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Anticipation, Suspense, Thriller psychologique

S.A.R.R.A.

PARTIE 1 – Une intelligence artificielle
de David Gruson
Broché – 21 octobre 2019
Éditeur : Beta Publisher

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Paris 2025.

Une intelligence artificielle est chargée de trouver
une réponse à un risque d’épidémie d’Ébola
en plein cœur de Paris.

Toutes les hypothèses circulent sur l’origine
de la contamination, y compris celle
du terrorisme biologique.

La Machine administrative, politique et médiatique
est prête à s’emballer.

Inévitable.
Irréversible.
Incontrôlable ?

 

2022_002_Gruson David - S.A.R.R.A.

 

Nous sommes à Paris en 2025.
Écrans connectés dans toutes les pièces, caméras à chaque coin de rues, surveillances téléphoniques acceptées et robots font désormais partie de notre quotidien à tous. Tout se passe pour le mieux, dans le meilleur des mondes…

Mais un jour, en plein cœur de Paris, un homme est hospitalisé suite à une contamination virulente du virus Ebola. Il décédera en quelques heures. C’est la panique. Il faudra dans un minimum de temps circonscrire deux arrondissements en confinant absolument tous ses habitants afin de les vacciner, pour éviter l’explosion virale…

Dès les premières lignes, David Gruson met en place une structure narrative implacable, très rythmée avec un style résolument moderne. Il n’y a pas de chapitres.
C’est un enchaînement de SMS, coups de téléphone, dialogues croisés, communiqués de presse, compte rendu militaires, QRCode avec des liens journalistiques, et des interventions régulières de S.A.R.R.A. (Système Automatisé de Réponse Rapide aux Alertes) !
De quoi nous faire plonger dans un récit qui à l’air plus vrai que vrai.

Mais qui est S.A.R.R.A. ?
S.A.R.R.A. est une intelligence artificielle médicale, en phase d’expérimentation, programmée pour nous sauver…
Les dirigeants du pays ont décidé de l’activer malgré tout, pour contrecarrer ce qu’ils pensent être une attaque bioterroriste, risquant d’entraîner une pandémie.

David montre du doigt les failles d’un système qui se veut parfait. Il appuie là où ça fait très peur, là où ça fait mal.
Ce roman, écrit en 2018 est criant de vérité, et le parallèle avec notre vécu depuis plusieurs mois, m’a donné des frissons dans le dos.
Ont-ils fait de leur mieux compte tenu de notre situation actuelle ?

Mais aussi, cette glaçante “réalité”, m’a fait me poser d’innombrables questions sur notre mode de vie. Sur la place qu’ont pris aujourd’hui les réseaux sociaux, tous nos téléphones qui nous pistent, les ordinateurs qui nous conseillent, nos montres connectées qui nous jugent… Tout simplement la place de l’informatique dans notre vie !

Gros coup de cœur pour ce « page turner » d’anticipation, qui n’en n’est peut-être déjà plus un…

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Extraits :

« Flora avait rencontré Franck six mois plutôt. Il était venu à la galerie d’art contemporain dont elle était propriétaire depuis trois ans, rue de Bellechasse dans le septième arrondissement. Ce genre de rencontre était devenu de plus en plus rare. Il était beaucoup plus « Sécure » et plus « efficace » – comme le disaient les publicités diffusées sur PanGoLink – d’utiliser une plate-forme numérique. Cela permettait d’assurer un pré-filtrage en fonction des attentes exprimées et de limiter les risques de déception. Chacun savait à quoi s’attendre. »

« Le Dr Baptiste avait reçu à 15h35 les résultats du génotypage du virus. Son intuition était à nouveau juste. Il s’agissait sans doute d’une forme nouvelle. Une modification quasiment imperceptible à l’échelle de la séquence génétique dans son ensemble. Qu’est-ce qui avait pu la provoquer ? Le hasard des mutations : c’est ce que répondent les ouvrages de génétique.
Je ne crois pas au hasard. Je crois, en revanche, à l’expérience. Celle-ci nous montre régulièrement un décalage parfois immense entre la petitesse des mutations génétiques et la forte magnitude de leurs effets. Cet écart se retrouverait pour ce qu’on serait amené à appeler quelques heures plus tard la ”souche Baptiste“. »

« Eh bien, nous n’avons aucune preuve empirique ni de l’efficacité du vaccin ni de son absence de dangerosité. Alors imaginez un instant que le périmètre de protection est la boîte de Schrödinger et que ses habitants sont autant de chats qui y sont enfermés. À partir du moment où nous aurons vacciné ces personnes et jusqu’à la première vérification des effets du vaccin, nous pourrons les considérer au sens propre, comme “mortes–vivantes”. L’idée même d’avoir à regarder le visage de ces gens pendant cet intervalle de temps doit inciter à prendre quelques heures de vérification complémentaire. »

« Sans témoin de l’horreur, l’horreur n’existe pas. Et elle peut se répéter. »

 

 

David Gruson signe ici son premier roman et le premier polar bioéthique ! Ancien Conseiller du Premier ministre chargé de la Santé et directeur général de CHU, il est un spécialiste reconnu dans le domaine des politiques publiques de santé. Il a eu à intervenir directement dans la gestion des risques sanitaires majeurs tels que celui constituant la trame de ce polar. L’auteur s’est, en outre, beaucoup engagé, avec l’initiative Ethik-IA, pour promouvoir une vision responsable de la diffusion de l’intelligence artificielle et de la robotisation en santé. Docteur en droit médical et titulaire d’un troisième cycle de technologies de l’information et de la communication, ses idées sur le numérique en santé sont diffusées dans des cercles académiques de haut niveau au plan national et international.

Polar, Suspense

Les poupées diaboliques

de José Herbert
Broché – 12 novembre 2021
Éditeur : Mondes futuristes éditions

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Jérôme Navart, professeur, s’ennuie pendant cet été caniculaire. Passionné par les sorcières, il pense être l’un des descendants de Marie Navart, sorcière brûlée vive à Templeuve, ville de la banlieue lilloise, il y a environ 400 ans.

Cette “Sorceresse”, comme on disait à l’époque, serait-elle réincarnée en la personne de la jeune Wanda, fille d’un fabricant de poupée X ? Mais… Étrange et cocasse ! Une connaissance de Jérôme est découverte morte, percée de mille trous, chevauchée par l’une de ces poupées de plaisir. La ville de Cambrai est en émoi. Installé en centre-ville, la cloque, sorte de souk immense fréquenté par une faune hétéroclite, étouffe sous la chaleur. Il s’y passe des événements peu orthodoxes possiblement en relation avec ce crime. Jérôme est mêlé à l’enquête dirigée par le commissaire Dubois.

 

2022_001_Herbert José - Les poupées diaboliques

 

Un peu surpris par le style au début du roman, je suis entré petit à petit dans l’intrigue en me disant : “Et pourquoi pas !”, et j’ai bien fait…

Je découvre José Herbert avec ce roman. Je ne le connais pas (encore…!), mais j’imagine qu’il doit être un “drôle” de personnage, c’est un féru d’histoire et de vocabulaire aussi. Et dans son roman, il s’est lâché pour mon plus grand plaisir… Car même s’il y a un côté indéniablement loufoque dans la manière de traiter son sujet, c’est bien un polar avec du suspense que je tenais entre mes mains !

Alors, par où commencer ?
L’histoire… commence… dans le milieu des… poupées sexuelles !!!
D’où ma surprise en début de lecture !
J’abordais un “nouveau” monde, que je ne connaissais, mais alors pas du tout !
Si, si je vous jure ! Mais heureusement, Google est là !

Très vite arrive un premier meurtre.
Le corps est retrouvé chez lui, dans son lit. Il y a du sang partout. La meurtrière est encore installée à cheval sur le corps du défunt, percé de centaines de trous. Sa droite tient un couteau de cuisine, tandis que la gauche est à plat sur le corps qui gît allongé. La meurtrière ne bouge pas d’un cil. Et pour cause, c’est une poupée sexuelle. Commence alors une enquête qui va impliquer Jérôme Navart. En effet, le cadavre est l’un de ses compagnons de service militaire, ils s’étaient justement retrouvé peu de jours avant !

