Émotion, Philosophique

L’écho de nos jours

de Florence Tholozan
Broché – 10 novembre 2022
Éditions : M+ Éditions

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Quelques mots griffonnés découverts dans la poche d’un panier acheté sur le port, et Saskia ressent la curieuse impression d’avoir récupéré une bouteille jetée à la mer.

Rédigé en anglais, le message provient d’Indonésie et résonne comme une incitation à partir sous d’autres cieux, en espérant qu’un dépaysement total effacerait le côté sombre de sa vie actuelle.

Un roman contemporain très coloré qui tient en haleine par ses découvertes successives aussi surprenantes qu’inattendues.

 

• Couv_109_Tholozan Florence - L'écho de nos jours

 

J’ai découvert Florence Tholozan il y a quelques semaines avec son premier roman La Chinoise du tableau, qui m’avait beaucoup ému. Je n’ai pas pu m’empêcher d’entrer en contact avec elle…
Puis, j’ai vu qu’elle avait sorti un autre roman, j’étais trop curieux de voir où elle allait bien nous emmener… Je ne me suis pas trompé. Plus qu’un voyage à Bali, c’est un voyage très introspectif qu’elle nous propose avec ce second roman…

Je n’ai jamais cru au hasard de la vie, et je pense vraiment au fond de moi que tout est lié, qu’il existe quelque chose qui nous porte, nous guide dans notre quotidien. À nous de savoir le percevoir, de l’accepter ou pas, et de suivre ce que notre esprit nous conseille. J’ai tellement vécu de passages “surprenants ou extraordinaires” dans ma vie, que je suis aujourd’hui ouvert à de nombreuses choses. Florence nous raconte la vie de Saskia, qui au moment où elle pensait avoir tout perdu, découvre un monde nouveau, rempli de signes, de résonances, de bienveillance, et d’apaisement… Elle à travers une autre culture, d’autres rituels, une ouverture d’esprit qu’elle n’avait pas, et croisera ainsi un chaman, qui la portera vers l’éveil de soi, vers une vie antérieure en Irlande, vers des souvenirs enfouis dans son esprit puis vers l’illumination. Et ce voyage Florence nous l’offre aussi, enfin, je l’ai pris comme ça, comme un cadeau. À travers des marchés, des paysages magnifiques, j’ai rencontré des gens simples où philosophie et traditions se mélangent et ne font qu’un. Lentement, pages après pages, je suis allé de découvertes en découvertes… Une plume touchante et très délicate, emplie de poésie et de gentillesse, “L’écho de nos jours” est un message d’amour, un message de paix, un livre que je suis heureux d’avoir lu, un livre qui me fait dire que rien n’est figé, si on s’en donne “tout simplement” les moyens… Notre vie n’est pas une longue ligne droite, elle est omnidirectionnelle… et surtout, NOUS EN SOMMES LES ACTEURS !
Et, à chaque instant de notre vie, nous avons le pouvoir de dire NON !

Coup de cœur pour ce roman très touchant, rempli de poésie qui m’a fait vivre de nombreuses émotions.
Encore une fois énormément de recherche de la part de Florence, pour un sujet archi maîtrisé.
Alors, n’hésitez pas à suivre Saskia à Bali, pour y découvrir sa beauté, ses odeurs et son exotisme. Avec elle, vous voyagerez, vous ferez de belles rencontres, mais surtout, vous réfléchirez pleinement au sens de votre vie…

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Extraits :

« La chance, on se la provoque en ayant une attitude positive. Il faut repérer les opportunités qui se présentent et les attraper au vol. Si nous restons centrés sur nos propres soucis, sans ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure, nous laissons filer ce qui ferait notre bonheur. Ce sont nos comportements qui déterminent l’avenir. Si mon parcours m’a enseigné, ne serait-ce qu’une seule leçon, c’est bien celle-ci ! »

« Nous nous sommes connu si jeune. Mêmes trottoirs foulés main dans la main et cartables sur le dos. Même bande d’amis. Premiers baisers, premiers émois et premières fêtes. Nous avons tout découvert simultanément.
Bien qu’ayant des caractères diamétralement opposés, nous nous complétions à merveille, et cela nous donnait une force colossale. Moi la froussarde, lui l’intrépide. Moi, la bavarde, lui le taiseux. Moi l’éternelle indécise et lui le fonceur.
Il faisait partie de mon existence dans le sens où il m’était devenu indispensable, de ceux qui vous accompagnent le long d’une vie. Un témoin bienveillant de chaque étape franchie dans la construction de ma personnalité. »

« Je bossais pour une multinationale dans le quartier de la Défense, m’a-t-elle confié. J’avais de grosses responsabilités et le salaire qui allait de pair. Je jonglais entre les bureaux de Paris et de Londres. Je sautais d’un train à l’autre. Je ne comptais plus mes heures. Pas de conjoint, pas d’enfants, peu de loisirs. J’emportais des dossiers à la maison le soir comme le week-end et je ne m’accordais aucun répit. Je ne pensais qu’à la boîte, je ne vivais que pour elle. Ma carrière évoluait bien, m’apportait beaucoup de reconnaissance, et j’en étais fière, malgré le stress constant et l’épuisement. »

 

Florence Tholozan réside dans les proches environs de Montpellier. Du plus loin qu’elle se souvienne, elle a toujours eu l’amour des mots.

Diplômée en psychologie clinique, elle enseigne dans l’Hérault.

La Chinoise du tableau est son premier roman. Il a été présenté pour le Prix de la 1ère Œuvre d’une auteure 2020 et a concouru au Prix du Livre Romantique 2019 pour lequel il a été finaliste. Traduit en plusieurs langues il a été récompensé par le Prix Paroles d’Auteur(e)s.

L’écho de nos jours est son deuxième roman.

Émotion, Dystopie

Les Pentes

de Sioux Berger
Broché – 3 février 2022
Éditions : de Borée

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Septembre 2050. À Paris, une jeune fille ose encore écrire des lettres avec de l’encre et des feuilles. Sans trop éveiller les soupçons, elle a pu constituer un stock de papier. Un discret réseau se charge de transporter les missives à travers les plaines, là où les usines électriques ont remplacé les forêts.
Pourquoi et à qui écrit-elle, puisqu’il n’y a plus âme qui vive en dehors des villes ? Un employé du gouvernement s’en étonne. Il décide de mener l’enquête et fait alors une découverte étonnante.
Sur les Pentes, bien au-delà des usines électriques, aux confins des décharges et des champs de maïs, se cache un secret qui pourrait bien sauver les habitants des villes.
Entre espoir et désespoir, alors que l’avenir semble si sombre, la joie de vivre va peu à peu se frayer un passage.

 

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“Je m’appelle Antoine.
Antoine Saugues, j’ai vingt-sept ans, je suis célibataire, sans enfant.

Je peux contempler l’ensemble de la ville de la fenêtre de mon bureau. Les campagnes, les forêts ont toutes disparues au bénéfice d’usines géantes qui nous fournissent l’électricité dont nous avons besoin, tout est hyper connecté, hyper contrôlé. Les villages ont tous été abandonnés faute du manque de réseaux, et qui voudrait vivre sans électricité ?
Je suis fier de mon parcours ! En tant que médecin, j’ai une place très enviée par mes confrères. Je travaille dans une entreprise au top ! La Fertilité nationale.
Il y a quelques jours, j’ai reçu un mail alarmant et malgré mes diverses tentatives d’analyses cette courbe rouge qui a retenu mon attention file résolument vers le bas, la chute semblait fatale, je ne voyais aucune solution… J’ai fait comme d’habitude dans ces cas-là. Ne rien décider, et organiser une “réunion d’information” qui noierait le poisson à travers des “slides” complexes et indigestes.
Pourquoi, ce serait à moi d’assumer toutes les responsabilités ?

Il y a quelques jours, mon “Boss”, qui a intercepté un courrier hautement important, m’a confié une mission porteuse d’un enjeu phénoménal pour l’humanité tout entière. Lors de cette mission, une rencontre a bouleversé ma vie, et remit en question tout ce que j’ai appris sur les bancs de l’école, tout ce que je pensais savoir sur le monde, et sur l’avenir qu’il me restait à vivre.

