Drame, Histoire, Témoignage

Le Code d’Esther

de Bernard Benyamin, Yohan Perez (Auteurs)
Broché – 11 octobre 2012
Éditeur : ‎First

Bandeau_Intro.jpg

16 octobre 1946.
À l’issue du procès de Nuremberg, le dignitaire nazi Julius Streicher monte à l’échafaud. Avant d’être pendu, il lance : “Ce sont les Juifs qui vont être contents ! C’est Pourim 1946 !” Stupeur dans le monde. Qu’a-t-il voulu dire ? Il est établi que Streicher fait référence à une fête juive qui commémore les événements relatés dans un texte biblique vieux de deux mille ans : le “Livre d’Esther”. Mais sa déclaration n’en demeure pas moins énigmatique.

Ce fait historique avéré est le point de départ du Code d’Esther. Une aventure extraordinaire qui va conduire Bernard Benyamin et Yohan Perez de Nuremberg à Jérusalem, et des banques de Zurich à la prison de Landsberg, où Hitler rédigea Mein Kampf. De rencontres en révélations, ils découvriront que le Livre d’Esther recèle un message secret, et qu’il existe entre l’antique royaume perse et l’Allemagne du IIIe Reich des ressemblances défiant la raison.

Cet incroyable scénario, digne des Aventuriers de l’Arche perdue et de Dan Brown, n’a pourtant rien d’une fiction ; tous les faits relatés dans ce livre sont en effet rigoureusement authentiques. Pour percer “Le code d’Esther”, Bernard Benyamin et Yohan Perez ont mené une longue enquête, interrogé de nombreux érudits juifs et historiens. Au terme de leurs investigations, ils lèvent ici le voile sur la prophétie la plus troublante du XXe siècle.

 

2021_096_Benyamin Bernard, Yohan Perez - Le Code d'Esther

 

Depuis quelques années déjà, j’essaie de faire “vivre” les Boîtes à livres de mon quartier ainsi que celle de ma gare… C’est dans celle-ci, que j’ai trouvé “Le code d’Esther”, il y a quelques semaines…

Un livre passionnant…
On sent que les auteurs maîtrisent leur sujet.
Un grand merci à eux d’avoir mis en avant ces faits historiques et d’avoir soulevés certaines questions qui encore aujourd’hui demeurent sans réponse.

Procès de Nuremberg :
“ Ce sont les juifs qui vont être contents ! C’est Pourim 1946 !“
C’est le point de départ du roman. Que signifient ces paroles, et pourquoi Joseph Streicher les a crié à l’issue de son procès ?

Bernard Benyamin et Yohan Perez vont mener une enquête incroyable à travers le monde, à la recherche de réponses. Jérusalem bien sûr, Zurich dans la prison de Landsberg, (là, où Hitler a écrivit Mein Kampf)… Ils feront des centaines de rencontres, interrogeront de nombreux érudits juifs, des rabbins, des historiens et iront de révélations en révélations. Ils vont découvrir que Le Livre d’Esther cache un message secret, et qu’il ya entre le royaume Perse antique et l’Allemagne du IIIe Reich des similitudes incroyables.
Leur enquête aboutie, ils nous livrent ici une “prophétie” des plus troublante…

Pourquoi cette haine viscérale envers le peuple juif ?
Harcelés, enfermés, exilés, brûlés, pendus, rejetés par toutes les nations…
“Le code d’Esther”, donnera certaines pistes à ceux qui se posent cette question à travers une aventure incroyable.

Préparez-vous à suivre cette enquête qui va forcément vous bousculer !
Excellent aussi cette idée pour obtenir plus d’informations le long des chapitres. En effet, les deux auteurs nous proposent des “Qr codes” qui vous permettront d’approfondir vos recherches si vous le souhaitez !
ATTENTION… Tous les faits qui sont relatés dans ce livre sont exacts et avérés…
Ma lecture n’en n’a été que plus instructive.

Merci Bernard et Yohan, pour ce “cadeau”.
Un livre riche en connaissance, plein de mystères et de suspense…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« ”Sur le plan esthétique, ce n’est pas un modèle d’architecture, reconnait le Rav Chaya, mais depuis sa construction les attentats ont cessé…“ Et puis, juste en face de nous, à 500 mètres à vol d’oiseau, s’élève le dôme d’une mosquée. “Elle a été construite à l’emplacement exact du tombeau du prophète Samuel, que vénèrent, comme nous les musulmans. Le plus étonnant, c’est qu’au même endroit, cohabitant dans le même espace, il y a une Yeshivah ! Et après ça, on dira que Juifs et Arabes ne s’entendent pas !” »

« Le printemps s’est installé sur Paris. Depuis la fin de notre enquête, j’entre plus souvent en contemplation devant les nuages qui courent dans le ciel, comme lorsque j’étais enfant et que j’essayais de leur imaginer une ressemblance avec les objets de la vie quotidienne. »

« En classe de terminal, on nous avait appris que la philosophie se divisait en deux domaines : celui de la connaissance et celui de l’action. Et, de façon évidente, il m’avait toujours semblé qu’il fallait d’abord connaître avant d’agir »

« Cinq hommes restent pétrifiés devant ce qu’ils ne sauraient pas décrire, et le sixième prend ses jambes à son cou. Direction Landsberg, le centre de commandement. Vite, un officier ! Le sergent, un lieutenant ou même le général ! Il faut qu’ils viennent et voient ce qu’il a vu ! Il court à travers les bois, sur les sentiers, sur la route et dans les ruelles de la vieille ville. Il ne sait pas encore ce qu’il va dire ni comment expliquer ce que ses camarades et lui ont découvert. On ne l’a pas préparé à ça, on ne lui a pas dit que cela pouvait exister. Le souffle court, il ne peut que répéter : “C’est inimaginable.” Sur la Grand-Place, près du Q.G. des forces américaines, il repère un officier. Il s’accroche à son bras et lui hurle :
“Il faut venir ! Il faut voir !” »

 

 

Bernard Benyamin est journaliste, producteur et animateur de télévision. En 1990, il crée avec Paul Nahon le magazine hebdomadaire  » Envoyé spécial « , qu’ils coprésentent sur Antenne 2 puis France 2 jusqu’en 2001.

Yohan Perez est réalisateur de télévision et fondateur d’Appli2phone.

Noir, Suspense, Thriller psychologique

Le passager sans visage

de Nicolas Beuglet
Broché – 16 septembre 2021
Éditeur : XO

Bandeau_Intro.jpg

 » Tu n’es pas seule à chercher « 
Ce mot anonyme laissé sur son paillasson est plus qu’un appel : un électrochoc. Cette fois, l’inspectrice Grace Campbell le sait, elle n’a pas le choix. Elle doit ouvrir la porte blindée du cabinet situé au fond de son appartement. Et accepter de se confronter au secret qui la hante depuis tant d’années…

Des confins de la campagne écossaise aux profondeurs de la Forêt-noire où prend vie le conte le plus glaçant de notre enfance, jamais Grace n’aurait pu imaginer monter dans ce train surgi de nulle part et affronter le Passager sans visage…

Avec ce thriller au suspense angoissant, Nicolas Beuglet nous plonge dans les perversions les plus terribles de nos sociétés. Et, au passage, nous interroge : et si parmi les puissants qui régissent le monde se cachaient aussi des monstres sans visage ?