Un second meurtre à lieu, adoptant les mêmes principes, sang et poupée gonflable… Et Jérôme le connaissait aussi !
L’intrigue allant ainsi de rebondissements en rebondissement nous mènera à Templeuve, lieu historique où l’on chassait et brûlait les “sorceresses”, pendant très longtemps, dont Marie Navart, qui fût brûlée vive en 1656.

Qui sera la prochaine victime ?

José est un vrai conteur.
Il a le sens du verbe et des mots, il sait en jouer et s’en amuse même. Les phrases glissent toutes seules et ne sont interrompues, voire percutées que par des dialogues truculents quand ils ne sont pas complètement délirants ! Il sait aussi très bien entretenir, et l’intrique et le suspense, aime l’époque médiévale et cela se ressent tout le long du récit. J’ai passé un agréable moment de lecture, teinté régulièrement d’humour et de surprises. Un roman surprenant soit, différent, aussi, et qui mériterait vraiment d’avoir une plus large diffusion.

Par contre… Et c’est une remarque tout à fait personnelle, la couverture, à mon sens ne met pas du tout le récit en valeur… C’est dommage !

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Extraits :

« L’individu considère son double dans le miroir de la salle de bain. Il se trouve moche, trop gros. Son visage est peu soigné, mal rasé, sa dentition brune et inégale, ses cheveux trop longs. Mais il s’en fiche. Il s’accorde une promesse – nous sommes en janvier – qu’il prononce à voix haute, pour qu’elle ait plus de force, sachant pourtant qu’il aura du mal à la tenir car ce n’est pas la première fois qu’il la fait : je ne tuerai plus jamais ma compagne. »

« Marie Navart fut accusée d’hérésie. Par qui ? Essentiellement par des membres de sa belle-famille. Son beau-frère, qui prétend avoir été ensorcelé ; la femme dudit ; elle aurait été envoûtée alors qu’en train d’accoucher avec l’aide de Marie ; un autre déclarant avoir subi un sort à cause d’une pomme ; pour un autre encore, ce fut un fromage ; le beau-frère accuse un craquelin, sorte de petit pain au sucre, qui lui fut donnée par Marie, et qui serait porteur de sortilèges. Les accusations d’envoûtement pleuvent, associées, ou plutôt consécutives, à des problèmes d’héritage. Marie sent le danger et s’enfuit vers la Belgique. Le 10 novembre 1656 elle est arrêtée. »

« Le 16 décembre, elle fut soumise à la question extraordinaire, ou torture des brodequins. « J’avoue », hurla-t-elle alors que ses jambes éclataient dans d’atroces souffrances. Elle fut exposée sur la pierre aux sorcières, près de l’église puis conduite aux flammes du bûcher au lieu-dit les solières. Il faut savoir que, souvent, le condamné à être brûlé vif mourait, non pas à cause des ardeurs du feu, mais par l’impossibilité de respirer à cause de la fumée qui se dégageait de la paille enflammée et des fagots la plupart du temps humide. Le spectacle était apprécié par les manants qui jetaient à l’occasion sur le brasier un ou plusieurs chats noirs, symboles de Satan. »

« – Le monde aime le sordide, le bizarre, l’anormal, le crade, l’interdit, le surnaturel. J’en oublie. Plus c’est dégeu plus on jouit ! Excusez mon vocabulaire, dit le maire. La société hait les vomissures et pourtant s’en délecte. C’est pareil pour la politique d’ailleurs. On la déteste mais on l’encense sur les écrans. »

 

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José Herbert est né à Aniche en 1944, dans le département du Nord. Il fréquenta l’Ecole Normale de Douai pour devenir ensuite instituteur à Vred, puis Auberchicourt, enfin, à partir de 1975, directeur d’école et secrétaire de mairie à Wambaix, petit village du Cambrésis. Il est maintenant installé à Loos en Gohelle. C’est un amoureux des lettres, passionné d’histoire locale, il aime l’humour loufoque, les situations hors norme, les personnages burlesques.

Il publie aux Editions Atria un premier roman, l’instituteur impertinent, qui raconte avec humour, pittoresque et tendresse, une vie professionnelle exceptionnelle.
Son deuxième roman, signé la grande faucheuse, est une pure loufoquerie. Imaginons un couple singulier. Lui, c’est Viktor, enseignant à la retraite. Elle, c’est Samantha, la grande faucheuse, la Mort allégorique, trimballant sa faux au hasard des vies à faucher. Samantha se déplace en mobylette, possède un téléphone portable, se nourrit de salades. Nos deux héros se rencontrent fortuitement, s’aiment et décident de nouer une relation forte et durable qui va les entraîner dans l’espace et dans le temps.
Dans ce dixième roman (second roman policier), il vous fera découvrir la région de Cambrai comme vous ne l’avez jamais vue.

Émotion, Drame, Noir, Polar, Suspense

Les rois écarlates

de Tim Willocks
Broché – 1 juin 2001
Éditeur : L’Olivier

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Lenna Parillaud vit dans la haine et la souffrance depuis la perte de sa fille. Seul un abominable rituel donne un sens à son existence : une visite chaque mois depuis douze ans à son mari – drogué et enfermé dans une bâtisse isolée du delta du Mississippi – auquel elle inflige toutes sortes d’humiliations.

Cicero Grimes, lui, traverse une grave dépression. Reclus au milieu de ses propres détritus dans une caserne désaffectée à la Nouvelle-Orléans, il n’émerge de sa torpeur que pour prendre conscience du dégoût qu’il s’inspire à lui-même.

Lenna Parillaud et Cicero Grimes ne se sont jamais rencontrés. Jusqu’au jour où ils reçoivent chacun une lettre qui les entraîne dans un cataclysme de vengeances, de haines et de violences.

 

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Tim Willocks, pour ceux qui ne connaîtraient pas, fait partie des grands, des très grands même de la littérature Noire. Je l’ai découvert avec “La Religion” un superbe thriller historique qui m’avait complètement emporté…
Depuis, j’ai lu tous ses romans. Il est souvent comparé à James Ellroy ou Norman Mailer, mais j’affectionne tout particulièrement Tim.
J’ai l’impression qu’il a déjà vécu plusieurs vies ! Grand maître d’arts martiaux, chirurgien, psychiatre, producteur, écrivain, scénariste, il a travaillé avec Steven Spielberg et Michael Mann.
Et tout ça pour notre plus grand plaisir…

“Les rois écarlates” est la suite de “Bad City Blues”, mais la construction du roman fait qu’il peut être lu indépendamment.
Vous l’aurez compris, c’est un roman sombre, noir, très dense… Tout le récit tourne autour d’une horrible vengeance.

La grande force de Tim est de distiller petit à petit les éléments qui constitueront une grande fresque au final. Dans le récit, il manie les mots et sait en jouer afin de maintenir un suspense constant jusqu’au bout d’une folle course-poursuite déclenchant un ouragan de violence dans le sud raciste des Etats-Unis.
Les personnages sont magnifiques, leurs psychologies travaillées en profondeur, l’intrigue est élaborée, il y a de l’action, de l’émotion, et beaucoup de réflexion aussi. J’avais l’impression d’être assis dans un fauteuil au cinéma.

Je ne dirai rien de plus, il vous faudra le lire pour comprendre…
“Les Rois écarlates” est un livre marquant.

Attention !
Faites-en sorte que “Gul” soit de votre côté, sinon… vous êtes mal barré !

Vous voulez du noir, du très noir ?
Tim Willocks, what else!