Certains irréductibles ont décidé de ne pas jouer le jeu, de vivre sur les Pentes, un lieu mythique, inutilisable pour nos usines électriques ! Ils vivent dans un monde sans électricité et consomment même à leur risque, leurs propres récoltes qui ne sont jamais contrôlées, ils arrivent même à trouver de l’eau ! Ses inconscients écrivent même encore sur du papier alors qu’il n’y a presque plus d’arbres !
Ce qu’ils souhaitent, c’est vivre tranquille, et que ceux des villes les oublient…“

Commence alors un bras de fer, auquel Antoine comprendra très vite les enjeux politiques qui sont en jeu.

Un roman dur et réaliste, mais aussi très poétique à la fois, qui nous questionne sur ce qui pourrait bien nous arriver, si nous ne nous posons pas un minimum de questions sur notre avenir.
Sioux Berger signe ici un premier roman très puissant, rempli d’espoir, mais qui, sans tomber dans la peur a réveillé quand même certaines craintes dans mon esprit. Telle une visionnaire, cette superbe dystopie nous transporte dans un futur très proche, où l’énergie prend de plus en plus de place dans notre vie de tous les jours… D’ailleurs, je me suis parfois demandé où commençait la dystopie ?

Je ne peux que vous recommander ce livre engagé et plein de bon sens. Par la même occasion, allez faire “un petit tour” sur sa page Facebook…
Personnellement, je compte bien suivre Sioux, dans ses prochaines publications.
J’irai bien m’asseoir aussi sur les marches avec elle. On pourrait rire ensemble, pleurer, accueillir toutes nos émotions, les partager, et gravir d’autres marches, main dans la main…

“Je pensais avoir l’avenir devant moi…
Et si Sofia, Suzanne et les autres étaient dans le vrai…
Et si ma vie n’était qu’une vaste fumisterie…”

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Extraits :

« Le Pompidou, le 30 septembre 2050

Ma chérie,
Je t’écris pour te rassurer. Je ne sais pas si ce message te parviendra. Mais je vais passer par le réseau habituel, on verra bien. En bas, dans la plaine, Nadine est d’accord pour nous déposer le courrier sous l’éolienne E154. Elle dit que les caméras de surveillance s’en fiche de ses allées et venues. Tu peux donc nous répondre sans crainte, notre organisation est à présent, parfaitement rôdée. »

« En fait, si on cessait de s’embrouiller, le cerveau avec des “données multifactorielles” », on ne pouvait que se rendre à l’évidence. Et c’était très simple. Cela faisait bientôt dix ans que les naissances naturelles avaient disparu. En 2052, aucun enfant ne naîtrait en France. Aucun. Ni en FIV, ni en PMA, ni dans aucune éprouvette, parce qu’on n’avait plus rien à vendre. Plus une goutte de sperme, plus un ovule, rien. On n’avait plus rien à y mettre. Voilà. Le mail aurait pu tenir en quelques mots. »

« – Mais c’est bien de trier.
– “C’est bien”, bravo ! On a bien retenu la leçon. Pourtant, vous les avez vues, sur le chemin, les zones d’enfouissement des déchets. Vous voulez que je vous fasse un dessin plus clair ?
– Mais avouez que les villes sont plus propres qu’avant.
– Super. Les villes sont plus propres et les campagnes sont une poubelle géante. On a repoussé le problème un peu plus loin. Et il est en train de nous revenir en pleine poire. Voilà ce que ça veut dire.
– OK… OK, vous êtes en colère, comme ceux qui avait protesté il y a longtemps, mais de toute façon vous ne proposez rien de concret. Les gens ne reviendront pas à l’âge de pierre et…
– Ah ! Vous trouvez que ma grand-mère vit à l’âge de pierre ? Vous trouvez que sa façon de vivre ne propose rien ? Elle a une tête de femme des cavernes, peut-être ?
– Pas du tout, c’est une femme très élégante. Mais elle vit coupée du monde.
– Ça, c’est vous qui le dites. Précisez plutôt qu’elle vit coupée de votre monde. Le monde vivant, il est là, sous vos pieds, Antoine. Il est fait d’eau, de terre et de fumier. Il n’a pas besoin de poubelle intelligente et ultra-connectée pour savoir où poser un papier. Il est là, c’est tout. Et il était là avant nous. »

Sioux Berger cultive sa plume tout autant que son jardin et partage avec la terre une relation très intime, dans laquelle elle puise à la fois, son inspiration et sa joie de vivre. Auteure de nombreux ouvrages aux éditions Marabout dans les collections Mes Petites Routines et Les Paresseuses, Les Pentes est son premier roman. Sioux Berger partage son temps entre Paris et le Cantal.

Elle est aussi maman de trois enfants, deux jardins et deux chats.

Elle aime :

– les crayons de papier 2B bien taillés, et les carnets Moleskine.
– la terre fraîche à retourner à pleine mains
– la danse, à la folie et pour toujours. Faire tourner une jolie robe d’été sur une musique que l’on peut chanter à tue-tête.
– la chaleur du soleil, la chaleur d’une couette, la chaleur d’un feu de cheminée.
– le concombre croquant en été, et la potée qui mijote tout doux tout doux en hiver.
– le vent sur les joues quand on pédale vite sur une route libre.
– les feuilles amassées sur le sol en automne parce qu’on peut courir dedans
– une maison qui sent bon le pain chaud
– le silence, il est si rare aujourd’hui.

Elle n’aime pas :

– les gens qui poussent et qui crient
– l’odeur fausse des frites du fast food
– les éclairages au néon
– les embouteillages
– les pistes de ski qui ressemblent à des embouteillages.
– les gens qui disent  » au jour d’aujourd’hui  » et qui enchaînent les critiques sur un ton aigre.

“Je m’appelle Sioux, comme les indiens d’Amérique. Et pourtant je suis issue des montagnes du fin fond de la France, aux confins de la Lozère et de L’Auvergne. Je porte en moi mes racines, et ce sont elles qui m’élèvent. Chaque jour, parce que je suis une grande angoissée (surtout depuis que je vis en ville…), je m’attache aux petits bonheurs quotidiens qui bâtissent mon bien-être.

Dans mon jardin, j’aime faire pousser la vie. J’aime y regarder mes enfants courir, puis grandir.
Dans mes textes, j’aime faire pousser la joie, et… un bon vieux sens pratique rempli d’astuces.

J’ai travaillé dans la presse, sur le net, pour des sites tels que “aufeminin.com”… Je suis aussi formatrice en gestion du stress et des émotions. J’aime le contact avec les autres, leur tendre la main et les aider. Apaiser les douleurs… donner des sourires.

Mes enfants m’appellent “le druide”.
Pour moi, la vie est une tasse de thé, dégustée lentement sur deux marches d’escalier au soleil.
Et lorsque je suis, prise par le tourbillon des transports, des factures, et des tâches ménagères, je cherche toujours le petit moment qui me permettra de me ressourcer.
Je vous invite à venir vous asseoir sur les marches avec moi. On pourra rire ensemble, pleurer, accueillir toutes nos émotions, les partager, et gravir d’autres marches main dans la main.”

Émotion, Drame, Folie, Psychologie, Suspense

Claustrations

de Salvatore Minni
Broché – 8 juillet 2019
Éditions : Phénix noir

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Ils ne se connaissent pas et pourtant, ils portent le même tatouage sur le bras… Clara, que son amie Françoise recherche depuis plusieurs semaines, se réveille un matin étendue sur le sol d’une cellule obscure et infestée d’insectes ; M. Concerto tente de découvrir les raisons qui l’ont conduit dans une chambre d’isolement, tandis que Charles se cloître de son plein gré. Chacun d’entre eux se retrouvera face à son destin. Mais, dans leur quête de la vérité, ils se rendront très vite compte que les apparences ne sont pas celles qu’ils croyaient…

 

• Couv_107_Minni Salvatore - Claustrations

 

Encore un premier roman, et de nouveau, une très belle surprise, et plus que prometteuse.

