Émotion, Drame, Histoire vraie, Suspense

L’Oiseau bleu tombé du nid

De Lily Hétet-Escalard
Broché – 1 juin 2021
Éditeur : ‎Librinova

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Quatre amis, Louise, Jean, Marie et Antoine forment deux couples happés par la brutalité de la Seconde Guerre mondiale. Leur vie bascule à la disparition de l’un d’eux, et plus encore à la Libération… Un demi-siècle plus tard, Victor, biologiste marin de renom ressent vers la cinquantaine le besoin de partir à la quête de ses racines. Enfant abandonné, il a été placé en Suisse comme 100000 autres. Percera-t-il le terrible secret de ses origines ?L’histoire de cette famille normande tisse une fresque bouleversante entre combats, résistance, espoir et folie. Dans L’Oiseau bleu tombé du nid, Lily Hétet-Escalard rend un hommage vibrant aux hommes et aux femmes qui ont connu l’horreur de la guerre à travers les voix oubliées de l’Histoire. Un roman déchirant, inspiré d’une histoire incroyable mais vraie.

 

2021_099_Hétet-Escalard Lily - L'Oiseau bleu tombé du nid

 

C’est exactement pour ce type de lectures
que je continuerai à lire tant que je le pourrai…

Louise et Jean, Marie et Antoine, deux sœurs, deux amis d’enfance, deux couples à la vie à la mort, qui se sont trouvés.
Ensemble ils s’occupaient d’une ferme. Ensemble ils vivaient heureux…
Mais l’Histoire en avait décidé autrement…

La Deuxième Guerre mondiale éclate, avec toutes les atrocités que l’on connaît déjà et bien d’autres que je découvre dans ce roman…
Le 5 juin 1944, Marie ouvre leur porte à un parachutiste américain la veille du débarquement pour leur plus grand malheur.
Antoine est absent, Jean est emprisonné en Allemagne et Louise est endormie à l’étage !
Le lendemain, Louise est une jeune femme brisée suite à une agression. Sa vie va être bouleversée. Très vite elle va se rendre compte qu’elle est enceinte…

Voilà le départ de ce superbe roman basé sur des faits réels. Poignant, dramatique avec une écriture pleine de réalisme qui décrit sans juger, sans condamner, mais toujours avec beaucoup d’émotion !
Le récit se divise en deux parties.

La première, raconte l’histoire des deux sœurs qui ont épousé Antoine et Jean, meilleurs amis depuis l’enfance.

Nos quatre “amis” vont vivre la guerre, les disparitions, les explosions à leur porte ! Antoine est dans la résistance, Jean qui après avoir été fait prisonnier en Allemagne va se retrouver déporté en Sibérie, et n’aura de cesse que d’essayer de s’évader afin de retrouver les siens. Louise, la pauvre Louise, qui se voit obligée d’abandonner son bébé le jour de sa naissance, car les mœurs de l’époque ne lui permettront jamais de le garder et de l’aimer. L’Église enverra le petit Victor dans une famille en Suisse qui le traitera durant toute son enfance comme un esclave, exploité, affamé, maltraité, comme des milliers d’autres enfants durant le conflit. Et puis Marie qui essaie se survivre et de s’occuper de sa sœur comme elle le pourra.

La seconde partie, elle, développera la vie de Victor. Après une enfance où il s’est cru perdu, un enseignant va l’aider à aller de l’avant et lui donner les “clés” qui lui manquaient pour réussir. Aujourd’hui il a bien grandi et ressent alors le besoin de connaitre ses racines, de retourner vers les “siens”.

“L’oiseau bleu tombé du nid” est un roman magnifique et bouleversant.
Que d’émotions !
J’avoue avoir vraiment été touché par l’écriture de l’auteure. Son écriture très poétique m’a tenu en haleine jusqu’au bout. Son développement des personnages qui en fait des êtres vivants et à part entière. J’ai pu ressentir leurs vécus, leurs joies mais surtout leurs peines. L’amitié tient une très grande place dans le roman, ainsi que l’amour.

Lily Hetet-Esclard à travers ses personnages qui marquant nous raconte sans faux-semblants, la vie de ceux qui ont souffert, qui ont été oublié, des femmes violées et de la société à cette époque, elle dénonce tout simplement la cruauté d’une époque. On apprend à la fin du récit que Jean est l’arrière-grand-oncle de Lily.
Quel bel hommage elle lui rend…

Je ne peux que vous recommander ce livre… Que les lecteurs et lectrices les plus sensibles n’hésitent pas à découvrir “L’Oiseau bleu tombé du nid” ! C’est un roman sensible mais jamais mélodramatique, les personnages sont formidables et à chaque fois, malgré tout ce qui leur arrive, c’est l’espoir qui prédomine.

Pour moi, un vrai coup de cœur !
Lily sera une auteure à suivre.
Elle a du talent, et sait retransmettre les idées qui bouillonnent dans son cœur et sûrement dans son âme…

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Extraits :

« Cette histoire commence à l’heure où les oiseaux se taisent. La lune claire brille entre deux nuages et de grands échassiers gris se posent en silence dans les prés alentour.
Bientôt, l’herbe noire se couvre de tâches claires, telles des ombrelles déployées, vite rassemblées à la hâte. Soudain, de champ en champ, le coassement de grenouilles importunées se mêle aux stridulations de nombreux criquets »

« En ouvrant les yeux, je décide de graver dans ma mémoire le moindre recoin de cette cabane reculée, qui m’a protégé des températures glaciales et des animaux. Je ne me leurre pas, ce n’est pas tant le lieu que je quitte la gorge nouée. Macha, c’est son prénom, me prépare un bol de thé qu’elle me tend avec une tranche de pain noir. Pendant que je savoure l’instant, elle prépare un gros baluchon qu’elle remplit du linge d’homme qui lui reste. Alors que je proteste, elle ajoute ses maigres provisions. Je ne pourrai jamais la remercier assez. Une vague de gratitude m’envahit ; je la soulève, toute légère, et l’a fait tourner. Quelle grande âme ! »

« 100 000 enfants forçats, des moins que rien.
Des milliers d’entre nous subirent des violences, des mauvais traitements, des viols, souffrirent voire périrent de malnutrition. Tout le monde savait. Voisins, familles, amis, élus… Tous se taisaient. Un système muselé, figé dans le formol. Me revient en pleine face le corps squelettique du gamin enchaîné nu à un piquet. J’ai terriblement mal pour lui. Il n’y a plus de place pour le doute. Son sort était scellé. J’ai honte. Honte de ne pas avoir réagi en homme. »

« Elle le raccompagna à la grille menant au portail, lui sourit :
– Faites-moi plaisir et retenez ceci avant que nous nous quittions : innocent vous êtes, et resterez ! Les enfants ne sont pas coupable des fautes de leurs parents, lui glissa-t-elle à l’oreille en l’étreignant comme seule une mère aimante sais le faire. »

 

 

Après une enfance heureuse passée à parcourir avec voracité les rayons de la librairie familiale, Le Lutrin à Bayeux, et la campagne normande, je me suis investie quelques années auprès d’adolescents cabossés, au parcours chaotique, en rupture.