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Extraits :

« Si vous saviez depuis combien de temps personne ne m’a vu pleurer, Dr Grimes, vous auriez une petite idée de l’énorme perversité de cette farce.
Grimes en avait assez de cet endroit et de la nausée que lui causait son mauvais numéro. Il ne se savait pas capable de mentir de façon aussi experte, sans la moindre intégrité, et il avait usé de sa profession – l’avait salie – afin d’y parvenir. Il l’avait fait pour son père ? Georges ne lui avait rien demandé. Georges serait mort avant. »

« La rage le submergea à nouveau, étouffant sa honte. Qu’ils aillent se faire foutre. Voilà le monde entier se mettait à lui dire comment vivre. L’obèse avait raison au moins là-dessus : aussi loin qu’il s’en souvienne, depuis sa plus tendre enfance, être bousculé provoquait en lui une contrariété quasi-psychotique. Il ne voulait plus être bousculé. »

« Au grand étonnement the Grimes, et à sa grande satisfaction, Gul demeura immobile comme une souche tout le temps qui lui fallut pour injecter l’anesthésique. Grimes murmura et le caressa en attendant son effet, puis saisit une paire de ciseaux, retira la chair morte et posa huit points de suture. Gul se prêta aux soins sans broncher. »

« Elle n’avait pas seulement volé sa liberté, mais aussi sa réclusion : sa propre existence lui avait été inconnue pendant treize ans. Treize mois ou treize décennies, il n’aurait pas vu la différence. Dans cette indifférence sans limite, il se rappelait – par petits éclairs de honte et de rage – ses insultes et son mépris, son beau visage ou brillait le pur triomphe de la vengeance. Mais ces moments aussi glissaient dans le vide océanique de sa mémoire comme un banc d’anguilles voraces. Elle ne l’avait pas seulement dépouillé de son orgueil, des plaisirs et du pouvoir, elle l’avait dépouillé de la connaissance elle-même. Il avait perdu un quart de sa vie. »

 

 

Né en 1957, Tim Willocks, psychiatre à Londres, est spécialisé dans le traitement des toxicomanes. Scénariste, écrivain, il est l’auteur de plusieurs « polars » atypiques, à la frontière du gothique, dont Bad City Blues (L’Olivier, 1999). Comparé par la critique à Norman Mailer et James Ellroy, il affirme avec ce nouveau livre une écriture puissante, un réalisme grinçant et une intensité rarement atteints dans le roman noir.

Dystopie, Fantastique, Noir, Science Fiction, Suspense

Anatomik

De Serge Brussolo
Broché – 13 novembre 2019
Éditeur : ‎Bragelonne

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La guerre des mondes a déjà commencé, hélas, personne n’a jugé bon de vous en informer !

Kurt Angström est mort, cela ne l’empêche pas d’être employé comme espion par la redoutable firme ANATOMIK Biotech qui a découvert le moyen de transformer les fantômes en agents secrets invisibles capables de hacker les programmes informatiques les plus complexes ou de s’introduire dans les pensées des vivants pour leur dicter des idées de meurtre et de suicide.

Chuck Ozzborn, lui, est un ancien soldat d’élite à la retraite, mal embouché et misanthrope, qui va contre son gré se retrouver mêlé au plus formidable complot de tous les temps.

Dans une Amérique vaincue par la coalition des barons de la drogue, et qui a perdu la volonté de se battre, les deux hommes se voient confrontés à une menace dépassant tout ce qu’on avait pu imaginer, et dont le premier symptôme prendra l’aspect d’une possession générale de la population par l’âme des morts… avec la complicité des gouvernements !

À l’insu de tous, l’Apocalypse entre en phase 2.
Serrez les dents !

 

2021_100_Brussolo Serge - Anatomik

 

Serge Brussolo et moi, c’est un peu comme une histoire d’amour.
Je l’ai découvert en 1986, avec “Les mangeurs de murailles”, j’avais 19 ans… Depuis nous ne nous sommes jamais quitté et c’est vrai que j’attends régulièrement ses dernières “Folies” ! Il va régulièrement très loin au niveau de ses idées, du coup je plonge littéralement dans ses univers de temps en temps…

Effectivement, c’est grâce à sa faculté de créer des mondes si différents et tellement inventifs que j’adore entrer dans ses récits. Ils ne se déroulent jamais comme ils le devraient, Il y a toujours quelque chose qui ne tourne pas rond… Quelle que soit la thématique qu’il choisira. C’est ce que j’aime avec les récits de Serge, les surprises incroyables à chaque chapitre, le suspense omniprésent…

Avec “ANATOMIK”, on nage entre folie et désespoir !!!
Après une guerre contre des narcotrafiquants du Cartel, les Etats-Unis sont à genoux et ne s’en remettent que difficilement. Quelques années plus tard des Aliens qui observent la Terre de leur vaisseau stationnant au-dessus de nos têtes, ont décidé de nous envahir. Ils veulent anéantir tous les terriens et s’approprier notre planète. Pendant ce temps, une foudre étrange provenant d’orages secs, s’abat sur la plupart des cimetières, réveillant les morts… Se transformant en ectoplasmes ils n’ont d’autres choix que de posséder les Humains, de prendre leurs corps, sinon ils sont condamnés à disparaître à jamais !
Chuck Ozzborn, soldat américain à la retraite, qui voit son monde se déliter, va se retrouver entraîné par Kurt Angström, un fantôme, dans un “combat” qu’il n’aurait jamais pu imaginer…

Bienvenus dans l’imaginaire de Serge Brussolo !
Comme à son habitude le style narratif est très rapide, il va droit au but, créatif, jamais ennuyeux, saupoudré d’un humour noir qui convient parfaitement à l’ensemble du récit.
Les personnages principaux ne sont ni sympathiques, ni bienveillants, qu’importe !
C’est l’histoire qui prime.
Et ce n’est pas un gastéropode géant, utilisé comme moyen de transport pour traverser des flammes qui ne s’éteignent jamais, ni Kurt Angström, fantôme agent secret, qui vous diront le contraire…

Vous l’aurez compris.
Pour aimer Brussolo, il faut soit être un peu “barré”, soit ne pas avoir peur de l’inconnu, mais surtout être curieux et se laisser porter.
Alors, oserez-vous franchir vos limites ?
Attention, vous risqueriez de ne pas le regretter !

Un excellent roman que je conseille à tous les fans de fantastique et de science-fiction…

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Extraits :

« Juillet 2118. Golfe du Mexique. Zone de guerre. 217e jour d’engagement de la 8e division de Marines des États-Unis contre les forces des Cartels coalisés. Synthèse des opérations : fortes pertes humaines du côté américain. Désorganisation de la logistique. Armement obsolète. Malgré toutes les tentatives de reprise en main, l’ennemi reste maître du feu. Demande de repli stratégique refusée par le Quartier Général. Le mot d’ordre reste : Tenir coûte que coûte et défendre la frontière. »

« C’est comme ça que tout avait commencé. Les revenants. Ces enfoirés de fantômes. La foudre, en frappant les tombes, réactivait le macchabée. L’impulsion électrique, d’une puissance démentielle, permettait aux cadavres de développer un ectoplasme qui, dès lors, devenait autonome. L’enveloppe charnelle restait au fond du trou, réduite en morceaux, carbonisée par la décharge, mais l’ectoplasme, lui, s’en allait vagabonder dans la campagne, se matérialisant ici et là, flanquant une pétoche de tous les diables aux pauvres bougres qui croisaient son chemin. »

« Est-ce que tout était vivant ici ? Ignorait-on les matières mortes ou synthétiques ? Elle se résolut à enfiler le vêtement. Dès qu’elle l’eut passé, elle cessa de le sentir. Aucun frottement ne trahissait la présence du tissu, c’était comme si on venait de lui greffer un second épiderme.
– Salut à toi, Maîtresse, dit la robe. Je suis là pour te protéger. Désormais aucun projectile ne peut t’atteindre, je saignerai et je mourrai à ta place. Telle est ma fonction et ma fierté. »

 

 

Né à Paris en 1951, Serge Brussolo écrit depuis son plus jeune âge. Ses premières tentatives de publication ont lieu dès sa douzième année… A sa sortie de faculté, après des études de lettres et de psychologie, il se lance dans la bataille de l’écriture, vivant dans des conditions précaires pour avoir le temps d’écrire ses premiers textes. Commence alors pour lui une formation à la manière des auteurs américains : métiers incongrus, hétéroclites, qui lui fourniront matière à l’études des milieux les plus disparates. Il lui faudra attendre 1978 pour que sa première nouvelle paraisse, qui sera aussitôt saluée par la critique (notamment par Bernard Pivot alors animateur de l’émission Apostrophe). Funnyway (Editions Denoël) sera en effet couronnée par le Grand Prix de la science-fiction française devenu aujourd’hui le Grand Prix de l’imaginaire.

D’autres prix littéraires (onze ou douze à ce jour !) récompenseront ses nombreux romans fantastiques publiés dans les célèbres collections Présence du Futur et Anticipation, et qui conduiront la critique à voir en lui  » le Stephen King français « . Qualificatif réducteur, car, pour Brussolo, le fantastique ou la science-fiction ne sont que des prétextes, des clefs permettant d’accéder à un univers psychanalytique où règnent le trouble, l’obscur, l’inavoué. Il se souciera d’ailleurs peu d’observer les règles du genre et s’appliquera plutôt à les pervertir systématiquement au grand scandale des puristes.