Salvatore Minni, avec des chapitres très courts et un rythme intéressant nous permet d’aller de personnages en personnages. On ne sait que très peu de choses sur eux, ils ont en commun un tatouage sur le bras et le fait d’être enfermés pour une raison qu’ils ignorent. Ils semblent n’avoir aucun lien les uns avec les autres… Mais tous vivent quelque chose d’inquiétant, ils ont tous peur de ce qui va leur arriver.

Je me suis très vite attaché à eux. Je vous défie d’arrêter votre lecture ou de poser votre livre par choix ! Il m’a été impossible de ne pas le lire d’une traite. L’auteur joue admirablement avec nos nerfs. Je ne voyais pas du tout comment cela allait finir, et au moment où je m’y attendais le moins, Salvatore ouvre une porte et l’évidence soudain saute au visage !

C’est très fort…
L’écriture est telle que j’avais l’impression d’être dans la tête de ces pauvres personnes, enfermées par choix ou pas, je n’ai rien vu venir…
Je l’ai repris, je l’ai relu, pour voir à quel moment j’aurai pu comprendre là où Salvatore voulait nous mener.
Impossible !

J’imagine que Salvatore s’est amusé à nous tourmenter de la sorte, en tout cas, j’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture. Je tenais aussi à signaler l’utilisation du subjonctif passé et imparfait dans le texte pour moi plus que réussi… Cela faisait longtemps, et c’est bien agréable !

Quel suspense, et surtout quel plaisir !
“Claustrations”, un roman parfaitement maîtrisé où l’on se perd avant de recevoir la révélation finale de plein fouet…
Je conseille vivement cette lecture qui m’a… “whaou”!

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Extraits :

« L’obscurité. Rien que l’obscurité. La peur. Une peur panique. Son cœur battait à tout rompre. Sa respiration était saccadée. Il tenait sa petite main sur sa bouche pour que l’on ne l’entendît pas respirer. Surtout ne pas faire de bruit. Il n’existait pas. Chhht ! Maman lui avait ordonné de rester là et de n’en sortir que lorsqu’elle le lui dirait. »

« Reclus dans ma cave, cet endroit obscur et humide, depuis mon soixante-cinquième anniversaire, je cherche le moyen de faire mon existence. J’analyse toutes les possibilités qui m’ont été proposées. J’ai le choix : quitter le pays, me faire greffer, un nouveau visage, falsifier mes papiers, ou encore annoncer ma propre mort. »

« Cette fois, elle était dans un pays où le gouvernement décidé du nombre d’enfants que pouvait avoir une famille. Elle était parvenue, avec l’aide de ses collègues, a déjouer la stérilisation de deux cents femmes en âge de procréer. Pour le gouvernement, il s’agissait de limiter les naissances afin de contrôler une démographie croissante. Il n’était aucunement question d’une campagne de stérilisation avec consentement. Non, ces femmes devaient être stérilisées de force. Un comportement barbare que Clara ne pouvait accepter. »

« Hier matin, encore une dizaine d’hommes et de femmes âgés de 65 ans et plus ont été arrêtés dans le cadre de la loi promulguée par notre nouveau Président. Comme vous le savez, cette loi vise à contrôler la surpopulation, le vieillissement de la population est à alléger les dépenses en allocation et en pension. »

 

 

Salvatore Minni s’est exercé à l’écriture dès son plus jeune âge en mettant des textes lyriques et des nouvelles sur papier. Il publie la première version de son roman Claustrations aux Editions Persée en septembre 2015. Suite à sa participation au Prix du Suspense Psychologique 2017 présidé par Franck Thilliez, ce thriller psychologique a ensuite été retravaillé, amélioré, étoffé et peaufiné pour une nouvelle version qui voit le jour le 19 octobre 2017. En 2018, après avoir accepté le défi des Editions Lamiroy d’écrire et de publier une nouvelle de 5000 mots, il écrit Iniquité pour leur collection Opuscules . L’année 2019 est assez chargée avec la publication de la version définitive de Claustrations d’abord, mais surtout la sortie de Anamnèse , son second roman. Il fait aussi partie des organisateurs du Salon de l’Iris Noir Bruxelles.

En 2022, Salvatore Minni se lance un défi, celui de faire frissonner vos enfants et publie les deux premiers tomes d’une nouvelle série de romans jeunesse intitulés Mystère en Belgique.

Friand de technologie et d’outils de communication divers, Salvatore Minni est très actif sur les réseaux sociaux. Retrouvez toute son actualité sur :

* Facebook : Salvatore Minni Officiel

* Instagram : instagram.com/salvatore_minni

* Twitter : twitter.com/Sal_Min13

* internet : http://www.salvatoreminni.com

Plongez-vous dans l’univers à la fois frissonnant et bouleversant de Salvatore Minni…

Histoire, Suspense

Le Miroir aux mirages

de Philippe Lemaire
Broché – 10 novembre 2022
Éditions : de Borée

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Afin que Louis XIV puisse se refléter dans des miroirs qui seraient enfin français, François est envoyé à Venise sur ordre de Colbert qui entend créer la Manufacture royale des glaces de miroir. Sa mission ? Dérober aux Vénitiens les secrets de fabrication des grands miroirs qu’ignoraient alors les artisans français. Mais ce n’est pas tout ! Il lui faut aussi convaincre quelques grands maîtres verriers de venir à Paris pour y transmettre leur savoir. Le pont d’or qu’il est prêt à leur faire sera-t-il suffisant ?

 

• Couv_106_Lemaire Philippe - Le miroir aux mirages

 

C’est le second roman de Philippe Lemaire, après “La forêt des violons”, que je lis.
J’ai toujours beaucoup aimé les romans historiques, mais quand l’auteur y apporte une part de poésie, de beauté et un sens artistique, quasi-omniprésent, alors là, j’adore…

La première partie du roman se déroule à Venise XVIIe siècle.
François Guilbert de Soulac a été mandaté par Colbert, pour dérober aux Vénitiens de l’île de Murano, les secrets de fabrication des miroirs, voire plus encore, inciter des maître verriers qui ont été sélectionnés à quitter leur pays, pour la France afin qu’ils partagent leurs connaissances pour créer une Manufacture Royale des glaces et des miroirs à Versailles, suivant la demande de Louis XIV.
François Guilbert, va se rendre compte très vite que cette mission sera non seulement délicate, mais de plus, très dangereuse… Sera-t-il prêt à braver les dangers ? Le regard et la voix de la belle Lucia, ne risquent-ils pas de l’entraîner vers des lieux qu’il n’imaginait même pas ?

J’ai voyagé dans le temps et dans les ruelles sombres de Venise, Philippe Lemaire nous conte avec passion la vie et le travail des maîtres verriers… C’est superbe et très addictif. Les canaux, les soirées richissimes dans cette ville incroyable où tout est axé sur la beauté et surtout les plaisirs…
Un texte très fluide, bien écrit, du suspense avec une intrigue fort bien menée, une histoire d’amour qui n’a rien pour déplaire et un travail de recherche assez incroyable de la part de l’auteur.

J’ai passé un très bon moment de lecture…
Philippe Lemaire, fait dorénavant partie des conteurs que je suivrai avec plaisir !

Un grand merci à Virginie des Éditions de Borée pour ce SP qui m’a fait rêver.