Diplômée en biologie et géologie, violoniste et pianiste, l’écriture m’a toujours accompagnée, m’offrant un langage essentiel avec la peinture.

Mère de 2 enfants, je vis en Normandie.

Mes amitiés, rencontres et voyages m’offrent l’opportunité de creuser au scalpel les âmes qui se confient naturellement et nourrissent mon questionnement sur la nature humaine.

Drame, Noir, Thriller psychologique

J’ai rêvé qu’on pouvait tuer

de Rime de Bervuy
Broché – 2 novembre 2021

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Sarah Dubois est une jeune mère célibataire qui voit sa vie bouleversée par plusieurs épreuves.
Quand une série de meurtres visant de jeunes enfants survient dans la région, elle s’inquiète pour les siens, comme beaucoup de familles.
Elle aurait pu considérer ces événements comme de simples faits divers, ne pas se sentir autant concernée et ne pas leur accorder d’importance.
Elle aurait pu oui, si elle n’en avait pas rêvé la nuit…

 

2021_098_de Bervuy Rime - J'ai révé qu'on pouvait tuer

 

Quelle est la maman qui, élevant seule ses trois enfants, ne passerait pas par des hauts et des bas ?
Ne passerait pas par des phases de stress ou de colère ?
Sarah a beau aimer ses enfants, son quotidien est compliqué et pesant. Heureusement dans son entourage, famille et voisins l’aideront dans son quotidien, prêts à tout pour donner un coup de main. Sarah est débordée, et elle essaie de s’en sortir au mieux.
Voilà à quoi ressemble sa vie, mais malgré tout, elle fait tout son possible pour continuer à briller dans les yeux de ses enfants.

C’est le premier roman de Rime de Bervuy que je lis, et très vite je suis rentré dans l’intrigue. Le récit est rythmé par des chapitres courts, et c’est très crédible.
Une “histoire banale” de la vie qui va être percutée soudain par les mains du mal.

Une nuit, elle fait un cauchemar, où elle voit un enfant se faire étrangler. Elle se réveille en sursaut, elle se sent mal, cette impression de “vécu” la rend folle… Et cela va se reproduire plusieurs nuits.
Dès lors elle commence à prendre peur.
Pourquoi est-elle impactée de la sorte ?
S’agit-il de rêves prémonitoires ?
Quel lien il y a-t-il entre elle et ces enfants étranglés, la nuit dans leurs lits ?

Voilà un roman très réaliste que nous propose Rime. Je me suis senti très vite proche de ses personnages. Le fait aussi et surtout que ce soient des enfants qui soient impactés m’a touché tout particulièrement… Le suspense est bien mené, une “petite” angoisse est montée au fur et à mesure de ma lecture créant une atmosphère particulière, et un final qui, même si j’avais un peu “deviné” la trame, m’a surpris car je n’arrivais pas à faire certains liens. L’histoire de Sarah n’est pas banale et on ne peut s’empêcher d’avoir de l’empathie pour elle.

Un bon roman psychologique, plein de sensibilité, qui m’aura fait passer un bon moment.

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Extraits :

« – Chut ! Il n’y a rien de dangereux ici. Je vais même te dire, on est plus tranquilles.
– Mais il fait noir ! Et puis j’ai froid et j’ai peur.
– Je sais, mais tu dois arrêter de pleurnicher, sinon ça va l’énerver encore plus. Tiens ! Mets mon pull, tu auras moins froid.
– Mais… Et toi ?
– Ça va aller. »

« Sarah eut du mal à contenir la colère qui l’assaillait. Elle eut soudain la vision de ses mains qui se plaçaient autour du cou d’un enfant et qui serraient, serraient… La jeune femme devint toute pâle. Elle sentit ses jambes trembler et s’appuya contre le mur du couloir. »

« Mathilde avait probablement raison. Elle y pensait, cela la touchait, donc elle en rêvait. Sarah était totalement abattue et triste alors qu’elle aurait dû être heureuse en cette veille de vacances. Elle ne voulait pas se résoudre à croire que ses cauchemars avaient du sens ou une raison d’être. Les séries et les films qui passent à la télévision détaillaient tellement bien les scènes de meurtre qu’une situation dramatique devenait le déclencheur des pires scénarios. Sarah avait toujours eu beaucoup d’imagination et elle visualisait facilement les décors et les personnages lorsqu’elle lisait un roman. »

« Alors que Sarah se posait toutes ces questions, elle compris que Madeline l’avait vue malgré l’obscurité qui régnait dans la maison. Les battements du cœur de la jeune femme s’accélérèrent. Elle se recula d’un pas et devina à travers le rideau la silhouette immobile qui regardait toujours vers elle avec insistance depuis le trottoir d’en face. »

 

 

Rime de Bervuy est auteure de littérature fantastique (mêlant le surnaturel, l’action, l’amour et le suspense).

Elle est née en 1978 en région parisienne où elle passe toute son enfance avec ses parents, sa sœur aînée et son petit frère. Enfant rêveuse et à l’imagination fertile, elle s’invente constamment des histoires pour passer le temps.

Elle étudie la littérature à l’Université de Nanterre Paris X et se plonge dans la lecture à travers laquelle elle découvre, entre autres, des univers fantaisistes et fantastiques variés qui la passionnent. Elle s’intéresse à des auteurs tels que Edgar Allan Poe, Théophile Gautier, J.R.R. Tolkien et d’autres plus contemporains comme Anne Rice, J.K. Rowling, LA Bailey ou Claire Panier-Alix.

En 1998, elle rencontre son futur mari qu’elle épouse cinq ans plus tard. Ils quittent Paris pour les Hauts de France où ils créent leur entreprise d’électricité générale et fondent une famille.

Des récits plein la tête, Rime de Bervuy se décide un jour à replonger dans les ébauches d’histoires qu’elle a inventé depuis son adolescence et Au Clair de la Louve se développe au fil de son clavier en 2018 sur plusieurs dizaines de pages alors qu’elle pensait n’écrire qu’une simple nouvelle. Finalement, cette histoire se déclinera en plusieurs tomes.

Passionnée par les animaux et en particulier par les chevaux, Rime de Bervuy choisit ce pseudo pour rendre hommage à son cheval, qu’elle a perdu après vingt ans de complicité, en faisant une anagramme de son nom.

Drame, Histoire, Témoignage

Le Code d’Esther

de Bernard Benyamin, Yohan Perez (Auteurs)
Broché – 11 octobre 2012
Éditeur : ‎First

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16 octobre 1946.
À l’issue du procès de Nuremberg, le dignitaire nazi Julius Streicher monte à l’échafaud. Avant d’être pendu, il lance : “Ce sont les Juifs qui vont être contents ! C’est Pourim 1946 !” Stupeur dans le monde. Qu’a-t-il voulu dire ? Il est établi que Streicher fait référence à une fête juive qui commémore les événements relatés dans un texte biblique vieux de deux mille ans : le “Livre d’Esther”. Mais sa déclaration n’en demeure pas moins énigmatique.

