir de mémoire”, se déroule après “Aussi noir que le charbon”, j’étais content de retrouver les mêmes enquêteurs qui sont attachants, mais ce récit est encore plus “fouillé” que le précédent je trouve. Il n’est d’ailleurs pas utile de l’avoir lu pour comprendre cette “suite”, mais pour une meilleure vision globale des personnages principaux et de leur vécu, personnellement je préfère. Dans ce nouvel opus il y aura encore beaucoup recherches historiques et régionales.
Le récit est fluide et très bien construit, les personnages vivants. La lecture est prenante, sans temps mort et très agréable…

Une intrigue très bien menée qui va vous plonger au cœur de la Seconde Guerre mondiale dans un premier temps, puis dans une enquêtes qui va de rebondissements en rebondissements, mais aussi aussi un récit très humains qui m’a forcé à réfléchir et me remettre en question sur beaucoup de choses.

Et quel final ahurissant…

Merci Éric et bravo, encore une fois tu m’as bien baladé, là, où vraiment tu le souhaitais…

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Extraits :

« – Je suis obligée de nous protéger. Ton père ne fait plus rien contre eux, il dort tout le temps ! Je n’ai pas envie qu’ils nous fassent du mal… Je ne veux plus souffrir…
– Qui oserait vous faire du mal ? Les gens qui s’occupent de vous ? Tu sais que je suis capable de les arrêter, alors donne-moi leurs noms !
– Oh, je ne sais plus… Je ne m’en souviens plus… Tout ce que je sais, c’est qu’ils sont plusieurs… L’autre jour, on m’a porté des coups et ton père a crié, tellement on lui faisait mal… Je ne veux plus voir personne. et j’ai trop souffert. Gamine, mon père me frapper. J’étais l’aiînée, donc je devais montrer l’exemple, en travaillant toujours bien à l’école et en étant un modèle pour mes frères et ma sœur. Mon père, André, ancien poilu de la guerre 14-18, aimait la discipline et l’ordre, raison pour laquelle il ne supportait pas le moindre écart de conduite. J’étais de suite giflée, sanctionnée et punie. Direction le cachot… le local à charbon. Tu imagines le nombre de fois où j’ai pleuré au cours de mon enfance ? C’est terminé, je ne veux plus qu’on me fasse du mal… »
…/…
« Une fois agrippée par les cheveux, j’ai été traînée jusqu’à la place publique d’Acheville. Tous les villageois qui ne me connaissaient même pas scandaient mon nom et crachaient toute leur haine sur moi, pendant qu’un résistant m’attachait à une chaise devant le monument aux morts de la guerre 14-18. J’entendais hurler « salope ! Putain ! Chienne de Boches ! » tandis que les touffes de mes cheveux dégringolaient inlassablement devant mes yeux, tailladés à coups de ciseaux, jusqu’à l’arrivée de la tondeuse qui acheva le carnage. J’étais forte et je savais que je n’avais rien à me reprocher. Outre le fait d’avoir été enrôlée de force dans ce manoir de malheur, bordel à Boches, j’avais réalisé des actes de résistance à l’ennemi. Les Américains l’avaient reconnu et dans quelques temps, je serai lavée de toutes ces atrocités. J’ai fait preuve de courage en leur montrant que la honte ne me gagnerait pas.
Une fois le crâne à nu, une femme lui avait peint une croix gammée sur la tête puis on l’avait attachée à une carriole tiré par un cheval de trait pour l’exhiber dans les rues. »

 

 

Né dans les années 1960 à Courrières dans le Pas-de-Calais, Éric Dupuis poursuit ses études secondaires à Lens avant d’incorporer le premier contingent de policiers auxiliaires en octobre 1986, puis de devenir gardien de la paix en 1987. Après plusieurs années sur la voie publique et trente ans de carrière dans la police nationale en région parisienne, il devient major-instructeur. En tant que formateur en sécurité intérieure, il enseigne aujourd’hui activités physiques et professionnelles : tir, auto-défense et techniques de sécurité en intervention. Il est également passionné par les arts martiaux et notamment par le krav maga, une discipline d’auto-défense qu’il pratique et enseigne en tant que 4e dan.

Dans le cadre de son travail d’acteur et de conseiller technique pour le cinéma et les séries télévisées, il se lance dans l’écriture et propose ses récits. Après Aussi noir que le charbon, il publie un autre polar se déroulant dans le bassin minier : Devoir de mémoire. Un retour aux sources, en quelque sorte…