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Extraits :

« Il remonta le col de son manteau de lourde laine afin d’affronter le vent qui venait de la mer. Celui-ci s’engouffrait dans les ruelles de Murano, avec des sifflements aigus et rageurs. En dépit du vent, il avait cru entendre un bruit de pas derrière lui. Comme si on le suivait. Quand il se retourna, il ne vit personne. Sans être rassuré pour autant, il marqua son inquiétude d’un froncement de sourcils. Il n’avait aucune raison de craindre les voleurs. Sa bourse ne contenait qu’un ou deux sequins, grandement insuffisants pour tenter le diable. »

« Le Castello était un quartier tranquille à l’écart des grandes ruées de voyageurs et d’aventuriers de toutes espèces qui débarquaient dans la Sérénissime en quête de fortunes rapides ou d’aventures galantes. La réputation de certains lieux de grandes polissonneries, les attirait, comme la lumière attire les papillons de nuit. Dans ces endroits, tenus plus ou moins secrets, des femmes languissantes est parfumées à demi nues, faisaient promesse d’assouvir leurs sens dans le murmure, d’épopées amoureuses bien coûteuses. En choisissant ce quartier, François Guilbert n’avait fait qu’obéir à M. Courtin, un des hommes, de confiance de Jean-Baptiste, Colbert, qui lui avait recommandé la plus grande discrétion, en lui remettant la bourse contenant plusieurs centaines de livres pour ses frais de route et de séjour, ainsi que des lettres à vue nécessaires, à la réussite de sa mission. »

« Comme une déesse du silence, Calisto entra sur scène. L’air égarée, la poitrine palpitante, elle s’abandonna à l’attente amoureuse qui s’était emparée d’elle comme une terrible fièvre. François Guilbert reconnut Adèle Cantalli malgré le masque qui lui couvrait le haut du visage. Puis un chant de séduction s’éleva depuis les coulisses. Envoûtant. Qui aurait été capable de lui résister ? À l’entrée du castrat, un murmure d’adulation parcourut la salle. Le madrigal soutenu par les cordes commença. Persuasion. Assurance. Ruse d’un côté. Pudeur. Charmante dérobade de l’autre. Les voix s’égarèrent dans les arabesques de la passion. Elles ensorcelaient à tour de rôle. »

« La taille ceinturée d’un tablier de cuir, Bartolomeo Guardi, s’empara de sa plus longue canne avant de la plonger dans la gueule incandescente du four. Fruit de l’expérience acquise auprès de son père qui l’avait entraîné dans l’atelier de verrerie alors qu’il n’avait pas dix ans, un seul coup d’œil lui avait suffit pour savoir qu’il était à la bonne température. Il commença à tourner doucement la canne, entre ses doigts pour cueillir dans le creuset une boule de verre en fusion, sous le regard attentif de ses aides. Un silence quasi-religieux, régnait dans l’atelier, où l’on entendait plus que le bourdonnement du feu. »

Philippe Lemaire a longtemps été journaliste, présentateur du journal télévisé de France 3 Rhône-Alpes Auvergne.

Auteur de chansons et réalisateur de films documentaires, il se fait remarquer dès son premier livre Les Vendanges de Lison (2003).

Il se consacre aujourd’hui à l’écriture. Il a notamment publié La Mélancolie du renard (2015), son son neuvième roman, L’Enfant des silences (2013) et Rue de la côte-chaude (2011). Il prouve une fois de plus son talent dans La Forêt des violons, son seizième roman.

Ardennais, Il vit en Rhône-Alpes depuis de longues années.

Les racines de Philippe Lemaire, justement, ce sont les Ardennes. « Quand je reviens à Saint-Laurent, je ressens les choses différemment, je me sens heureux, simplement. C’est difficile à expliquer, c’est un peu comme si j’avais les ombres de mes grands-parents à mes côtés. »
Le cheval de bataille de l’écrivain, c’est aussi d’essayer de convaincre que la lecture, c’est indispensable. « Lire, c’est fondamental, explique-t-il. Cela permet de s’évader, de réfléchir, de structurer sa vie. »
Philippe Lemaire s’est mis à la lecture lorsqu’il avait six ans. « Ma grand-mère lisait des romans photos, ça a été mon premier vrai contact avec les livres. Et puis j’ai rencontré un professeur de Français en quatrième, qui écrivait des pièces de théâtre, et les choses se sont enchaînées. »
L’auteur ardennais met aussi, et surtout, de sa vie dans ses romans. « L’écriture traduit une émotion. Si j’angoisse, le lecteur s’en rendra compte. Si je suis tendu, heureux, cela se verra. Toute ma vie j’ai écris, je serais incapable de m’arrêter. Je pourrais même écrire s’il le fallait des modes d’emploi. C’est mon métier, c’est comme si j’étais artisan ou même employé, c’est comme ça. »
Et Philippe Lemaire a choisi son style. « J’écris des romans aux personnages simples. Je n’aime pas les romans “coffre-fort” où les lecteurs doivent chercher des combinaisons compliquées », précise-t-il.

Émotion, Drame, Histoire, Suspense

Le soldat désaccordé

de Gilles Marchand
Broché – 19 août 2022
Éditions : Aux Forges de Vulcain

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Paris, années 20, un ancien combattant est chargé de retrouver un soldat disparu en 1917. Arpentant les champs de bataille, interrogeant témoins et soldats, il va découvrir, au milieu de mille histoires plus incroyables les unes que les autres, la folle histoire d’amour que le jeune homme a vécue au milieu de l’Enfer. Alors que l’enquête progresse, la France se rapproche d’une nouvelle guerre et notre héros se jette à corps perdu dans cette mission désespérée, devenue sa seule source d’espoir dans un monde qui s’effondre.

 

• Couv_105_Marchand Gilles - Le soldat désaccordé

 

La guerre, et peut-être même la 1ère Guerre Mondiale, a été une des plus dures pour les soldats, celle qui de nouveau à faire prendre conscience aux Français et aux autre pays d’Europe que de nouveau nul n’était à l’abri.

Rien n’est beau dans une guerre… Les champs de bataille, les explosions, les tranchées, des corps mutilés, les massacres, le sang, les cris et les pleurs, la boue, la peur… Mais au milieu de tout cela, il y a aussi des histoires de cœurs et d’amitié.

Avec beaucoup de pudeur et de la délicatesse aussi, Gilles Marchand, nous raconte la guerre, “sa” guerre, à la première personne, avec des mot choisis, des mots pensés, il ne contourne pas les horreurs, il ne triche pas, ça sonne vrai et c’est ce qui m’a emporté, car malgré les images qui se dégagent de son récit, Gilles d’une main de maître m’a projeté dans ce qui vers se transformer petit à petit au fur et à mesure de ma lecture en un conte empreint d’une certaine beauté et de poésie… Après avoir lu déjà plusieurs de ses romans, j’attendais ce retournement, mais dans ici, ce n’est plus un retournement, c’est une transformation magique et bouleversante !

À la fin de la 1ère Guerre Mondiale, après l’armistice, alors que le pays se relève comme il peut, un ancien combattant français, qui a perdu une main lors combat et dont nous ne connaîtrons jamais le nom, ni le prénom, se donne comme mission de chercher et retrouver les soldats dont on a perdu la trace pendant et après le conflit meurtrier. Parmi toutes ses recherches, une va lui tenir particulièrement à cœur. Celle du soldat Émile Joplain. Mandaté par sa mère, une riche veuve, il se lance sur sa piste et va très vite découvrir une histoire hors du commun. Cette histoire incroyable, je la découvre aussi avec le héros, et le récit se magnifie de chapitre en chapitre, de page en page jusqu’au chapitre 25 qui pour moi atteint des sommets rarement égalés. Ce n’est plus un récit de guerre, c’est une magnifique histoire d’amour impossible entre Émile, soldat, jeune bourgeois, poète et écrivain, et Lucie, une jeune paysanne Alsacienne, “la fille de la lune”, sa muse, sa lumière… qu’il avait juré d’épouser après la guerre.
Gilles parvient à me faire oublier les ténèbres et la mort, les frontières entre les classes sociales, je ne voyais plus que l’espoir, ne voyais plus que des yeux brillants, des mains tendues. Une histoire hors du commun.

Gilles, « armé de simples mots” rend un hommage magnifique à ces générations d’hommes et de femmes aussi, qui ont souffert dans leur corps, dans leur tête et dans leur âme, suite à cette boucherie organisée par des “bien-pensants” qui ont déchiré, voisins, amis et familles.

Coup de cœur pour ce récit bouleversant et indispensable contre l’oubli.