Ce fait historique avéré est le point de départ du Code d’Esther. Une aventure extraordinaire qui va conduire Bernard Benyamin et Yohan Perez de Nuremberg à Jérusalem, et des banques de Zurich à la prison de Landsberg, où Hitler rédigea Mein Kampf. De rencontres en révélations, ils découvriront que le Livre d’Esther recèle un message secret, et qu’il existe entre l’antique royaume perse et l’Allemagne du IIIe Reich des ressemblances défiant la raison.

Cet incroyable scénario, digne des Aventuriers de l’Arche perdue et de Dan Brown, n’a pourtant rien d’une fiction ; tous les faits relatés dans ce livre sont en effet rigoureusement authentiques. Pour percer “Le code d’Esther”, Bernard Benyamin et Yohan Perez ont mené une longue enquête, interrogé de nombreux érudits juifs et historiens. Au terme de leurs investigations, ils lèvent ici le voile sur la prophétie la plus troublante du XXe siècle.

 

2021_096_Benyamin Bernard, Yohan Perez - Le Code d'Esther

 

Depuis quelques années déjà, j’essaie de faire “vivre” les Boîtes à livres de mon quartier ainsi que celle de ma gare… C’est dans celle-ci, que j’ai trouvé “Le code d’Esther”, il y a quelques semaines…

Un livre passionnant…
On sent que les auteurs maîtrisent leur sujet.
Un grand merci à eux d’avoir mis en avant ces faits historiques et d’avoir soulevés certaines questions qui encore aujourd’hui demeurent sans réponse.

Procès de Nuremberg :
“ Ce sont les juifs qui vont être contents ! C’est Pourim 1946 !“
C’est le point de départ du roman. Que signifient ces paroles, et pourquoi Joseph Streicher les a crié à l’issue de son procès ?

Bernard Benyamin et Yohan Perez vont mener une enquête incroyable à travers le monde, à la recherche de réponses. Jérusalem bien sûr, Zurich dans la prison de Landsberg, (là, où Hitler a écrivit Mein Kampf)… Ils feront des centaines de rencontres, interrogeront de nombreux érudits juifs, des rabbins, des historiens et iront de révélations en révélations. Ils vont découvrir que Le Livre d’Esther cache un message secret, et qu’il ya entre le royaume Perse antique et l’Allemagne du IIIe Reich des similitudes incroyables.
Leur enquête aboutie, ils nous livrent ici une “prophétie” des plus troublante…

Pourquoi cette haine viscérale envers le peuple juif ?
Harcelés, enfermés, exilés, brûlés, pendus, rejetés par toutes les nations…
“Le code d’Esther”, donnera certaines pistes à ceux qui se posent cette question à travers une aventure incroyable.

Préparez-vous à suivre cette enquête qui va forcément vous bousculer !
Excellent aussi cette idée pour obtenir plus d’informations le long des chapitres. En effet, les deux auteurs nous proposent des “Qr codes” qui vous permettront d’approfondir vos recherches si vous le souhaitez !
ATTENTION… Tous les faits qui sont relatés dans ce livre sont exacts et avérés…
Ma lecture n’en n’a été que plus instructive.

Merci Bernard et Yohan, pour ce “cadeau”.
Un livre riche en connaissance, plein de mystères et de suspense…

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Extraits :

« ”Sur le plan esthétique, ce n’est pas un modèle d’architecture, reconnait le Rav Chaya, mais depuis sa construction les attentats ont cessé…“ Et puis, juste en face de nous, à 500 mètres à vol d’oiseau, s’élève le dôme d’une mosquée. “Elle a été construite à l’emplacement exact du tombeau du prophète Samuel, que vénèrent, comme nous les musulmans. Le plus étonnant, c’est qu’au même endroit, cohabitant dans le même espace, il y a une Yeshivah ! Et après ça, on dira que Juifs et Arabes ne s’entendent pas !” »

« Le printemps s’est installé sur Paris. Depuis la fin de notre enquête, j’entre plus souvent en contemplation devant les nuages qui courent dans le ciel, comme lorsque j’étais enfant et que j’essayais de leur imaginer une ressemblance avec les objets de la vie quotidienne. »

« En classe de terminal, on nous avait appris que la philosophie se divisait en deux domaines : celui de la connaissance et celui de l’action. Et, de façon évidente, il m’avait toujours semblé qu’il fallait d’abord connaître avant d’agir »

« Cinq hommes restent pétrifiés devant ce qu’ils ne sauraient pas décrire, et le sixième prend ses jambes à son cou. Direction Landsberg, le centre de commandement. Vite, un officier ! Le sergent, un lieutenant ou même le général ! Il faut qu’ils viennent et voient ce qu’il a vu ! Il court à travers les bois, sur les sentiers, sur la route et dans les ruelles de la vieille ville. Il ne sait pas encore ce qu’il va dire ni comment expliquer ce que ses camarades et lui ont découvert. On ne l’a pas préparé à ça, on ne lui a pas dit que cela pouvait exister. Le souffle court, il ne peut que répéter : “C’est inimaginable.” Sur la Grand-Place, près du Q.G. des forces américaines, il repère un officier. Il s’accroche à son bras et lui hurle :
“Il faut venir ! Il faut voir !” »

 

 

Bernard Benyamin est journaliste, producteur et animateur de télévision. En 1990, il crée avec Paul Nahon le magazine hebdomadaire  » Envoyé spécial « , qu’ils coprésentent sur Antenne 2 puis France 2 jusqu’en 2001.

Yohan Perez est réalisateur de télévision et fondateur d’Appli2phone.

Drame, Dystopie

LES ÉLUS D’ISIS

de Pierre-Jacques Villard
Broché – 22 octobre 2021
Éditeur : Independently published

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La fin du monde ? une plaisanterie ? Pourtant les signes ne manquent pas. Et si ce qu’annonce le message était vrai ?

Trois élus seront sauvés à la seule condition qu’ils comprennent… Mais quoi donc ?

C’est tout l’enjeu de ce roman, fresque foisonnante de l’après pandémie, entre campagne verdoyante et Paris dénaturé.

 

2021_093_Villard Pierre-Jacques - Les élus d'isis

 

La fin du monde sauvera-t-elle l’humanité ?

Pierre-J. Villard m’a embarqué dans son roman qui perturbe et interroge !

Qui sont donc David, Sophie et Marcus ?
Nous sommes en 2035. Plus de 15 ans se sont écoulés depuis la pandémie du siècle, en 2021. Les gouvernements ont pris la main sur TOUT !
Ils ont le pouvoir absolu et contrôlent le moindre habitant de chaque pays, qui n’a plus qu’à subir et à obéir. Une ambiance très angoissante plane tout le long du roman…
David, vit à Paris dans un taudis, son usine est l’une des dernières indépendantes que tolère le gouvernement. Il embellit des instruments de musique…
Sophie est attachée de presse dans la dernière agence de publicité de Paris. Elle travaille non-stop surveillée par son téléphone qui la rappelle à l’ordre au moindre “faux” pas…
Et enfin, Marcus, ancien jardiner, qui s’est retiré de la “vie” dans sa maison d’enfance, dans le Loiret, après le suicide de sa femme…

Trois personnes qui ne se connaissent pas et qui n’ont à priori aucun point commun, à part, peut-être leur solitude…
Ils n’auraient jamais dû se croiser, pourtant quelqu’un les a élus.
Le message qu’ils recevront individuellement va changer leur vision, leur vie…  et qui sait, peut-être celle de l’humanité !