Un train, un passager sans visage, une organisation terrifiante

 » Nicolas Beuglet, le nouveau phénomène du polar français. « 
Sandrine Bajos, Le Parisien

Après le succès du Dernier Message, Nicolas Beuglet revient avec une nouvelle enquête de Grace Campbell.

 

2021_095_Nicolas Beuglet - Le passager sans visage 2

 

Comment ne pas avoir les poils du corps hérissés à la fin d’une telle lecture ?

J’avoue qu’il a fallu que je me retienne pour ne pas lire ce roman d’une traite… Mais, j’ai quand même une vie, quoi qu’en puisse penser certains…

En quelques romans, Nicolas Beuglet est définitivement devenu pour moi INCONTOURNABLE !
Il a su créer une ambiance, une tension même qui au fil de ses récits est montée à un point où je ne peux comparer ce roman à autre chose qu’à un “uppercut” dans l’idée de nous réveiller. Il met en avant ceux, (les 1%) qui tout en se cachant, cherchent quand même à contrôler le monde. Alors, où s’arrête la fiction, où commence le réel, je vous laisse le soin de le découvrir par vous-même…
Attention, une fois entré dans cet engrenage, à moins de vous voiler la face, vous ne pourrez plus jamais faire marche arrière.

C’est pour ce genre d’écriture, qu’un jour j’ai décidé de faire de la lecture l’une de mes priorités de vie…
Ici, les codes du thriller, et c’est très personnel, sont maîtrisés à la perfection. L’intrigue est à couper le souffle, et en lisant, plus je faisais de recherches sur le sujet, plus la colère montait en moi.
Bien sûr, je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle entre le roman et la vie “Coronavidiesque” que nous subissons actuellement.

Oui, je suis secoué.
Oui, je suis inquiet…

Ce “nouveau” monde n’est pas pour moi.
Il fait peur, il est abominable et fait froid dans le dos. Aujourd’hui, je crains plus pour mes enfants que pour moi-même…

Grace Campbell, l’inspectrice que j’avais déjà rencontré dans le roman précédent, nous revient avec toutes ses blessures personnelles, toutes ses cassures. Enlevée encore enfant, torturée, elle est devenue fragile et touchante à la fois, ce qui fera d’elle un personnage complexe à la vision très acérée. Enquêtant sur ce qui lui est arrivé durant cette période de sa vie, un passé qu’elle avait enfoui tout au fond de son esprit, elle découvre un mystérieux message qui lui indique qu’elle n’est plus seule désormais… Aidée de toutes les ressources dont elle dispose grâce à son travail, elle va se retrouver impliquée à un complot mondial, qu’elle n’aurait jamais pu imaginer même dans ses cauchemars les plus horribles. Son passé violent la rattrape remettant au premier plan les traumatismes qu’elle a vécus. Aujourd’hui Grace doit faire face à son destin et au futur de l’humanité !

Merci Nicolas.
Merci, pour cette grande claque qui j’espère atteindra son but…
Faire réfléchir, rechercher, comparer, corroborer… Et finalement peu-être comprendre.

Énorme coup de cœur, pour cet étrange mélange de légendes, de contes bien connus, et de faits historiques avérés. Aujourd’hui, mes doutes n’en sont plus…

Une suite est d’ores et déjà prévue !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Le félin arrondi son dos et entreprit de se frotter contre le bras de la jeune femme, qui recula.
– J’ai bien compris ce que tu voulais, mais j’ai décidé de vivre seule, vraiment seule, sans parents, sans amis, sans personne, rien qu’avec mes livres…, dit-elle en jetant un œil à l’anneau qu’elle portait au pouce. »

« Les journaux expliquaient que des traces de sévices avaient été constatées sur le corps de la fillette. Celle-ci restait prostrée face aux policiers, incapable de leur indiquer l’endroit où elle avait été enfermée ou de se rappeler quoi que ce soit de sa détention. Elle ne se souvenait que vaguement de sa fuite : elle était parvenue à se cacher dans le coffre d’une voiture et à en sortir au moment où celle-ci s’était arrêtée à une station service pour prendre de l’essence. »

« Vous pensez juste, inspectrice, devina-t-il. L’abêtissement des populations occidentales via la dépendance à la vacuité des réseaux sociaux, entraînant une chute mondiale du QI, fait bel et bien partie du Plan ; cela constitue les fondations de leur objectif final. Mais je sais qu’ils avancent masqués dans d’autres domaines afin que les gens soient désorientés et n’aient pas le temps de comprendre ce que l’on est en train de faire d’eux. »

« De la culture d’un peuple naît son identité, de son identité naît sa liberté. La liberté et notre obstacle, commençons donc par la culture, le reste tombera… »

« Si nous, les 1 %, nos enfants, nos petits-enfants et nos arrières petits-enfants voulons continuer à vivre comme nous l’avons toujours fait, c’est-à-dire sans compter et mieux que les autres, nous devons drastiquement diminuer la part qui revient au 99 % ! Notre classe des ultra-riches n’a cessé de s’accroître au cours de la dernière décennie. Il faut donc, dès aujourd’hui, dresser les peuples pour qu’ils apprennent à vivre avec beaucoup moins afin que nous ayons toujours autant, si ce n’est plus ! »

 

 

Après avoir écrit des scénarios pour la télévision, Nicolas Beuglet a choisi de se consacrer pleinement à l’écriture de romans. Salué par la presse, il est devenu en quelques années l’une des plus grandes plumes du thriller français. Il est l’auteur chez XO Editions de Le Cri, Complot, L’Île du Diable, Le Dernier Message et Le Passager sans visage. Il vit à Boulogne-Billancourt avec sa famille.

Histoire vraie, Suspense

Crossroads

La dernière chanson de Robert Johnson
de Hervé Gagnon
Broché – 10 novembre 2021
Éditeur : Hugo Roman

Bandeau_Intro.jpg

Lorsqu’ils reçoivent une lettre de Simone Jackson les invitant à venir la rencontrer pour prendre possession d’objets ayant appartenu au légendaire bluesman Robert Johnson, l’historien Donald Kane et l’anthropologue Virginia Craft n’ont rien de plus en tête qu’une publication universitaire qui contribuera à l’avancement des connaissances sur les origines du blues.

Mais le contenu de la boîte en fer-blanc que leur remet la vieille dame change tout. Parmi les objets attendus (un pick et une slide), se trouvent un doigt momifié, une amulette de protection et un carnet dans lequel Johnson a transcrit ses chansons, en plus de notes disparates en apparence anodines. Mais lorsque Kane découvre, caché dans la reliure, le texte de la mythique trentième chanson de Johnson, la légende de son pacte avec le diable prend un nouveau sens.

Tandis que Kane et Craft suivent la piste que leur indique le manuscrit, les événements se bousculent : les bluesmen qui peuplent les rues de Memphis se suicident les uns après les autres de manière identique et sordide; les mauvais sorts s’accumulent et Kane, le cartésien, doit finir par admettre qu’ils existent. De plus, la police le soupçonne d’être derrière les morts suspectes. Comme si cela ne suffisait pas, Ezekiel Thorne, un mystérieux personnage, cherche à acquérir le manuscrit pour un client. Au fil des péripéties, Kane doit accepter qu’une âme peut être sauvée.