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Extraits :

« Je n’étais pas parti la fleur au fusil. Je ne connais d’ailleurs personne qui l’ait vécu ainsi. L’image était certes jolie, mais elle ne reflétait pas la réalité. On n’imaginait pas que le conflit allait s’éterniser, évidemment. Personne ne pouvait le prévoir. On croyait passer l’été sous les drapeaux et revenir pour l’automne avec l’Alsace et la Lorraine en bandoulière. À temps pour les moissons, les vendanges ou de nouveaux tours de vis à l’usine. Pour tout dire, ça emmerdait pas mal de monde cette histoire. On avait mieux à faire qu’aller taper sur nos voisins. »

« Ils étaient gamins quand ils s’étaient rencontrés.
Elle était née près de Strasbourg, à Molsheim, à la fin du siècle. Ses parents, Elsa et Lorenz Himmel, étaient français. Enfin, plus sur le papier évidemment. Français de cœur. Ça ne se disait pas trop. À la maison, ça parlait aussi alsacien. Ce n’était pas une famille riche, c’était le moins qu’on puisse dire. Louis, louait ses bras à des fermiers locaux, des vignerons pour les vendanges, des agriculteurs le reste de l’année ; elle, briquait les sols dans les salons bourgeois, servante ici, puis là. Lucie est arrivée alors que le couple avait déjà du mal à nourrir deux bouches. »

« Je me suis toujours impliqué dans les affaires sur lesquelles j’enquêtais. Néanmoins, je dois bien admettre que celle de la disparition d’Émile Joplain a rapidement pris une importance sans commune mesure.
En 1925, la France fêtait sa victoire depuis sept ans. Ça swinguait, ça jazzait, ça cinématographiait, ça électroménageait, ça mistinguait. L’art déco flamboyait, Paris s’amusait et s’insouciait. Coco Chanélait, André Bretonnait, Maurice Chevaliait. »

 

 

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux. Il a notamment écrit Dans l’attente d’une réponse favorable (24 lettres de motivation) et coécrit Le Roman de Bolaño avec Éric Bonnargent. Son premier roman solo, Une bouche sans personne en 2016, attire l’attention des libraires (il est notamment sélectionné parmi les “Talents à suivre” par les libraires de Cultura, finaliste du prix Hors Concours, et remporte le prix des libraires indépendants “Libr’à Nous” en 2017) et de la presse, en proposant le curieux récit, le soir dans un café, d’un comptable le jour expliquant à ses amis pourquoi il porte en permanence une écharpe pour cacher une certaine cicatrice.

Il a été batteur dans plusieurs groupes de rock et a écrit des paroles de chansons.

Émotion, Poésie

L’Enfance, c’est…

Par 120 auteurs – textes illustrés par Jack Koch
Broché – 28 octobre 2020
Éditeur : Le Livre de Poche

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Illustrateur très actif sur les réseaux sociaux, Jack Koch a invité 120 auteurs, connus et moins connus, français et étrangers, issus de tous les genres littéraires, à offrir leur définition de l’enfance, qu’il a illustrée. La magie opère à nouveau : ce sont autant de souvenirs et d’émotions qui sont dites, avec justesse, finesse et beaucoup de tendresse.

Baptiste Beaulieu, Franck Bouysse, Michel Bussi, Barbara Constantine, David Foenkinos, Lorraine Fouchet, Eric Giacometti et Jacques Ravenne, entre autres, autant de sensibilités et de visions du monde, pour notre plus grand bonheur !

 

• Couv_104_Koch Jack - L'Enfance, c'est...

 

“L’Enfance, c’est…” est un livre que j’ai lu et relu plusieurs fois, quelques petites touches par-ci, par-là. C’est un livre qui n’était jamais très loin de moi, comme le précédent “L’Amour, c’est…”

Tous les deux sont illustrés par Jack Koch, et ce sont ici, 120 auteurs et amis surtout qui se dévoilent…
Un partage de douceur, et de nostalgie, de souvenirs et d’émotions.
Un très beau livre pour les yeux et pour le cœur. Chaque mot, chaque phrase est un condensé de bonté. Les illustrations de Jack sont sublimes et méritent à elles seules de serrer tout contre son corps ce petit bijou !

Et comme nous le propose gentiment Jack à la fin de son livre, “Et pour vous l’enfance, c’est…”

Pour moi l’enfance, c’est…
Marcher en équilibre sur le rebord du trottoir pour ne pas tomber dans le précipice, pour ne pas disparaître à jamais.
Les amis, à la vie, à la mort, croix de bois, croix de fer…
Aller en famille à la mer, ramasser des couteaux, des paternes, des étrilles, des escargots, sous un soleil bienveillant au Portugal.
Mais c’est aussi une prison à laquelle je voulais échapper, courir comme un fou dans les rues, sauter dans les flaques, crier, chanter à tue tête, et d’un seul coup m’émerveiller devant la vitrine d’une librairie,
Lire sous la couette avec ma lampe de poche… chuuut ! pas de bruit…
Parfois pleurer seul dans mon coin, en caressant mon chien,
Savoir voler, aussi vite, aussi loin que les oiseaux, marcher sur la lune et pouvoir respirer sous l’eau, c’était un monde ou IMPOSSIBLE n’existait pas.
C’est la “petite souris”, les Barbapapa, Candy, Goldorak, Tom et Jerry, les “Lego“, les maquettes d’avion…
Et vouloir toujours grandir trop vite…
L’enfance, c’était tout ça.
Parfois en mieux, des fois moins bien…
Mais tout ce vécu a fait de moi l’adulte que je suis.
Mon Dieu que c’est passé vite !

Un livre magique à s’offrir et à offrir…

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Extraits :
« L’enfance, c’est voir des animaux dans les nuages, inventer des cachettes sous les tables.
L’enfance, c’est surtout maman, son odeur, ses câlins, le seul endroit au monde où tout s’arrange toujours.
L’enfance, c’est souvent ça.
Mais l’enfance, c’est aussi les coups, les cris, la peur.
Le pire, c’est quand la violence vient de l’intérieur, parce qu’il faut la faire taire, parce qu’on a honte et que rien ne doit sortir de ce qui se passe « Chez nous ».
L’enfance, c’est parfois ça, et elle reste comme une souffrance, tout au long de la vie.
Dans tous les cas, l’enfance, c’est des souvenirs pour plus tard.
Il ne faut pas les oublier, les bons comme les mauvais.
Ce sont eux qui nous maintiennent debout ou nous font tomber. »
Jérome Camut

« L’enfance, c’est le coffre-fort de nos rêves.
Il ne faut jamais en jeter la clé. »
Karine Giébel

« L’enfance, c’est l’absence de frontière entre le réel et l’imaginaire. »
Paul Ivoire

« L’enfance, c’est regarder dans les yeux pour dire « Ze t’aime », et éclater de rire, parce que même que c’est vrai ! »
Tom Noti

« L’enfance, c’est la genèse, le lait des découvertes, le miel des chimères.
Regarder le monde de ces yeux-là chasse l’obscurité pour le magnifier de pureté. »
David Zaoui

 

 

Né à Strasbourg, Jack Koch était instituteur avant de se consa­crer à l’illustration. Ses pre­miers albums sont des compilations de dessins sur l’école qu’il affichait en salle des maîtres. Son univers est le rêve, la poésie, la tendresse drôle, l’enfance, les moments arrêtés où l’on perçoit le temps qui passe et les petits bonheurs de la vie.

Anticipation, Émotion, Drame, Dystopie, Noir, Suspense

Et toujours les Forêts

de Sandrine Collette
Broché – 2 janvier 2020
Éditions : JC Lattès

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Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence.

À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare. La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts.

Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.

« Cette épopée ne s’oublie pas. » Le Figaro

« Pour Sandrine Collette, l’espoir ne meurt pas tant que subsiste un souffle de vie, si chétif soit-il. » Le Monde des livres

« Un roman très prenant et cinématographique » Madame Figaro

« À mi-chemin entre La Route de Cormac Mc Carthy […], et En un monde parfait, de Laura Kasischke, Sandrine Collette réussit une très belle œuvre et trouve l’équilibre entre l’effroyable et le beau, faisant pousser la poésie au milieu de la poussière » ELLE

 

• Couv_103_Collette Sandrine - Et toujours les forêts.jpg

 

Un récit incroyable !
Saisissant, terrifiant, dérangeant et plus encore… mais en même temps, magnifique et introspectif.
J’en suis encore tout retourné.

