Noir, Suspense, Thriller psychologique

Le Jeu du Chuchoteur

de Donato Carrisi
Broché – 2 octobre 2019
Éditeur : Calmann-Lévy

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En pleine nuit d’orage, l’appel au secours d’une famille. Autour de leur maison, un homme à capuche qui rôde. La police qui n’arrive qu’au petit matin. Le spectacle d’un carnage : du sang partout. Mais aucun corps. Ni parents. Ni enfants.
Mila, experte en enlèvements, ne voulait plus jamais enquêter. Mais tout porte à croire que le chuchoteur est de retour. Mila n’a pas le choix : il faut à tout prix l’empêcher de frapper à nouveau.

Donato Carrisi balade son héroïne entre jeu virtuel et réalité, innocents et assassins pervers, rebondissements et mystères.
Version Femina.

On retrouve le mélange envoûtant des thrillers de Carrisi : la science de la psychologie des tueurs, et un étrange ésotérisme chrétien.
Le Point.

Après l’inoubliable Chuchoteur et l’excellent L’Écorchée, un roman une fois encore très efficace.
Page des libraires.

 

2021_086_Carrisi Donato - Le jeu du chuchoteur

 

Cela fait maintenant plusieurs mois que ce livre était dans ma PAL. J’avais hâte de le lire, mais il n’est pas toujours évident de s’organiser comme je le souhaiterai !

Donato Carrisi fait parti depuis son premier roman de mes auteurs “chouchous”. Lorsque j’ai lu le premier tome, je l’ai littéralement dévoré et c’est avec la même fébrilité que j’ai enchaîné avec les trois autres au fur et à mesure de leurs sorties.

J’étais heureux bien sûr de retrouver Mila avec qui j’avais vécu des aventures passionnantes, au fil des différents opus. Elle fait partie de ses héroïnes avec lesquelles je suis en parfaite empathie avec son passé et son mal être… Aujourd’hui, elle a quitté sa vie d’enquêtrice, elle a quitté ses “Limbes”, pour partir dans un endroit isolé, et élever sa fille Alice, pour laquelle ses sentiments peinent décidément à s’exprimer. Très vite tous les ingrédients pour un bon récit se mettent en place. Des chapitres très courts, un rythme incroyable et très fluide, des révélations constantes qui ne m’ont laissé au final que très peu de repos.

Une famille complète disparait en pleine nuit. Tout indique un massacre à venir : un appel au secours, du sang partout, mais aucun corps n’est retrouvé.
“Le chuchoteur” est-il revenu ?
Pour Mila commence alors une course contre la montre pour l’empêcher le tueur de frapper de nouveau. C’est efficace…

Mais, et oui, il y a un mais…
Je trouve que cet opus est moins travaillé que les autres.
Malgré la volonté (très intéressante) de l’auteur de se confronter au monde des réseaux et des jeux vidéo, il m’a manqué un “petit“ quelque chose. Un peu de réalisme, peut-être du à l’évolution régulière du récit dans le monde virtuel. Peut-être aussi à cause du manque de liens avec le précédant opus où il restait des “zones d’ombres” à la fin du récit ?

J’ai malgré tout, passé un bon moment de lecture !
Les rebondissements m’ont tenu en “alerte” jusqu’à la dernière ligne, et je ne peux que vous le conseiller, quoi qu’il en soit.

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Extraits :

« La lettre arriva, comme toujours, en février.
Son contenu ne différait pas des autres années : le tableau clinique était inchangé et, pour le moment rien ne laissait présager de la moindre évolution. L’auteur de la missive concluait par la même formule que d’habitude :
« L’état général du patient est irréversible. »
Cette phrase était une invitation subtile à décider soit de prolonger d’une année la respiration assistée et l’alimentation artificielle, soit de mettre fin une fois pour toute à cette vie de légumes. »

« Un psychopathe constitue déjà lui-même une prison, se rappela-t-elle. Il abrite en lui un démon cherchant par tous les moyens à sortir, toujours. Les assassins les plus féroces ont l’air dociles et gentils, quand on les observe de l’extérieur. Pourtant, leur violence peut se manifester n’importe quand. C’est par ce biais que le démon fait savoir au monde extérieur qu’il existe et qu’il contrôle totalement son hôte. »

« Mila se dit que beaucoup de gens, n’ayant pas une vie passionnante, cherchaient les likes et les Followers pour se racheter. Toutefois, au-delà de l’aspect illusoire de ce genre d’approbation et du danger que cela représentait de se rendre vulnérables à la curiosité des autres, on pouvait se demander combien de temps les gens souffrant d’une véritable dépendance pouvaient-ils passer sans Internet. »

« On nous a dit qu’Internet était une révolution indispensable. Mais personne n’avait prévu le prix que cela coûterait… D’abord, ce n’est pas aussi libre qu’on veut nous le faire croire : sinon, pourquoi utiliserions-nous tous le même moteur de recherche ? Ils veulent qu’on ait les mêmes informations, ils ont uniformisé notre pensée sans qu’on s’en aperçoive… Et puis, Internet n’est pas équitable : c’est tyrannique. Et ce n’est pas vrai que cela répare les injustices sociales : au contraire, ça n’oublie pas, ça ne pardonne pas. Si j’écris quelque chose sur toi, personne ne pourra l’effacer. Même si c’est un mensonge, ça restera en ligne pour toujours. N’importe qui peut utiliser le Web comme une arme en sachant qu’il restera impuni… »

 

 

Né en 1973, Donato Carrisi est l’auteur du best-seller international Le Chuchoteur, traduit dans vingt pays et qui a reçu quatre prix littéraires en Italie. Lauréat du prix SNCF du Polar européen et du prix des lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie polar, il est l’auteur italien de thrillers le plus lu dans le monde. Son dernier roman publié chez Calmann-Lévy, La Fille dans le brouillard, a été adapté au cinéma avec Jean Reno.

Émotion

De Saint-Tropez à Sibiu

de Christian Avreix
Broché – 3 mai 2019
Éditeur : Édilivre

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Ce récit autobiographique nous emmène de la Côte d’Azur en Roumanie. On découvre comment une histoire familiale peut prédestiner un de ses descendants et comment l’histoire personnelle de celui-ci peut entrer en résonance avec son histoire familiale. La boucle est bouclée. Mêlée à de nombreuses références d’événements contemporains, oubliés ou méconnus en fonction de l’âge du lecteur, cette histoire, truffée de détails, impressionne tant par l’émotion de certaines situations, que par la mémoire phénoménale de l’auteur, lui permettant de retranscrire son enfance, son adolescence, ses années d’études, ses vacances, ses rencontres amicales, professionnelles, sa vie professionnelle de salarié puis de chef d’entreprise, sa femme, ses enfants, ses joies, ses peines, ses réussites, ses échecs.