Il donnera à Présence du Futur (Denoël) ses plus grands textes hallucinés, littérature visionnaire bourgeonnant au carrefour du baroque et du surréalisme. Ne s’interdisant rien, osant tout, Brussolo deviendra l’auteur qui fait scandale dans un milieu où robots et soucoupes volantes tiennent lieu de pantoufles. Pendant dix ans, il allumera les controverses, la haine et l’adulation la plus absolue. Tantôt voué au bûcher, tantôt hissé sur un piédestal.

A la fin des années 80 il se détourne momentanément du genre pour s’attaquer à la littérature générale et au roman historique. Quoi qu’il soit difficile d’appliquer des étiquettes à ses romans, chacune de ses oeuvres se déplaçant sur plusieurs genres à la fois. Auteur polyphonique, Brussolo est un mutant réconciliant les extrêmes, un maître expert en mélanges, à la manière des auteurs sud-américains toujours attentifs aux arrière-plans du réel, aux mythologies et au fantastique quotidien. Il est important de rappeler que par ses origines il est en partie Brésilien, et qu’il a baigné dans un univers folklorique issu de la selva.

Le prix RTL-LIRE lui est décerné en 1995 pour La Moisson d’hiver. Son entrée dans la collection FOLIO prouve qu’il est tout à fait à l’aise dans l’analyse psychologique et le roman d’atmosphère. Pour certains critiques, Brussolo se situe dans la grande tradition des auteurs populaires comme Simenon ou Frédéric Dard.

Conteur doué d’une imagination surprenante et d’un époustouflant sens de l’intrigue, il s’épanouit dans la littérature criminelle et trouve son inspiration dans les aberrations sociologiques de nos sociétés. Il a reçu le Prix du Roman d’Aventures en 1994 pour Le Chien de minuit paru au Masque et son roman Conan Lord, carnets secrets d’un cambrioleur a été élu Masque de l’année 1995. Ses thrillers explorent le suspense sous toutes ses formes, conciliant roman noir et énigme classique, thriller international et machinations savantes.

Aujourd’hui, de retour dans la collection FOLIO-SF pour laquelle il écrit désormais des textes inédits, il est revenu à ses premières amours.

La Société des Gens de Lettres lui a décerné le prix Paul Féval pour l’ensemble de son œuvre.

 

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Émotion, Drame, Histoire vraie, Suspense

L’Oiseau bleu tombé du nid

De Lily Hétet-Escalard
Broché – 1 juin 2021
Éditeur : ‎Librinova

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Quatre amis, Louise, Jean, Marie et Antoine forment deux couples happés par la brutalité de la Seconde Guerre mondiale. Leur vie bascule à la disparition de l’un d’eux, et plus encore à la Libération… Un demi-siècle plus tard, Victor, biologiste marin de renom ressent vers la cinquantaine le besoin de partir à la quête de ses racines. Enfant abandonné, il a été placé en Suisse comme 100000 autres. Percera-t-il le terrible secret de ses origines ?L’histoire de cette famille normande tisse une fresque bouleversante entre combats, résistance, espoir et folie. Dans L’Oiseau bleu tombé du nid, Lily Hétet-Escalard rend un hommage vibrant aux hommes et aux femmes qui ont connu l’horreur de la guerre à travers les voix oubliées de l’Histoire. Un roman déchirant, inspiré d’une histoire incroyable mais vraie.

 

2021_099_Hétet-Escalard Lily - L'Oiseau bleu tombé du nid

 

C’est exactement pour ce type de lectures
que je continuerai à lire tant que je le pourrai…

Louise et Jean, Marie et Antoine, deux sœurs, deux amis d’enfance, deux couples à la vie à la mort, qui se sont trouvés.
Ensemble ils s’occupaient d’une ferme. Ensemble ils vivaient heureux…
Mais l’Histoire en avait décidé autrement…

La Deuxième Guerre mondiale éclate, avec toutes les atrocités que l’on connaît déjà et bien d’autres que je découvre dans ce roman…
Le 5 juin 1944, Marie ouvre leur porte à un parachutiste américain la veille du débarquement pour leur plus grand malheur.
Antoine est absent, Jean est emprisonné en Allemagne et Louise est endormie à l’étage !
Le lendemain, Louise est une jeune femme brisée suite à une agression. Sa vie va être bouleversée. Très vite elle va se rendre compte qu’elle est enceinte…

Voilà le départ de ce superbe roman basé sur des faits réels. Poignant, dramatique avec une écriture pleine de réalisme qui décrit sans juger, sans condamner, mais toujours avec beaucoup d’émotion !
Le récit se divise en deux parties.

La première, raconte l’histoire des deux sœurs qui ont épousé Antoine et Jean, meilleurs amis depuis l’enfance.

Nos quatre “amis” vont vivre la guerre, les disparitions, les explosions à leur porte ! Antoine est dans la résistance, Jean qui après avoir été fait prisonnier en Allemagne va se retrouver déporté en Sibérie, et n’aura de cesse que d’essayer de s’évader afin de retrouver les siens. Louise, la pauvre Louise, qui se voit obligée d’abandonner son bébé le jour de sa naissance, car les mœurs de l’époque ne lui permettront jamais de le garder et de l’aimer. L’Église enverra le petit Victor dans une famille en Suisse qui le traitera durant toute son enfance comme un esclave, exploité, affamé, maltraité, comme des milliers d’autres enfants durant le conflit. Et puis Marie qui essaie se survivre et de s’occuper de sa sœur comme elle le pourra.

La seconde partie, elle, développera la vie de Victor. Après une enfance où il s’est cru perdu, un enseignant va l’aider à aller de l’avant et lui donner les “clés” qui lui manquaient pour réussir. Aujourd’hui il a bien grandi et ressent alors le besoin de connaitre ses racines, de retourner vers les “siens”.

“L’oiseau bleu tombé du nid” est un roman magnifique et bouleversant.
Que d’émotions !
J’avoue avoir vraiment été touché par l’écriture de l’auteure. Son écriture très poétique m’a tenu en haleine jusqu’au bout. Son développement des personnages qui en fait des êtres vivants et à part entière. J’ai pu ressentir leurs vécus, leurs joies mais surtout leurs peines. L’amitié tient une très grande place dans le roman, ainsi que l’amour.

Lily Hetet-Esclard à travers ses personnages qui marquant nous raconte sans faux-semblants, la vie de ceux qui ont souffert, qui ont été oublié, des femmes violées et de la société à cette époque, elle dénonce tout simplement la cruauté d’une époque. On apprend à la fin du récit que Jean est l’arrière-grand-oncle de Lily.
Quel bel hommage elle lui rend…

Je ne peux que vous recommander ce livre… Que les lecteurs et lectrices les plus sensibles n’hésitent pas à découvrir “L’Oiseau bleu tombé du nid” ! C’est un roman sensible mais jamais mélodramatique, les personnages sont formidables et à chaque fois, malgré tout ce qui leur arrive, c’est l’espoir qui prédomine.