La vie a perdu toute étincelle de plaisir et n’a plus aucun attrait. La population avance soumise, tête baissée dans la crainte de se faire remarquer et “éliminée”. Les gens sont résignés face à ce Pouvoir Manipulateur, face à cette menace constante ou, chacun suit son propre mode de (sur)vie.

Un texte percutant, dur, mais un style agréable aussi, malgré l’angoisse et la noirceur permanente. Pierre-J. a su mettre en avant quelques “lumières” bien dosées, un peu de poésie aussi, qui m’ont portées jusqu’à la révélation finale.

Cette “dystopie”, (l’avenir nous le dira ?) d’anticipation est vraiment prenante. L’auteur a planté un décor apocalyptique dans un Paris et dans monde qui s’effondre sous un déluge de pluie, dans un torrent de boue.

Pas de temps mort, un très bon moment de lecture, ou tout “simplement”, un bon livre, que je vous recommande.

Merci Pierre-J., de nous ouvrir les yeux face à une menace qui peut-être s’immisce déjà dans notre quotidien…

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Extraits :

« Depuis la guerre entre pays du Golfe, la destruction des puits de pétrole, la capitale a changé : les autos officielles électriques ont fleuri, modifié l’atmosphère. La disparition soudaine des moteurs à combustion, l’interdiction des véhicules particuliers a plongé Paris dans la déprime. Et le silence, comme un couperet, a induit le « grand malaise », provoqué une vague de suicides inédite. »

« Depuis l’auto proclamation du nouveau régime poste pandémie, les manifestations publiques, événements de masse sont interdits. Des exceptions sont tolérées, quand leur finalité est de dénigrer le système antérieur, celui du plaisir, de la surconsommation, celui qui a percuté un mur en 2020. »

« Pour le bien du peuple, le 5 avril et le 5 octobre sont les dates fixées pour le départ des vacances obligatoires. Les destinations seront tirés au sort. Les séjours en province répondront aux règles établies par l’autorité nationale. »

« David tourne en rond. On l’a mis à la porte. Le pouvoir a réquisitionné son usine. Plus question de fabriquer des instruments de musique qui ramollissent le peuple. La censure est derrière tout cela “Ça devait arriver…”. »

« Les femmes, les hommes, les enfants, les vieillards.
Les plages de sable fin, les ruisseaux, les prairies.
Les sourires émus, regards volés.
Les mains tendues, soutenues, pressées.
Les verres de vin soyeux, soupes odorantes, parfums envoûtants et…
L’âme des poètes, des peintres, des écrivains.
Tout cela est mort. »

 

 

Né en 1960, Pierre-Jacques Villard, est originaire du Bourbonnais.

En 1990, il part s’installer à Madrid où il occupe un emploi de Directeur d’agence bancaire. C’est en mars 2011 qu’il décide de tout quitter afin de se consacrer pleinement à son travail d’écriture. Ces heures de réflexion et de création donnent alors naissance à son premier roman “Un Soleil passe”, publié aux Éditions Édilivre.

Il est aussi auteur de poèmes, de récits courts ainsi que deux romans publiés (drame psychologique et thriller). Outre “Noirs territoires”, recueil illustré de nouvelles, disponible à la vente, un roman d’anticipation “La fin du monde” verra bientôt le jour. Le point commun entre tous ces textes est un style précis, immersif où s’entrecroisent mystère, poésie et suspense.

Drame, Historique

Isabeau de Limeuil, la scandaleuse

de Isabelle Artiges
Broché – 2 septembre 2021
Éditeur : de Borée

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Avec ce roman historique, Isabelle Artiges met à l’honneur une femme qui influença le cours de l’Histoire de la France du XVIe siècle, autant par sa beauté que par la finesse de son esprit. Demoiselle d’honneur depuis ses 16 ans, Isabeau de Limeuil la catholique se voit confier par Catherine de Médicis, la mission d’apaiser durablement les humeurs belliqueuses du Prince de Condé, fervent protestant. Dans une période complexe de l’Histoire de France, Isabelle Artiges fait d’Isabeau une actrice essentielle des événements de son temps, ce qu’elle fut !

 

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Merci beaucoup à Virginie Bourgeon des Éditions de Borée de m’avoir permis de découvrir ce superbe roman historique…

Comme à son habitude, l’auteur nous propose un récit passionnant mêlant l’Histoire avec un grand “H” à son intrigue.
J’avoue avoir eu au début un peu de mal à entrer dans le récit.
Pour mettre en place son “décor”, qu’il soit politique, religieux ou culturel, Isabelle, je pense, n’a eu d’autre choix que de prendre une structure “classique”, mais peut-être un peu trop pédagogique à mon goût. Par la suite, heureusement, la fluidité des textes m’a permis d’apprécier à sa juste valeur, la magie du récit.

Bienvenue donc, dans ce roman qui traite d’une époque ou la guerre est partout, sacrifiant les hommes et les femmes, et séparant les familles.

Isabeau de Limeuil, jeune fille pleine d’esprit de la noblesse périgourdine, va dès l’âge de 16 ans faire partie d’un “escadron volant” entourant sa cousine, la Reine Catherine de Médicis, en pleine guerre de Religion. Malgré sa jeunesse et sa fougue, la demoiselle d’honneur de la Reine catholique, d’une grande beauté, va très vite se brûler les ailes. En effet, ce que Isabeau ne sait pas encore, c’est que les hommes de cette époque, qui sont avides de pouvoir, n’ont aucun scrupule. Ils prennent ce qu’ils veulent, aussi vite qu’ils s’en débarrassent… Et, la belle Isabeau en fera les sacrifices, obligée qu’elle est d’obéir à sa Reine.

C’est une période de l’Histoire très violente et cruelle qu’a choisie de nous raconter Isabelle. J’ai appris beaucoup de choses, mais j’ai surtout vu la vie de l’époque, d’une façon très différente. L’intrigue est bien construite, et les récits de Margot, sœur de lait, puis servante d’Isabeau, qui viennent régulièrement ponctuer le récit, donnent une autre dimension au tout.

C’est un récit passionné et passionnant qui nous montre encore une fois que derrière chaque homme, il y a toujours une femme !

Un petit bémol malgré tout, mais il est “tout petit” et tout à fait personnel.
Je trouve la couverture un peu tristounette, elle ne reflète pas à mon avis la richesse de son contenu.

Lecture intéressante, riche, instructive et très agréable…
Que demander de plus !