 

2021_085_Avreix Christian - De Saint-Tropez à Sibiu

 

Avant tout, je tenais à remercier Xavier Mouille, pour l’envoi de ce livre il y a quelques semaines !

J’avoue d’abord avoir été surpris par cet envoi.
“De Saint-Tropez à Sibiu”, je savais que Sibiu se trouvait en Roumanie, et de prime abord, ce n’est pas du tout le genre de lectures auxquelles je suis habitué. J’ai très vite été embêté…
Pourquoi moi ?
Je l’ai mis de coté ! (On verra plus tard…)
Puis au bout de quelques jours je me suis mis à la place de Xavier qui avait eut la bienveillance de me faire cet envoi. J’ai repris le livre et me suis rendu compte que c’était “son” histoire !
Je l’ai donc glissé dans la PAL de mes livres “Surprises dans la boîte aux lettres”…

Et grand bien m’en a pris !

Ce n’est pas un roman. C’est une tranche de vie, un roman autobiographique qui m’a fait voyagé, pas seulement grâce au photos disséminées le long des pages mais tout simplement par un texte touchant, comme peut l’être la vie.
J’ai traversé la France mais aussi l’Europe, parfois en vélo parfois en voiture.
Plutôt doué à l’école, notre “héro” fait des études un peu poussées et s’oriente très vite vers tout ce qui tourne autour des mathématiques et des sciences. C’est un “technique”. Ce sera ensuite un enchainement d’anecdotes, tantôt drôles, tantôt moins et puis la vie professionnelle, avec des hauts, des échecs, de la prison, et oui… les injustices, la vie de couple et de papa. La vie quoi !

J’ai finalement passé un moment agréable de lecture avec une préférence sur la première partie jusqu’au service militaire, mais le reste n’en n’est pas moins intéressant.

Malgré mon appréhension, une belle “surprise” vers laquelle je ne serai jamais allé !

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Extraits :

« Au contrôle des passeports, le fonctionnaire m demande pour quel motif je rentre en Roumanie, et il examine le contenu de la voiture. Quand je lui dis que je viens m’installer à Sibiu pour y créer une entreprise, il a l’air très heureux, ne fait aucun commentaire sur le matériel que je transporte et me souhaite une bonne chance. Je ne parle pas la langue roumaine, mais il comprend bien le français, comme un grand nombre de citoyens roumains depuis plus de trente ans. En effet, de 1947 à 1989, sous le régime communiste, la langue française été choisie par de nombreux parents, qui ne souhaitaient pas que leurs enfants apprennent la langue russe, seule alternative offerte. Depuis la révolution, la langue anglaise est proposée et majoritairement choisie comme première langue étrangère, la langue française choisie comme deuxième langue, ou, selon les régions, la langue allemande ou hongroise, en particulier en Transylvanie. »

« Comme l’année précédente, le mois de juillet se passe à Saint-Tropez, où notre grand-mère nous amène à la plage le matin et nous fait faire les devoirs de vacances l’après-midi. Les mois d’août et septembre se passent à Amélie-les-bains. Dans cette ville, j’ai accès à la bibliothèque municipale, et je prends goût à la lecture de nombreux romans d’aventures et d’anticipation, entre autres ceux écrits par Jules Verne, dans la collection originale de l’éditeur Hetzel. Le premier livre est « les enfants du capitaine Grant », passionnant Roman qui raconte la recherche de leur père disparu par ses enfants autour du trente-septième parallèle de l’hémisphère sud. »

« Cette particule, que les frères Bogdanov appellent « la particule de Dieu », permet d’expliquer comment ce serait passé la création du monde. Selon Albert Einstein, la fission de la matière crée de l’énergie, et réciproquement, l’énergie que transporte la lumière peut créer la matière, et cette particule, le « boson de Higgs » est indispensable pour effectuer la transformation dans ce sens là.
On pourrait donc expliquer la création de l’univers il y a environ quinze milliards d’années par la transformation de la lumière en matière. Il est étonnant que dans plusieurs religions on assimile depuis longtemps Dieu le créateur à la lumière ! »

 

 

Christian Avreix (Xavier Mouille), né en 1945 à Paris quand ses parents sont revenus de Prusse orientale, n’a écrit pendant sa vie active que des comptes rendus de réunions techniques et commerciales à destination de ses supérieurs et de ses collègues. Ce récit est le développement des réponses données à ceux qui lui demandaient les raisons de son expatriation.

Émotion, Historique, Suspense

Alexandre*

Le pacte de Babylone
de Annette ROSSI
Broché – 30 août 2019
Éditeur : Sentiers Du Livre

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Que signifie l’étrange symbole que découvrent un archéologue-linguiste en Turquie et un égyptologue de renom à Alexandrie ? Deux lieux aussi éloignés dans le temps que dans l’espace. Leur rencontre va les entraîner dans une aventure extraordinaire, les confronter à une alliance obscure qui voit le jour à Babylone en 323 avant Jésus-Christ, année où disparaît Alexandre le Grand. Les énigmes vont s’accumuler, les mystères s’épaissir. Alètheia musterion apocryphe ptoselper. Quel sens donner à cette inscription ? Où se trouve le tombeau du roi macédonien ? Quel mystère entoure la mort du Conquérant ? Quel lien avec le manichéisme et les croisades ? Et pour quelle raison la vérité ne doit-elle pas éclater ? Ferait-elle réellement basculer le monde dans le chaos ? En plein conflit pétrolier et insurrection kurde des années soixante-dix, des villes mortes du Proche et Moyen-Orient à l’Égypte, en passant par les rives du Bosphore et les gratte-ciel de Manhattan, nos héros se lancent dans une dangereuse quête dévoilant une nouvelle et inquiétante perception de l’histoire.

 

2021_084_Rossi Annette - Alexandre* - Le pacte de Babylone

 

Un “Historico-Thriller” incroyable !

Pas facile de remettre les pieds sur terre à la suite d’un roman comme celui-ci…
J’ai littéralement été plongé dans un univers hors du temps en compagnie de tous les plus grands de l’Histoire, mon seul regret est de ne pas avoir les autres tomes pour pouvoir les enchainer.

Ma “rencontre” avec Annette Rossi, tient autant du hasard que du miracle. Quelle belle rencontre… Je lui souhaite tout le meilleur…
Je suis incapable d’imaginer le travail colossal qui à été réalisé par l’auteur, afin de nous proposer un ouvrage tel que celui-ci.
Je me suis senti “tout petit” le long de ma lecture, devant les connaissances historiques d’Annette !
Je n’ai pu m’empêcher le long de ma lecture, d’aller régulièrement sur “google” pour voir les sites visités par nos héros !