Pour moi, un vrai coup de cœur !
Lily sera une auteure à suivre.
Elle a du talent, et sait retransmettre les idées qui bouillonnent dans son cœur et sûrement dans son âme…

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Extraits :

« Cette histoire commence à l’heure où les oiseaux se taisent. La lune claire brille entre deux nuages et de grands échassiers gris se posent en silence dans les prés alentour.
Bientôt, l’herbe noire se couvre de tâches claires, telles des ombrelles déployées, vite rassemblées à la hâte. Soudain, de champ en champ, le coassement de grenouilles importunées se mêle aux stridulations de nombreux criquets »

« En ouvrant les yeux, je décide de graver dans ma mémoire le moindre recoin de cette cabane reculée, qui m’a protégé des températures glaciales et des animaux. Je ne me leurre pas, ce n’est pas tant le lieu que je quitte la gorge nouée. Macha, c’est son prénom, me prépare un bol de thé qu’elle me tend avec une tranche de pain noir. Pendant que je savoure l’instant, elle prépare un gros baluchon qu’elle remplit du linge d’homme qui lui reste. Alors que je proteste, elle ajoute ses maigres provisions. Je ne pourrai jamais la remercier assez. Une vague de gratitude m’envahit ; je la soulève, toute légère, et l’a fait tourner. Quelle grande âme ! »

« 100 000 enfants forçats, des moins que rien.
Des milliers d’entre nous subirent des violences, des mauvais traitements, des viols, souffrirent voire périrent de malnutrition. Tout le monde savait. Voisins, familles, amis, élus… Tous se taisaient. Un système muselé, figé dans le formol. Me revient en pleine face le corps squelettique du gamin enchaîné nu à un piquet. J’ai terriblement mal pour lui. Il n’y a plus de place pour le doute. Son sort était scellé. J’ai honte. Honte de ne pas avoir réagi en homme. »

« Elle le raccompagna à la grille menant au portail, lui sourit :
– Faites-moi plaisir et retenez ceci avant que nous nous quittions : innocent vous êtes, et resterez ! Les enfants ne sont pas coupable des fautes de leurs parents, lui glissa-t-elle à l’oreille en l’étreignant comme seule une mère aimante sais le faire. »

 

 

Après une enfance heureuse passée à parcourir avec voracité les rayons de la librairie familiale, Le Lutrin à Bayeux, et la campagne normande, je me suis investie quelques années auprès d’adolescents cabossés, au parcours chaotique, en rupture.

Diplômée en biologie et géologie, violoniste et pianiste, l’écriture m’a toujours accompagnée, m’offrant un langage essentiel avec la peinture.

Mère de 2 enfants, je vis en Normandie.

Mes amitiés, rencontres et voyages m’offrent l’opportunité de creuser au scalpel les âmes qui se confient naturellement et nourrissent mon questionnement sur la nature humaine.

Drame, Noir, Thriller psychologique

J’ai rêvé qu’on pouvait tuer

de Rime de Bervuy
Broché – 2 novembre 2021

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Sarah Dubois est une jeune mère célibataire qui voit sa vie bouleversée par plusieurs épreuves.
Quand une série de meurtres visant de jeunes enfants survient dans la région, elle s’inquiète pour les siens, comme beaucoup de familles.
Elle aurait pu considérer ces événements comme de simples faits divers, ne pas se sentir autant concernée et ne pas leur accorder d’importance.
Elle aurait pu oui, si elle n’en avait pas rêvé la nuit…

 

2021_098_de Bervuy Rime - J'ai révé qu'on pouvait tuer

 

Quelle est la maman qui, élevant seule ses trois enfants, ne passerait pas par des hauts et des bas ?
Ne passerait pas par des phases de stress ou de colère ?
Sarah a beau aimer ses enfants, son quotidien est compliqué et pesant. Heureusement dans son entourage, famille et voisins l’aideront dans son quotidien, prêts à tout pour donner un coup de main. Sarah est débordée, et elle essaie de s’en sortir au mieux.
Voilà à quoi ressemble sa vie, mais malgré tout, elle fait tout son possible pour continuer à briller dans les yeux de ses enfants.

C’est le premier roman de Rime de Bervuy que je lis, et très vite je suis rentré dans l’intrigue. Le récit est rythmé par des chapitres courts, et c’est très crédible.
Une “histoire banale” de la vie qui va être percutée soudain par les mains du mal.

Une nuit, elle fait un cauchemar, où elle voit un enfant se faire étrangler. Elle se réveille en sursaut, elle se sent mal, cette impression de “vécu” la rend folle… Et cela va se reproduire plusieurs nuits.
Dès lors elle commence à prendre peur.
Pourquoi est-elle impactée de la sorte ?
S’agit-il de rêves prémonitoires ?
Quel lien il y a-t-il entre elle et ces enfants étranglés, la nuit dans leurs lits ?

Voilà un roman très réaliste que nous propose Rime. Je me suis senti très vite proche de ses personnages. Le fait aussi et surtout que ce soient des enfants qui soient impactés m’a touché tout particulièrement… Le suspense est bien mené, une “petite” angoisse est montée au fur et à mesure de ma lecture créant une atmosphère particulière, et un final qui, même si j’avais un peu “deviné” la trame, m’a surpris car je n’arrivais pas à faire certains liens. L’histoire de Sarah n’est pas banale et on ne peut s’empêcher d’avoir de l’empathie pour elle.

Un bon roman psychologique, plein de sensibilité, qui m’aura fait passer un bon moment.

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Extraits :

« – Chut ! Il n’y a rien de dangereux ici. Je vais même te dire, on est plus tranquilles.
– Mais il fait noir ! Et puis j’ai froid et j’ai peur.
– Je sais, mais tu dois arrêter de pleurnicher, sinon ça va l’énerver encore plus. Tiens ! Mets mon pull, tu auras moins froid.
– Mais… Et toi ?
– Ça va aller. »

« Sarah eut du mal à contenir la colère qui l’assaillait. Elle eut soudain la vision de ses mains qui se plaçaient autour du cou d’un enfant et qui serraient, serraient… La jeune femme devint toute pâle. Elle sentit ses jambes trembler et s’appuya contre le mur du couloir. »

« Mathilde avait probablement raison. Elle y pensait, cela la touchait, donc elle en rêvait. Sarah était totalement abattue et triste alors qu’elle aurait dû être heureuse en cette veille de vacances. Elle ne voulait pas se résoudre à croire que ses cauchemars avaient du sens ou une raison d’être. Les séries et les films qui passent à la télévision détaillaient tellement bien les scènes de meurtre qu’une situation dramatique devenait le déclencheur des pires scénarios. Sarah avait toujours eu beaucoup d’imagination et elle visualisait facilement les décors et les personnages lorsqu’elle lisait un roman. »

« Alors que Sarah se posait toutes ces questions, elle compris que Madeline l’avait vue malgré l’obscurité qui régnait dans la maison. Les battements du cœur de la jeune femme s’accélérèrent. Elle se recula d’un pas et devina à travers le rideau la silhouette immobile qui regardait toujours vers elle avec insistance depuis le trottoir d’en face. »

 

 

Rime de Bervuy est auteure de littérature fantastique (mêlant le surnaturel, l’action, l’amour et le suspense).

Elle est née en 1978 en région parisienne où elle passe toute son enfance avec ses parents, sa sœur aînée et son petit frère. Enfant rêveuse et à l’imagination fertile, elle s’invente constamment des histoires pour passer le temps.

Elle étudie la littérature à l’Université de Nanterre Paris X et se plonge dans la lecture à travers laquelle elle découvre, entre autres, des univers fantaisistes et fantastiques variés qui la passionnent. Elle s’intéresse à des auteurs tels que Edgar Allan Poe, Théophile Gautier, J.R.R. Tolkien et d’autres plus contemporains comme Anne Rice, J.K. Rowling, LA Bailey ou Claire Panier-Alix.

En 1998, elle rencontre son futur mari qu’elle épouse cinq ans plus tard. Ils quittent Paris pour les Hauts de France où ils créent leur entreprise d’électricité générale et fondent une famille.

Des récits plein la tête, Rime de Bervuy se décide un jour à replonger dans les ébauches d’histoires qu’elle a inventé depuis son adolescence et Au Clair de la Louve se développe au fil de son clavier en 2018 sur plusieurs dizaines de pages alors qu’elle pensait n’écrire qu’une simple nouvelle. Finalement, cette histoire se déclinera en plusieurs tomes.

Passionnée par les animaux et en particulier par les chevaux, Rime de Bervuy choisit ce pseudo pour rendre hommage à son cheval, qu’elle a perdu après vingt ans de complicité, en faisant une anagramme de son nom.

Adolescence, Romance

un jour ce sera vide

de Hugo Lindenberg
Broché – 20 août 2020
Éditeur : ‎Christian Bourgeois

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C’est un été en Normandie. Le narrateur est encore dans cet état de l’enfance où tout se vit intensément, où l’on ne sait pas très bien qui l’on est, où une invasion de fourmis équivaut à la déclaration d’une guerre qu’il faudra mener de toutes ses forces. Un jour, il rencontre un autre garçon sur la plage, Baptiste. Se noue entre eux une amitié d’autant plus forte qu’elle se fonde sur un déséquilibre : Baptiste a des parents parfaits, habite dans une maison parfaite. Sa famille est l’image d’un bonheur que le narrateur cherche partout, mais qui se refuse à lui.