Crossroads est un roman trempé de bourbon, qui se déroule dans la chaleur moite du Delta du Mississippi, où le surnaturel se trouve toujours à l’envers du décor.

 

2021_094_Gagnon Hervé - Crossroads - La dernière chanson de Robert Johnson

 

Un grand merci à Babelio et aux Éditions Hugo pour cet envoi, dans le cadre d’une masse critique spéciale.

Ce récit se déroule principalement à Memphis, ville considérée comme étant la capitale du rock’n roll, de la Soul, mais aussi du blues.
Personnellement je ne suis pas spécialement adepte de blues alors j’ai fait l’effort de m’imprégner de cette musique durant toute ma lecture pour être plus en phase avec l’histoire. C’est ainsi que j’ai enchaîné et découvert de nombreux bluesmen à la voix si particulière, en mettant en avant, bien sûr, les morceaux de Robert Johnson…

Donald Kane, historien et amateur de Blues, et Virginia Carft, anthropologue, se voient confier par une vieille dame, Simone Jackson, un coffret contenant des objets ayant appartenu à une légende du blues, Robert Johnson. Aux côtés d’un doigt momifié et d’une amulette, ils découvriront un manuscrit où le chanteur transcrivait ses chansons ainsi que quelques notes disparates, mais aussi, l’amorce d’un titre inconnu à ce jour. Ils se retrouveront alors, emportés dans une véritable course contre la montre avec des événements surnaturels et empreints de superstition locale. Ésotérisme, culture propre au Delta du Mississippi, pendant que dans le monde du blues, une série de suicide frappe Memphis.

J’ai été emporté comme à chaque fois que je lis un roman d’Hervé Gagnon, malgré ma surprise pour le choix de sa thématique.

Puis petit à petit, et à ma grande tristesse, je suis un peu “sorti” du récit. Écriture moins fouillée que d’habitude ?, peut-être aussi un peu prévisible…
Mais je suis allé quand même jusqu’au bout, et grand bien m’en a fait ! J’ai petit à petit retrouvé la verve qui me fait vibrer dans ses romans habituellement. En me renseignant par la suite, il s’avère qu’Hervé est un spécialiste du blues depuis son adolescence. Ce sont peut-être ces manques, qui ne m’ont pas permis d’entrer tout de suite dans l’histoire.

Si vous aimez le blues, ce roman est fait pour vous.
Si, comme pour moi c’est une découverte, essayez quand même…
Peut-être que les voix du “Hoodoo” seront aussi réceptives pour vous !
Cette histoire basée sur la réalité de la légende de Robert Johnson et de sa mort à l’âge de 30 ans, ont été au final une lecture agréable, et je ne peux renier les découvertes musicales que j’ai faites…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Une étrange prémonition s’insinua dans la tête de Donald Kane tandis que la chair de poule lui couvrait les bras. Face à lui, Virginia Craft eut une expression de surprises.
– Mort ? Balbutia-t-il, pris au dépourvu.
En guise de réponse, Kitchen pivota sur sa chaise et étira le bras pour attraper un journal qui traînait sur la table derrière lui. Avec affectation, il l’ouvrit pour le plier à la bonne page, puis le déposa devant ses deux interlocuteurs afin qu’il puisse le lire.
– Dans les circonstances qui sont les vôtres, je comprends que vous n’ayez pas consulté les journaux du matin, roucoula-t-il. »

« Il ramassa l’argent sur le comptoir et se pencha pour le mettre dans la caisse qu’il gardait dessous. Au même moment, le monde s’assombrit autour de lui et sa poitrine ce serra douloureusement. Un violent élancement lui traversa le bras gauche et son souffle se fit laborieux. Au loin, un grognement monta. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre qu’il était venu de sa propre gorge. Il ferma les yeux, prit appui à deux mains sur le comptoir et attendit en essayant de respirer lentement. »

« L’homme se planta solidement devant eux. Il dépassait Kane de quelques pouces et, sous une considérable couche de graisse uniformément répartie, il avait une carrure à l’avenant. Il portait un costume gris anthracite d’une parfaite élégance dont il gardait le veston stratégiquement ouvert sur une pense spectaculaire, qui le précédait d’un bon pied et demi. De près, il dégageait de violents effluves de Brut de Fabergé, dans lequel il semblait s’être immergé avant de se présenter. »

 

 

Né le 26 août 1963 à La Baie, au Québec, Hervé Gagnon détient un Ph.D. en histoire et une maîtrise en muséologie de l’Université de Montréal. Habitant depuis 1995 dans la région des Cantons de l’Est, au Québec, il consacre ses temps libres à la musique, à la lecture, à l’ornithologie et à la cuisine. Amateur de blues depuis sont adolescence, il voue une grande admiration au mythique guitariste Robert Johnson.
Après avoir œuvré pendant plus de 25 ans dans la mise en valeur du patrimoine et l’enseignement universitaire, il se consacre entièrement à l’écriture dès 2010. Reconnu comme un des maîtres du thriller et du polar ésotérique, il a signé entre autres les séries Damné (vendue à plus de 200 000 exemplaires en français seulement), Malefica et La mort du Temple. Ses livres ont été récompensés à plusieurs reprises.

Drame, Dystopie

LES ÉLUS D’ISIS

de Pierre-Jacques Villard
Broché – 22 octobre 2021
Éditeur : Independently published

Bandeau_Intro.jpg

La fin du monde ? une plaisanterie ? Pourtant les signes ne manquent pas. Et si ce qu’annonce le message était vrai ?

Trois élus seront sauvés à la seule condition qu’ils comprennent… Mais quoi donc ?

C’est tout l’enjeu de ce roman, fresque foisonnante de l’après pandémie, entre campagne verdoyante et Paris dénaturé.

 

2021_093_Villard Pierre-Jacques - Les élus d'isis

 

La fin du monde sauvera-t-elle l’humanité ?

Pierre-J. Villard m’a embarqué dans son roman qui perturbe et interroge !

Qui sont donc David, Sophie et Marcus ?
Nous sommes en 2035. Plus de 15 ans se sont écoulés depuis la pandémie du siècle, en 2021. Les gouvernements ont pris la main sur TOUT !
Ils ont le pouvoir absolu et contrôlent le moindre habitant de chaque pays, qui n’a plus qu’à subir et à obéir. Une ambiance très angoissante plane tout le long du roman…
David, vit à Paris dans un taudis, son usine est l’une des dernières indépendantes que tolère le gouvernement. Il embellit des instruments de musique…
Sophie est attachée de presse dans la dernière agence de publicité de Paris. Elle travaille non-stop surveillée par son téléphone qui la rappelle à l’ordre au moindre “faux” pas…
Et enfin, Marcus, ancien jardiner, qui s’est retiré de la “vie” dans sa maison d’enfance, dans le Loiret, après le suicide de sa femme…

Trois personnes qui ne se connaissent pas et qui n’ont à priori aucun point commun, à part, peut-être leur solitude…
Ils n’auraient jamais dû se croiser, pourtant quelqu’un les a élus.
Le message qu’ils recevront individuellement va changer leur vision, leur vie…  et qui sait, peut-être celle de l’humanité !

La vie a perdu toute étincelle de plaisir et n’a plus aucun attrait. La population avance soumise, tête baissée dans la crainte de se faire remarquer et “éliminée”. Les gens sont résignés face à ce Pouvoir Manipulateur, face à cette menace constante ou, chacun suit son propre mode de (sur)vie.