Rarement, ou peut-être même jamais je n’ai lu de roman avec autant de références sur l’histoire du monde et sur autant de périodes différentes, avec autant d’allers-retours dans le temps et de plus avec une telle fluidité dans la lecture… Je m’incline devant cet exploit.
Et non contente de toutes les informations qu’elle nous transmet, elle arrive en plus, à trouver une intrigue incroyable qui ira au-delà de l’imagination la plus folle…
Une trame politique et historique (bien sûr !) qui englobe le monde !

Vous aimez aussi la géographie ?
L’Italie, l’Égypte, la Perse, la Turquie, l’Arménie, la Syrie, l’Inde, l’Iran et biens d’autres pays entre Orient et Occident, n’auront plus de secrets pour vous.
Sans oublier, les Religions et les différentes langues utilisées dans le roman…
Véritable condensé de plus de deux mille ans d’histoire saupoudré aussi de différends politico-économiques contemporains.
C’est magnifique !

Vous êtes férus de belles histoires ?
Celle qui sont bien construites et qui vous font rêver ?
Alors, venez rejoindre Philippe, archéologue et linguiste, ainsi que celui qui deviendra très vite son meilleur ami, Didier, égyptologue de renom, dans cette aventure incroyable aux multiples rebondissements, où plane au-dessus de nos deux héros l’ombre de la mort gravée dans les pierres.

Pour le coup, Annette, je vais me permettre de te tutoyer… Pour te dire un grand SPAS (merci) de m’avoir contacté, mais surtout de m’avoir fait rêver comme tu l’as fait !
J’espère que nous aurons l’occasion de nous rencontrer…

Très gros coup de cœur !!!

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Extraits :

« En traversant l’Euphrate, fleuve mythique, source de vie et de cultures, Philippe pénètre en Mésopotamie. Frôlant le sol du « pays entre deux fleuves », le linguiste pense aux paroles de Jean Bottéro : « tout commence là, en Mésopotamie ». Les brillantes civilisations qui se sont développées sur les plateaux et dans les vastes plaines entre le Tigre est l’Euphrate ont engendré les prémices de l’histoire avec l’invention de l’écriture. »

« Le seigneur d’Ibelin admire depuis longtemps la vie subtile de l’Orient. Il pense à Alexandre qui, au lieu de rencontrer des peuples barbares, découvrit un raffinement que même la Grèce ne possédait pas. La situation mille quatre cents ans plus tard est comparable. Aux yeux des Occidentaux, les peuples d’Orient ne valent guère mieux que des sauvages. Or, leur degré de connaissances en mathématiques, physique, astronomie, médecine, est largement supérieur à celui de l’Occident. L’Orient a su se servir des ouvrages scientifiques de l’Antiquité, a hérité du savoir de l’ancienne Perse et est allé à la rencontre des civilisations indienne et chinoise. Le papier a rapidement fait son apparition dans le monde musulman, des universités et des bibliothèques sont apparues dans toutes les régions. L’enseignement et la recherche sont encouragés. Les savants, quelles que soient leurs croyance, sont profondément respectés. »

 

 

Née aux Pays-Bas, passionnée de voyages, d’histoire et d’archéologie, très tôt Annette part à la découverte du monde et consigne ses expériences sur des carnets. Un jour, sur sa route, elle croise deux aventuriers avec lesquels elle se lie d’amitié et qui donneront naissance aux héros de son premier roman. Aujourd’hui, elle vit en France, au pied du mont Blanc dans la vallée de Chamonix.

« Le besoin de décrire ce que je vois, ce que je vis, ce que je ressens, existe depuis mon enfance. Mes voyages me donneront l’occasion d’exprimer cette passion et ces notes donnent naissance à des récits en néerlandais. Plus tard, je découvre le plaisir d’écrire en français. Une langue tellement riche, tellement raffinée, qu’elle permet de trouver toujours le mot juste, la parfaite nuance. Je publie un blog de voyages sur WordPress : Voyages au-delà de l’horizon et un blog d’images en trois langues ; français, néerlandais, anglais : Images au-delà de l’horizon. Puis, un jour, une intrigue traverse mon esprit… »

Annette Rossi

Adolescence, Émotion, Drame

Un long chemin depuis la rivière des crevettes

de Thierry Essengue
Broché – 23 août 2018
Éditeur : Éditions de l’Onde

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Pascal, un jeune métis, abandonné par sa mère à sept ans va vivre un incroyable destin. D’abord un long combat engagé dans cette vie façonnée par deux cultures, depuis une enfance bercée par les moeurs de l’Afrique jusqu’à une maturité forgée par une forte résilience. Avec authenticité, poésie et émotion, l’auteur nous conte une histoire faite de rencontres extraordinaires, de situations cocasses, épiques ou dramatiques. Un magnifique voyage, par ailleurs enrichi de références historiques, culturelles et géographiques sur le Cameroun qui donnent un accent insolite à ce roman, en redistribuant la loi romanesque du genre et lui donnant une singularité profonde.

 

2021_083_Essengue Thierry - Un long chemin depuis la rivière des crevettes

 

Après la lecture de son premier roman “Pour l’amour de mon petit bout”, que m’avait envoyé Thierry Essengue, il me tardait de lire celui-ci…

C’est une très belle surprise !

“Un long chemin depuis la rivière des crevettes”, c’est la vie de Pascal, jeune métis très tôt abandonné par sa mère qui part avec son frère et sa sœur, obligé de vivre avec un père “qui ne le voit pas” et qui est très dur avec lui.
Réveils à coup de seau d’eau dans le lit, obligations de se débrouiller dans son quotidien, pour aller à l’école (20 km par jour), pour manger aussi. Pascal doit régulièrement cirer les chaussures de son père s’il veut un gagner un peu d’argent, laver tous les samedis la voiture familiale… Pascal à une vie triste et solitaire. Il a très peu d’amis. Très vite il se forge un caractère pour ne pas se faire avoir et va ainsi décider de sa propre vie, en prenant tous les risques.

Il veut savoir pourquoi sa mère l’a abandonné. Pourquoi elle ne lui écrit jamais. Pourquoi il n’a jamais de nouvelles de son frère ni de sa sœur. Pourquoi son père ne l’aime pas…
Quel est donc ce secret qui tourne autour de lui et l’empêche de vivre une vie sereine ?

Malgré la dureté du sujet, c’est un magnifique voyage que j’ai fait au Cameroun, pays que je connaissais fort peu.
La vie des gens, leurs cultures, la religion, la nature aussi, omniprésente. Un voyage extraordinaire avec une famille attachante, de plus en plus nombreuse avec tout un tas de rebondissements !

J’ai aussi beaucoup aimé les références historiques et culturelles disséminées tout le long de la lecture, qui m’ont appris énormément de choses.