Flanqué d’une grand-mère à l’accent prononcé, et d’une tante « monstrueuse », notre narrateur rêve, imagine, se raconte des histoires, tente de surpasser la honte sociale et familiale qui le saisit face à son nouvel ami. Il entre dans une zone trouble où le sentiment d’appartenance est ambigu : vers où va, finalement, sa loyauté ?

Ecrit dans une langue ciselée et très sensible, Un jour ce sera vide est un roman fait de silences et de scènes lumineuses qu’on quitte avec la mélancolie des fins de vacances. Hugo Lindenberg y explore les sentiments, bons comme mauvais, qui traversent toute famille, et le poids des traumatismes de l’Histoire.

 

2021_097_Lindenberg Hugo - un jour ce sera vide.jpg

 

Un roman poignant à l’écriture belle et agréable, mais…
Et oui, il y a un mais !

“un jour ce sera vide”, est l’histoire d’un jeune garçon.
Il a 10 ans, il vit chez sa grand-mère en bord de mer et “subit” les visites régulières de sa tante. Ses journées sont monotones et s’écoulent hors du temps. Il marche ainsi invisible le long de la plage, occupe ses journées comme il peut… Il regarde les nuages, traque les fourmis…
Un jour, alors qu’il contemplait des méduses, il fait la connaissance de Baptiste qui très vite va devenir un modèle et surtout son meilleur ami… D’ailleurs, c’est son seul ami.
Baptiste est parfait. Il a tout. Une famille aisée, une jolie maman, une belle maison, mais surtout, il a sa propre chambre ! Et ce qui ne gâte rien, il est beau.

Commencera alors pour lui, une nouvelle façon de percevoir les choses, l’arrivée des premiers émois aussi. Baptiste va le mener dans un monde où tout n’est pas sombre, où il y a de la vie et des rires… Le monde extérieur l’attire, mais la peur et le doute l’empêchent d’aller de l’avant.

Ce roman retrace le parcours intérieur, très sombre, d’un garçon juif ayant régulièrement honte de sa famille. Très vite j’ai ressenti le malaise de son quotidien, sa souffrance même. Pour protéger le jeune orphelin, sa famille meurtrie par la Shoah, l’isole, enfermé dans un monde de silences et de non-dits où tout tourne en boucle, constament dans son esprit.

L’écriture est belle et agréable, mais…
On en revient au “mais”.

J’ai eu du mal à me projeter dans l’esprit du garçon. À 10 ans, il pense comme un adulte.
Trop réfléchi pour moi, dans ses tournures de phrases et dans ses réflexions aussi ! Cela m’a un peu embêté je l’avoue.
L’intrigue ne m’a pas captivée non plus, et le final un peu brusque a failli me faire trébucher ! (Je sais, je sais, je ne devrais pas lire en marchant !)
Mais, je me dois de souligner quand même, un sacré niveau d’écriture avec beaucoup de sensibilité et de mélancolie.
Style fluide, chapitres courts, Hugo Lindenberg arrête parfois le temps, le fige nous proposant des images, des détails qui m’ont fait remonter plusieurs souvenirs personnels.

C’est vrai je n’ai pas été emporté par ce roman original, mais les mots… les mots sont là.
Forts, justes, pointus qui appuient là où ça fait mal.
Un premier roman qui interpelle…

N’hésitez pas à vous faire votre opinion !

Dit Hugo,
Pourquoi n’y a-t-il pas de majuscule dans le titre ?
Je me triture les méninges et je ne vois pas…

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Extraits :

« “Tu vas t’esquinter la vue à lire tout le temps. Va à l’eau comme les autres.” Je me demande de quels autres elle parle. »

« Petit-déjeuner, se laver, s’habiller, déjeuner, dîner, se baigner, se déshabiller, se coucher. Notre vie est une symphonie de robinets qui coulent, de chasses tirées, de bains vidés, de vaisselle lavée, de linge essoré. Et pour se divertir de ce déluge : la mer. »

« Je dois toujours bien penser à mettre une intention de garçon, de ce que j’imagine être un garçon, dans chaque phrase, chaque geste chaque idée, parce que je vis dans la peur d’être démasqué et cette peur est d’autant plus difficile à maîtriser que je n’ai aucune idée grossière de ce que je dois dire, faire ou penser un vrai garçon. »

« Les voisines de ma grand-mère sont immortelles. Celle de Paris est tellement âgée qu’elle a un accent qui vient non pas de l’étranger, mais du passé. »

 

Hugo Lindenberg est le fils de l’historien, essayiste et journaliste Daniel Lindenberg.

Il est diplômé en 2001 d’une maitrise de droit public à l’Université Paris I – Panthéon-Sorbonne, puis d’un master de journalisme de l’ESJ Lille en 2005. Il devient alors journaliste de presse écrite pour divers magazines, notamment Ça m’intéresse et Les Inrocks.

En 2012, il participe au lancement du magazine Neon. L’année suivante, il devient rédacteur en chef adjoint du magazine Stylist. Il est également rédacteur en chef de Machin Chose, un magazine masculin gratuit à partir de 2017. Il exerce ses fonctions jusqu’en 2018. Depuis 2019, il est journaliste indépendant.

Il publie son premier roman “un jour ce sera vide” aux Christian Bourgois éditeur en 2020 qui reçoit le prix du Livre Inter en juin 2021.

Drame, Histoire, Témoignage

Le Code d’Esther

de Bernard Benyamin, Yohan Perez (Auteurs)
Broché – 11 octobre 2012
Éditeur : ‎First

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16 octobre 1946.
À l’issue du procès de Nuremberg, le dignitaire nazi Julius Streicher monte à l’échafaud. Avant d’être pendu, il lance : “Ce sont les Juifs qui vont être contents ! C’est Pourim 1946 !” Stupeur dans le monde. Qu’a-t-il voulu dire ? Il est établi que Streicher fait référence à une fête juive qui commémore les événements relatés dans un texte biblique vieux de deux mille ans : le “Livre d’Esther”. Mais sa déclaration n’en demeure pas moins énigmatique.

Ce fait historique avéré est le point de départ du Code d’Esther. Une aventure extraordinaire qui va conduire Bernard Benyamin et Yohan Perez de Nuremberg à Jérusalem, et des banques de Zurich à la prison de Landsberg, où Hitler rédigea Mein Kampf. De rencontres en révélations, ils découvriront que le Livre d’Esther recèle un message secret, et qu’il existe entre l’antique royaume perse et l’Allemagne du IIIe Reich des ressemblances défiant la raison.

Cet incroyable scénario, digne des Aventuriers de l’Arche perdue et de Dan Brown, n’a pourtant rien d’une fiction ; tous les faits relatés dans ce livre sont en effet rigoureusement authentiques. Pour percer “Le code d’Esther”, Bernard Benyamin et Yohan Perez ont mené une longue enquête, interrogé de nombreux érudits juifs et historiens. Au terme de leurs investigations, ils lèvent ici le voile sur la prophétie la plus troublante du XXe siècle.

 

2021_096_Benyamin Bernard, Yohan Perez - Le Code d'Esther

 

Depuis quelques années déjà, j’essaie de faire “vivre” les Boîtes à livres de mon quartier ainsi que celle de ma gare… C’est dans celle-ci, que j’ai trouvé “Le code d’Esther”, il y a quelques semaines…

Un livre passionnant…
On sent que les auteurs maîtrisent leur sujet.
Un grand merci à eux d’avoir mis en avant ces faits historiques et d’avoir soulevés certaines questions qui encore aujourd’hui demeurent sans réponse.

Procès de Nuremberg :
“ Ce sont les juifs qui vont être contents ! C’est Pourim 1946 !“
C’est le point de départ du roman. Que signifient ces paroles, et pourquoi Joseph Streicher les a crié à l’issue de son procès ?

Bernard Benyamin et Yohan Perez vont mener une enquête incroyable à travers le monde, à la recherche de réponses. Jérusalem bien sûr, Zurich dans la prison de Landsberg, (là, où Hitler a écrivit Mein Kampf)… Ils feront des centaines de rencontres, interrogeront de nombreux érudits juifs, des rabbins, des historiens et iront de révélations en révélations. Ils vont découvrir que Le Livre d’Esther cache un message secret, et qu’il ya entre le royaume Perse antique et l’Allemagne du IIIe Reich des similitudes incroyables.
Leur enquête aboutie, ils nous livrent ici une “prophétie” des plus troublante…

Pourquoi cette haine viscérale envers le peuple juif ?
Harcelés, enfermés, exilés, brûlés, pendus, rejetés par toutes les nations…
“Le code d’Esther”, donnera certaines pistes à ceux qui se posent cette question à travers une aventure incroyable.