Un texte percutant, dur, mais un style agréable aussi, malgré l’angoisse et la noirceur permanente. Pierre-J. a su mettre en avant quelques “lumières” bien dosées, un peu de poésie aussi, qui m’ont portées jusqu’à la révélation finale.

Cette “dystopie”, (l’avenir nous le dira ?) d’anticipation est vraiment prenante. L’auteur a planté un décor apocalyptique dans un Paris et dans monde qui s’effondre sous un déluge de pluie, dans un torrent de boue.

Pas de temps mort, un très bon moment de lecture, ou tout “simplement”, un bon livre, que je vous recommande.

Merci Pierre-J., de nous ouvrir les yeux face à une menace qui peut-être s’immisce déjà dans notre quotidien…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Depuis la guerre entre pays du Golfe, la destruction des puits de pétrole, la capitale a changé : les autos officielles électriques ont fleuri, modifié l’atmosphère. La disparition soudaine des moteurs à combustion, l’interdiction des véhicules particuliers a plongé Paris dans la déprime. Et le silence, comme un couperet, a induit le « grand malaise », provoqué une vague de suicides inédite. »

« Depuis l’auto proclamation du nouveau régime poste pandémie, les manifestations publiques, événements de masse sont interdits. Des exceptions sont tolérées, quand leur finalité est de dénigrer le système antérieur, celui du plaisir, de la surconsommation, celui qui a percuté un mur en 2020. »

« Pour le bien du peuple, le 5 avril et le 5 octobre sont les dates fixées pour le départ des vacances obligatoires. Les destinations seront tirés au sort. Les séjours en province répondront aux règles établies par l’autorité nationale. »

« David tourne en rond. On l’a mis à la porte. Le pouvoir a réquisitionné son usine. Plus question de fabriquer des instruments de musique qui ramollissent le peuple. La censure est derrière tout cela “Ça devait arriver…”. »

« Les femmes, les hommes, les enfants, les vieillards.
Les plages de sable fin, les ruisseaux, les prairies.
Les sourires émus, regards volés.
Les mains tendues, soutenues, pressées.
Les verres de vin soyeux, soupes odorantes, parfums envoûtants et…
L’âme des poètes, des peintres, des écrivains.
Tout cela est mort. »

 

 

Né en 1960, Pierre-Jacques Villard, est originaire du Bourbonnais.

En 1990, il part s’installer à Madrid où il occupe un emploi de Directeur d’agence bancaire. C’est en mars 2011 qu’il décide de tout quitter afin de se consacrer pleinement à son travail d’écriture. Ces heures de réflexion et de création donnent alors naissance à son premier roman “Un Soleil passe”, publié aux Éditions Édilivre.

Il est aussi auteur de poèmes, de récits courts ainsi que deux romans publiés (drame psychologique et thriller). Outre “Noirs territoires”, recueil illustré de nouvelles, disponible à la vente, un roman d’anticipation “La fin du monde” verra bientôt le jour. Le point commun entre tous ces textes est un style précis, immersif où s’entrecroisent mystère, poésie et suspense.

Adolescence, Émotion, Histoire vraie

Enfermé depuis tout petit

de Marry Yohson
Broché – 22 janvier 2021
Éditeur : Librinova

Bandeau_Intro.jpg

Le plus beau cadeau dans la vie d’une femme est de devenir maman. La naissance d’un enfant reste un moment inoubliable. Mais Carole et son bébé vivent dans un cadre familial destructeur ; elle se promet alors de toujours protéger son petit Julien. Peu à peu, ce fils tant aimé va perdre pieds face à un monde hostile à ses yeux. Et malgré l’amour de sa mère, il se sent seul et incompris, meurtri par une vie qui ne veut pas de lui. Son existence aura été un combat de tous les jours contre cette société qu’il ne comprend pas et qui l’abandonne, lui qui est resté « enfermé depuis tout petit ». Cette histoire bouleversante est la sienne.

 

2021_092_Yohson Marry - Enfermé depuis tout petit.jpg

 

Je viens de terminer à l’instant ce récit bouleversant, l’histoire de cette femme, le destin de cette maman… Et je suis en colère !

En colère, car malgré le combat qu’elle a mené pendant vingt-huit ans pour son enfant malade, elle n’a jamais trouvé l’appui médical dont elle avait besoin.
En colère, parce que malgré son courage, c’est l’incompétence des “autres” qui à chaque fois diriger sa vie vers un sens qui n’était malheureusement pas le bon.
En colère, car malgré tout le soutien familial (heureusement…) qui guidait Julien, rien n’a été fait pour l’écouter et le sauver…
J’ai dû retenir plusieurs fois mes larmes, mais j’ai craqué.
Une enquête reste à ce jour en cours. À suivre…

« Enfermé depuis tout petit » est le témoignage d’une maman “perdue” dans le monde des maladies psychologiques, que nous raconte Marry Yohson.
Avec des mots simples, directs, l’auteure décrit la vie de cette mère et  de son fils dans leur monde où la violence et l’amour n’ont de cesse de se confronter.
Un jour, Julien ne pourra plus faire de différences entre le bien et le mal !

Dès le début, j’ai été pris par le récit.
Celui d’une jeune femme qui épouse un homme violent, très violent. Elle tombe enceinte. Elle pense que le bébé permettra un changement dans sa vie, mais rien ni fera. Les coups continuent, même sur son ventre rond. Dès sa naissance le bébé devra se faire opérer, en effet, il est né avec une malformation au pied et devra subir de nombreuses opérations. Pendant ce temps, le père, lui, est toujours aussi violent. L’enfant affecté par les coups qui pleuvent sur sa mère et sur lui n’aura jamais “repère” familial.
Julien grandit et les chemins qu’il prendra ne lui correspondent plus…
Quels sont ces démons qui l’empêchent d’aller vers l’avant ?
D’où vient ce mal-être constant ?

“C’est quoi être gentil maman… ?”

C’est poignant, prenant, douloureux mais surtout rempli d’amour. D’un amour infini d’une mère envers son fils.
Je suis bouleversé par le destin de cette maman et de son enfant et je n’imagine que très difficilement, l’état de désespoir et de fatigue quotidienne pour eux et pour leurs proches.

Alors, comme indiqué plus haut…
Je suis en colère !

On ne peut pas passer à côté de cette lecture sans réactions.
En espérant… qu’une large diffusion puisse faire changer les choses !
Je recommande…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Comment accepter que certains naissent avec toutes les chances d’être heureux et d’autres avec tant de souffrances ? Une question à laquelle personne ne peut répondre. Est-ce une question d’argent, de santé ou de chance ?
La vie est un parcours, un concours de circonstances. Certains disent « c’est ma destinée, nous avons tous un chemin tracé ».
Si nous n’avions pas rencontré cette personne, si nous n’avions pas eu cette maladie, nous n’aurions pas eu toutes ces difficultés. On pense alors que, lorsque tout va mal, on a fait des erreurs de choix, d’éducation ou dans nos relations. Mais, est-ce bien là le réel problème ? »

« L’alcool et la violence psychologique sont de plus en plus présents au sein du foyer. Quelques assiettes volent comme des oiseaux aux ailes abîmées qui finissent leur parcours fracassées contre les murs. Cette petite antenne de télévision, pourtant si pratique pour capter les émissions dans ce froid pays, elle aussi voltige ; mais là, les murs ne sont pas abîmés, c’est son crâne meurtri, rougi par le sang, qui le sera. »

« – C’est quoi être gentil maman… ?
À force d’insister sur le fait que son fils a un problème, un juge accepte qu’une expertise psychiatrique soit faite. Elle est réalisée au sein même de la vieille maison d’arrêt.
Les conclusions du grand spécialiste resteront dans un dossier bien ficelé, à l’abri de tout regard pendant quelques temps, des années.
Certes, une première avancée, mais qui ne sert à rien sauf à faire preuve d’un peu de gratitude face à une maman qui crie son désarroi. »

 

Enfermé depuis tout petit.jpg

 

Auteure et spectatrice de sa propre vie, Marry Yohson est née en 1962 dans une très jolie ville située à l’ouest de la France.