Petit “bémol” par contre sur la forme.
Le texte est très beau et j’avais l’impression régulièrement d’avoir changé de pays, mais il y a beaucoup de “coquilles”, fautes d’orthographes, doubles espaces, etc… C’est dommage.
Peut-être qu’un nouvel éditeur pourrait travailler sur ce sujet ?

Un incroyable destin qui m’a fait passer par tout un tas d’émotions. C’est très poétique aussi. Un livre qui mérite vraiment d’être lu par tous ceux qui aime la vie, un message d’amour qui mérite d’avoir une nouvelle vie…

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Extraits :

« Je peux commencer cette lettre par cher père, mais non, ce sera Monsieur, car pour moi tu n’as jamais été autre chose qu’un étranger dont je porte le nom. À l’âge de 7 ans, je me retrouve seul avec un homme que j’appelle « mon père ». Pendant 12 ans, tu ne m’as jamais montré des signes qui m’auraient permis de confirmer cette filiation dans mon esprit et dans mon cœur. »

« – Maman, maman, t’es où ? J’ai quelque chose à te dire !
Aucune réponse, nous cherchons dans toutes les pièces, personne. Il n’y a vraiment personne, ni mon frère, ni ma sœur, ni mon père.
– Écoute, mon petit Pascal, va jouer dans ta chambre, je vais te préparer à manger. Ils vont peut-être arriver entre-temps.
Après le repas, je ne vois personne, je ne comprends pas. C’est alors que mon père arrive et tantine Sophie nous dit au revoir. Après son départ, mon père me prend dans ses bras et me dit :
– Tu sais mon fils, ta mère est partie avec ton frère et ta sœur, sans toi.
Cette explication simple ne veux rien me dire de concret dans l’immédiat, d’autant plus que mon père ne me donne pas d’autres explications. »

« Je vais comprendre que dans la vie, il n’y a pas que des méchants. Il y a aussi des gentils. Cette idée va me permettre au fil du temps, de développer un optimisme à toute épreuve est un espoir dans toutes les difficultés. Je crois aussi, qu’il y’a de la part de Samuel, un peu de pitié, de compassion et d’empathie. Cet homme souffre de ne pas avoir eu du fils et voilà que je suis près de lui, je prends ce rôle de façon involontaire. J’aurais donné ma vie pour retrouver ma mère et Samuel me donne l’impression d’être prêt à tout, pour atténuer ma peine. »

 

 

Thierry ESSENGUE est passionné de poésie et d’écriture depuis son adolescence. À travers les mots, il traduit sa sensibilité, aime faire ressortir les valeurs et les richesses de belles rencontres.
Aussi, celles des relations humaines du quotidien et la pudique expression de la sensualité. C’est pourquoi l’écriture – et surtout les mots, comme l’amour, l’amitié – fait partie des plus belles expressions de la vie qui ont cette magie. Cela nous aide à nous évader ou à nous transporter.
Il vit à Vaires-sur-Marne, et est responsable technique dans la maintenance du patrimoine des investisseurs.

Drame, Noir, Thriller psychologique

Les yeux d’Iris

de Magali Collet
Poche – 4 novembre 2021
Éditeur : Taurnada

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Un meurtre et un suicide.
Trois hommes. Trois femmes.
Des retrouvailles.
Un pacte.
Tout se paye, même l’amitié.

 

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Un grand merci à Joël des éditions Taurnada de m’avoir proposé ce “petit” bijou !

J’avais déjà beaucoup aimé le premier roman de Magali Collet “La cave aux poupées”.
Avec “Les yeux d’Iris” je suis resté “accroché” à mon livre jusqu’à la dernière ligne !

La thématique de ce thriller est très dure et particulièrement violente, puisque Magali a choisi LE VIOL comme ligne directrice, et elle ne mâche pas ses mots. Du coup difficile de dire que j’ai “aimé” le livre, tellement j’ai souffert avec les personnages féminins. Le sujet est très bien mené malgré le fait que ce n’est pas un roman à mettre dans toutes les mains. La pression monte, au rythme d’une ambiance très oppressante, la lecture est très rythmée jusqu’au final que je n’ai pas vu venir du tout.

Dans ce roman Magali nous entraîne dans la vie d’un groupe d’amis à travers les années : soirées, amours, secrets, souffrances, familles, silences aussi, la vie quoi !
Quand un jour, le suicide d’Iris va soudain tout faire basculer et créer plusieurs événements qui changeront leurs vies pour toujours.

Sombre, flashbacks violents, angoissants même, mais aussi poignant, et tout cela, distillé petit à petit tel un poison dans les veines…
Les Yeux d’Iris est un “grand livre” que je n’oublierai pas.
Lisez-le, il en vaut vraiment la peine, et vous vous ferez ainsi votre propre avis.

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Extraits :

« Bastien entra dans la pièce, lança sa veste sur le dossier d’un fauteuil et salua ses invités. Frédéric lui plut d’emblée. Sa poignée de main était franche, de celles qu’avaient les hommes qui ne se laissaient pas impressionner facilement et il aimait ça. Son sourire était sincère. Sa sœur, par contre, c’était tout autre chose : une femme à problèmes, il le sentait. Elle avait les cheveux bouclés roux qui descendaient un peu en-dessous des épaules. Une barrette retenait une mèche, qu’il imaginait rebelle, sur le côté de son visage. Elle portait une robe longue qui aurait pu sembler sage s’il n’y avait eu ce décolleté… Un décolleté de chaudasse, il en était certain. D’ailleurs, elle le regardait avec un sourire plein de promesses. »

« Et il y a eu le laboratoire. Le laboratoire, c’est Julie. Une pauvre fille venue se jeter dans la gueule du loup… dans ma gueule. Certaines n’ont vraiment pas de chance ! Je la plaindrais presque si elle n’était pas une femme, mais, comme toutes les autres, elle mérite de souffrir. Avec elle, j’expérimente, je m’améliore. Elle exécute tout ce que je lui demande de faire sans broncher. Plus elle accepte ce que je lui inflige et plus je la méprise. »

 

 

Née en 1972 à Colombes, Magali Collet est une passionnée des mots. Elle écrit des poèmes, des nouvelles et des chroniques depuis de nombreuses années. Sa sensibilité à la cause des femmes, celles qui souffrent de ne pouvoir échapper à leur condition, apparaît en filigrane dans tous ses textes. Avec son premier roman, La Cave aux poupées, elle plonge ses lecteurs dans les fosses ténébreuses des âmes, pleines de violences, d’angoisses, mais aussi d’un profond désir de rédemption.

Émotion, Drame

La ballade de John

de Martine Fève
Relié – 28 mai 2021
Éditeur : Nombre 7

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Dans une région perdue de l’Irlande rurale, au 19ème siècle, un homme médite devant la mer. Un refrain l’obsède que chantent les invisibles. Il est inquiet pour sa jument blanche mais c’est surtout le démon de la culpabilité qui le hante. Il va se lever et marcher la tête haute, malgré le fardeau qu’il porte en solitaire. John n’est pas seul, cependant. Sur son chemin, tissé de joies et de malheurs, des personnages l’accompagnent. La plupart bienveillants, s’il n’y avait le terrible Angus et son cousin Connor.