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Extraits :

« Mon père disait qu’une de mes grand-mère avait dû fauter avec un Maure dans les temps anciens. J’ai toujours eu la peau noire comme une prune séchée au soleil. J’ai un jour essayé de m’en débarrasser en frottant mes joues avec une pierre dure de la rivière, mais rien n’y fit. J’ai alors consenti à vivre avec cette fantaisie de la nature. Dans diverses occasions, cela m’a même servi. Aujourd’hui, mon visage flétri n’a plus l’éclat de la jeunesse. La douce lumière demeurée dans mes prunelles rondes et sombres reflète bien l’apaisement d’une âme longtemps engagée dans la tourmente de son siècle. Je n’étais pas destinée à ce que j’ai vécu. »

« Margot s’était assise sur le bord de sa paillasse. Les premiers rayons du jour passaient à travers les planches disjointes des volets. La pièce s’éveillait doucement, chaque objet, chaque meuble sortait de l’ombre. Malgré la fraîcheur du matin, elle sentait des gouttes de sueur couler le long de son dos. Sa chemise de nuit, taillée dans un drap de chanvre, ne l’épongeait pas. Elle était si vieille, comment son corps pouvait-il encore se réveiller aux souvenirs de moments si intenses qu’elle revoyait avec autant de précision que s’ils s’étaient produits la veille ? »

« C’était une belle journée d’été, un dimanche à l’heure des vêpres. La plupart des familles avaient mangé la poule au pot, les hommes dormaient dans la paille ou à l’ombre d’un vieux chêne. Les femmes s’étaient assises sur des bancs de pierre, protégées des rayons du soleil par les murs de leurs maisons. Pas un orage ne menaçait à l’horizon, c’était une chaleur franche, sèche. Demain, tous repartiraient aux champs, la fenaison avait commencé. »

 

 

Isabelle Bugeau-Artiges est diplômée de l’Université de Limoges.

Après son mariage, elle est partie vivre en Dordogne où elle a co-dirigé avec son mari un laboratoire de développement de formules de maquillage, Vet H Cosmetiques, pendant 22 ans. Libérée de ses obligations de chef d’entreprise, elle s’est penchée sur le passé de sa famille, s’inspirant, pour écrire « Le Diable à portée de la main » (2007), son premier livre, de faits divers véridiques de la seconde guerre mondiale au cœur du Limousin.

Son deuxième livre « Les petits mouchoirs de Cholet » (2013) est un roman d’amour fou dans un contexte tragique de Grande Guerre qui nous révèle une femme moderne et héroïque.

Isabelle Artiges est membre de l’Académie des Lettres et des Arts du Périgord.

page Facebook: https://www.facebook.com/isabelle.artigesbugeau

Drame, Noir, Thriller psychologique

Je suis l’Abysse

de Donato Carrisi
Broché – 20 octobre 2021
Éditeur : Calmann-Lévy

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L’homme qui nettoie rôde autour de nous.
Parmi nos déchets, il cherche des indices sur nos vies.
En particulier sur celles des femmes seules.
Une femme lui a fait beaucoup de mal enfant : sa mère.

La chasseuse de mouches, elle,
tente de sauver les femmes en péril.
Et elles sont nombreuses…
Surtout quand l’homme qui nettoie
rôde autour d’elles.

UN NOUVEAU THRILLER D’UNE INTENSITÉ RARE
OÙ VIOLENCE ET ANGOISSE COHABITENT POUR
QUESTIONNER NOTRE ATTIRANCE POUR LE MAL,
ET LES TRACES INDÉLÉBILES QUE PEUVENT
LAISSER LES MALTRAITANCES DU PASSÉ.

 

2021_087_Carisi Donato - Je suis l'abysse

 

Je ne le dirai jamais assez, j’adore cet auteur…

Un petit garçon de 6 ans qui après avoir risqué de se noyer, alors que sa mère l’abandonne sans même un regard, tente envers et contre tous de survivre…
Une jeune fille à la mèche violette de 13 ans tente de fuir la vie…
Un homme “qui nettoie” qui cherche lui à fuir ses démons…
Des femmes battues, des femmes violées…
Et une “chasseuse de mouches” qui après le plus gros des malheurs, œuvre désormais pour la meilleure des causes !
Ils n’ont pas de noms, mais qu’importe. Ils sont là, parmi nous.
Mais, il sera aussi et surtout question de solitude, les démons ne sont jamais loin de nous…

Cette intrigue est une véritable bombe et je me suis demandé à quel moment elle allait exploser.
Comme à son habitude, Donato Carrisi ne cherche pas la peur absolue, et surtout pas l’horreur, il distille comme à son habitude insidieusement le malaise, la noirceur, l’auteur titille l’ombre noire qui se trouve en chacun de nous.

Il n’y a rien à jeter dans ce thriller. Les chapitres très courts m’ont transporté en un peu plus de quatre heures jusqu’au point final clôturant le récit par une chute inattendue et perturbante !
Que d’émotions…
Mais le pire n’est pas dans le livre. Le pire est dehors, dans la rue, derrière nos fenêtres où l’on se croit à l’abri.
En effet, ce thriller a été inspiré de faits qui se sont vraiment déroulés…

Alors ?
Allez-vous me suivre dans ce thriller psychologique, glaçant et magistral ?

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Extraits :

« L’air matinal était le meilleur, alors il essayait toujours de se faire assigner la première tournée. Cela comportait l’avantage, outre le fait de ne pas avoir à interagir avec ses collègues, de profiter de la quiétude du matin. Un privilège aussi intime ne pouvait être partagé avec personne. L’homme qui nettoyait était taciturne. Même quand il pensait, ses raisonnements étaient de longues réflexions où les images défilaient dans sa tête accompagnés de sensations très simple. »

« Elle empoigna plus solidement le tison et posa l’autre main sur la porte : elle allait la pousser, quand son portable sonna dans sa poche. Le réseau était revenu. Elle tenta de le faire taire mais le laissa tomber sur le sol. Elle eut le temps de lire numéro inconnu sur l’écran et de penser que, cette fois encore, le destin avait été formidablement ponctuel. Elle se pencha pour le ramasser, et c’est alors que quelque chose s’abattit avec force sur sa nuque et la projeta en avant. »

« Pendant des années, l’homme qui nettoyait s’était demandé pourquoi il était venu au monde.
Cette question le taraudait depuis l’enfance, même avant que sa mère essaie de le noyer dans une piscine crasseuse. Pourquoi suis-je ici puisque personne ne veut de moi ? Longtemps, il n’avait pas trouvé de réponse. Et il se demandait si les autres ressentaient le même trouble. Parfois, il lui semblait être le seul.
Il était né par erreur et il avait été jeté comme un déchet.
Les ordures étaient la preuve de l’imperfection de la création. Et comme les gens n’aimaient pas qu’on leur pointe leurs défauts, sa mission d’adulte était d’en faire disparaître toute trace. »

 

 

Né en 1973 à Martina Franca, Donato Carrisi est l’auteur d’une thèse sur Luigi Chiatti, le “Monstre de Foligno”, un tueur en série italien. Juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement, il délaisse la pratique du droit pour se tourner vers l’écriture de scénarios.

Le Chuchoteur, son premier roman policier où apparaît l’experte dans les affaires d’enlèvement Mila Vasquez, vendu à plus de 200 000 exemplaires en Italie et traduit en France, est édité dans douze pays et remporte quatre prix littéraires, dont le prix SNCF du polar européen 2011 et le prix des lecteurs du Livre de poche 2011.