Après des études universitaires en Administration Économique et Sociale, elle devient professeure. Elle est également passionnée d’art et a réalisé de nombreux tableaux.

Ce récit de vie est son premier livre. Un second est en cours d’écriture. Il dévoilera le secret de Julien et les lecteurs apprendront le dénouement judiciaire de cette terrible affaire.

Thriller ésotérique

El

De Jérôme Segguns
Broché – 11 septembre 2020
Éditions : Des Livres et du Rêve

Bandeau_Intro.jpg

Cisjordanie. Pia jeune archéologue découvre providentiellement l’incontestable chaînon manquant qui relie les hominidés aux hommes. Un combat déconcertant aux forces inégales défiant l’entendement humain va alors débuter. Notre réalité même va alors s’en trouver altérée.

« Et si la littérature ouvrait une porte sur une vérité ontologique qui permettrait
à la religion et à la science de se rejoindre ? »
Philip Le Roy

Un 4ème roman de l’auteur Jérôme Segguns, passionné d’histoire et d’archéologie. Dans cet ouvrage, il repousse encore plus loin les limites de sa quête de vérité. Deux mondes, le monde tel que nous le connaissons et celui, plus discret, de puissances invisibles qui nous entourent. Science et religion auraient une seule et même origine. De quoi ébranler nos plus profondes convictions. Le divin enfin scientifiquement démontré avec le brio de Jérôme Segguns dans ce récit inspiré de faits réels.

 

2021_091_Segguns Jérome - El

 

Pia est une jeune archéologue. Lors de fouilles en Cisjordanie avec son équipe, elle va découvrir quelque chose de l’ordre de l’incroyable… C’est un bouleversement mondial qui risque, et de faire “exploser” le monde de la recherche, ainsi que celui de la Religion ! Malgré tous les problèmes qu’elle va subir, de même que son entourage, à partir de ce jour-là, Pia n’aura de cesse que de mettre en avant la vérité…

“El” est un thriller ésotérique, solide, bien construit, mais surtout passionnant, dans lequel l’auteur nous propose une autre idée sur l’origine de l’être humain mais aussi sur celle de la religion.
Attention ! Ce n’est pas qu’un très bon thriller, ce roman m’a fait réfléchir aussi sur énormément de choses. Alors, j’ai suivi en parallèle avec ma lecture, des recherches sur les découvertes authentiques qui allaient dans le même sens que le récit, et à un moment, je me suis même demandé… Et pourquoi pas !

L’écriture et la thématique de Jérôme m’ont vraiment fascinées, et j’imagine très difficilement les heures de travail qu’il lui a fallu pour mettre en place, ce récit rythmé, très innovant mais surtout très abordable dans sa globalité pour sa compréhension, ce qui n’est malheureusement pas souvent le cas dans ce genre de littérature.

Pour moi, le roman ésotérique a toujours fait partie des thématiques que j’affectionne tout particulièrement, mais Jérôme m’a mené vers de nouvelles voies et de nouveaux questionnements… C’est puissant, époustouflant parfois, mais addictif surtout, de plus les personnages sont attachants ce qui ne gâte rien !

Superbe découverte, qui me donne envie, vous l’aurez sans doute deviné, de lire les précédents romans de Jérôme !
Venez donc vous prendre une “claque” en plongeant dans ce roman qui sort des sentiers battus… “El” vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière ligne.

Je vous recommande ce coup de cœur qui mérite une diffusion très large !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Que lui arrivait-il ? Sa vision se troubla, elle plissa complètement les yeux, il lui sembla pivoter pour s’enfuir de dessous cette tente.
Il fallait qu’elle sorte à l’air pur, au frais, sa peau était tout d’un coup bouillante, Sonia toussa, elle se mit à transpirer abondamment, trop…
Elle se desséchait sur place… Vite, à boire !
Ses yeux s’ouvrirent à nouveau, elle n’avait pas bougé d’un iota… Un cauchemar, ses genoux fléchirent.
Sa respiration devint lourde, saccadée. Elle s’affala sur le ventre, juste sous le bras de Tom qui, à n’en plus douter, oscillait dans ces instants dans ses derniers élans de vie. »

« Des roches jonchaient le sol, des minéraux et des fossiles du plus vilain au plus énigmatique trônaient sur des étagères où se côtoyaient moult livres sur les écritures anciennes et autres précis de géologie.
L’ensemble recouvert d’une indispensable pellicule de poussière. Pia ferma les yeux et inspira doucement.
Seuls les dingues de vieilles pierres pouvaient acquérir un odorat qui leur permettait d’apprécier cette subtile note minérale qui flottait dans la chambre, un vrai délice. Un flot de souvenirs la submergea brusquement, elle revit son frère Raphaël enfant qui voulait lui piquer ses cailloux. »

« Les conjoints acquiescèrent comme il fallait d’un air entendu.
– Je pense que le quidam en question ne vous veut pas de mal. Au contraire, on veut que vous preniez conscience du vrai monde dans lequel nous vivons, car vous devez vraisemblablement découvrir une chose cachée. La personne vous donne une piste, mais n’a apparemment pas les moyens, ou le pouvoir de vous en dire ou de vous en expliquer plus. Pourquoi ? Je pense que vous devrez le découvrir vous-même. Alors, la version qui tient tout également la route, c’est celle de la protection. »

 

 

Gémologue depuis 1995, Jérôme Segguns (un pseudonyme) suit quelques années plus tard une formation de Géotechnicien et devient responsable de laboratoire d’analyses géologiques. Après trois années d’écriture, il signe son premier contrat d’auteur, aux éditions Assyelle. Des pas sur le sable, un récit témoignage, est édité en 2014. Il plonge dans les affres d’une affaire judiciaire dans son quatrième ouvrage, Ni hérisson, ni paillasson (Au Pays Rêvé, 2018). Jamais en panne d’inspiration, il participe également à des concours littéraires, mais sous son vrai nom. Lauréat de nombreux prix. Troisième prix des écrivains publics de Toulon pour un concours de lettres 2014. Lauréat du second et troisième concours des Passeurs de Livres de Grasse, 2014 et 2015. Lauréat du concours de « Nouvelles » d’Istres 2015. Et premier prix qui lui est décerné au mois d’avril 2017 des Écrivains publics de Toulon, pour un nouveau concours de lettres. En 2018, de graves problèmes de santé contraignent Jérôme Segguns à suspendre pour un temps long sa vie professionnelle. Sa force de caractère lui permet de rebondir et de réaliser un de ses plus vieux rêves en passant le Bac littéraire qu’il obtient avec la mention Bien. Dans la foulée, il s’inscrit à la Faculté de Lettres Modernes et réussit sa première année de Licence avec la mention Assez Bien. En plus du travail « universitaire », il reprend l’écriture d’un projet commencé six ans auparavant, son second mais qui deviendra au final son quatrième roman, El, un thriller ésotérique qui va remettre en cause la réalité même que l’on se fait de notre descendance humaine.