 

2021_081_Fève Martine - La ballade de John

 

Je découvre l’écriture riche et fluide de Martine Fève grâce, à “La Ballade de John”…

Comment vous décrire ce roman complètement hors du temps ?
Ce sont pour moi les ambiances qui se dégagent dans les différents chapitres qui m’ont cueilli. Beaucoup de douceur, de la beauté, c’est très cinématographique…
Je n’ai pu m’empêcher de lire d’une traite ce récit traitant de la culpabilité, mais pas que.
Loin de moi de vouloir le punir ou lui pardonner, mais l’esprit de John est perturbé. Il s’en veut pour ce qu’il a fait, et aucun jour ne passe sans qu’il n’y pense…
Il est allé voir le père Malone pour se faire absoudre, mais rien ni fait.
John est un poète, John est gentil et il voudrait savoir se repentir…

Et puis il y a Mary, la belle Mary, le père Malone, il y a Lord Henry aussi et son fils Angus, Ena, Connor et bien sûr Neil. Tous ces personnages très attachants m’ont fait sortir du récit pour pénétrer dans un “conte” où le temps soudain se ralenti, où il y a de la gentillesse, mais de la haine aussi, où il y a de l’amour et de la violence, où les gens se parlent et s’écoutent encore, certains qui ont peur, d’autres qui en profitent, il y a de la tristesse aussi, c’est envoûtant, très visuel…

Encore une fois un récit qui se déroule dans l’univers magique d’Irlande et qui ma touché le cœur.
Cette “expérience”, j’aurai voulu la prolonger davantage. J’ai malheureusement quitté trop vite cette ballade qui m’a mené loin, très loin dans ce monde à part…

Merci Martine, merci de m’avoir fait rêver avec cette histoire bouleversante.
Peut-être aurons nous une suite à cette ballade ?
En tout cas je l’espère…

À lire absolument devant un bon feu de cheminée !

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Extraits :

« Pourquoi ne pas t’arrêter un moment sur la route avec nous, la route ombragée où le soleil, à travers les arbres, tombe en flèches, comme la lumière d’un vitrail ? Au lieu de courir en soulevant des nuées de poussière. Pourquoi ne pas t’asseoir avec nous sur le fossé, ne rien dire, ne rien faire, rêver, apprendre le goût de la lenteur ? »

« Mary était fluette, petite et rousse, jolie d’un côté, étrange de l’autre. Son profil gauche, entamé par une tache brune dégoulinant du coin de l’œil sur sa joue, effrayait les enfants ou ceux qui la voyaient pour la première fois. C’était comme si elle avait pleuré des larmes de lave. Des éclaboussures étaient tombées sur ses avant-bras, déjà constellés, comme le reste de sa peau, de taches de rousseurs abondantes. Quand elle se présentait du côté droit, on avait envie de toucher ses joues limpides, du lait légèrement teinté de rose, mais, dès qu’on la voyait de face, Mary était d’une cruelle beauté. On disait que sa mère avait juré pendant sa grossesse, que la queue du diable en avait profité pour effleurer son visage. Une caresse sublime sur laquelle, y posant sa main, la mère de Mary avait appuyé jusqu’à teindre l’enfant au fond de son ventre. Une malédiction qui pouvait se transmettre. Croyance, à laquelle le père Malone n’accordait aucun crédit. »

« Le père Malone s’en alla, non sans un regard nostalgique vers un minuscule toit de chaume que l’on distinguait en bas de la lande. On sentait déjà dans l’air la jouissance de l’herbe prête à se dresser, un parfum de verdure qui serait lui aussi, bientôt, un éclat de rire. Il chatouilla Neil sous le menton, salua John, et, par habitude, leva ses doigts et les bénit. Il réaliserait plus tard combien son geste avait deux sens, ce jour d’été particulier. »

 

 

Martine Fève est née en Bretagne où elle a longtemps vécu, mais c’est au plus près de ses racines, en Irlande, qu’elle vit et travaille depuis plusieurs années. Auteure de deux recueils de nouvelles et d’un roman, Le chemisier blanc, La Ballade de John est son deuxième roman.

Fantastique, Thriller

La porte d’Abaddon

de Mathieu Bertrand
Broché – Livre grand format, 8 juillet 2021
Éditeur : M PLUS

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Janvier 1519 : Le capitaine Philippe d’Alesani est chargé par le Connétable Charles de Bourbon d’épurer la France des sorcières qui la hantent et qui continuent à échapper à la Sainte Inquisition. Lors d’une mission, il poignarde le sorcier Bune avant que ce dernier ne puisse lui révéler l’emplacement de la Porte du Mal.

Janvier 2019, Sud de la France : Isabelle vit un enfer auprès d’un mari alcoolique et violent. Son fils se met en tête d’assassiner ce père qui les terrorise. Dans le même temps, le commandant Patricia Lagazzi, officier de gendarmerie spécialisé dans les affaires criminelles liées aux phénomènes inexpliqués est missionnée dans les Landes pour y enquêter sur des disparitions qui s’y succèdent dans des circonstances étranges. Deux histoires sans le moindre point commun et qui pourtant vont s’entrechoquer dans une lutte qui mêlera sorcellerie, ordre religieux et services spéciaux du Ministère de l’Intérieur…

 

2021_080_Bertrand Mathieu - La porte d'abaddon

 

Après avoir lu “Le manuscrit des damnés” et “Les émeraudes de Satan”, deux thrillers ésotériques de Mathieu Bertrand, il me tardait de le retrouver avec “La porte d’Abaddon”, un livre qui dès les premières pages m’a complètement retourné…

Au XVIème siècle, le capitaine Alesani se voit confier diverses missions pour arrêter la sorcellerie et la magie noire. Il s’oppose au sorcier Bune qui sacrifiant dix âmes prépare le retour son maître, par le biais d’une porte du Mal. Mais Bune échoue…

Cinq cent ans plus tard, il est prêt à recommencer.

De nos jours l’œuvre du capitaine Alesani continue, des hommes et des femmes combattent les forces du mal à travers le monde.

À Mont-de-Marsan, la police assiste impuissante à plusieurs disparitions, l’enquête piétine. Patricia Lagazzi, commandant de police spécialisée dans les affaires criminelles liées à des phénomènes qui sont inexpliqués, intervient avec méthode et aborde l’enquête à “sa façon”.
Quel est donc ce sorcier, décidé à tout mettre en œuvre pour libérer sur terre un démon ?