En 2017, il passe à la réalisation avec son premier film, “La Fille dans le brouillard” (La ragazza nella nebbia), une adaptation d’un de ses romans, qui lui vaut de remporter le prix du meilleur réalisateur débutant lors de la 63e cérémonie des David di Donatello.

Adolescence, Émotion, Drame

Un long chemin depuis la rivière des crevettes

de Thierry Essengue
Broché – 23 août 2018
Éditeur : Éditions de l’Onde

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Pascal, un jeune métis, abandonné par sa mère à sept ans va vivre un incroyable destin. D’abord un long combat engagé dans cette vie façonnée par deux cultures, depuis une enfance bercée par les moeurs de l’Afrique jusqu’à une maturité forgée par une forte résilience. Avec authenticité, poésie et émotion, l’auteur nous conte une histoire faite de rencontres extraordinaires, de situations cocasses, épiques ou dramatiques. Un magnifique voyage, par ailleurs enrichi de références historiques, culturelles et géographiques sur le Cameroun qui donnent un accent insolite à ce roman, en redistribuant la loi romanesque du genre et lui donnant une singularité profonde.

 

2021_083_Essengue Thierry - Un long chemin depuis la rivière des crevettes

 

Après la lecture de son premier roman “Pour l’amour de mon petit bout”, que m’avait envoyé Thierry Essengue, il me tardait de lire celui-ci…

C’est une très belle surprise !

“Un long chemin depuis la rivière des crevettes”, c’est la vie de Pascal, jeune métis très tôt abandonné par sa mère qui part avec son frère et sa sœur, obligé de vivre avec un père “qui ne le voit pas” et qui est très dur avec lui.
Réveils à coup de seau d’eau dans le lit, obligations de se débrouiller dans son quotidien, pour aller à l’école (20 km par jour), pour manger aussi. Pascal doit régulièrement cirer les chaussures de son père s’il veut un gagner un peu d’argent, laver tous les samedis la voiture familiale… Pascal à une vie triste et solitaire. Il a très peu d’amis. Très vite il se forge un caractère pour ne pas se faire avoir et va ainsi décider de sa propre vie, en prenant tous les risques.

Il veut savoir pourquoi sa mère l’a abandonné. Pourquoi elle ne lui écrit jamais. Pourquoi il n’a jamais de nouvelles de son frère ni de sa sœur. Pourquoi son père ne l’aime pas…
Quel est donc ce secret qui tourne autour de lui et l’empêche de vivre une vie sereine ?

Malgré la dureté du sujet, c’est un magnifique voyage que j’ai fait au Cameroun, pays que je connaissais fort peu.
La vie des gens, leurs cultures, la religion, la nature aussi, omniprésente. Un voyage extraordinaire avec une famille attachante, de plus en plus nombreuse avec tout un tas de rebondissements !

J’ai aussi beaucoup aimé les références historiques et culturelles disséminées tout le long de la lecture, qui m’ont appris énormément de choses.

Petit “bémol” par contre sur la forme.
Le texte est très beau et j’avais l’impression régulièrement d’avoir changé de pays, mais il y a beaucoup de “coquilles”, fautes d’orthographes, doubles espaces, etc… C’est dommage.
Peut-être qu’un nouvel éditeur pourrait travailler sur ce sujet ?

Un incroyable destin qui m’a fait passer par tout un tas d’émotions. C’est très poétique aussi. Un livre qui mérite vraiment d’être lu par tous ceux qui aime la vie, un message d’amour qui mérite d’avoir une nouvelle vie…

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Extraits :

« Je peux commencer cette lettre par cher père, mais non, ce sera Monsieur, car pour moi tu n’as jamais été autre chose qu’un étranger dont je porte le nom. À l’âge de 7 ans, je me retrouve seul avec un homme que j’appelle « mon père ». Pendant 12 ans, tu ne m’as jamais montré des signes qui m’auraient permis de confirmer cette filiation dans mon esprit et dans mon cœur. »

« – Maman, maman, t’es où ? J’ai quelque chose à te dire !
Aucune réponse, nous cherchons dans toutes les pièces, personne. Il n’y a vraiment personne, ni mon frère, ni ma sœur, ni mon père.
– Écoute, mon petit Pascal, va jouer dans ta chambre, je vais te préparer à manger. Ils vont peut-être arriver entre-temps.
Après le repas, je ne vois personne, je ne comprends pas. C’est alors que mon père arrive et tantine Sophie nous dit au revoir. Après son départ, mon père me prend dans ses bras et me dit :
– Tu sais mon fils, ta mère est partie avec ton frère et ta sœur, sans toi.
Cette explication simple ne veux rien me dire de concret dans l’immédiat, d’autant plus que mon père ne me donne pas d’autres explications. »

« Je vais comprendre que dans la vie, il n’y a pas que des méchants. Il y a aussi des gentils. Cette idée va me permettre au fil du temps, de développer un optimisme à toute épreuve est un espoir dans toutes les difficultés. Je crois aussi, qu’il y’a de la part de Samuel, un peu de pitié, de compassion et d’empathie. Cet homme souffre de ne pas avoir eu du fils et voilà que je suis près de lui, je prends ce rôle de façon involontaire. J’aurais donné ma vie pour retrouver ma mère et Samuel me donne l’impression d’être prêt à tout, pour atténuer ma peine. »

 

 

Thierry ESSENGUE est passionné de poésie et d’écriture depuis son adolescence. À travers les mots, il traduit sa sensibilité, aime faire ressortir les valeurs et les richesses de belles rencontres.
Aussi, celles des relations humaines du quotidien et la pudique expression de la sensualité. C’est pourquoi l’écriture – et surtout les mots, comme l’amour, l’amitié – fait partie des plus belles expressions de la vie qui ont cette magie. Cela nous aide à nous évader ou à nous transporter.
Il vit à Vaires-sur-Marne, et est responsable technique dans la maintenance du patrimoine des investisseurs.

Drame, Noir, Thriller psychologique

Les yeux d’Iris

de Magali Collet
Poche – 4 novembre 2021
Éditeur : Taurnada

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Un meurtre et un suicide.
Trois hommes. Trois femmes.
Des retrouvailles.
Un pacte.
Tout se paye, même l’amitié.

 

2021_082_Collet Magali - Les yeux d'Iris

 

Un grand merci à Joël des éditions Taurnada de m’avoir proposé ce “petit” bijou !

J’avais déjà beaucoup aimé le premier roman de Magali Collet “La cave aux poupées”.
Avec “Les yeux d’Iris” je suis resté “accroché” à mon livre jusqu’à la dernière ligne !

La thématique de ce thriller est très dure et particulièrement violente, puisque Magali a choisi LE VIOL comme ligne directrice, et elle ne mâche pas ses mots. Du coup difficile de dire que j’ai “aimé” le livre, tellement j’ai souffert avec les personnages féminins. Le sujet est très bien mené malgré le fait que ce n’est pas un roman à mettre dans toutes les mains. La pression monte, au rythme d’une ambiance très oppressante, la lecture est très rythmée jusqu’au final que je n’ai pas vu venir du tout.