Philosophique, Suspense

Dykhotomia

De Didier Curel
Broché – 19 octobre 2021
Éditions : LA TRACE

Bandeau_Intro.jpg

Est-ce que je suis à l’aise dans le costume que je me suis taillé ? Ce double jeu je l’ai mis en place, je m’y suis enfoncé de façon imperceptible, avec lenteur sans même m’en rendre compte. Une rencontre en entrainant une autre, un mensonge suivant l’autre, je suis l’acteur d’une vie qui pourrait ou devrait ne pas être la mienne. Pour me créer et conserver mon statut d’homme incontournable, j’ai appris, au fil des années, à utiliser les atouts des uns et les faiblesses des autres à mon profit. On croit que la vie est simple, qu’elle est unique, mais si nous savions lire au fond des yeux de nos semblables nous verrions qu’elle est multiple et qu’elle renferme des secrets inavouables. Alors la vraie vie de chacun se dévoilerait au grand jour. Je parle ainsi aujourd’hui, avec le recul de l’aventure que je viens de vivre, mais à ce moment-là, rien de tout cela ne m’effleurait l’esprit.

 

2021_090_Curel Didier - Dykothomia

 

Merci aux Éditions “La Trace” pour cette belle découverte…

– Avez-vous le sentiment de maîtriser votre vie ?
Voilà bien une question que ne s’était jamais posé Frank M. jusqu’à l’âge de trente-trois ans. Pour lui, il était tout simplement le roi des rois, l’acteur qui avait décroché le trophée du meilleur acteur de la décennie…

Mais un matin, tout bascule. Frank se retrouve dans la peau d’un SDF crasseux, dormant sur des cartons vivant tant bien que mal, sa vie depuis huit ans. Petit à petit il va se perdre entre deux vies, deux existences qu’il a vraiment vécue. Son esprit balloté d’un “monde à l’autre” perd petit à petit ses repères.
Qu’elle aurait été notre vie si nous avions pris des décisions différentes tout au long de celle-ci ?

Petit “bombe” littéraire que je n’ai pas vu venir !

“Dykhotomia” est un récit philosophique moderne et troublant, avec de nombreuses facettes. Un récit qui appuie là où ça fait mal. L’auteur nous lance des signaux. Il faut profiter du temps présent, sans chercher à nuire aux autres. Ne jamais se croire invincible, car on peut tout perdre du jour au lendemain.
C’est bien écrit, rythmé, parfois drôle, mais surtout très angoissant…
Perdre “sa vie” du jour au lendemain. Ne plus être reconnu. Tout le monde vous regarde comme si vous étiez fou. Quelle horreur…

J’ai passé un excellent moment de lecture, mais un peu court à mon goût. Avec un final tout en bienveillance…
Un livre que je conseillerai volontiers à tout ceux qui se sentent un peu perdu… Car rien n’est jamais perdu. Il y a toujours un moment où la force de se relever reprend finalement le dessus.
Malgré un coté très sombre, “Dykothomia” s’est révélé pour moi être une belle lumière dans la nuit.

À lire !!!

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« On loue une chambre d’hôtel. Louis se remet à neuf, ça prend un moment, y a du boulot. Allongé sur un des lits, je zappe la télé. Infos, infos, et encore infos, jeu à la con, reportage aussi instructif que chiant sur les animaux, vieux film, jeu encore plus con, y a vraiment de tout à la télé. Avant de l’éteindre, je lui accorde une dernière chance. J’ai bien fait, je suis à la télé. Enfin, pas moi, celui qui se prend pour moi. Il parle bien, aussi bien que moi. Il passe bien à l’écran, mieux que moi peut-être. »

« Vous savez, il existe des théories qui prétendent que la vie n’existe pas, qu’elle n’est qu’un rêve, fruit l’imagination, de pensée. Imaginez alors que vous viviez autant de vies que vous pouvez en rêver, en pensez. Ce serait fabuleux si c’était le cas et surtout si nous avions le maîtriser, non ? »

« Le temps est-il palpable ? Peut-on le matérialiser autrement que par le truchement de l’expression humaine ? Le soleil qui se lève et qui se couche n’est rien d’autre qu’une interprétation du temps, mais pas une matérialisation. Le temps n’est pas matière, il est abstrait, impalpable, invisible. Les rides sur un visage sont-elles le temps où l’expression du temps. »

 

 

Didier Curel, Vauclusien de 55 ans a grandi au cœur du Luberon. De là, il est intrigué très tôt par les raisons de l’existence, avec une question encore inexpliquée : Pourquoi suis-je là ? Ses introspections sur la vie le conduisent à l’écriture, art qui le passionne et lui permet de se découvrir et de s’interroger sur l’importance des interactions entre les humains.

Drame, Historique

Isabeau de Limeuil, la scandaleuse

de Isabelle Artiges
Broché – 2 septembre 2021
Éditeur : de Borée

Bandeau_Intro.jpg

Avec ce roman historique, Isabelle Artiges met à l’honneur une femme qui influença le cours de l’Histoire de la France du XVIe siècle, autant par sa beauté que par la finesse de son esprit. Demoiselle d’honneur depuis ses 16 ans, Isabeau de Limeuil la catholique se voit confier par Catherine de Médicis, la mission d’apaiser durablement les humeurs belliqueuses du Prince de Condé, fervent protestant. Dans une période complexe de l’Histoire de France, Isabelle Artiges fait d’Isabeau une actrice essentielle des événements de son temps, ce qu’elle fut !

 

2021_089_Artiges Isabelle - Isabeau de Limeuil

 

Merci beaucoup à Virginie Bourgeon des Éditions de Borée de m’avoir permis de découvrir ce superbe roman historique…

Comme à son habitude, l’auteur nous propose un récit passionnant mêlant l’Histoire avec un grand “H” à son intrigue.
J’avoue avoir eu au début un peu de mal à entrer dans le récit.
Pour mettre en place son “décor”, qu’il soit politique, religieux ou culturel, Isabelle, je pense, n’a eu d’autre choix que de prendre une structure “classique”, mais peut-être un peu trop pédagogique à mon goût. Par la suite, heureusement, la fluidité des textes m’a permis d’apprécier à sa juste valeur, la magie du récit.

Bienvenue donc, dans ce roman qui traite d’une époque ou la guerre est partout, sacrifiant les hommes et les femmes, et séparant les familles.

Isabeau de Limeuil, jeune fille pleine d’esprit de la noblesse périgourdine, va dès l’âge de 16 ans faire partie d’un “escadron volant” entourant sa cousine, la Reine Catherine de Médicis, en pleine guerre de Religion. Malgré sa jeunesse et sa fougue, la demoiselle d’honneur de la Reine catholique, d’une grande beauté, va très vite se brûler les ailes. En effet, ce que Isabeau ne sait pas encore, c’est que les hommes de cette époque, qui sont avides de pouvoir, n’ont aucun scrupule. Ils prennent ce qu’ils veulent, aussi vite qu’ils s’en débarrassent… Et, la belle Isabeau en fera les sacrifices, obligée qu’elle est d’obéir à sa Reine.