Au même moment, chez eux, Isabelle et son fils Franck n’en peuvent plus des brutalités qu’ils subissent quotidiennement.
Christophe, mari d’Isabelle alcoolique et violent de nature, ne supporte plus son fils chômeur qui vit toujours à ses dépends. Alors il boit. Il boit jusqu’à perdre le contrôle. Ainsi, tous les jours Franck subit les coups portés par son père, et Isabelle est régulièrement violée. Le climat familial est très tendu, explosif même…

Deux histoires bien différentes. Et pourtant…

Le récit de Mathieu est parfaitement maitrisé et aussi très bien documenté.
Malgré les deux intrigues qui évoluent en parallèle, elles finiront bien sûr par s’entrecroiser.

Un livre sans temps morts, avec de l’action, une ambiance oppressante et glaçante. Plus l’intrigue avance, plus il vous sera difficile de le laisser.
Avec un dénouement à la hauteur du récit…
Mais j’en ai suffisamment dit. Vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Un thriller ésotérique et fantastique parfaitement mené et une fois de plus, une très belle découverte !

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Extraits :

« Les six soldats du roi Henri mirent pied-à-terre à moins de cent mètres de la cabane du sorcier Bune. Après avoir attaché leurs chevaux, ils formèrent un demi-cercle autour du capitaine Philippe d’Alesani. Les jambes écartées, les bras dans le dos, ils attendaient les dernières consignes.
Le jeune officier releva le col de sa vareuse et pencha la tête légèrement en arrière pour scruter le ciel. Les pâles rayons de soleil du début d’après-midi avaient disparu depuis bien longtemps. Dans moins de deux heures, il ferait totalement nuit. Philippe d’Alesani réfléchit un instant. Il ne devait rien oublier et surtout, ne pas laisser quoi que ce soit au hasard. »

« Tout en garant sa voiture sur un parking du centre-ville de San Sebastián, il sourit aux souvenirs des hurlements qui sortaient de la gorge de l’un des vieux brésilien quand, à l’aide d’une machette, Bune lui avait sélectionné les membres les uns après les autres jusqu’à ce que ce dernier se soit totalement vidé. Il avait ensuite bu le sang du sorcier quimbanda pour, comme avec la vieille Ardéchoise, s’en approprier la force. »

Polar, Suspense, Thriller

Naija

de Thierry Berlanda
Broché – 7 octobre 2021
Éditeur : M PLUS

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Paris. Demain.
Jacques Salmon et Justine Barcella, l’équipe de liquidateurs Titan prend directement ses ordres à l’Élysée et ne rapporte qu’à la présidence. Sa devise : aucun moyen, tout pouvoir.

À la suite de l’assassinat d’une brutalité inédite d’un dirigeant de l’agro-alimentaire, Titan est déclenché, en marge des procédures policières et judiciaires habituelles, pour remonter la piste de son instigateur. L’enquête de Titan les mène de Paris aux bas-fonds de Marseille puis aux quartiers futuristes de Lagos, capitale économique surpeuplée du Nigeria où le chaos politique permet le déploiement sans limite des appétits financiers d’industriels de rang mondial. Ainsi en est-il des dirigeants du géant HISTAL (Histology, Immunology, Surgery, Trading And Laboratory), mystérieux groupe pharmaceutique international aux activités troubles sous couvert de nanotechnologies ultra-performantes.

Confrontés à ce « nouveau monde », où la science s’affranchit de toute morale, les deux agents eux-mêmes pris entre devoir et séduction, devront se déterminer personnellement…

 

2021_079_Berlanda Thierry - Naija

 

Un excellent Polar qui sort des codes habituels !

Avec une ligne du temps délibérément futuriste, je me suis demandé à chaque instant de ma lecture ou s’arrêtait le réel, où commençait la fiction.
Une écriture fluide, rapide, stressante, des personnages émouvants, révoltants, un monde où le sens de la vie et la morale tend à disparaitre, des images chocs, des dialogues incisifs, Thierry Berlanda prend tous les raccourcis… et ce pour mon plus grand plaisir !

Jacques Salmon et Justine Barcella, membres d’une unité très spéciale, sont chargés d’une mission très particulière. Ils sont tout deux membres de l’unité Titan, et à ce titre ce placent au-dessus de tous les organismes d’État. Ils n’ont de compte à rendre qu’au Président.
Fabre Semard, riche propriétaire d’une firme agroalimentaire a été enlevé, puis tué. Il sera retrouvé à l’arrière d’une bétaillère pleine de génisses en partance pour les abattoirs. Cette enquête va mener nos héros dans un périple où rien n’ira comme ils l’entendaient.

Très vite je me suis rendu compte que le récit me mènerai vers une affaire sombre, sordide et malsaine, mais je ne m’attendais pas du tout à ce qui allait arriver.
Petit à petit ce polar se transforme en un thriller saisissant où les questions de conscience, d’éthique, de morale et le sens de l’humanité vont perdre soudain toutes leurs valeurs.
Thierry nous bouscule et nous fait frémir parce qu’il va vraiment très loin, mais peut-être est-ce ça le monde de demain finalement…
Quelle sera l’évolution de notre humanité pour ce début du XXIème siècle ?
Quel sera le futur des progrès scientifiques ?

Notre duo, n’aura de choix que d’aller au bout d’eux-mêmes, s’ils ne veulent pas être broyer par une “machine” diabolique, qui veut étendre définitivement son contrôle sur le monde…
Mais ce récit est aussi une véritable réflexion sur la place des pays africains dans le monde, sur les relations qu’entretiennent les multinationales qui s’y installent et les populations autochtones qui se font envahir.
Un voyage abject et terrifiant qui m’a mené aux portes de l’enfer.

Je n’en dirais pas plus !
Je vous laisse la place au suspens et au plaisir la découverte.
Quel “P…” de bon roman !

Merci Thierry pour la surprise !!!

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Extraits :

« Salmon referme la porte de son appartement sur Justine sans faire mine de répondre au salut discret qu’elle vient de lui adresser d’un mouvement de tête. Elle le suit à l’intérieur en se disant que pour la dernière étape de son intégration, si elle n’avait pas espéré une garden-party du genre remise de diplôme sous les vivats, elle aurait pu s’attendre à autre chose qu’à cette réception dans une tanière ou le bruit d’un aspirateur n’avait pas dû raisonner depuis des mois. »

« – Tu prends un petit déjeuner ? – Non merci, je suis sur les nerfs. Complètement excitée, à vrai dire. Il sourit en replaçant sa vague tignasse. « Deux sourires en moins d’une heure : c’est plus qu’en dix ans, on dirait ! » – On s’assoit ? – D’accord. On saura comment qu’un vol nous attend ? – Tu verras. – Je n’en reviens pas, comme les gens se plient à tes ordres sans rien vérifier, sans protester, sans… – La plupart des humains adorent obéir. Il suffit de leur en fournir l’occasion. »

 

 

Thierry Berlanda est l’auteur de vingt romans.