Préparez-vous à suivre cette enquête qui va forcément vous bousculer !
Excellent aussi cette idée pour obtenir plus d’informations le long des chapitres. En effet, les deux auteurs nous proposent des “Qr codes” qui vous permettront d’approfondir vos recherches si vous le souhaitez !
ATTENTION… Tous les faits qui sont relatés dans ce livre sont exacts et avérés…
Ma lecture n’en n’a été que plus instructive.

Merci Bernard et Yohan, pour ce “cadeau”.
Un livre riche en connaissance, plein de mystères et de suspense…

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Extraits :

« ”Sur le plan esthétique, ce n’est pas un modèle d’architecture, reconnait le Rav Chaya, mais depuis sa construction les attentats ont cessé…“ Et puis, juste en face de nous, à 500 mètres à vol d’oiseau, s’élève le dôme d’une mosquée. “Elle a été construite à l’emplacement exact du tombeau du prophète Samuel, que vénèrent, comme nous les musulmans. Le plus étonnant, c’est qu’au même endroit, cohabitant dans le même espace, il y a une Yeshivah ! Et après ça, on dira que Juifs et Arabes ne s’entendent pas !” »

« Le printemps s’est installé sur Paris. Depuis la fin de notre enquête, j’entre plus souvent en contemplation devant les nuages qui courent dans le ciel, comme lorsque j’étais enfant et que j’essayais de leur imaginer une ressemblance avec les objets de la vie quotidienne. »

« En classe de terminal, on nous avait appris que la philosophie se divisait en deux domaines : celui de la connaissance et celui de l’action. Et, de façon évidente, il m’avait toujours semblé qu’il fallait d’abord connaître avant d’agir »

« Cinq hommes restent pétrifiés devant ce qu’ils ne sauraient pas décrire, et le sixième prend ses jambes à son cou. Direction Landsberg, le centre de commandement. Vite, un officier ! Le sergent, un lieutenant ou même le général ! Il faut qu’ils viennent et voient ce qu’il a vu ! Il court à travers les bois, sur les sentiers, sur la route et dans les ruelles de la vieille ville. Il ne sait pas encore ce qu’il va dire ni comment expliquer ce que ses camarades et lui ont découvert. On ne l’a pas préparé à ça, on ne lui a pas dit que cela pouvait exister. Le souffle court, il ne peut que répéter : “C’est inimaginable.” Sur la Grand-Place, près du Q.G. des forces américaines, il repère un officier. Il s’accroche à son bras et lui hurle :
“Il faut venir ! Il faut voir !” »

 

 

Bernard Benyamin est journaliste, producteur et animateur de télévision. En 1990, il crée avec Paul Nahon le magazine hebdomadaire  » Envoyé spécial « , qu’ils coprésentent sur Antenne 2 puis France 2 jusqu’en 2001.

Yohan Perez est réalisateur de télévision et fondateur d’Appli2phone.

Noir, Suspense, Thriller psychologique

Le passager sans visage

de Nicolas Beuglet
Broché – 16 septembre 2021
Éditeur : XO

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 » Tu n’es pas seule à chercher « 
Ce mot anonyme laissé sur son paillasson est plus qu’un appel : un électrochoc. Cette fois, l’inspectrice Grace Campbell le sait, elle n’a pas le choix. Elle doit ouvrir la porte blindée du cabinet situé au fond de son appartement. Et accepter de se confronter au secret qui la hante depuis tant d’années…

Des confins de la campagne écossaise aux profondeurs de la Forêt-noire où prend vie le conte le plus glaçant de notre enfance, jamais Grace n’aurait pu imaginer monter dans ce train surgi de nulle part et affronter le Passager sans visage…

Avec ce thriller au suspense angoissant, Nicolas Beuglet nous plonge dans les perversions les plus terribles de nos sociétés. Et, au passage, nous interroge : et si parmi les puissants qui régissent le monde se cachaient aussi des monstres sans visage ?

Un train, un passager sans visage, une organisation terrifiante

 » Nicolas Beuglet, le nouveau phénomène du polar français. « 
Sandrine Bajos, Le Parisien

Après le succès du Dernier Message, Nicolas Beuglet revient avec une nouvelle enquête de Grace Campbell.

 

2021_095_Nicolas Beuglet - Le passager sans visage 2

 

Comment ne pas avoir les poils du corps hérissés à la fin d’une telle lecture ?

J’avoue qu’il a fallu que je me retienne pour ne pas lire ce roman d’une traite… Mais, j’ai quand même une vie, quoi qu’en puisse penser certains…

En quelques romans, Nicolas Beuglet est définitivement devenu pour moi INCONTOURNABLE !
Il a su créer une ambiance, une tension même qui au fil de ses récits est montée à un point où je ne peux comparer ce roman à autre chose qu’à un “uppercut” dans l’idée de nous réveiller. Il met en avant ceux, (les 1%) qui tout en se cachant, cherchent quand même à contrôler le monde. Alors, où s’arrête la fiction, où commence le réel, je vous laisse le soin de le découvrir par vous-même…
Attention, une fois entré dans cet engrenage, à moins de vous voiler la face, vous ne pourrez plus jamais faire marche arrière.

C’est pour ce genre d’écriture, qu’un jour j’ai décidé de faire de la lecture l’une de mes priorités de vie…
Ici, les codes du thriller, et c’est très personnel, sont maîtrisés à la perfection. L’intrigue est à couper le souffle, et en lisant, plus je faisais de recherches sur le sujet, plus la colère montait en moi.
Bien sûr, je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle entre le roman et la vie “Coronavidiesque” que nous subissons actuellement.

Oui, je suis secoué.
Oui, je suis inquiet…

Ce “nouveau” monde n’est pas pour moi.
Il fait peur, il est abominable et fait froid dans le dos. Aujourd’hui, je crains plus pour mes enfants que pour moi-même…

Grace Campbell, l’inspectrice que j’avais déjà rencontré dans le roman précédent, nous revient avec toutes ses blessures personnelles, toutes ses cassures. Enlevée encore enfant, torturée, elle est devenue fragile et touchante à la fois, ce qui fera d’elle un personnage complexe à la vision très acérée. Enquêtant sur ce qui lui est arrivé durant cette période de sa vie, un passé qu’elle avait enfoui tout au fond de son esprit, elle découvre un mystérieux message qui lui indique qu’elle n’est plus seule désormais… Aidée de toutes les ressources dont elle dispose grâce à son travail, elle va se retrouver impliquée à un complot mondial, qu’elle n’aurait jamais pu imaginer même dans ses cauchemars les plus horribles. Son passé violent la rattrape remettant au premier plan les traumatismes qu’elle a vécus. Aujourd’hui Grace doit faire face à son destin et au futur de l’humanité !

Merci Nicolas.
Merci, pour cette grande claque qui j’espère atteindra son but…
Faire réfléchir, rechercher, comparer, corroborer… Et finalement peu-être comprendre.

Énorme coup de cœur, pour cet étrange mélange de légendes, de contes bien connus, et de faits historiques avérés. Aujourd’hui, mes doutes n’en sont plus…

Une suite est d’ores et déjà prévue !