C’est une période de l’Histoire très violente et cruelle qu’a choisie de nous raconter Isabelle. J’ai appris beaucoup de choses, mais j’ai surtout vu la vie de l’époque, d’une façon très différente. L’intrigue est bien construite, et les récits de Margot, sœur de lait, puis servante d’Isabeau, qui viennent régulièrement ponctuer le récit, donnent une autre dimension au tout.

C’est un récit passionné et passionnant qui nous montre encore une fois que derrière chaque homme, il y a toujours une femme !

Un petit bémol malgré tout, mais il est “tout petit” et tout à fait personnel.
Je trouve la couverture un peu tristounette, elle ne reflète pas à mon avis la richesse de son contenu.

Lecture intéressante, riche, instructive et très agréable…
Que demander de plus !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Mon père disait qu’une de mes grand-mère avait dû fauter avec un Maure dans les temps anciens. J’ai toujours eu la peau noire comme une prune séchée au soleil. J’ai un jour essayé de m’en débarrasser en frottant mes joues avec une pierre dure de la rivière, mais rien n’y fit. J’ai alors consenti à vivre avec cette fantaisie de la nature. Dans diverses occasions, cela m’a même servi. Aujourd’hui, mon visage flétri n’a plus l’éclat de la jeunesse. La douce lumière demeurée dans mes prunelles rondes et sombres reflète bien l’apaisement d’une âme longtemps engagée dans la tourmente de son siècle. Je n’étais pas destinée à ce que j’ai vécu. »

« Margot s’était assise sur le bord de sa paillasse. Les premiers rayons du jour passaient à travers les planches disjointes des volets. La pièce s’éveillait doucement, chaque objet, chaque meuble sortait de l’ombre. Malgré la fraîcheur du matin, elle sentait des gouttes de sueur couler le long de son dos. Sa chemise de nuit, taillée dans un drap de chanvre, ne l’épongeait pas. Elle était si vieille, comment son corps pouvait-il encore se réveiller aux souvenirs de moments si intenses qu’elle revoyait avec autant de précision que s’ils s’étaient produits la veille ? »

« C’était une belle journée d’été, un dimanche à l’heure des vêpres. La plupart des familles avaient mangé la poule au pot, les hommes dormaient dans la paille ou à l’ombre d’un vieux chêne. Les femmes s’étaient assises sur des bancs de pierre, protégées des rayons du soleil par les murs de leurs maisons. Pas un orage ne menaçait à l’horizon, c’était une chaleur franche, sèche. Demain, tous repartiraient aux champs, la fenaison avait commencé. »

 

 

Isabelle Bugeau-Artiges est diplômée de l’Université de Limoges.

Après son mariage, elle est partie vivre en Dordogne où elle a co-dirigé avec son mari un laboratoire de développement de formules de maquillage, Vet H Cosmetiques, pendant 22 ans. Libérée de ses obligations de chef d’entreprise, elle s’est penchée sur le passé de sa famille, s’inspirant, pour écrire « Le Diable à portée de la main » (2007), son premier livre, de faits divers véridiques de la seconde guerre mondiale au cœur du Limousin.

Son deuxième livre « Les petits mouchoirs de Cholet » (2013) est un roman d’amour fou dans un contexte tragique de Grande Guerre qui nous révèle une femme moderne et héroïque.

Isabelle Artiges est membre de l’Académie des Lettres et des Arts du Périgord.

page Facebook: https://www.facebook.com/isabelle.artigesbugeau

Émotion, Histoire, Roman de terroir

L’Arbre des souhaits

de Agathe Dartigolles
Broché – 7 octobre 20211
Éditeur : De Borée

Bandeau_Intro.jpg

Alors qu’ils célèbrent la fin des travaux du Château de l’Ange, Capucine, Augustin, David, Pierrick et Alicia dégustent une bouteille de la Vigne des Mystères de 1950, la première année de production. Empoisonnés par cette dernière, ils finissent à l’hôpital, manquant d’y laisser leur peau. Pourquoi cette bouteille a-t-elle été empoisonnée ? Par qui ? L’avenir de leur propriété, dont la survie financière dépend entièrement de la Vigne des Mystères, en raison du prêt faramineux qu’ils ont contracté, s’en trouve alors menacé.

 

2021_088_Dartigolles Agathe - L'Arbre des souhaits

 

Encore une fois un grand merci à Virginie Bourgeon des Éditions De Borée, pour cette nouvelle découverte…

“L’Arbre des souhaits” est le dernier tome d’une trilogie.
Il fait suite à “La terre des secrets” et “La vigne des mystères”.
Je n’ai malheureusement pas lu les tomes précédents, mais cela ne m’a pas gêné du tout pour la compréhension générale, bien que maintenant j’aimerai bien les lire pour retrouver des personnages qui m’ont inspiré.

Ce roman de terroir est un peu différent de ceux auxquels je suis habitué. En effet dans celui-ci l’auteur glisse des courriers secrets, il y a des empoisonnements, un “Corbeau” qui menace par des envois de courriers, des querelles familiales qui séparent les membres d’une même famille, un père qui répudie son propre fils. J’ai eu parfois l’impression d’être dans un polar. Et cela m’a bien plu !

Agathe nous propose donc un récit qui se déroule dès le début des années 20 à nos jours, dans le terroir bordelais. Bien sûr les lieux ont une très grande importance. La nature, les couchers de soleil, un certain arbre, mais surtout des propriétés viticoles qui se sont transmises de générations en générations et qui deviennent par conséquence la cause de tous les problèmes en plus des couples qui se font et se défont. Capucine et son fiancé David sont au centre de toutes les attentions, mais les deux jumelles Octavie et Léonie la douce, toutes deux âgées de plus de quatre-vingts dix ans m’ont bien fait rire aussi.

J’ai pris énormément de plaisir à lire ce roman… La lecture est très agréable et le style fluide et imagé. Un roman de terroir saupoudré d’un soupçon de polar et de beaucoup de mystères, qui m’ont ouvert les yeux sur les transmissions familiales et sur les problèmes qu’ont du rencontrer nos ancêtres qui travaillaient aux cœurs des fermes.
La fin de ma lecture m’a laissé, sur une belle surprise que je n’avais pas anticipée du tout, et sur un sentiment de tristesse, et je peux l’avouer, sans aucune honte, à la fin, j’ai pleuré…

Finalement, un bon roman qui se conclut en coup de cœur !
Merci Agathe, pour toutes ces jolies émotions ressenties.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Agathon et Amélie formaient un couple merveilleusement bien assorti, une évidence. Passionné, passionnel, explosif. Deux soleils en fusion. De l’avis générale, ces deux-là étaient faits pour s’aimer d’un feu éternel. Il ne serait jamais venu à l’esprit des habitants de Saint-Pierre-des-Bois de remettre en question cette assertion. L’indéniable existence d’un tel amour était indiscutable. Agathon et Amélie Ducats s’aimaient fougueusement au-delà même de la raison. Telle était l’opinion générale. Mais telle était, peut-être, l’erreur générale. »