Après Naija (2017) et Jurong Island (2018), Cerro Rico (juin 2019) clôt sa trilogie de techno-thrillers (Éditions du Rocher). Ses autres romans récents sont L’Affaire Creutzwald (2018), un roman noir, et L’Orme aux Loups (2017), un suspense médiéval, parus aux Éditions De Borée. L’Insigne du Boiteux, un thriller pur jus, est ressorti en poche chez le même éditeur en 2019. Pour septembre 2020 sont annoncés la version poche de L’Affaire Creutzwald et un nouveau thriller en grand format, DÉVIATION NORD, dans la collection Marge Noire des Éditions De Borée.

Adolescence, Drame

L’enfant parfaite

de Vanessa Bamberger
Broché – Livre grand format, 14 janvier 2021
Éditeur : Liana Levi

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Le syndrome de l’enfant parfait ? Roxane a intégré depuis toujours les exigences de ses parents. L’excellence et la performance lui sont des impératifs naturels. Pourtant, depuis la rentrée en classe de première, rien ne va plus, ni les notes, ni l’amitié, ni les amours, ni l’apparence physique. Pour soigner l’acné qui enflamme son visage, elle n’a d’autre recours que de solliciter un ancien ami de son père, François, devenu médecin. Avec son verbe franc, direct, slamé, elle raconte la pression scolaire, la perte de confiance en soi, la peur de décrocher et l’incompréhension des adultes. Autour d’elle, personne ne voit venir le drame. De ce qui est arrivé à Roxane, François devra répondre.
Avec une écriture intense, Vanessa Bamberger raconte l’adolescence et notre époque.

 

2021_078_Vanessa Bamberger - L'enfant parfaite

 

Ce roman de Vanessa Bamberger, auteure que je découvre, est un roman très contemporain, mais c’est surtout un roman choc !

Choc au niveau de son écriture, choc pour le final, même si l’auteure le dévoile assez vite, choc de l’adolescence, choc des parents de plus en plus perdus envers un monde qui va de plus en plus vite, choc aussi de la vie qui nous en demande à chaque fois plus… Si la pression sur les jeunes n’est pas nouvelle, il semblerait bien que le rouleau compresseur soit passé dernièrement à un cran au-dessus.

C’est une histoire d’adolescence, cette période trouble, cet âge de tous les dangers, où Roxane doit être la meilleur, elle n’a pas le choix.
Fille d’un cadre supérieur et d’une musicienne, elle absorbe depuis sa naissance les exigences de ses deux parents, être la première. Partout. Dans toutes les disciplines, afin d’obtenir une place en classe préparatoire dans l’un des meilleurs lycée parisien en première scientifique. Rythme exigeant, pression des notes. Roxanne trouvera dans le rap, le slam et la musique un écho à son mal-être que personne autour d’elle ne semble déceler.

Elle est si seule Roxanne avec son parcours instable au rythme des alliances amoureuses et amicales. Puis il y aura cette acné, qui arrive soudain, lui pourrissant la vie et faisant tout basculer.

Il n’y a aucun temps mort dans ce récit qui alterne entre deux personnages, Roxane, de sa rentrée en 2017, jusqu’en janvier 2018 et François, en 2019, jusqu’à un point critique qui va malheureusement faire entrer en collision leurs deux destins.

J’avoue avoir eu du mal à entrer dans l’écriture de Vanessa.
J’ai eut un long moment l’impression que le livre avait été écrit par deux personnes. La narration de François, classique et d’une bonne qualité d’écriture et celle de Roxanne, qui m’a gênée et même horripilée à plusieurs reprises. Mais j’ai poursuivi…
La forme ne me convenait décidément pas, mais le fond était là, présent, oppressant. Je voulais à tout pris connaitre la fin du récit !

Et soudain, au milieu du roman…
Une lumière ! Je venais de comprendre.

J’étais complètement passé à coté de la narration de Roxanne. Il m’a fallu essayer de retrouver mon âme d’adolescent pour me rendre compte à quel point Vanessa s’était jouée de nous, les lecteurs, puisque cette dernière avait “décliné” son texte en slam tout en rimes, comme le font les rappeurs et j’étais passé à coté !
J’imagine très difficilement le temps qu’il lui a fallu pour écrire ces parties là.

À partir de ce moment, ma lecture a changé, même si j’ai eu encore parfois du mal avec certaines formes de langage, malgré un petit lexique qui permet à ceux qui ont mon âge (et oui, je n’ai plus vingt ans…) de s’accrocher au “nouveau présent” !

La fin, très émouvante, a permis de me retrouver… à la fois triste et songeur…

Une lecture, du coup, un peu inégale pour moi, même si le récit m’a complètement transporté.
Un livre à relire, peut-être, ultérieurement, mais les passages de Roxanne devront être lus à voix haute, afin qu’ils retrouvent la puissance voulue par Vanessa, à la manière d’une œuvre musicale !

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Extraits :

« Je n’ai pas bien dormi cette nuit. Ma mère l’avait prédit. Je n’ai jamais bien dormi de ma vie, alors la veille d’une rentrée scolaire à Sully, imaginez le souci. Quand je me suis réveillée, elle était déjà partie. Mélanie, c’est parfois plus simple de l’appeler ainsi, Mélanie, ma furie ma mélodie, elle est altiste. Vous ne savez pas ce que c’est ? Normal, personne ne le sait au lycée. Personne n’est intéressé, la musique classique c’est mort. Un parent concertiste égale un passeport pour la recale sociale. »

« Devant moi, Ferdinand lève la main pour poser une question. Intimidé, il se met à bégayer. Chareau écarquille les yeux pour bien montrer sa surprise, et son agacement. Elle l’arrête. Attendez, je ne comprends rien à ce que vous racontez, il faut vous calmer ! Après ça Ferdinand ne dis plus rien. Sur la feuille la prof a imprimé un cours succinct, une poignée de formules, et maintenant elle se lance dans une démonstration bon train. À la fin de l’heure elle nous donne une liste d’exercices à faire pour le lendemain. Il y en a pour trois heures au moins. On se regarde, affolés. On ne sait pas très bien si on doit rire ou pleurer. Ferdi place son index sur sa tempe pour signifier que cette prof-là est donc, tout comme Perrier, complètement fêlée, puis rejette sa tête en arrière et éjecte sa main. Il fait mine de se flinguer. »

« C’est qu’il faut avoir le cœur bien accroché pour faire prof. En réalité, il faut être taré. Insultés agressés mal payés, mal considérés maltraités mal encadrés, pas formés rudoyés bousculés. Les profs entrent en classe avec leur mine pitoyable de boucs émissaires de l’Éducation nationale, chargés de nous faire ingurgiter dans l’année des programmes de plus en plus lourds, de plus en plus techniques, sous format numérique. Dire que la plupart sont complètement nuls en informatique ! Du coup, ce qu’ils ont à faire, ils le font n’importe comment, en mode totalitaire. »

 

 

Vanessa Bamberger est romancière. Après des études à Sciences Po Paris, elle a vécu plusieurs années à Londres et à New-York. Elle est aujourd’hui journaliste à Paris.