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Extraits :

« Le félin arrondi son dos et entreprit de se frotter contre le bras de la jeune femme, qui recula.
– J’ai bien compris ce que tu voulais, mais j’ai décidé de vivre seule, vraiment seule, sans parents, sans amis, sans personne, rien qu’avec mes livres…, dit-elle en jetant un œil à l’anneau qu’elle portait au pouce. »

« Les journaux expliquaient que des traces de sévices avaient été constatées sur le corps de la fillette. Celle-ci restait prostrée face aux policiers, incapable de leur indiquer l’endroit où elle avait été enfermée ou de se rappeler quoi que ce soit de sa détention. Elle ne se souvenait que vaguement de sa fuite : elle était parvenue à se cacher dans le coffre d’une voiture et à en sortir au moment où celle-ci s’était arrêtée à une station service pour prendre de l’essence. »

« Vous pensez juste, inspectrice, devina-t-il. L’abêtissement des populations occidentales via la dépendance à la vacuité des réseaux sociaux, entraînant une chute mondiale du QI, fait bel et bien partie du Plan ; cela constitue les fondations de leur objectif final. Mais je sais qu’ils avancent masqués dans d’autres domaines afin que les gens soient désorientés et n’aient pas le temps de comprendre ce que l’on est en train de faire d’eux. »

« De la culture d’un peuple naît son identité, de son identité naît sa liberté. La liberté et notre obstacle, commençons donc par la culture, le reste tombera… »

« Si nous, les 1 %, nos enfants, nos petits-enfants et nos arrières petits-enfants voulons continuer à vivre comme nous l’avons toujours fait, c’est-à-dire sans compter et mieux que les autres, nous devons drastiquement diminuer la part qui revient au 99 % ! Notre classe des ultra-riches n’a cessé de s’accroître au cours de la dernière décennie. Il faut donc, dès aujourd’hui, dresser les peuples pour qu’ils apprennent à vivre avec beaucoup moins afin que nous ayons toujours autant, si ce n’est plus ! »

 

 

Après avoir écrit des scénarios pour la télévision, Nicolas Beuglet a choisi de se consacrer pleinement à l’écriture de romans. Salué par la presse, il est devenu en quelques années l’une des plus grandes plumes du thriller français. Il est l’auteur chez XO Editions de Le Cri, Complot, L’Île du Diable, Le Dernier Message et Le Passager sans visage. Il vit à Boulogne-Billancourt avec sa famille.

Histoire vraie, Suspense

Crossroads

La dernière chanson de Robert Johnson
de Hervé Gagnon
Broché – 10 novembre 2021
Éditeur : Hugo Roman

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Lorsqu’ils reçoivent une lettre de Simone Jackson les invitant à venir la rencontrer pour prendre possession d’objets ayant appartenu au légendaire bluesman Robert Johnson, l’historien Donald Kane et l’anthropologue Virginia Craft n’ont rien de plus en tête qu’une publication universitaire qui contribuera à l’avancement des connaissances sur les origines du blues.

Mais le contenu de la boîte en fer-blanc que leur remet la vieille dame change tout. Parmi les objets attendus (un pick et une slide), se trouvent un doigt momifié, une amulette de protection et un carnet dans lequel Johnson a transcrit ses chansons, en plus de notes disparates en apparence anodines. Mais lorsque Kane découvre, caché dans la reliure, le texte de la mythique trentième chanson de Johnson, la légende de son pacte avec le diable prend un nouveau sens.

Tandis que Kane et Craft suivent la piste que leur indique le manuscrit, les événements se bousculent : les bluesmen qui peuplent les rues de Memphis se suicident les uns après les autres de manière identique et sordide; les mauvais sorts s’accumulent et Kane, le cartésien, doit finir par admettre qu’ils existent. De plus, la police le soupçonne d’être derrière les morts suspectes. Comme si cela ne suffisait pas, Ezekiel Thorne, un mystérieux personnage, cherche à acquérir le manuscrit pour un client. Au fil des péripéties, Kane doit accepter qu’une âme peut être sauvée.

Crossroads est un roman trempé de bourbon, qui se déroule dans la chaleur moite du Delta du Mississippi, où le surnaturel se trouve toujours à l’envers du décor.

 

2021_094_Gagnon Hervé - Crossroads - La dernière chanson de Robert Johnson

 

Un grand merci à Babelio et aux Éditions Hugo pour cet envoi, dans le cadre d’une masse critique spéciale.

Ce récit se déroule principalement à Memphis, ville considérée comme étant la capitale du rock’n roll, de la Soul, mais aussi du blues.
Personnellement je ne suis pas spécialement adepte de blues alors j’ai fait l’effort de m’imprégner de cette musique durant toute ma lecture pour être plus en phase avec l’histoire. C’est ainsi que j’ai enchaîné et découvert de nombreux bluesmen à la voix si particulière, en mettant en avant, bien sûr, les morceaux de Robert Johnson…

Donald Kane, historien et amateur de Blues, et Virginia Carft, anthropologue, se voient confier par une vieille dame, Simone Jackson, un coffret contenant des objets ayant appartenu à une légende du blues, Robert Johnson. Aux côtés d’un doigt momifié et d’une amulette, ils découvriront un manuscrit où le chanteur transcrivait ses chansons ainsi que quelques notes disparates, mais aussi, l’amorce d’un titre inconnu à ce jour. Ils se retrouveront alors, emportés dans une véritable course contre la montre avec des événements surnaturels et empreints de superstition locale. Ésotérisme, culture propre au Delta du Mississippi, pendant que dans le monde du blues, une série de suicide frappe Memphis.

J’ai été emporté comme à chaque fois que je lis un roman d’Hervé Gagnon, malgré ma surprise pour le choix de sa thématique.

Puis petit à petit, et à ma grande tristesse, je suis un peu “sorti” du récit. Écriture moins fouillée que d’habitude ?, peut-être aussi un peu prévisible…
Mais je suis allé quand même jusqu’au bout, et grand bien m’en a fait ! J’ai petit à petit retrouvé la verve qui me fait vibrer dans ses romans habituellement. En me renseignant par la suite, il s’avère qu’Hervé est un spécialiste du blues depuis son adolescence. Ce sont peut-être ces manques, qui ne m’ont pas permis d’entrer tout de suite dans l’histoire.

Si vous aimez le blues, ce roman est fait pour vous.
Si, comme pour moi c’est une découverte, essayez quand même…
Peut-être que les voix du “Hoodoo” seront aussi réceptives pour vous !
Cette histoire basée sur la réalité de la légende de Robert Johnson et de sa mort à l’âge de 30 ans, ont été au final une lecture agréable, et je ne peux renier les découvertes musicales que j’ai faites…

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Extraits :

« Une étrange prémonition s’insinua dans la tête de Donald Kane tandis que la chair de poule lui couvrait les bras. Face à lui, Virginia Craft eut une expression de surprises.
– Mort ? Balbutia-t-il, pris au dépourvu.
En guise de réponse, Kitchen pivota sur sa chaise et étira le bras pour attraper un journal qui traînait sur la table derrière lui. Avec affectation, il l’ouvrit pour le plier à la bonne page, puis le déposa devant ses deux interlocuteurs afin qu’il puisse le lire.
– Dans les circonstances qui sont les vôtres, je comprends que vous n’ayez pas consulté les journaux du matin, roucoula-t-il. »

« Il ramassa l’argent sur le comptoir et se pencha pour le mettre dans la caisse qu’il gardait dessous. Au même moment, le monde s’assombrit autour de lui et sa poitrine ce serra douloureusement. Un violent élancement lui traversa le bras gauche et son souffle se fit laborieux. Au loin, un grognement monta. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre qu’il était venu de sa propre gorge. Il ferma les yeux, prit appui à deux mains sur le comptoir et attendit en essayant de respirer lentement. »

« L’homme se planta solidement devant eux. Il dépassait Kane de quelques pouces et, sous une considérable couche de graisse uniformément répartie, il avait une carrure à l’avenant. Il portait un costume gris anthracite d’une parfaite élégance dont il gardait le veston stratégiquement ouvert sur une pense spectaculaire, qui le précédait d’un bon pied et demi. De près, il dégageait de violents effluves de Brut de Fabergé, dans lequel il semblait s’être immergé avant de se présenter. »

 

 

Né le 26 août 1963 à La Baie, au Québec, Hervé Gagnon détient un Ph.D. en histoire et une maîtrise en muséologie de l’Université de Montréal. Habitant depuis 1995 dans la région des Cantons de l’Est, au Québec, il consacre ses temps libres à la musique, à la lecture, à l’ornithologie et à la cuisine. Amateur de blues depuis sont adolescence, il voue une grande admiration au mythique guitariste Robert Johnson.
Après avoir œuvré pendant plus de 25 ans dans la mise en valeur du patrimoine et l’enseignement universitaire, il se consacre entièrement à l’écriture dès 2010. Reconnu comme un des maîtres du thriller et du polar ésotérique, il a signé entre autres les séries Damné (vendue à plus de 200 000 exemplaires en français seulement), Malefica et La mort du Temple. Ses livres ont été récompensés à plusieurs reprises.