Dans ce roman Magali nous entraîne dans la vie d’un groupe d’amis à travers les années : soirées, amours, secrets, souffrances, familles, silences aussi, la vie quoi !
Quand un jour, le suicide d’Iris va soudain tout faire basculer et créer plusieurs événements qui changeront leurs vies pour toujours.

Sombre, flashbacks violents, angoissants même, mais aussi poignant, et tout cela, distillé petit à petit tel un poison dans les veines…
Les Yeux d’Iris est un “grand livre” que je n’oublierai pas.
Lisez-le, il en vaut vraiment la peine, et vous vous ferez ainsi votre propre avis.

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Extraits :

« Bastien entra dans la pièce, lança sa veste sur le dossier d’un fauteuil et salua ses invités. Frédéric lui plut d’emblée. Sa poignée de main était franche, de celles qu’avaient les hommes qui ne se laissaient pas impressionner facilement et il aimait ça. Son sourire était sincère. Sa sœur, par contre, c’était tout autre chose : une femme à problèmes, il le sentait. Elle avait les cheveux bouclés roux qui descendaient un peu en-dessous des épaules. Une barrette retenait une mèche, qu’il imaginait rebelle, sur le côté de son visage. Elle portait une robe longue qui aurait pu sembler sage s’il n’y avait eu ce décolleté… Un décolleté de chaudasse, il en était certain. D’ailleurs, elle le regardait avec un sourire plein de promesses. »

« Et il y a eu le laboratoire. Le laboratoire, c’est Julie. Une pauvre fille venue se jeter dans la gueule du loup… dans ma gueule. Certaines n’ont vraiment pas de chance ! Je la plaindrais presque si elle n’était pas une femme, mais, comme toutes les autres, elle mérite de souffrir. Avec elle, j’expérimente, je m’améliore. Elle exécute tout ce que je lui demande de faire sans broncher. Plus elle accepte ce que je lui inflige et plus je la méprise. »

 

 

Née en 1972 à Colombes, Magali Collet est une passionnée des mots. Elle écrit des poèmes, des nouvelles et des chroniques depuis de nombreuses années. Sa sensibilité à la cause des femmes, celles qui souffrent de ne pouvoir échapper à leur condition, apparaît en filigrane dans tous ses textes. Avec son premier roman, La Cave aux poupées, elle plonge ses lecteurs dans les fosses ténébreuses des âmes, pleines de violences, d’angoisses, mais aussi d’un profond désir de rédemption.

Émotion, Drame

La ballade de John

de Martine Fève
Relié – 28 mai 2021
Éditeur : Nombre 7

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Dans une région perdue de l’Irlande rurale, au 19ème siècle, un homme médite devant la mer. Un refrain l’obsède que chantent les invisibles. Il est inquiet pour sa jument blanche mais c’est surtout le démon de la culpabilité qui le hante. Il va se lever et marcher la tête haute, malgré le fardeau qu’il porte en solitaire. John n’est pas seul, cependant. Sur son chemin, tissé de joies et de malheurs, des personnages l’accompagnent. La plupart bienveillants, s’il n’y avait le terrible Angus et son cousin Connor.

 

2021_081_Fève Martine - La ballade de John

 

Je découvre l’écriture riche et fluide de Martine Fève grâce, à “La Ballade de John”…

Comment vous décrire ce roman complètement hors du temps ?
Ce sont pour moi les ambiances qui se dégagent dans les différents chapitres qui m’ont cueilli. Beaucoup de douceur, de la beauté, c’est très cinématographique…
Je n’ai pu m’empêcher de lire d’une traite ce récit traitant de la culpabilité, mais pas que.
Loin de moi de vouloir le punir ou lui pardonner, mais l’esprit de John est perturbé. Il s’en veut pour ce qu’il a fait, et aucun jour ne passe sans qu’il n’y pense…
Il est allé voir le père Malone pour se faire absoudre, mais rien ni fait.
John est un poète, John est gentil et il voudrait savoir se repentir…

Et puis il y a Mary, la belle Mary, le père Malone, il y a Lord Henry aussi et son fils Angus, Ena, Connor et bien sûr Neil. Tous ces personnages très attachants m’ont fait sortir du récit pour pénétrer dans un “conte” où le temps soudain se ralenti, où il y a de la gentillesse, mais de la haine aussi, où il y a de l’amour et de la violence, où les gens se parlent et s’écoutent encore, certains qui ont peur, d’autres qui en profitent, il y a de la tristesse aussi, c’est envoûtant, très visuel…

Encore une fois un récit qui se déroule dans l’univers magique d’Irlande et qui ma touché le cœur.
Cette “expérience”, j’aurai voulu la prolonger davantage. J’ai malheureusement quitté trop vite cette ballade qui m’a mené loin, très loin dans ce monde à part…

Merci Martine, merci de m’avoir fait rêver avec cette histoire bouleversante.
Peut-être aurons nous une suite à cette ballade ?
En tout cas je l’espère…

À lire absolument devant un bon feu de cheminée !

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Extraits :

« Pourquoi ne pas t’arrêter un moment sur la route avec nous, la route ombragée où le soleil, à travers les arbres, tombe en flèches, comme la lumière d’un vitrail ? Au lieu de courir en soulevant des nuées de poussière. Pourquoi ne pas t’asseoir avec nous sur le fossé, ne rien dire, ne rien faire, rêver, apprendre le goût de la lenteur ? »

« Mary était fluette, petite et rousse, jolie d’un côté, étrange de l’autre. Son profil gauche, entamé par une tache brune dégoulinant du coin de l’œil sur sa joue, effrayait les enfants ou ceux qui la voyaient pour la première fois. C’était comme si elle avait pleuré des larmes de lave. Des éclaboussures étaient tombées sur ses avant-bras, déjà constellés, comme le reste de sa peau, de taches de rousseurs abondantes. Quand elle se présentait du côté droit, on avait envie de toucher ses joues limpides, du lait légèrement teinté de rose, mais, dès qu’on la voyait de face, Mary était d’une cruelle beauté. On disait que sa mère avait juré pendant sa grossesse, que la queue du diable en avait profité pour effleurer son visage. Une caresse sublime sur laquelle, y posant sa main, la mère de Mary avait appuyé jusqu’à teindre l’enfant au fond de son ventre. Une malédiction qui pouvait se transmettre. Croyance, à laquelle le père Malone n’accordait aucun crédit. »

« Le père Malone s’en alla, non sans un regard nostalgique vers un minuscule toit de chaume que l’on distinguait en bas de la lande. On sentait déjà dans l’air la jouissance de l’herbe prête à se dresser, un parfum de verdure qui serait lui aussi, bientôt, un éclat de rire. Il chatouilla Neil sous le menton, salua John, et, par habitude, leva ses doigts et les bénit. Il réaliserait plus tard combien son geste avait deux sens, ce jour d’été particulier. »

 

 

Martine Fève est née en Bretagne où elle a longtemps vécu, mais c’est au plus près de ses racines, en Irlande, qu’elle vit et travaille depuis plusieurs années. Auteure de deux recueils de nouvelles et d’un roman, Le chemisier blanc, La Ballade de John est son deuxième roman.