Alors que ses trois premiers manuscrits sont restés lettres mortes, elle vient d’enchaîner trois romans un tous les deux ans, aux éditions Liana Levi.

Au cours de l’écriture de Principe et suspension, son premier roman, elle a rencontré des dirigeants de PME et visité plusieurs sites de production en France.

Après Principe de suspension (2017, et Piccolo, 2019) et Alto Braco (2019, et Piccolo, 2020), qui a reçu cinq prix littéraires, elle signe un troisième livre remarquable.

Historique, Polar historique, Suspense

L’Ultime mystère de Paris

de Bernard Prou
Poche – 9 juin 2021
Éditeur : Le Livre de Poche

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Brillant universitaire âgé d’une quarantaine d’années, Léonard Courtillac voit, en mars 2013, les catastrophes s’accumuler dans sa vie : sa fiancé, Melinda, le quitte brutalement ; un de ses meilleurs amis, Ludovic, est décapité ; et voilà que son mentor, Michel Garousset, est assassiné en pleine rue.
Face à ces faits dramatiques, Léonard va être amené à remonter dans le passé et à enquêter sur l’amitié indéfectible qui liait, depuis les années 1960, son père avec trois élèves et un surveillant du lycée Bugeaud, à Alger. Il devra aussi explorer les galeries souterraines qui courent sous le cimetière du Montparnasse et se lancer sur les traces d’une relique fabuleuse et d’inestimables archives historiques, disparues depuis un millénaire…

Un suspense captivant, mêlant ésotérisme et alchimie dans un Paris insoupçonné.

Une plume riche et originale, une histoire incroyable. Un roman que vous ne lâcherez plus une fois commencé. Bénédicte de Loriol, Publik’Art.

 

2021_077_Prou Bernard - L'Ultime mystère de Paris

 

Je connais déjà Bernard Prou pour avoir lu ses deux précédents romans. “Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant” puis “Délation sur ordonnance”, qui avait confirmé pour moi, le fait que Bernard serait un auteur à suivre…
Avec “L’ultime mystère de Paris”, il confirme mon idée première, c’est une très belle réussite !

Dans ce roman de nombreux thèmes seront abordés. Le monde des bibliophiles, des alchimistes, de la franc-maçonnerie, de la religion Catholique et de l’Histoire avec un grand H, en nous faisant voyager dans le Paris que j’ai connu dans ma jeunesse, puis également au Liban et en Algérie, car c’est là-bas que tout a commencé…
Mais n’ayez pas peur !
Malgré une volonté de diriger son roman vers une érudition assumée, tout le talent de Bernard Prou, consiste à conjuguer l’ensemble et de le rendre accessible à tous. C’est un roman comme je les aime, qui allie ouvertement le divertissement et l’enrichissement. Tout cela donne à ce roman un véritable air de film d’aventure.

Bernard vous fera aussi découvrir tout un monde souterrain présent sous le cimetière du Montparnasse, ainsi que des sociétés secrètes et des sociétés occultes.

Cinq amis, Ernest Bourbaki, Michel Garousset, Orestes Bramard, Stefano Bienvenutto et Philippe Ciurtillac (franc-maçons pour certains), vont risquer leurs vies pour garder et protéger la relique de Saint Jean-Baptiste.
J’ai très vite plongé dans le récit et été embarqué par notre bande d’amis, qui constitue un groupe soudé dont les membres érudits sont complémentaires. J’ai ressenti une vraie complicité, dans leur savoir et dans leur amitié.

L’intrigue est passionnante et pleine de rebondissements, on ne sait jamais ce qui nous attend à la page suivante !
Ce qui m’a aussi beaucoup plu, c’est qu’en tant que lecteur, durant ma lecture Bernard nous invite à résoudre aussi les énigmes du roman, ce qui est très original.

N’gpkiog xc u’grckuukt cw hwt gv c oguwtg lwusw’c wp hkpcn swk xqwu qwxtktc n’gurtkv !

Vous aimez les mystères, Paris, les sociétés secrètes alors ce livre est pour vous…
Ainsi que ses deux premiers d’ailleurs, si vous ne connaissez pas encore Bernard Prou.
Je ne saurais vous dire lequel est mon préféré… Je les ai tous aimés.

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Extraits :

« Excepté quelques normaliens de la rue d’Ulm, curieux et captivés par les livres anciens dont je fais étalage à deux pas de leur école, ma clientèle et d’un autre âge et d’une autre époque. Les bibliophiles sont, en majorité, des hommes mûrs dont les us et coutumes surprennent le non-initié. Ils évoluent dans un univers qui s’étire entre le doux dingue et le fou furieux. De fait, ce monde est aussi le miens. »

« Quand tu verras ces images, je serai mort. Ma disparition est sans importance, mais la mission que nous allons te confier et capitale. Tu n’es pas au bout de tes épreuves, et tu comprendras plus tard à quel point elles étaient indispensables. Tous nos espoirs reposent désormais sur toi. Au fur et à mesure de ta progression, tu trouveras les instructions nécessaires à la réalisation de ta mission. Celle-ci n’est pas sans risque. Ta vie sera en danger, mais une armée de l’ombre veillera sur toi et t’aidera à accomplir notre dessein. Les mystères te seront révélés au moment voulu. Tu peux encore renoncer, il suffit de refermer le Mutus Liber. Sinon, que le Grand Architecte de l’univers te garde ! »

« En dehors de son travail, dans lequel il excellait, il s’était entiché des techniques de manipulation mentale. Il voulait tant comprendre et en pratiquer les mécanismes. Il fréquentait quelques artistes de la spécialité. Il avait acquis auprès d’eux une petite notoriété, dont il devait limiter la portée car elle aurait pu devenir un objet de curiosité et fournir des indices susceptibles de le mener à sa perte.
Tout l’art de la manipulation consiste à persuader la victime qu’elle est maîtresse de ses décisions, en la privant de toute sa liberté sans qu’elle en ait conscience. »

 

Né à Paris, Bernard Prou est diplômé à l’Ecole Nationale de Chimie Physique Biologie à Paris (1963-1967) et à l’Université de la Sorbonne Nouvelle : Paris III (1966-1969). Il a enseigné les mathématiques et la physique à Vincennes et à Alfortville de 1972 à 2005.

Marié et père de cinq enfants, il vit à Paris.

Il est également l’auteur d’Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant et de Délation sur ordonnance.