La vie commence très mal pour le petit Corentin. Très jeune sa mère le place dans diverses familles, le récupérant régulièrement afin qu’il n’ai pas le temps de s’attacher. Sa mère nocive, n’ayant aucune once d’amour envers son fils, fera tout pour le perturber et le rendre malheureux. Puis un jour, elle l’abandonne chez Augustine, une vieille dame, qui petit à petit va “l’apprivoiser”, elle saura l’aimer et le faire grandir !
Les années passent… Le réchauffement climatique se fait de plus en plus présent, les journées de plus en plus chaudes et deviennent même caniculaires, toute la nature s’assèche. Ce qui devait arriver, arrive, un cataclysme se produit rasant toute la surface de mille feux. La nature a disparu. Plus que quelques arbres disséminés ici ou là, des millions d’animaux et d’humains ont été emporté par la vague mortelle.
Corentin fera partie des rares survivants.
Mais est-ce vraiment une chance de survivre, alors que tout a disparu ?

Un récit qui a fait naître pour moi, beaucoup de questions qui pourraient malheureusement être bientôt d’actualité.
Et si demain n’existait plus ?
Quel serait notre avenir ?
Pourrions-nous survivre, et si oui, pourquoi ?

Voilà un récit très inhabituel et terriblement réaliste.
Sandrine nous donne avec ses mots, simples, pesant parfois, mais tellement juste, une description de ce qui pourrait arriver aux survivants. Leur quotidien, leur lutte pour subsister et de nouveau essayer de vivre une nouvelle vie dans ce monde gris et silencieux…

J’ai passé un bon moment de lecture avec cette histoire triste, mais malgré tout avec de l’espoir.

Après avoir lu, “Animal”, “Des nœuds d’acier”, “Les Larmes noires sur la terre”, “Il reste la poussière” et “Juste après la vague”, Sandrine confirme pour moi, avec “Et toujours les Forêts”, sa place sur le podium des auteur(e)s français(es) à suivre absolument !

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Extraits :

« Les vieilles l’avaient dit, elles qui voyaient tout : une vie qui commençait comme ça, ça ne pouvait rien donner de bon.
Les vieilles ignoraient, alors, à quel point elles avaient raison, et ce que cette petite existence qui s’était mise à pousser là où on n’en voulait pas, connaîtrait de malheur e et de désastres. Bien au-delà d’elle-même : ce serait le monde qui chavirerait. Mais cela, personne ne le savait encore. »

« La route vide. Ce serait le dernier souvenir.
Il n’oublierait rien, ni le long trajet muet, ni l’instant où elle l’avait fait descendre de voiture, ni la lettre qu’elle l’avait forcé à prendre. Il n’oublierait pas le petit chemin jusqu’au virage, et sa respiration qui accélérait, et la peur au fond de lui.
Enfin, il n’oublierait pas les derniers mots de sa mère pour lui.
File, merde. »

« Ce fut la fin du monde et il n’en surent rien.
Engloutis dans la terre, engloutis dans l’alcool et les rêves. Ils avaient tant bu, tant absorbé, tant bataillé pour les pensées à dire et à défendre. Ils étaient descendus sous le macadam et sous les voitures, les bras chargés de provisions, la migraine tapant déjà aux tempes et ils s’en réjouissaient à l’avance. Perdre leurs repères, s’enfoncer, se laisser couler. Ils reviendraient pleins d’hallucinations et pleins de poésie.
Pleins de mélancolie.
Où ils ne reviendraient pas. »

« Dévasté.
Y avait-il un autre mot ?
Corentin s’était assis à côté d’Albane, à côté des autres. Comme eux, il contemplait.
Mais contempler quoi ?
Tout ce qui était vif était devenu cendres.
Tout ce qui existait était détruit.
Tout n’était que silhouettes noires et atrophiées et brûlées – les immeubles, les arbres, les voitures.
Les hommes. »

 

Sandrine Collette, née en 1970 à Paris, est une romancière française.
Elle aime la campagne profonde, la forêt, la montagne, les vignes. Tout naturellement, elle aime situer ses intrigues dans un univers rural, même si son petit polar “Une brume si légère”, est exceptionnellement urbain. La romancière part toujours d’une image qui lui permettra de dérouler le fil de sa fiction.
Devenue l’un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans « Six fourmis blanches » (2015).

« Il reste la poussière » (2016) obtient le Prix Landerneau du polar. En 2017 paraît « Les larmes noires sur la terre ».

Son huitième roman, « Et toujours les forêts », une fiction post-apocalyptique, a été récompensé, en 2020, par le prix de La Closerie des Lilas, le prix Amerigo Vespucci 2020 et le grand prix RTL-Lire.

Sandrine Collette partage son temps entre la région parisienne et son élevage de chevaux dans le Morvan.

Émotion, Fantastique, Suspense

La chinoise du tableau

de Florence Tholozan
Poche – 20 mai 2021
Éditions : M Plus Pocket

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Si comme Mélisende et Guillaume vous découvriez un tableau très étonnant ?
Au second plan, derrière une jeune Chinoise, se tiendrait un couple. Un couple qui ressemblerait en tout point au vôtre. À un détail près : les personnages représentés sur la toile seraient bien plus âgés.
Une curiosité irrésistible vous entraînerait jusqu’en Chine, à la recherche de la Chinoise du tableau.
Et si vous vous aperceviez que cette dernière détenait un secret qui va bouleverser votre vision de la vie ?

Un roman contemporain envoûtant. Des sentiments purs et forts. Un récit à plusieurs voix de toute beauté, où la particularité de chacun s’imbrique dans une continuité intemporelle.

 

• Couv_102_Tholozan Florence - La chinoise du tableau

 

2022 a été pour moi, un peu l’année des premiers romans… et bien m’en a pris !
Il se dégage des premiers romans, une force, une envie de partage que je trouve assez incroyable et touchante.

Florence Tholozan signe avec “La chinoise du tableau” un livre très atypique et nouveau. C’est un voyage dans le temps, dans l’histoire, dans l’espace, avec une pointe de fantastique… ou pas !
Voyage en Chine avec sa culture magnifiquement retranscrite par l’auteure. Voyage historique puisque Florence partage avec nous deux sauts au sein des deux guerres mondiales comme si nous les vivions, et un voyage au-delà de la vie, à travers la mort.
J’ai passé un excellent moment de lecture, et j’ai regretté d’arriver si vite à la fin de cette intrigue, qui m’a amené à réfléchir sur des possibilités que nous offre la vie, qui sont peut-être encore à découvrir.
Une très belle histoire, où l’amour est le centre de tout, un roman extrêmement bien documenté, et même si j’ai noté une ou deux incohérences historiques, le récit est tellement beau, tellement vivant, que je les ai bien vite oubliées… au bénéfice d’un rythme entrainant avec une telle simplicité dans les mots, qui m’a fait énormément de bien au cœur.

Le but de la lecture, n’est-elle pas de nous faire rêver et voyager ?
Une très belle découverte pour moi. Florence un grand bravo à toi, tu as rempli ton premier contrat avec “une main de maître” !
Et je pense, d’ors et déjà, qu’il va falloir que je prévois de la place sur mes étagères pour tes prochains ouvrages…

Florence Tholozan, une auteure à suivre…

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Extraits :
« Tout le monde me connaît aux alentours.
Cependant, il serait plus exact de dire que l’on croit me connaître. On me rencontre quotidiennement, on m’adresse la parole, on me sourit… Néanmoins, personne ne sait l’essentiel, jusqu’à mon nom de naissance. Nul, n’imagine qui je suis en réalité. Ceux qui m’appellent Shushan sont les rares survivants d’une lointaine époque où je n’étais qu’une petite fille. Ils se comptent dorénavant sur les doigts de la main.
Pour tous, jeunes et vieux, hommes, femmes et enfants, peu importe, je suis la “passeuse d’offrandes”. Voilà comment on me nomme dans mon village natal, “passeuse d’offrandes”. »

« Nos cœurs qui battent à l’unisson, nos souffles accordés sur la même mesure. Sa peau veloutée. Les bouches qui se trouvent, les mains qui courent sur nos corps ; lesquels se cherchent, se découvrent, s’apprivoisent timidement, et se reconnaissent. Tout est si simple, si évident. »