« Agathon et Lisette continuaient à s’écrire des lettres. Les mots allégeaient le poids des maux, mais ils s’essoufflaient. Durant cette dernière année, ils s’écrivirent leurs souhaits, petits moments de grâce dévoilés. Une manière tout à la fois de partager leurs pensées et de prolonger encore un peu leur amour condamné. Aucun des deux n’osait en effet souhaiter que leurs vies fussent chamboulées. Alors Agathon souhaitait pouvoir ramener les morts à la vie et guérir en l’humanité pour conquérir l’immortalité. Quant à Lisette, elle souhaitait connaître un monde sans guerre, sans misère, où chacun aurait de quoi vivre à satiété est où tout serait possible. Agathon souhaitait devenir roi et Lisette souhaitait voler dans les airs comme un oiseau. Mais ce qu’ils souhaitaient réellement tous les deux était de pouvoir être heureux sans faire de mal autour d’eux. »

« Est-ce que l’on peut réellement réparer le passé ? Demanda Richard.
Capucine et Richard échangèrent en regard.
– C’est ce que je pense en tout cas, répondit cette dernière. Si on le veut vraiment, si on y croit de toutes ses forces et que l’on fait de son mieux. Après tout, tout est toujours en mouvement, n’est-ce pas ? Chaque jour est une nouvelle chance de tout reconstruire. Alors oui, sans hésitation, on peut réparer le passé. »

 

 

Née en 1985, Agathe Dartigolles grandit aux abords de Bordeaux avec le rêve lointain de devenir un jour écrivain.
Après des études en communication, elle travaille six années dans le marketing avant de retourner à son rêve d’enfance. Elle se lance en 2014 dans l’écriture de plusieurs nouvelles, dont certaines sont publiées, et commence en 2015 la rédaction de son premier roman, “La Terre des secrets”, une histoire qui lui a été notamment inspirée par l’atmosphère du terroir de ses grands-parents paternels dans le Sud-Gironde. Elle publie une suite à ce premier volet en 2020 intitulée “La Vigne des Mystères”.
“L’Arbre des Souhaits” est son dernier roman ainsi que le dernier tome de la trilogie publiée aux Éditions de Borée. À l’occasion de sa parution le 7 Octobre 2021, la Vigne des Mystères sort dans la collection Terre de Poche le même jour.

Drame, Noir, Thriller psychologique

Je suis l’Abysse

de Donato Carrisi
Broché – 20 octobre 2021
Éditeur : Calmann-Lévy

Bandeau_Intro.jpg

L’homme qui nettoie rôde autour de nous.
Parmi nos déchets, il cherche des indices sur nos vies.
En particulier sur celles des femmes seules.
Une femme lui a fait beaucoup de mal enfant : sa mère.

La chasseuse de mouches, elle,
tente de sauver les femmes en péril.
Et elles sont nombreuses…
Surtout quand l’homme qui nettoie
rôde autour d’elles.

UN NOUVEAU THRILLER D’UNE INTENSITÉ RARE
OÙ VIOLENCE ET ANGOISSE COHABITENT POUR
QUESTIONNER NOTRE ATTIRANCE POUR LE MAL,
ET LES TRACES INDÉLÉBILES QUE PEUVENT
LAISSER LES MALTRAITANCES DU PASSÉ.

 

2021_087_Carisi Donato - Je suis l'abysse

 

Je ne le dirai jamais assez, j’adore cet auteur…

Un petit garçon de 6 ans qui après avoir risqué de se noyer, alors que sa mère l’abandonne sans même un regard, tente envers et contre tous de survivre…
Une jeune fille à la mèche violette de 13 ans tente de fuir la vie…
Un homme “qui nettoie” qui cherche lui à fuir ses démons…
Des femmes battues, des femmes violées…
Et une “chasseuse de mouches” qui après le plus gros des malheurs, œuvre désormais pour la meilleure des causes !
Ils n’ont pas de noms, mais qu’importe. Ils sont là, parmi nous.
Mais, il sera aussi et surtout question de solitude, les démons ne sont jamais loin de nous…

Cette intrigue est une véritable bombe et je me suis demandé à quel moment elle allait exploser.
Comme à son habitude, Donato Carrisi ne cherche pas la peur absolue, et surtout pas l’horreur, il distille comme à son habitude insidieusement le malaise, la noirceur, l’auteur titille l’ombre noire qui se trouve en chacun de nous.

Il n’y a rien à jeter dans ce thriller. Les chapitres très courts m’ont transporté en un peu plus de quatre heures jusqu’au point final clôturant le récit par une chute inattendue et perturbante !
Que d’émotions…
Mais le pire n’est pas dans le livre. Le pire est dehors, dans la rue, derrière nos fenêtres où l’on se croit à l’abri.
En effet, ce thriller a été inspiré de faits qui se sont vraiment déroulés…

Alors ?
Allez-vous me suivre dans ce thriller psychologique, glaçant et magistral ?

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« L’air matinal était le meilleur, alors il essayait toujours de se faire assigner la première tournée. Cela comportait l’avantage, outre le fait de ne pas avoir à interagir avec ses collègues, de profiter de la quiétude du matin. Un privilège aussi intime ne pouvait être partagé avec personne. L’homme qui nettoyait était taciturne. Même quand il pensait, ses raisonnements étaient de longues réflexions où les images défilaient dans sa tête accompagnés de sensations très simple. »

« Elle empoigna plus solidement le tison et posa l’autre main sur la porte : elle allait la pousser, quand son portable sonna dans sa poche. Le réseau était revenu. Elle tenta de le faire taire mais le laissa tomber sur le sol. Elle eut le temps de lire numéro inconnu sur l’écran et de penser que, cette fois encore, le destin avait été formidablement ponctuel. Elle se pencha pour le ramasser, et c’est alors que quelque chose s’abattit avec force sur sa nuque et la projeta en avant. »

« Pendant des années, l’homme qui nettoyait s’était demandé pourquoi il était venu au monde.
Cette question le taraudait depuis l’enfance, même avant que sa mère essaie de le noyer dans une piscine crasseuse. Pourquoi suis-je ici puisque personne ne veut de moi ? Longtemps, il n’avait pas trouvé de réponse. Et il se demandait si les autres ressentaient le même trouble. Parfois, il lui semblait être le seul.
Il était né par erreur et il avait été jeté comme un déchet.
Les ordures étaient la preuve de l’imperfection de la création. Et comme les gens n’aimaient pas qu’on leur pointe leurs défauts, sa mission d’adulte était d’en faire disparaître toute trace. »

 

 

Né en 1973 à Martina Franca, Donato Carrisi est l’auteur d’une thèse sur Luigi Chiatti, le “Monstre de Foligno”, un tueur en série italien. Juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement, il délaisse la pratique du droit pour se tourner vers l’écriture de scénarios.

Le Chuchoteur, son premier roman policier où apparaît l’experte dans les affaires d’enlèvement Mila Vasquez, vendu à plus de 200 000 exemplaires en Italie et traduit en France, est édité dans douze pays et remporte quatre prix littéraires, dont le prix SNCF du polar européen 2011 et le prix des lecteurs du Livre de poche 2011.

En 2017, il passe à la réalisation avec son premier film, “La Fille dans le brouillard” (La ragazza nella nebbia), une adaptation d’un de ses romans, qui lui vaut de remporter le prix du meilleur réalisateur débutant lors de la 63e cérémonie des David di Donatello.