Adolescence, Drame

L’enfant parfaite

de Vanessa Bamberger
Broché – Livre grand format, 14 janvier 2021
Éditeur : Liana Levi

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Le syndrome de l’enfant parfait ? Roxane a intégré depuis toujours les exigences de ses parents. L’excellence et la performance lui sont des impératifs naturels. Pourtant, depuis la rentrée en classe de première, rien ne va plus, ni les notes, ni l’amitié, ni les amours, ni l’apparence physique. Pour soigner l’acné qui enflamme son visage, elle n’a d’autre recours que de solliciter un ancien ami de son père, François, devenu médecin. Avec son verbe franc, direct, slamé, elle raconte la pression scolaire, la perte de confiance en soi, la peur de décrocher et l’incompréhension des adultes. Autour d’elle, personne ne voit venir le drame. De ce qui est arrivé à Roxane, François devra répondre.
Avec une écriture intense, Vanessa Bamberger raconte l’adolescence et notre époque.

 

2021_078_Vanessa Bamberger - L'enfant parfaite

 

Ce roman de Vanessa Bamberger, auteure que je découvre, est un roman très contemporain, mais c’est surtout un roman choc !

Choc au niveau de son écriture, choc pour le final, même si l’auteure le dévoile assez vite, choc de l’adolescence, choc des parents de plus en plus perdus envers un monde qui va de plus en plus vite, choc aussi de la vie qui nous en demande à chaque fois plus… Si la pression sur les jeunes n’est pas nouvelle, il semblerait bien que le rouleau compresseur soit passé dernièrement à un cran au-dessus.

C’est une histoire d’adolescence, cette période trouble, cet âge de tous les dangers, où Roxane doit être la meilleur, elle n’a pas le choix.
Fille d’un cadre supérieur et d’une musicienne, elle absorbe depuis sa naissance les exigences de ses deux parents, être la première. Partout. Dans toutes les disciplines, afin d’obtenir une place en classe préparatoire dans l’un des meilleurs lycée parisien en première scientifique. Rythme exigeant, pression des notes. Roxanne trouvera dans le rap, le slam et la musique un écho à son mal-être que personne autour d’elle ne semble déceler.

Elle est si seule Roxanne avec son parcours instable au rythme des alliances amoureuses et amicales. Puis il y aura cette acné, qui arrive soudain, lui pourrissant la vie et faisant tout basculer.

Il n’y a aucun temps mort dans ce récit qui alterne entre deux personnages, Roxane, de sa rentrée en 2017, jusqu’en janvier 2018 et François, en 2019, jusqu’à un point critique qui va malheureusement faire entrer en collision leurs deux destins.

J’avoue avoir eu du mal à entrer dans l’écriture de Vanessa.
J’ai eut un long moment l’impression que le livre avait été écrit par deux personnes. La narration de François, classique et d’une bonne qualité d’écriture et celle de Roxanne, qui m’a gênée et même horripilée à plusieurs reprises. Mais j’ai poursuivi…
La forme ne me convenait décidément pas, mais le fond était là, présent, oppressant. Je voulais à tout pris connaitre la fin du récit !

Et soudain, au milieu du roman…
Une lumière ! Je venais de comprendre.

J’étais complètement passé à coté de la narration de Roxanne. Il m’a fallu essayer de retrouver mon âme d’adolescent pour me rendre compte à quel point Vanessa s’était jouée de nous, les lecteurs, puisque cette dernière avait “décliné” son texte en slam tout en rimes, comme le font les rappeurs et j’étais passé à coté !
J’imagine très difficilement le temps qu’il lui a fallu pour écrire ces parties là.

À partir de ce moment, ma lecture a changé, même si j’ai eu encore parfois du mal avec certaines formes de langage, malgré un petit lexique qui permet à ceux qui ont mon âge (et oui, je n’ai plus vingt ans…) de s’accrocher au “nouveau présent” !

La fin, très émouvante, a permis de me retrouver… à la fois triste et songeur…

Une lecture, du coup, un peu inégale pour moi, même si le récit m’a complètement transporté.
Un livre à relire, peut-être, ultérieurement, mais les passages de Roxanne devront être lus à voix haute, afin qu’ils retrouvent la puissance voulue par Vanessa, à la manière d’une œuvre musicale !

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Extraits :

« Je n’ai pas bien dormi cette nuit. Ma mère l’avait prédit. Je n’ai jamais bien dormi de ma vie, alors la veille d’une rentrée scolaire à Sully, imaginez le souci. Quand je me suis réveillée, elle était déjà partie. Mélanie, c’est parfois plus simple de l’appeler ainsi, Mélanie, ma furie ma mélodie, elle est altiste. Vous ne savez pas ce que c’est ? Normal, personne ne le sait au lycée. Personne n’est intéressé, la musique classique c’est mort. Un parent concertiste égale un passeport pour la recale sociale. »

« Devant moi, Ferdinand lève la main pour poser une question. Intimidé, il se met à bégayer. Chareau écarquille les yeux pour bien montrer sa surprise, et son agacement. Elle l’arrête. Attendez, je ne comprends rien à ce que vous racontez, il faut vous calmer ! Après ça Ferdinand ne dis plus rien. Sur la feuille la prof a imprimé un cours succinct, une poignée de formules, et maintenant elle se lance dans une démonstration bon train. À la fin de l’heure elle nous donne une liste d’exercices à faire pour le lendemain. Il y en a pour trois heures au moins. On se regarde, affolés. On ne sait pas très bien si on doit rire ou pleurer. Ferdi place son index sur sa tempe pour signifier que cette prof-là est donc, tout comme Perrier, complètement fêlée, puis rejette sa tête en arrière et éjecte sa main. Il fait mine de se flinguer. »

« C’est qu’il faut avoir le cœur bien accroché pour faire prof. En réalité, il faut être taré. Insultés agressés mal payés, mal considérés maltraités mal encadrés, pas formés rudoyés bousculés. Les profs entrent en classe avec leur mine pitoyable de boucs émissaires de l’Éducation nationale, chargés de nous faire ingurgiter dans l’année des programmes de plus en plus lourds, de plus en plus techniques, sous format numérique. Dire que la plupart sont complètement nuls en informatique ! Du coup, ce qu’ils ont à faire, ils le font n’importe comment, en mode totalitaire. »

 

 

Vanessa Bamberger est romancière. Après des études à Sciences Po Paris, elle a vécu plusieurs années à Londres et à New-York. Elle est aujourd’hui journaliste à Paris.

Alors que ses trois premiers manuscrits sont restés lettres mortes, elle vient d’enchaîner trois romans un tous les deux ans, aux éditions Liana Levi.

Au cours de l’écriture de Principe et suspension, son premier roman, elle a rencontré des dirigeants de PME et visité plusieurs sites de production en France.

Après Principe de suspension (2017, et Piccolo, 2019) et Alto Braco (2019, et Piccolo, 2020), qui a reçu cinq prix littéraires, elle signe un troisième livre remarquable.