« Mélisende… Regarde-la. Elle fonce dans la vie, elle envoie valser les obstacles et elle avance, le nez au vent, à l’écoute de ses intuitions, dont elle a le sens, particulièrement aiguisé… Oh, elle a bien des tourments ! Rares sont ceux qui y échappent. Mais j’admire son courage. Les femmes en ont beaucoup… Plus que les hommes. On le dit. J’en suis convaincu. Bah, des généralités. Je suis cependant obligé d’admettre que nombre d’entre elles ont une force intérieure qui me fascine… »

« “Voyons, si tu as poussé, fiston !” Mon objectif était d’atteindre la marque à hauteur de sa taille à lui, la plus haute de la famille. Constater que je m’en approchais chaque coup un peu plus, me rassurait. Quand, enfin, mon encoche a daigné, dépasser celle de mon paternel, au lieu d’en éprouver, l’orgueil escompté, j’ai réalisé avec effroi que, si lui ne grandissait plus, il continuait de vieillir. Et à cet instant-là, alors que je n’étais déjà plus un enfant et que mon père n’était plus une montagne, j’aurais voulu que plus rien n’évolue et profiter de mes parents, d’égal à égal. Et je songeais que si le temps n’épargnait ni ma mère, ni lui, il ne m’épargnerait pas, moi non plus…
C’est cela, devenir adulte, perdre une certaine innocence, prendre conscience qu’un jour, nous serons vieux et qu’après nous disparaîtrons. »

 

 

Florence Tholozan réside dans les proches environs de Montpellier. Du plus loin qu’elle se souvienne, elle a toujours eu l’amour des mots.

Diplômée en psychologie clinique, elle enseigne dans l’Hérault.

“La Chinoise du tableau” est son premier roman. Il a été présenté pour le Prix de la 1ère Œuvre d’une auteure 2020 et a concouru au Prix du Livre Romantique 2019 pour lequel il a été finaliste. Traduit en plusieurs langues il a été récompensé par le Prix Paroles d’Auteur(e)s.

“L’écho de nos jours” est son deuxième roman.

Émotion, Philosophique

Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis

de Luis Sepulveda
Joëlle Jolivet (Illustrations)
Poche – 15 mars 2021
Éditions : Métailié

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Max est l’humain de Mix et Mix est le chat de Max. Max part faire ses études et Mix, devenu vieux et aveugle, passe de longues journées solitaires jusqu’à sa rencontre avec Mex, souris mexicaine bavarde et trouillarde, qui lui raconte le monde visible. Une grande amitié est née.

 

• Couv_101_Sepulveda Luis - Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis

 

Après l“Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler” et l’“Histoire d’un escargot qui découvrit l’importance de la lenteur”, c’est le troisième conte de Luis Sepulveda que je lis.

Même si je n’ai pas retrouvé le coup de cœur du premier roman lu, j’ai aimé l’émotion dégagée à travers les lignes où deux ennemis naturels vont s’allier et devenir amis. Un chat aveugle qui va aider grâce à son agilité une souris, qui deviendra les yeux du félin. En effet Mix vieilli et ne peut plus se promener à sa guise et vivre sa vie de chat.

Encore une fois, Luis Sepulveda nous offre un conte philosophique avec une belle histoire d’amitié et de tolérance. Une histoire sur la conscience des besoins de chacun, des limites imposées par le temps, et les différences individuelles, qui lorsqu’elles s’accordent, permettent d’aller au-delà et peut-être même de redonner un sursaut, une nouvelle vie, là où l’on pouvait penser que tout était fini…

Un récit pour tous les âges.
Les enfants bien sûr, mais je veux encore croire que certains adolescents pourraient aussi se l’approprier, et les plus “vieux” s’y rafraîchiront avec sûrement avec beaucoup de plaisir !

Encore une “petite” histoire qui a coloré et embaumé ma journée…

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Extraits :
« Je pourrais dire que Mix est le chat de Max, mais je pourrais aussi indiquer que Max est l’humain de Mix. Cependant, comme la vie nous enseigne qu’il n’est pas juste que quelqu’un soit propriétaire d’une autre personne ou d’un animal, disons alors que Max et Mix, ou Mix et Max, s’aiment l’un l’autre. »

« Un jour d’hiver, quelqu’un frappa à la porte et, comme toujours, Mix se dirigea vers l’entrée pour être le premier à saluer le visiteur. Max le vit avancer dans le couloir, il vit aussi sur le sol, le carton de livres qu’il pensait rendre à la bibliothèque, un carton qui ne s’était jamais trouvé là, et il éprouva une douleur immense en voyant Mix le heurter. »

« Max prit avec précaution, le petit corps de la souris, tremblante, la posa sur le sol et la vit se réfugier sous le ventre du chat.
– Je suis content que tu aies une nouvelle amie, Mix. Comme ça tu ne te sentiras pas tout seul dans les jours qui viennent, car je vais devoir faire d’autres voyages. À partir de maintenant, nous sommes trois dans cette maison, dit Max, et il déposa une petite assiette près de celle de Mix. Dans l’une, il versa une généreuse ration de pâtée au goût de poisson et dans l’autre, une ration aussi généreuse de céréales. »

« Les amis, je ne sais pas si j’ai la berlue, mais, sur le toit d’une maison, et j’ai eu l’impression de voir un chat au profil grec et une souris regarder le coucher du soleil. Et, le plus curieux, c’est que le chat semblait écouter attentivement, la souris. »

 

Luis Sepulveda (1949-2020) est l’auteur, entre autres, du “Vieux qui lisait des romans d’amour”, de “Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis” et de “Histoire d’une baleine blanche”. Ses livres sont traduits dans 50 pays.

Joëlle JOLIVET est née en 1965. Elle a publié de nombreux albums, édités dans le monde entier, illustré des couvertures de romans, et travaille régulièrement pour la presse.

 

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/20/histoire-dune-mouette-et-du-chat-qui-lui-apprit-a-voler/

Histoire d’un escargot qui découvrit l’importance de la lenteur
https://leressentidejeanpaul.com/2022/10/14/histoire-dun-escargot-qui-decouvrit-limportance-de-la-lenteur/

Émotion, Témoignage

Toujours en chemin

de Michaël Delaporte
Poche – 12 novembre 2022
Éditions : TheBookEdition.com

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J’ai toujours la maladie du « temps qui passe », mais je sais que ce n’est pas grave désormais !
Presque deux ans sans parvenir à écrire. Besoin de vivre pour avoir des choses à dire. Et puis aller vers soi-même suppose un risque, alors j’ai osé souffler sur les braises d’un feu qui couvait, et l’aventure redémarre aujourd’hui en mode pissenlit.
J’ai douté, cherché, attendu, expérimenté. Puis c’est venu, au bon moment. Après deux années d’échanges avec les lecteurs, dont je me suis nourri, j’ai envie de partager avec toi ce qui fait le sel de ma vie, mes joies, mes peines, mes doutes et mes aspirations. Je t’offre ainsi un temps pour toi, ces pensées pouvant accompagner ton chemin.
Douze chapitres pour douze émotions différentes, douze façons différentes de voir le monde. Retournons ensemble en enfance, partons en voyage, acceptons le deuil, explorons notre côté sombre, demandons-nous comment pense l’autre, ayons de l’audace !
Un treizième chapitre… rien que pour toi !
Ce livre est dédié aux femmes. Parce qu’il n’y a pas de plus difficile et de plus belle situation au monde que d’en être une.
Puisse-t-il être une petite graine dans ton jardin. Ce n’est pas un livre que tu tiens entre tes mains, c’est une expérience !
« Parce qu’une histoire bien racontée ne suffit pas, à toi de jouer. »

 

• Couv_100_Delaporte Michaël - Toujours en chemin

 

Après avoir lu en juin 2021 Avant moi, j’étais un autre, qui avait fait remonter en moi de nombreuses sensations, je ne pouvais pas, ne pas suivre Michaël sur ce nouveau “Projet”… D’ailleurs comme toute la “Team Pissenlit”, et beaucoup d’autres personnes, je l’attendais.

Une lecture rapide soit, mais une lecture toute en profondeur. Michaël ne cherche pas à nous embobiner, il est direct et transmet son message en toute franchise, un message fort simple au demeurant… IL FAUT VIVRE !
Nous avons besoin d’amour, d’amitié, besoin d’être triste pour apprécier le bonheur lorsqu’il est là. Un message si simple pourtant, mais que tout le monde oublie, tête baissée, dans notre métro-boulot-réseaux-dodo, qui nous bouffe petit à petit, au point d’en oublier le principal… La vie.

Michaël nous propose alors de le suivre pendant un an. Un an qu’il divisera en autant de chapitres qui y a de mois dans l’année (avec une “p’tite” surprise à la fin…).
Douze mois qui s’enchaîneront, en toute simplicité… De nombreux messages qu’il dédie aux femmes, mais que j’ai pu apprécier de la même façon. J’ai pris cette lecture comme une nouvelle expérience et me suis laisser aller. C’est souvent drôle, mais, surtout vrai et authentique. Les mois défilent… Plus j’avançais, plus j’avais l’impression d’être concerné… Mais en arrivant au mois de décembre, je me suis pris une claque ! Michaël ne parlait plus des autres, il me parlait à moi, directement, il était dans ma tête, il était moi. J’ai eu alors un mélange de tristesse et de bonheur.
Tristesse, car tout ce dont il parle, je l’ai vécu, j’avais dix ans, et comme cela me manque parfois… Bonheur aussi, car il m’a permis de me souvenir de certains détails oubliés. Je suis allé chercher mes albums de photos, avec mon frère, ma famille, mes potes… “Patte d’eph”, cheveux longs, cols roulés à rayures de toutes les couleurs et visages hilares ! Il me suffisait simplement d’ouvrir les yeux !
Merci Michaël, ça fait du bien…

Une pose, un arrêt, dans cette vie ou tout va toujours trop vite aujourd’hui.
Dire STOP, et s’y tenir, voilà le merveilleux cadeau que nous fait Michaël.
Mais ce n’est pas tout… En plus du voyage qu’il nous propose, il y a un chapitre ”raconté”, aussi des graines de pissenlit, et quelques pages qui sont pour nous, où nous sommes libres de les utiliser pour aller, pourquoi pas vers un peu plus de liberté.

Michaël Delaporte, c’est un peu tout ça et plus encore. Je ne peux pas penser à lui sans voir apparaître son sourire et ses yeux lumineux !
Certains diront sûrement “Trop de sensibilité”, “trop de bla-bla”, à ceux-là, je leur dis : Restez dans votre monde (Pour rester poli !)
À tous les autres : Mais, qu’attendez-vous pour découvrir ses deux livres, qu’attendez-vous pour les offrir ?
En-tout-cas, mon cadeau de Noël… Je l’ai déjà eu !

http://www.michael-delaporte.com/le-projet.html

La démarche du « Pissenlit » reposant sur le partage, 10% des bénéfices seront reversés à l’une des associations ci-dessous :
BIBLIO SANS FRONTIERES
GAPEAU TRANSITION

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Extraits :
« Que chaque personne rencontre depuis deux ans, soit remerciée de ce qu’elle m’a apporté. Sans le lecteur, l’écrivain n’est rien d’autre qu’un penseur. C’est dans le partage du message qu’il enfile son costume de passeur de mots.
Et grâce à vous, mon message s’envole de plus en plus, tel un akène de pissenlits… »

« Tout dans ce matin, ressemble à un magazine de déco, et devrait pousser à la sérénité… Le feu crépite dans le poêle, la lueur apaisante des flammes enrobe la pièce d’une douce chaleur, le silence à peine troublé des murmures ménagers enveloppe l’espace, la maison est plutôt bien rangée, pour une fois. Derrière cette volupté apparente pointent pourtant une crainte sourde et une excitation latente. Je suis tellement en éveil que je ne sais plus quelle émotion doit l’emporter. »

« 5h45. Même pas besoin de réveil. Pas un bruit, il fait ce noir profond des matins de l’hiver, et pourtant, me voilà déjà avec les yeux grands ouverts. Comme tous les matins, je me lève trop tôt. Il paraît que l’avenir m’appartient, du coup. Ça me fait une belle jambe. Pour l’instant, j’ai juste des Samsonite© sous les yeux et l’énergie d’un poulpe échoué sur la plage. »

« La corde à sauter, l’élastique et la marelle ! Les parties de tennis dans la rue devant la maison avec une ficelle tendue entre le portail et l’arbre d’en face, avec la raquette en plastique noir et la balle en mousse jaune ? Et le Tang ! Putain, le Tang !! Tout ça, tu vois, tout ça, c’est notre enfance, et quelques fois, je la regrette un peu cette belle période, même si c’était pas rose tous les jours, même si on n’avait pas le choix entre mille films et deux-cents cinquante chaînes de télé, même si c’était moins confortable que maintenant. Au moins, on prenait le temps de faire, d’explorer, d’attendre, et parfois même, je sais que ça va te paraître incroyable, mais quelques fois, on s’ennuyait ! Chose inenvisageable maintenant, où la flemme et l’inactivité sont jugées comme des défauts rédhibitoires. »

 

 

Michaël Delaporte ou la démarche du pissenlit

S’il est né à La Londe, s’il habite Solliès-Pont, il a, depuis de nombreuses années, tissé des liens forts avec La Farlède, notamment grâce à sa belle-mère, Raymonde Marcel, institutrice emblématique du village, à ses filles qui suivent les cours de danse d’Audrey Lhote depuis 12 et 6 ans, ainsi qu’à de nombreux amis de sa génération avec lesquels il partage un goût prononcé pour l’amitié et la fidélité. « Après avoir pas mal roulé ma bosse sur tous les continents, je me suis posé dans mon département natal. Professeur agrégé d’Éducation physique et sportive, j’enseigne à l’université de Toulon. J’adore mon métier ».

Comme un défi qui s’est imposé à lui, le 17 juin 2020, Michaël Delaporte se lance dans l’écriture de son premier ouvrage « Avant moi, j’étais un autre ». Le 20 juillet, le manuscrit est bouclé. Il sélectionne un comité de lecture de 13 personnes, le 24 août, la décision est prise, on publie. Un marathon qui correspond parfaitement au personnage et un concept original car le quadragénaire ne veut rien faire comme les autres. « C’est un livre qui ne s’achète pas », non, il l’offre à 330 personnes de son choix, avec une dédicace, un geste que les lecteurs vont répéter autant de fois qu’ils le veulent. C’est la démarche du pissenlit. « Chacun est invité à lire ce livre, puis à imaginer la liste des personnes qui pourraient être assez sensibles pour comprendre… et il le passe comme un relais ». Une forme nouvelle de communication qui fonctionne à merveille, mais qui s’accompagne également d’une chaîne de transition. Le roman est en vente sur http://www.thebookedition.com car le but est aussi humanitaire. Une partie des bénéfices est reversée à trois associations : « Petits Princes », des enfants malades à l’hôpital de La Timone, Biblio sans frontière et la Vallée du Gapeau en transition.

Aujourd’hui, il frôle les 1 400 lecteurs et les retours sont autant « de doses d’énergie positive » comme il se plaît à le dire. Peut-être aussi des encouragements à récidiver : « Je me suis découvert un sens de l’observation que je ne me connaissais pas ». Avec un style simple et direct, qui touche au cœur, Michaël Delaporte raconte l’histoire d’un homme de 30 ans qui n’a pas de prénom (ou tous les prénoms à la fois). Un homme qui croque les fruits qui passent à sa portée, prend son destin en main, enchaîne les expériences, explore avec émotion l’amour, le couple, l’éducation des enfants. L’occasion pour lui d’y aborder la famille, celle qui lui a été imposée et celle qu’il s’est choisie. Chacun s’y reconnaîtra, avec ses failles, son enthousiasme, ses succès et surtout une maturité qui se construit au fil des pages, non sans écueil, avec pour seul questionnement, celui du temps qui passe.

Avant moi, j’étais un autre
Avant moi, j’étais un autre